• Les banques écossaises déménageront si le « oui » l’emporte

    Crédit photo © Reuters

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    LONDRES (Reuters) – Royal Bank of Scotland et Lloyds Banking Group, toutes deux basées à Edimbourg, ont annoncé qu’elles déplaceraient leur siège social à Londres en cas de victoire du « oui » au référendum du 18 septembre sur l’indépendance de l’Ecosse.

    RBS a confirmé jeudi dans un communiqué son projet de déménagement en précisant qu’elle conserverait une partie significative de ses activités et de son personnel au nord de la nouvelle frontière.

    RBS, détenue à 81% par l’Etat britannique, explique se préparer ainsi à une victoire des indépendantistes dans l’intérêt de ses clients et de ses actionnaires.

    La banques est basée depuis 1727 en Ecosse, où elle emploie 11.500 personnes.

    Lloyds, qui compte 16.000 salariés sur le sol écossais, avait annoncé dès mercredi soir qu’elle se préparait elle aussi à une victoire du « oui » qui la conduirait à se domicilier dans la capitale britannique.

    Les deux banques ont insisté sur les risques considérables que ferait peser sur elles une Ecosse indépendante, avec des conséquences majeures notamment sur leur financement et leur situation juridique et fiscale.

    La percée des partisans de l’indépendance dans les sondages commence à donner des sueurs froides aux banquiers et assureurs écossais dont le gros de la clientèle est britannique.

    L’agence de notation Standard & Poor’s a prédit qu’une Ecosse indépendante serait incapable de soutenir correctement ses banques en cas de nouvelle crise financière.

    Les actifs cumulés des trois principales banques écossaises, la troisième étant Clydesdale, propriété de National Australia Bank, représentent plus de 12 fois le produit intérieur brut de l’Ecosse.

    National Australia Bank a fait savoir qu’elle aussi prévoyait de rapatrier sa filiale en Angleterre en cas de victoire du « oui ».

    Le cours des actions des banques écossaises est très surveillé à la Bourse de Londres. L’action RBS avançait de 1,5% vers 08h00 GMT. Le titre Lloyds prenait autour de 1%.

    (Matt Scuffham, Patrick Vignal pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

  • L’achat d’un bébé autorisé par la justice

    C’est l’histoire d’une femme, mère de plusieurs enfants, qui veut vendre le prochain à naître.

    Un jeune couple de 27 et 26 ans , achète cet enfant pour plusieurs milliers d’euros. Pour ce faire, ils passent par des intermédiaires, deux organisateurs de trafics d’enfants. Lesquels seront mis en examen et incarcérés.

    Le couple, lui, est mis en examen, notamment, pour « entremise lucrative pour abandon, provocation à l’abandon et obtention frauduleuse de documents administratifs ».

    L’enfant est évidemment retiré aux acheteurs et confiés à l’Aide sociale à l’enfance.

    Les acheteurs ont  finalement obtenus la garde du bébé. Un verdict qui relance le débat sur la gestation pour autrui en France. Peut-il faire jurisprudence ?

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    Un nouveau-né au service maternité de l’hôpital franco-britannique de Levallois-Perret (D.PALLAGES/AFP)

    Voir : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1239393-l-achat-d-un-bebe-autorise-par-la-justice-l-enfant-nouvelle-marchandise-pour-riches.html

  • Dans la peau de George W. Bush

  • Ce soir ou jamais : vendredi 5 septembre 2014

  • On peu l’avoir comme ministre de l’éducation nationalle mr @fhollande ? #Montessori

    L’ancienne enseignante a démissionné de l’éducation nationale, mais n’a pas renoncé à diffuser les outils de l’école de demain.

    Ne dites pas d’elle qu’elle est « professeure » : cela efface son sourire, assombrit son humeur. D’abord parce que l’année scolaire qui vient de débuter se fera sans elle : Céline Alvarez n’a pas repris, ce 2 septembre, le chemin de l’école maternelle Jean-Lurçat de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) où elle avait entrepris, en 2011, de croiser la pédagogie Montessori avec la recherche en sciences cognitives.

