Bonjour , c’est la vidéo qui m’a donné envie de faire ce site.
Je posterai d’autres vidéos et d’autres articles prochainement.
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Interview réalisée par Gemma Saura et publiée le 17 mai dans le quotidien espagnol La Vanguardia, traduction de Cécile Lamarque.
Un poster de Hugo Chávez décore le bureau de Sofia Sakorafa (Trikala, 1957) dans le quartier de Exarchia, aux façades couvertes de graffitis anarchistes. Ex-députée du Pasok, elle fait partie de la coalition de gauche radicale Syriza et est la parlementaire qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages le 6 mai. Ancienne lanceuse de javelot médaillée olympique, elle fut la première membre du Pasok à se rebeller et fut expulsée suite à son vote contre le premier plan d’ajustement. « Je ne pouvais pas rester au sein d’un parti qui a viré à droite et a appliqué une politique néolibérale qui rompt avec sa tradition et son programme ».
Syriza est une coalition de groupes divers, dont certains défendent la sortie de l’euro. Ne devraient-ils pas être unis sur un thème si crucial ?
C’est très sain qu’il y ait des opinions différentes au sein d’un parti. L’antithèse, c’est le Parti communiste, qui maintient une ligne dogmatique que personne ne peut discuter. Au sein de Syriza, beaucoup d’opinions coexistent. Nous discutons et quand nous décidons d’une position, tous la respectent.
Jusqu’à quel point l’euro est-il une priorité pour Syriza ?
Nous voulons rester dans la zone euro et, en son sein, changer les relations de pouvoir et les politiques néolibérales dures décidées par un cercle réduit de personnalités politiques. Nous n’allons pas tolérer que la croissance de l’Allemagne et de la France se fasse aux dépens de la survie de la Grèce ou d’autres peuples, comme l’Espagne. Demeurer dans la zone euro ne peut signifier sacrifier un peuple, le laisser mourir de faim. La question qui se pose maintenant n’est pas celle de l’euro. Nous luttons pour notre survie. Et si rester dans la zone euro signifie la destruction de la Grèce, nous devrons en sortir.
Selon un sondage, 78% des grecs estiment que le Gouvernement doit tout faire pour rester dans la zone euro.
Je ne comprends pas comment on peut rester dans la zone euro si le prix à payer est un salaire de 200 euros par mois. Mais Syriza ne va pas décider pour le peuple. Si la situation devient à ce point difficile et que nous pensons que le mieux pour la Grèce est d’en sortir, nous demanderons à la population qu’elle se prononce par les urnes. Mais nous ne dirons pas quelque chose, pour ensuite, au sein du gouvernement, en faire une autre.
Syriza dit que l’UE ne peut pas se permettre d’expulser la Grèce de la zone euro, mais de plus en plus de gens en Europe pensent que c’est la seule solution.
On nous a dit que si nous n’acceptions pas la recette de la Troïka, nous mourrions de faim ; que si nous sortions de la zone euro, nous n’aurions pas de futur. Des gens, pas même en poste au sein de l’UE, nous menacent, comme Schäuble, le ministre allemand des Finances. A chaque menace s’ensuit un désastre. Quelqu’un doit dire à la population qu’il n’existe pas de mécanisme pour expulser un membre de l’UE. Comme ils ne peuvent pas nous expulser, ils cherchent à nous faire partir.
Pourquoi vous refusez-vous à renégocier l’accord avec la Troïka, comme le suggèrent maintenant le Pasok et Nouvelle Démocratie ?
L’accord ne peut pas être amélioré. Qu’entend-on améliorer quand la destruction est maintenant quasi-totale ? Il n’y a pas d’argent pour payer les pensions, le droit du travail, obtenu au cours des siècles par les peuples d’Europe, a été détricoté… L’accord contrevient aux principes fondamentaux de l’UE, relatifs à la protection des droits, à la couverture sociale, à la protection des mineurs…
Vous cherchez à tirer un trait sur les accords signés ?
Nous ne disons pas qu’avant tout était mieux. Nous voulons des réformes, nous voulons que le pays soit plus compétitif, l’État plus fonctionnel, qu’il y ait de la méritocratie. Le mémorandum a détruit l’État. Maintenant rien ne fonctionne. C’est le chaos dans les hôpitaux, il n’y a pas de fonctionnaires pour recouvrer les impôts. Nous voulons du temps afin de nous organiser et de nous en sortir.
