• Appel d’un patron de TPE à voter Jean-Luc Mélenchon

    Etre un patron de petite entreprise n’empêche pas d’être humaniste et le programme ‘l’humain d’abord’ du Front de Gauche est le seul programme présidentiel qui permette de considérer la relation contractuelle entre l’employeur et l’employé par son côté humain.

    Pour me situer, je dirige une société de 8 personnes qui gère 3 magasins d’électroménager en Isère Nord. Question parité, il y a 2 femmes pour 6 hommes mais le plus gros salaire est perçu par la responsable des ventes. Pour moi-même, comme dans beaucoup de TPE, mon salaire dépend de l’activité et n’est donc pas le plus haut de l’entreprise dans la conjoncture actuelle.

    Je souhaitais relativiser les fameuses ‘contraintes’ insurmontables du futur contrat de travail proposé par Jean-Luc Mélenchon :

    – Le CDI comme contrat standard. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le CDI est moins contraignant pour l’employeur qu’un CDD et permet de définir précisément les relations entre les deux parties. Quand on signe un bail, il y a des obligations pour le bailleur comme pour le preneur. Pourquoi le contrat de travail devrait-il impliquer une subordination à l’employeur ? Je préfère faire en sorte que les employés de l’entreprise se sentent bien dans leur peau plutôt que de leur faire peur. Finalement, ce sont nos clients qui sont heureux de voir qu’on les reçoit avec le sourire !

    – Légaliser tous les travailleurs sans papiers. La concurrence libre et non faussée prônée par le TCE apparaît beaucoup moins libre et non faussée quand certains se permettent de faire travailler (ou de forcer au travail) une population qui n’a aucun recours car sans papiers. Régulariser les travailleurs sans papiers permettra de rétablir une concurrence loyale dans les secteurs d’activités concernés mais aussi permettra à ces salariés de consommer, d’acheter une maison et de l’électroménager et de se sentir mieux dans leur pays : la France ou tous ont les mêmes droits au travail !

    – L’égalité de salaire entre femmes et hommes : n’ayant jamais considéré qu’il puisse y avoir de différences entre une femme et un homme, je ne vois pas en quoi c’est une contrainte. La rémunération dépend des compétences, qu’elles soient démontrées par l’expérience ou présumées par les diplômes (entre autres), pas par le sexe.

    – Ecart de salaires limité à 20 : En France, combien y a-t-il vraiment de sociétés ou cette contrainte en est vraiment une ? Seuls des incompétents peuvent considérer qu’on peut être payé plus de 20 fois le salaire du plus modeste employé de la société. Si je pouvais me le permettre, cela sous-entendrait que je me paierais plus de 20.000 € nets par mois ! Mais bon sang, qu’en ferais-je ? Une fois que j’aurais payé ma maison, ma voiture et des cadeaux à tous, je serais bien embêté avec cet argent. Eh bien non, à mon avis, il vaut mieux faire évoluer l’entreprise, créer de nouveaux emplois, améliorer encore les conditions de travail avec les bénéfices plutôt que d’amasser seul, replié dans son égoïsme et sa cupidité. Bon ok, ce n’est pas dans l’air ambiant que de vouloir partager. Mais est-ce que l’air ambiant est celui que nous voulons ? Ou celui que l’on veut nous imposer à grands coups de communication idolâtrant l’individualisme et cherchant à démontrer que la réussite n’est qu’une affaire d’argent, de montres suisses et de yachts ?

    – La démocratie dans l’entreprise. Comment peut-on considérer autrement la vie dans l’entreprise sans que tous soient impliqués ? Bien sûr, on ne va pas faire un référendum avant d’acheter un nouveau rouleau de scotch à la compta, mais mettre en place une nouvelle image ou de nouvelles stratégies de vente demande au minimum un avis des employés qui devront tous les jours vivre avec. La conduite du changement a toujours fonctionné quand les personnes concernées sont impliquées. Demandez aux consultants informatiques comment ils font changer de logiciel dans les grandes sociétés. Pourquoi ne ferait-on pas pareil avec les autres grands changements dans l’entreprise ?

    J’avais regardé la prestation de Nicolas Sarkozy sur TF1 juste avant son annonce de candidature et je m’étais dit que ses annonces ne pouvaient que plaire à mes collègues patrons :

    – TVA sociale = Augmentation de notre trésorerie,

    – Suppression des 35 heures (et du droit du travail) = Parfait,

    – Augmentation des prêts = très bien

    Mais en y réfléchissant de plus près, pressuriser les employés ne va pas les amener à consommer plus et/ou mieux, bien au contraire, cela va les enfermer dans la peur et les pousser (pour ceux qui peuvent) à provisionner. La politique de Nicolas Sarkozy : rigueur et cadeaux aux riches va dans le mur. La seule politique qui permette de sortir de la mouise c’est la relance !

    J’étais à la Bastille avec tous ces gauchistes heureux et après le discours, pendant que j’essayais de m’extirper de la foule compacte, je ne voyais que des sourires autour de moi malgré la cohue. C’est ce que je veux dans mon pays, dans ma rue, dans ma société ! Quand on court après l’argent, on sourit peu, quand on court après le bonheur on sourit tout le temps !

     

    Source : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/appel-d-un-patron-de-tpe-a-voter-113783

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