    Faute de pouvoir élargir l’expérimentation, elle a pris la lourde décision de donner sa démission. Ensuite parce que ce n’est pas pour « professer », comme elle dit, que cette jolie trentenaire a passé en candidat libre, il y a cinq ans, le concours de l’enseignement. Et elle le justifie sans s’embarrasser de fausse modestie : « C’était pour infiltrer le système et parvenir à le changer, pas pour enseigner. Je me laissais trois ans pour proposer un environnement de classe faisant l’effet d’une bombe pédagogique, explique-t-elle, trouver les bons outils permettant de révéler spontanément tout le potentiel des enfants, et réussir à les diffuser auprès des enseignants. »

    Les trois années sont passées, et le « couperet » est tombé juste avant l’été : le projet piloté par Céline Alvarez, d’autant plus inédit qu’il avait vu le jour dans la ville de naissance des premières zones d’éducation prioritaire (ZEP), et non dans les quartiers huppés de la capitale où les écoles Montessori, toutes privées, font le plein d’élèves, ne sera pas étendu.

    « Manque de recul », « manque d’évaluation »…

    Au rectorat de Versailles, les arguments avancés sont un peu confus : « manque de recul », « manque d’évaluation », « manque de cadre »… On y renvoie la balle, un peu gêné, à « la DGESCO », la Direction générale de l’enseignement scolaire chargée d’appliquer la politique du ministre de l’éducation. Sous la droite, celle-ci s’était enthousiasmée pour cette première classe Montessori ouverte dans le public, qui plus est en banlieue, avec le concours de l’association Agir pour l’école. Une époque semble-t-il révolue.

    Et pourtant, c’est bien « l’effet d’une bombe » que l’on a pu ressentir en entrant, ce printemps, dans la classe multiniveau – mêlant petite, moyenne et grande sections – de Céline Alvarez. Pas seulement parce que les enfants savaient lire à 5 ans (parfois avant), maîtrisaient le sens des quatre opérations, comptaient jusqu’à 1 000 et même au-delà…

    Pas seulement parce que la salle colorée regorgeait d’un matériel en libre accès (« lettres rugueuses », « cabinet de géographie »…) inconnu de la plupart des écoles, vers lequel les enfants pouvaient se tourner au moment précis où ils en éprouvaient l’envie, « pour ne jamais rater la fenêtre de tir permettant d’entrer dans les savoirs », expliquait la jeune femme lors de notre première rencontre. Non, c’est surtout l’entraide, l’empathie, la joie, la curiosité que manifestaient ces tout-petits qui retenaient l’attention.

    Un potentiel humain gâché »

    Une école où le bonheur éveillerait le désir d’apprendre ? C’est celle que Céline Alvarez aurait bien aimé fréquenter, petite, sur la dalle d’Argenteuil (Val-d’Oise) où elle a grandi. « Une ZEP bien corsée, se souvient-elle, celle que Sarkozy envisageait de passer au Kärcher. » Au collège puis au lycée, l’adolescente est frappée par le « potentiel humain gâché ».

    « Tous ces jeunes que je trouvais intelligents mais qui n’arrivaient pas à se fondre dans le moule et qui décrochaient, ça m’indignait ! », se souvient-elle. Dans son cercle familial, aussi, cette fille d’une employée de banque et d’un ouvrier tourneur-fraiseur se forge la conviction que « l’être humain possède un potentiel inné pour penser, créer, partager… et que le système scolaire l’empêche d’émerger ».

    Céline Alvarez. 

    Second déclic

    Son parcours n’est pas linéaire. L’adolescente n’aime pas particulièrement l’école mais passe son baccalauréat. Hésite entre la communication et le théâtre. Cherche son chemin… et le trouve en Espagne, pays d’origine de son père, où elle donne des cours de français. « Comprendre ce qui se passe dans le cerveau des enfants bilingues, ça a été mon premier déclic. » Elle se passionne pour la linguistique et passe à distance, depuis Madrid, un master en sciences du langage.