Vous voulez également mettre un terme au paiement de la dette ?
Nous demandons un audit international de la dette. On a dit au peuple grec qu’il a une dette, qu’il paie, mais personne ne sait d’où elle est issue ni ce que l’on paie. .Il doit aussi y avoir une investigation politique : l’argent a-t-il été affecté tel qu’il était convenu ? Nous savons, par exemple, que l’entreprise allemande Siemens a conclu des contrats avec la Grèce en versant des commissions et autres pots de vin au personnel politique. Tout doit être audité car ce sont les Grecs qui paient, ce peuple qu’on accuse d’être fainéant, corrompu, de passer ses journées à danser alors que les statistiques montrent que nous sommes le deuxième pays d’Europe en termes de nombre d’heures travaillées.
Ne manquez-vous pas d’autocritique ? Pourquoi avez-vous toléré pendant tant d’années la corruption ?
Je ne comprends pas que l’on punisse les Grecs pour la corruption de leurs politiques et de quelques fonctionnaires tandis que l’Europe n’a pas puni le peuple allemand après une guerre qui a fait des millions de morts et a détruit le continent. L’Europe a bien fait, car ce n’était pas la faute du peuple allemand mais bien de sa classe politique. A moins que la Grèce ne soit le seul pays où existe la corruption..
Quelles autres conditions Syriza oppose à la Troïka, en plus de l’audit de la dette ?
Il y a cinq points. D’abord, l’abolition du mémorandum, de toutes les mesures d’austérité et réformes du travail qui sont en train de détruire le pays. Ensuite, la nationalisation des banques : à partir du moment qu’une banque reçoit des aides publiques, l’État doit pouvoir disposer d’une voix au sein de son Conseil d’Administration, au moins jusqu’à ce que celle-ci ait remboursé son dû. Troisièmement, la modification de la loi électorale. Quatrièmement, l’abolition de l’immunité des ministres. Enfin, l’audit de la dette.
Et si la Troïka refuse, vous avez un plan B ?
Nous lui répondrons par une blague. Une femme remarque que son mari passe des nuits sans pouvoir dormir. Il lui confie qu’il doit de l’argent au voisin et qu’il est très angoissé. Elle ouvre la fenêtre et crie « Voisin ! Mon mari dit qu’il te doit de l’argent. Nous ne pouvons pas te le rendre ». Elle referme la fenêtre et dit : « Maintenant c’est le voisin qui ne peut pas dormir ». Nous ne parviendrons à ce résultat que via l’audit de la dette. Nous devons démontrer qu’une grande partie de la dette a été contractée de manière illégale. L’Allemagne elle-même reconnaît que son économie tire profit de la situation grecque. Nous achetons à 100% de leurs prix les bons de l’État grec que la Banque centrale européenne (BCE) a acquis à 50%. La BCE n’a pas été créée pour gagner de l’argent sur le dos d’un pays détruit. Nous voulons que la spéculation sur le peuple grec cesse.
Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme/180512/grece-nous-demandons-un-audit-international-de-la-dette
« Le changement, c’est maintenant« , nous promettait François Hollande.
Pourtant, après trois jours de présidence du changement, un certain nombre de choses restent bien ancrées.
Inchangée, la presse. Elle n’a de cesse d’utiliser la brosse à reluire, de s’ébaudir de la prise de fonction de ces politiques « forcément différents » et donc, « forcément mieux » que les précédents. De la même manière qu’elle avait encensé Nicolas Sarkozy, l’homme « volontaire« , de la « rupture« , au cours des premières années de son quinquennat, elle renouvelle l’exercice avec François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.
Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils incarnent le changement, ils sont « déjà au travail« , tout y passe. Les mêmes qui tressaient des lauriers à Nicolas Sarkozy en début de mandat, les mêmes qui l’ont ensuite dézingué (à juste titre) par la suite pour se caler sur l’opinion publique, en l’occurrence, leurs lecteurs, retombent dans les mêmes travers.