    Retour à Paris. Pour gagner sa vie, elle frappe à la porte d’une école privée Montessori, « sans savoir à quoi s’attendre », dit-elle. En visitant l’établissement, elle tombe sur des « lettres rugueuses », sorte de jeu de cartes créé il y a près d’un siècle par la pédiatre Maria Montessori (1870-1952), invitant les enfants à découvrir les lettres de façon sensorielle. Second déclic.

    Céline Alvarez se rue dans une librairie pour acheter tous les ouvrages de la pédagogue italienne. Les dévore dans toutes les langues, jour et nuit.

    L’école faillit à sa mission à Neuilly comme à Argenteuil ; seulement, à Neuilly, ça se voit moins. »

    Le concours de l’enseignement en poche, elle passe sa première année « sur le terrain » à Neuilly (Hauts-de-Seine). « Le public n’avait rien à voir avec celui d’Argenteuil, mais le constat est tout aussi choquant : ce que les enfants savent, ils ne l’ont pas appris à l’école, observe-t-elle. L’école faillit à sa mission à Neuilly comme à Argenteuil ; seulement, à Neuilly, ça se voit moins. »

    Depuis, Céline Alvarez s’est fixé un cap : actualiser l’héritage pédagogique de Maria Montessori pour faire collaborer l’école et la recherche, la pédagogie et la connaissance objective du fonctionnement de l’être humain. Et c’est auprès des scientifiques qu’elle compte ses soutiens, comme Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive au collège de France, ou Manuela Piazza, chercheure à l’Inserm. De leur rencontre doit naître un livre ; de quoi bien occuper l’année qui vient.

    D’autant que la jeune femme n’a pas renoncé à son projet : elle s’apprête à diffuser sur Internet les outils développés au cours des trois années d’expérimentation à Gennevilliers pour « proposer une école plus efficace et donc plus juste ». En pariant sur une attente forte des enseignants sur le terrain.

  • Lidl : Surveillance, contrôles et harcèlement

    Dans la grande distribution, les miracles n’existent pas. L’américain Wal-Mart, référence en matière de prix et de droits sociaux rabotés, est sous la menace du plus grand procès collectif jamais intenté pour discrimination sexuelle. En Europe, c’est l’enseigne Lidl qui a repris le judicieux concept : prix étranglés, personnel maté. Un livre noir paru en Allemagne, berceau de l’entreprise, s’appuie sur les témoignages de plus de cent employés pour dénoncer les rythmes de travail, les manques d’effectifs, les heures supplémentaires non payées, les pressions permanentes et les salaires de misère.

    Rien d’étonnant, donc, à ce que ces méthodes se greffent sur le réseau français du « hard discounter ». Mais le risque de rejet existe, et des éléments incompatibles viennent parfois enrayer la machine à écraser les coûts et les salariés. Fatiha Hiraki est de ceux-là. Depuis 2003, cette jeune femme énergique de 34 ans est chef de magasin au Lidl de Clichy-sur-Seine. La hiérarchie maison est clairement établie : responsable de son équipe et des résultats du magasin, elle a, pour supérieur direct, le chef de réseau, qui est lui-même supervisé par le chef des ventes et son adjoint qui dépendent d’une des deux directions régionales de Lidl pour l’Île-de-France. Très vite, le trio de responsables va lui faire comprendre en quoi consiste la politique de gestion du personnel maison : « On m’a demandé de harceler les employés, de changer leurs emplois du temps en permanence, de les surveiller, de faire craquer ceux qui n’étaient plus assez productifs. » Car, pour l’enseigne, « vous devez toujours être à 100 % ». Et si les pressions ne suffisent pas, les « qualitests » arrivent à la rescousse : « Des contrôleurs piègent les caissières en glissant des saumons sous des packs d’eau dans leurs chariots ; si elles ne soulèvent pas tout pour vérifier, elles sont immédiatement convoquées par la hiérarchie. »

    Lire l’article complet sur http://www.politis.fr/Lidl-le-salaire-de-la-peur,438.html

  • Fleur de la culture est communication

  • Ukraine : les cinq plus gros mensonges

     

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    Stephen F. Cohen est un universitaire américain, spécialiste de l’URSS, puis de la Russie. Il est l’auteur de nombreux livres sur les relations entre les États-Unis et la Russie, dont le plus récent est Failed Crusade : America and the Tragedy of Post-Communist Russia (lien vers amazon.fr). Il enseigne à l’Université de Princeton. Il est également membre du Council on Foreign Relations [1]. Il a été pendant près de vingt ans commentateur à CBS News, mais n’est plus très souvent invité dans les médiasmainstream aujourd’hui. Vous comprendrez pourquoi en lisant ce qui suit.

    Je reprends ci-dessous une partie (traduite en français par mes soins) d’un article publié sous sa signature par le magazine américain The Nation et je vous engage à lire l’article lui-même : Patriotic Heresy vs. the New Cold War (thenation.com, anglais, 15-09-2014).

    « Comme le disait feu le sénateur Daniel Patrick Moynihan, « chacun a droit d’avoir ses opinions propres, mais pas ses faits propres ». La nouvelle guerre froide repose presque entièrement sur des opinions fausses. Cinq de ces mensonges sont particulièrement importants, aujourd’hui.

    Mensonge N°1 : Depuis la fin de l’URSS en 1991, Washington a toujours traité la Russie post-communiste avec générosité, comme un ami et un partenaire, faisant tous ses efforts pour l’aider à devenir un pays démocratique et prospère, membre du système occidental de sécurité internationale. Incapable de cela ou ne le voulant pas, la Russie a rejeté l’altruisme américain, en particulier sous M. Poutine.

    Les faits : A partir des années 90, avec l’administration Clinton, chaque président américain et chaque Congrès a traité la Russie ex-Soviétique comme un pays vaincu, avec des droits inférieurs chez elle et à l’étranger. L’expansion de l’Otan a été le fer de lance de cette approche triomphaliste, accompagnée par des « négociations unilatérales » et maintenant le bouclier anti-missiles dans les zones traditionnelles de sécurité nationale russes, l’excluant de fait du système de sécurité européen. Dès le départ, le but ultime était l’Ukraine et, à un degré moindre, la Géorgie. En 2004, un éditorial du Washington Post expliquait : « L’ouest veut finir le travail commencé avec la chute du Mur de Berlin et continuer la marche de l’Europe vers l’Est… le premier prix sera l’Ukraine. » Neuf ans plus tard, en 2013, à la veille de la crise actuelle, Carl Gersham, le directeur de la Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy) [2], une organisation financée par l’État Fédéral s’en faisait l’écho en déclarant : « L’Ukraine est le plus grand prix ».

    Mensonge N°2 : Il existe un « Peuple ukrainien » qui se languit d’échapper à des siècles d’influence russe et de rejoindre l’Ouest.

    Les faits : Comme le savent toutes les personnes bien informées, l’Ukraine est un pays divisé depuis longtemps par des différences ethniques, linguistiques, religieuses, économiques et politiques, en particulier, mais pas uniquement, les régions de l’Est et de l’Ouest du pays. Lorsque la crise actuelle a commencé en 2013, l’Ukraine était un État, mais pas un seul peuple, ni une nation unie. Certaines de ces divisions ont été accentuées depuis 1991 par une élite corrompue, mais la plupart se sont développées au cours des siècles.

    Mensonge N°3 : en novembre 2013, l’Union européenne, soutenue par Washington, a offert au président ukrainien M. Viktor Yanukovych une association bienveillante à la démocratie et à la prospérité européenne. M. Yanukovych était prêt à signer cet accord, mais M. Poutine l’a intimidé et acheté pour qu’il rejette cet accord. C’est l’origine des manifestations de Maïdan et de tout ce qui a suivi.