La presse transforme en spectacle la politique. Quel intérêt peut bien avoir une passation de pouvoir pour que l’on fasse de cet acte une série télé à faux rebondissements ? Quelle valeur informative a cette réunion de quelques minutes entre un président sortant et un Président entrant pour que l’on assomme les lecteurs/auditeurs/téléspectateurs sur toute une journée ? Le matin, on annonce ce qui va se passer, dans les moindres détails. On assure un direct ininterrompu pendant la passation de pouvoir. Et par la suite, jusqu’à la fin des programmes, tard le soir, on commente les « symboles » que le nouveau Président a voulu faire passer. La France hurle « On s’en fout » depuis des années. L’ancien président a été boudé par les électeurs, en partie en raison de sa propension à transformer en événement incontournable et forcément ultra médiatisé tout et n’importe quoi.
Immuable aussi, l’usage d’ »éléments de langage ». Depuis la prise de fonction du nouveau Président, la presse dans son ensemble, utilise étrangement les mêmes mots, les mêmes expressions pour évoquer l’actualité. Tous les journalistes parlent d’un gouvernement « déjà au travail« . Pourquoi ? Ils avaient prévu de se rouler les pouces ? Ils sont tellement au travail qu’ils ont pris leurs fonctions un jour férié, qu’ils ont tenu leur premier conseil des ministres (ben oui, si l’on avait des flemmards, ils auraient eu leur premier conseil dans six mois…) et que plusieurs ministres ont fait leur première incursion « sur le terrain« . Manuel Valls dans un commissariat, Marisol Touraine dans un hôpital…
On sent que tout va changer avec ces visites. On sent qu’il était urgent pour la presse d’en rendre compte. De tels événements… C’était incontournable. Il fallait en parler. Beaucoup.
On a même les journaux qui nous proposent de « revivre la première journée du gouvernement Ayrault en direct« . Bien sûr on peut s’interroger sur la possibilité de revivre un événement « en direct » lorsqu’il est derrière nous, mais surtout, on peut se demander si revivre la première journée d’un gouvernement a un quelconque intérêt.
Ma grand-mère disait toujours « faire la charité, c’est bien, le dire, ce n’est plus la faire« . Appliqué au « changeurs de maintenant », « se mettre au travail c’est bien, et c’est normal, le dire et le redire, c’est pathétique« .
Madame est aux commandes
Autre point qui ne change pas, la mise en avant de la « première dame« .
Anne-Aymone Giscard d’Estaing était un très joli pot de fleur et son mari la mettait en scène assez régulièrement dans des tableaux visant à le faire passer pour un homme proche du peuple. Bernadette Chirac était madame pièces jaunes, elle faisait tant pour le bon peuple et les hôpitaux avec son judoka de copain… Cécilia et Carla avaient pour rôle d’effacer quelques idée ancrée dans la tête du président. Celui-ci étant profondément complexé par sa taille voulait probablement démontrer qu’il était « capable » de séduire des femmes de grande taille.
Et ces deux femmes ont tenté chacune à leur manière de créer un rôle « officiel » pour la « première dame« . Rôle qui n’existe pas dans la constitution.
L’une est allé « libérer » dans les conditions que l’on connait aujourd’hui, les infirmières bulgares. L’autre, « épidermiquement de gauche » au moment de son mariage, était devenue une « caution morale » pour son ultra-droitier de « Monmari« . Si une femme « épidermiquement de gauche » cautionnait son action, c’est (pour les électeurs de gauche) que cette politique n’était pas si mauvaise que ça…
Valérie Trierweiler ne déroge pas à la règle, elle veut avoir une place, une vraie aux côtés de son Président. Elle veut « réinventer la fonction de première dame« . Visiblement, les Français ne lui ont pas dit qu’ils ne lui demandaient rien et qu’étrangement, elle n’avait été élue à aucun poste après cette campagne présidentielle.
Quant aux journaux, sur ce point également, ils rivalisent de comparaisons stupides, comme ils l’avaient fait avec Nicolas Sarkozy. Ils avaient à l’époque comparé son couple au couple Kennedy. Cette fois, Valérie Trierweiler est une star hollywoodienne. Pour le Figaro, par exemple, « Très star hollywoodienne, entre Lauren Bacall et Katharine Hepburn, Valérie Trierweiler a des allures de femme fatale. ». Pas modeste, comme le rappelle le Canard Enchaîné de cette semaine (p.1), la compagne du Président se voit bien en Eleanor Roosevelt parisienne : « A partir de mardi, je peux peut-être écrire sur mon expérience de journaliste à l’Elysée, comme Eleanor Roosevelt, qui tenait ses Carnets à la Maison-Blanche ».
Ça va être marrant quand la première dame française va demander une interview à Barack Obama en marge d’un diner officiel. « Come on Barack, it’s for my little french Eleanor’s notebook« . On va encore avoir l’air fins. Ce n’est pas du changement, c’est de la continuité.
Source : http://reflets.info/le-changement-ce-nest-pas-tout-a-fait-maintenant/
600 milliards d’avoirs français dissimulés dans des paradis fiscaux
Pendant qu’on fait la chasse aux pauvres, avec la complicité des banques, quelque 600 milliards d’euros d’avoirs français sont dissimulés dans les paradis fiscaux en toute impunité.
Afin de mettre en contexte les informations incroyables auxquelles il a eu accès, le journaliste a croisé différentes sources bien informées pour estimer à 590 milliards d’euros l’ensemble des avoirs français dissimulés dans les paradis fiscaux, dont 220 milliards appartenant aux Français les plus riches (le reste étant le fait des entreprises). Environ la moitié de ce total (108 milliards) seraient dissimulés en Suisse, la dernière décennie voyant fuir environ 2,5 milliards d’avoirs par an. Depuis 2000, UBS France aurait soustrait en moyenne 85 millions d’euros au fisc français chaque année, ce qui montre son importance, mais souligne également combien d’autres établissements bancaires, y compris français, participent à ce genre d’activités.
Sous certaines hypothèses, ces donnés l’incitent à estimer à 30 milliards d’euros le manque à gagner de recettes fiscales du à la fraude internationale, soit un peu plus de 10% du total des recettes. De son côté, la Commission européenne estime l’importance de la fraude fiscale de l’ordre de 2 à 2,5% du PIB des pays européens, soit pour la France de l’ordre de 40 à 50 milliards d’euros au total, dont 15 à 20 milliards de fraude internationale.
Comment fait la banque UBS pour mener ses opérations sur notre territoire ? Environ 120 chargés d’affaires suisses seraient présents clandestinement en France pour démarcher les grosses fortunes françaises, ce qui est rigoureusement interdit par la loi mais réalisé, d’après Antoine Peillon, en toute connaissance de cause par la maison-mère en Suisse. Chaque commercial est muni d’un document, le manuel du Private Banking, «véritable guide en évasion fiscale». Afin d’être rémunéré en proportion du chiffre d’affaires qu’ils rapportent, les commerciaux sont bien obligés d’enregistrer à un moment ou un autre leurs transactions. Ils le font dans une comptabilité cachée baptisée «carnets du lait» que l’on peut trouver dissimilés dans des fichiers Excel intitulés «fichier vache». On aura compris l’analogie : la France est une vache fiscale dont il faut traire le lait…
Les commerciaux présents en France utilisent les mêmes techniques que celles mises en évidence par la justice américaine : UBS organise des évènements mondains auxquels ils invitent clients et prospects. Dans les documents récupérés par Antoine Peillon, on trouve parmi les clients les noms de footballeurs connus, et même d’un haut responsable du football international pour lequel une commerciale note après un rendez-vous à Monaco en 2002 que l’entretien fut «long et difficile, mais fructueux», ou encore un navigateur, un auteur réalisateur de cinéma et… Liliane Bettencourt. Celle-ci est tout bonnement accusée d’avoir enfoui 20 millions d’euros, entre 2005 et 2008, à l’occasion de transferts entre la France, la Suisse et l’Italie par l’intermédiaire de comptes UBS et BNP Paribas avant de finir, affirme l’auteur, dans des enveloppes remises à des personnalités de droite.
Antoine Peillon lance de nombreuses et graves accusations dans ce livre. Mais il est sûr de ses sources : des cadres écœurés d’UBS en France, en Suisse et des services secrets français. Les preuves dont ils disposent ont visiblement été transmises à plusieurs autorités de régulation, dont l’Autorité de contrôle prudentiel en charge de la surveillance du comportement des banques.
Le parquet a été saisi mais ne bouge pas, assurant une forme de protection aux gros fraudeurs. C’est pour lever cette impunité que le journaliste a décidé d’écrire ce livre. Il faut le lire et le faire connaître, pour la démocratie.
Ces 600 milliards qui manquent à la France. Enquête au coeur de l’évasion fiscale par Antoine PEILLON – Seuil – 192 pages – 15 €.
(Source : Alternatives Economiques)
A voir/écouter, ces interviews de l’auteur ( 2 vidéos ):
Alors que la presse française a les yeux rivés sur la lune de miel Hollande-Merkel, sans pourtant en profiter pour mettre en lumière les contradictions flagrantes du nouveau Président de la République quant à sa promesse de renégociation du Pacte budgétaire, un vote crucial eu lieu lundi dernier à Bruxelles, dans l’indifférence général.
En toute discrétion, les eurodéputés de droite et du centre ont adopté la règle d’or budgétaire tandis que les eurodéputés socialistes se sont eux, au mieux, abstenus.
Ces derniers auraient pourtant préféré reporter ce vote qui nous en dit long sur le consensus gauche-droite existant quant à la nécessaire discipline budgétaire.
Qui, après un tel vote, peut encore croire à une renégociation du Pacte budgétaire par François Hollande?
Explications.
La Commission économique et monétaire du Parlement européen, rassemblant 95 eurodéputés, s’est réunie le 14 mai 2012 pour voter deux projets de règlements européens visant à renforcer la discipline budgétaire:
- le règlement relatif au renforcement de la surveillance économique et budgétaire des États membres connaissant ou risquant de connaître de sérieuses difficultés du point de vue de leur stabilité financière au sein de la zone euro (rapporteur : Jean-Paul Gauzès, PPE)
- le règlement établissant des dispositions communes pour le suivi et l’évaluation des projets de plans budgétaires et pour la correction des déficits excessifs dans les États membres de la zone euro (rapporteure : Elisa Ferreira, S&D)
Ces deux projets de règlement ont été publiés par la Commission européenne le 23 novembre 2011 et approuvés par le Conseil des ministres des finances (EcoFin) le 21 février 2011.
Ils sont donc désormais entre les mains des parlementaires européens et c’est à ce titre que la Commission économique et monétaire travaille dessus.
Ces deux règlements visent à introduire un contrôle beaucoup plus strict des pays de la zone euro en difficulté, notamment ceux souhaitant bénéficier d’une assistance financière. Le premier règlement, porté par M. Gauzès, prévoit notamment la mise en place d’un mécanisme de mise sous tutelle pour les États en difficulté.
Aussi, ils visent à encadrer encore davantage le processus d’élaboration des budgets nationaux:
- inscrire dans leur « processus budgétaire national » un « objectif budgétaire à moyen terme » respectant les critères du Pacte de Stabilité et Croissance.
- mettre en place un conseil budgétaire « indépendant » chargé de surveiller la mise en œuvre de cet « objectif budgétaire à moyen terme ».
- communiquer à la Commission leur projet de loi de finances (« plan budgétaire ») avant le 15 octobre.
Ces dispositions sont l’objet du second règlement, porté par Madame Ferreira, eurodéputé portugaise et socialiste.
Confier la construction de ce texte à l’eurodéputée Elisa Ferreira s’avère être un véritable cadeau empoisonné fait au groupe S&D du Parlement européen.
En prévoyant l’inscription dans les « processus budgétaire national » un « objectif budgétaire à moyen terme » respectant les critères du PSC, la Commission européenne a souhaité mettre à l’ordre du jour communautaire la question sensible de la règle d’or budgétaire.

Or cette règle d’or est LA mesure phare du Pacte budgétaire (TSCG) actuellement ratifié par les 25 États signataires. Elle fait de ce Traité un texte particulièrement décrié par les partis de gauche européens.
Monsieur Hollande a d’ailleurs axé sa campagne sur la volonté de « renégocier » le Pacte, laissant planer un doute sur la possible remise en cause de cette règle d’or.
En inscrivant l’obligation de la règle d’or dans un règlement européen, les eurodéputés (et non plus nationaux) sont désormais seuls responsables de son approbation.
La tache est d’autant plus délicate pour les eurodéputés qu’ils doivent se positionner avant même de connaitre le devenir du Pacte budgétaire et, de ce fait, risquent de compromettre les négociations Hollande-Merkel.
« Une question délicate dans un monde qui change »
Elisa Ferreira
Cette difficulté a été explicitement mise en avant par Madame Ferreira lundi dernier en demandant un nouveau report de vote.
Les membres de la Commission économique ont cependant refusé ce report (21 contre, 19 pour), Monsieur Gauzès indiquant que le travail du Parlement ne devait pas être perturbé par les alternances politiques et ce d’autant plus qu’un texte de compromis avait été dégagé par les eurodéputés des divers groupes politiques.
« Le monde change tous les jours, alors il vaut mieux que l’on cesse définitivement nos travaux et qu’on aille s’occuper de faire de la pêche »
Jean-Paul Gauzès
Par conséquent, lundi 14 mai, les membres de la Commission économique ont approuvé une version amendée de l’article instituant la règle d’or budgétaire.
« Les États membres mettent en place des règles budgétaires numériques qui inscrivent dans les processus budgétaires nationaux leur objectif budgétaire à moyen terme au sens de l’article 2 bis du règlement (CE) nº 1466/97;
ces règles doivent également inclure la définition des circonstances exceptionnelle et des graves ralentissements économiques qui peuvent conduire à une déviation temporaire de l’objectif budgétaire à moyen terme ou la trajectoire d’ajustement vers elle, à condition que cette dérogation ne compromette pas la viabilité budgétaire à moyen terme [...].
Ces règles devraient inclure un mécanisme déclenché en cas d’écart significatif de l’objectif à moyen terme [...].
Ces règles s’appliquent aux administrations publiques dans leur ensemble et présentent un caractère obligatoire ou la garantie d’être pleinement respectées dans le cadre de tous les processus budgétaires nationaux. »
Cette nouvelle rédaction de l’article 4 démontre la recherche d’un véritable compromis entre les différents groupes politiques présents en Commission:
- la possibilité de déroger en cas de circonstances exceptionnelles était réclamée par les eurodéputés du centre (ALDE) et de droite (PPE), de même que l’introduction du mécanisme de correction (directement inspiré du Pacte budgétaire);
- la suppression de la préférence constitutionnelle pour l’introduction de la règle d’or, tout en maintenant le caractère obligatoire, apparait relever d’un compromis obtenu entre les députés du centre et de droite d’une part, et des socialistes et écologistes d’autre part.
Les votes en Commission du Parlement européen ne faisant pas l’objet (à ma connaissance) d’un procès verbal, je ne suis en pas en mesure de vous indiquez le contenu précis des votes des eurodéputés français.
Seule information sûre: l’abstention du socialiste Liem Hoand Ngoc, qui avait pourtant déposé plusieurs amendements visant au retrait du règlement et/ou de ses dispositions les plus décriées.
Comment comprendre ce vote si ce n’est par l’acceptation des règles de discipline budgétaire par les eurodéputés socialistes?
Ainsi, cette abstention n’inaugure rien de bon quant à la position de l’ensemble des parlementaires S&D lors du prochain vote en séance plénière prévu pour le 12 juin.
Cette position de « non-rejet » des règles de discipline budgétaire, et de la règle d’or en particulier, ne surprendra en réalité que ceux qui ont cru à la prétendue « renégociation » portée par François Hollande.
Pour en savoir plus:
- Pour lire tous mes articles relatifs au « Two-Pack »
- « La crise relance le débat sur la finalité des dépenses publiques » par Euractiv
- Vidéo de la réunion de la Commission économique et monétaire du 14 mai 2012
- Politique budgétaire: croissance et contrôle des pouvoirs de la Commission (Communiqué de presse)
Source : http://contrelacour.over-blog.fr/article-les-eurodeputes-votent-la-regle-d-or-budgetaire-dans-l-indifference-generale-two-pack-105339860.html
Source : http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/3990466-crise-en-grece-portrait-d-alexis-tsipras-leader-de-la-gauche-radicale.html
Selon des e-mails de la société américaine privée de renseignement Stratfor révélés par WikiLeaks depuis le 27 février, le corps d’Oussama Ben Laden aurait été transporté via un avion de la CIA dans le Delaware.
Dans un échange de messages entre le PDG de Stratford George Friedman et le vice-président de l’entreprise Fred Burton, considéré comme l’un des meilleurs experts en sécurité, on apprend que le corps du chef d’al-Qaïda tué au Pakistan n’a pas été immergé immédiatement, comme le prétend la version officielle.
Dans ces e-mails, piratés par les Anonymous et désignés dorénavant comme les « Global Intelligence Files » (fichiers de renseignements généraux), les experts estiment que le corps de Ben Laden a été transporté à l’Institut de pathologie des forces armées à Bethesda.
Dans un autre échange disponible sur le site de WikiLeaks, les deux experts prennent en exemple le cas de Eichmann (Officier nazi ayant théorisé la solution finale, ndlr), dont le corps avait été incinéré et souligne que si Ben Laden avait été jeté à l’eau, sa fin aurait été très similaire. Mais, estime Fred Burton : « Je ne vois pas le FBI accepter une telle situation. Son corps est comparable à une scène de crime, nous avons besoin de photos, de tests ADN, d’empreintes ».
Plus de cinq millions d’e-mails ont été volés en décembre par des pirates informatiques du collectif Anonymous à l’entreprise basée au Texas, dans le sud des Etats-Unis.
Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120301.OBS2702/le-corps-de-ben-laden-transporte-dans-le-delaware-par-la-cia.html
Qui sait ce qui se passe vraiment en Islande ? Sinon que la population y a vaguement envoyé bouler ses créanciers par référendum. Et qu’un de ses volcans est venu faire tousser nos aéroplanes. A part ça, rien ou pas grand-chose. Chape de plomb des médias microcosmiques sur ce genre de cousin honteux dont les familles rangées préfèrent en général taire l’existence.
D’infos parcellaires en révélations inédites, on peut pourtant commencer à se faire une idée de ce qui se passe dans ce petit pays nordique célèbre pour ses sources chaudes et son audace sociale : trouvez donc un autre pays où la Première ministre est officiellement mariée à une autre femme.
Revenons à ce qui nous intéresse : la fameuse crise financière de 2008 qui faillit couler l’île et de la façon dont celle-ci échappa brillamment au naufrage en plusieurs étapes qui méritent de rester dans les annales des hauts faits démocratiques :
Hé hé, oui, je sais que beaucoup, en apprenant ce genre de nouvelles, se sentiront des velléités d’Islandais. Je sais aussi que ceux qui s’efforçaient d’enterrer ces informations, vont sortir leur ultime argument-massue :
« On ne gouverne pas un petit pays riquiqui de 320 000 habitants comme on gouverne une grande puissance de 65 millions de citoyens. »
Tiens donc ! Moi qui m’imaginais que la puissance était justement un moyen de mieux faire entendre son autorité. Mais il se pourrait bien que le modèle islandais contamine certains pays de l’Union européenne en difficultés et qu’on ait des expériences à d’autres dimensions.
La Grèce, par exemple, 11 millions d’habitants, qui pourrait bien donner un nouveau sévère coup de semonce électoral à ses notables politiques ; l’Espagne, 46 millions, où les indignés sont en train de redescendre dans la rue ; l’Italie, 59,5 millions, où gouvernée par des technocrates qu’elle n’a pas élus, une population excédée multiplie les attaques contre les symboles de l’austérité.
Oui, oui, il se pourrait bien très tôt que l’expérience islandaise fasse de beaucoup plus grands petits. Et qui n’entend pas les grommellements rageurs des importants marris : « Purée, fait chier, leur démocratie ! »
Le chef de l’Etat grec, Carolos Papoulias, s’est dit « effrayé » par le « danger » que l’instabilité politique fait peser sur la Grèce, selon les actes publiés mardi d’une rencontre avec les chefs des trois principaux partis.
Recevant dimanche les dirigeants conservateur, socialiste et de la gauche radicale dans une tentative avortée de leur faire conclure un accord gouvernemental, M. Papoulias leur a souligné que « le danger est réel » pour le pays, selon ces documents officiels. Il a invoqué des mises en garde du premier ministre sortant, Lucas Papademos, du gouverneur de la Banque de Grèce et du ministre des finances sur « l’état des réserves financières du pays et le danger d’écroulement du système bancaire si les retraits continuent du fait de l’insécurité que la situation politique crée chez les citoyens ».
« Je pense que le temps joue contre nous. Et je suis effrayé à l’idée des problèmes que doit affronter le pays lundi, jeudi, vendredi », a ajouté le chef de l’Etat, aux fonctions essentiellement honorifiques, en concluant la réunion. Il s’est affirmé déçu par ses interlocuteurs, relevant qu’il attendait d’eux une « discussion plus avancée ».
NOUVELLE RÉUNION À 13 HEURES
Alors que l’impasse pour doter le pays d’un exécutif se poursuit, à l’issue des élections du 6 mai qui n’ont donné la majorité à aucun parti et ont rejeté les politiques d’austérité, M. Papoulias doit à nouveau réunir à 13 heures les protagonistes politiques pour tenter d’arracher leur accord à un cabinet « de personnalités » qu’il a proposé en dernier recours lundi soir.
Le ministre sortant de l’économie et des finances, François Baroin, a estimé mardi qu’une sortie de la Grèce de la zone euro « coûterait net 50 milliards » d’euros à la France, « plus les titres que détiennent les banques ou les assurances dans leurs portefeuilles ». Interrogé sur Europe 1, François Baroin a jugé le risque « tout à fait absorbable » par les établissements financiers français. Mais il s’est inquiété de la menace de « contagion exceptionnelle que représenterait la sortie d’un membre de la zone ». « Cela créerait le doute et la défiance dans l’esprit des investisseurs », a-t-il souligné. Pour François Baroin, il faut « préserver l’intégration de la Grèce dans la zone euro » mais celle-ci doit se doter d’un « gouvernement stable » et « respecter ses engagements ». « S’il n’y a pas de gouvernement, si l’instabilité se poursuit, cette question deviendra certainement plus sensible », a-t-il prévenu.
Les Pays-Bas ont étudié l’hypothèse d’une sortie de la Grèce de l’euro même si la politique de l’Europe est de maintenir la Grèce dans la zone euro, a reconnu mardi le ministre des finances néerlandais, Jan Kees de Jager. « En tant que gouvernement, nous tenons compte de différents scénarios. Même si on ne l’anticipe pas, on a quand même calculé les choses, simplement pour des raisons de sécurité, a-t-il déclaré sur la chaîne publique de télévision NOS. Mais ce n’est pas la politique de l’Europe. » Il s’est refusé à répondre à la question de savoir comment l’euro s’en sortirait si la Grèce devait sortir de la zone.
« Une société cosmétique chinoise utilise la peau prélevée sur les corps des condamnés à mort exécutés pour fabriquer des produits de beauté vendus en Europe. » The Guardian livre une enquête stupéfiante en matière d’industrie cosmétique, qui lève le voile sur des pratiques qualifiées de « traditionnelles » par des employés de la compagnie chinoise qu’il a interrogés. Il s’agit de récupérer du collagène, une protéine fibreuse que l’on trouve en abondance dans la peau, les os et les tendons, couramment utilisée en chirurgie esthétique pour gonfler les lèvres et réduire les rides. Toujours de même source, le journal note qu’en Chine, il est d’usage de récolter « la peau des condamnés exécutés et les fœtus avortés, rachetés par des sociétés de ‘biotechnologie’ situées dans la province septentrionnale de Heilongjiang ». Les produits sont exportés vers l’Europe via Hong Kong.
En Europe, le marché de l’industrie cosmétique et de la chirurgie plastique, toutes deux consommatrices de collagène, n’est pas ou peu réglementé. Le fait est que ces produits se trouvent dans une sorte de « zone grise » légale : ils ne sont soumis ni aux réglementations concernant les médicaments, ni à ceux concernant les produits de beauté, c’est-à-dire uniquement des substances appliquées à la surface de la peau et non en injections.
Au Royaume-Uni, les autorités sont préoccupées par les questions éthiques comme par les risques d’infection et de transmission de virus. Une enquête commandée par le ministère de la Santé britannique a souligné le besoin d’instaurer de nouvelles réglementations. « Mais le ministère de la Santé veut néanmoins s’en remettre à la Commission européenne, et cela pourrait prendre plusieurs années avant qu’une législation entre en vigueur », note The Guardian.
Les autorités chinoises réfutent pour leur part qu’il soit possible de prélever la peau ou tout autre partie du corps de condamnés à mort sans que ceux-ci donnent leur consentement. Mais il y a de sérieux doutes, d’après The Guardian, qui rappelle les révélations faites en juin 2001 devant le Congrès américain par un ancien médecin militaire chinois, Wang Guoqi. Ce dernier a assuré « avoir participé aux prélèvements d’organes de plus de 100 prisonniers exécutés. Les chirurgiens disséquaient les corps dans des camions garés sur les lieux d’exécution. » Wang a avoué avoir procédé au prélèvement de la peau d’un condamné exécuté mais dont le cœur battait encore…
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