    Les faits : La proposition de l’UE était un promesse imprudente, qui visait à forcer le président élu démocratiquement d’un pays profondément divisé à choisir entre la Russie et l’Ouest. Le rejet par l’UE de la proposition de M. Poutine d’un plan russo-américano-européen pour sauver l’Ukraine de la déroute financière était tout aussi irresponsable. La proposition européenne n’était pas, en elle-même, économiquement réaliste. Elle exigeait du gouvernement ukrainien de mettre en place des mesures d’austérité très dures, en échange d’une assistance financière modeste, ce qui aurait pour résultat de couper des relations économiques avec la Russie, à la fois anciennes et essentielles pour le pays. La proposition n’était pas non plus « innocente », puisqu’elle incluait des articles exigeant que l’Ukraine adhère à la politique militaire et de sécurité de l’Europe, ce qui voulait dire, en pratique, mais sans mentionner l’alliance, à l’Otan. En résumé, ce n’est pas une soit-disant agression de M. Poutine qui a provoqué la crise actuelle, mais cette sorte « d’agression douce » de Bruxelles et Washington pour attirer l’Ukraine à l’Ouest, y compris (dans un paragraphe en petites lettres) dans l’Otan.

    Mensonge N°4 : La guerre civile actuelle en Ukraine a été causée par la réponse agressive de M. Poutine à la protestation pacifique de Maïdan contre la décision de M. Yanoukovych.

    Les faits : En février 2014, la manifestation de Maïdan, fortement influencée par des extrêmistes nationalistes et même des forces de rue semi-facistes, est devenue violente. Dans l’espoir d’une solution pacifique, des ministres des Affaires étrangères européens ont négocié un compromis entre des parlementaires représentant les manifestants de Maïdan et M. Yanoukovych. Aux termes de cet accord, ce dernier serait resté président, avec des pouvoirs limités, d’un gouvernement de réconciliation, jusqu’à des élections prévues en décembre de la même année. En quelques heures, la violence de combattants de rue a fait échouer cet accord. Les dirigeants européens et Washington n’ont rien fait pour défendre leur propre accord diplomatique. M. Yanoukovych s’est enfui en Russie. Des partis minoritaires au parlement, représentant Maïdan et surtout l’Ouest de l’Ukraine, parmi lesquels « Svaboda », un parti ultra nationaliste, qui avait par le passé été stigmatisé par le Parlement européen comme incompatible avec les valeurs européennes, ont formé un gouvernement. Ils ont également modifié la constitution en leur faveur.Washington et Bruxelles ont soutenu ce coup d’état et ses conséquences jusqu’à ce jour. Tout ce qui s’en est suivi, de l’annexion de la Crimée par la Russie a la propagation de la rébellion dans le sud-ouest, à la guerre civile et à la « campagne anti-terroriste » de Kiev, a été provoqué par le coup d’État. Les actions de M. Poutine n’ont été que des réactions.

    Mensonge N°5 : La seule façon de mettre fin à la crise est que M. Poutine cesse son « agression » et rappelle ses agents dans le sud est de l’Ukraine.

    Les faits : les causes réelles de la crise sont les divisions internes de l’Ukraine, et non d’abord les actions de M. Poutine. Le facteur essentiel de l’escalade de la crise depuis mai est la campagne militaire « anti terroriste » de Kiev contre ses propres citoyens, principalement, maintenant, autour de Donetsk et Lougansk. M. Poutine influence et aide certainement les « défenseurs du Donbass ». Si on considère la pression qui s’exerce sur lui, à Moscou, il est très vraisemblable qu’il continuera à le faire, et, peut-être, plus directement, mais il ne les contrôle pas. Si Kiev cesse ses assauts, il est probable que M. Poutine pourra les contraindre à négocier. Mais seule l’administration de M. Obama peut contraindre Kiev de cesser, et elle ne l’a pas fait.

    En résumé, vingt ans de la politique américaine ont mené à cette confrontation fatale entre la Russie et les États-Unis. M. Poutine peut y avoir contribué en passant, mais son rôle durant ses quelques quatorze ans au pouvoir a presque toujours été réactif, ce que les forces les plus réactionnaires à Moscou lui reprochent souvent. »

    Je ferai deux commentaires à ce texte (encore une fois je vous engage à aller lire l’article complet sur le site du magazine The Nation).

    Mon premier commentaire concerne la capacité de M. Obama à contraindre Kiev. Ce sont effectivement les États-Unis et Bruxelles qui sont à l’origine de la crise. Mais, depuis que les combats se sont intensifiés dans le sud, depuis que le nombre de morts civils a tellement augmenté, il semblerait qu’une nouvelle force soit à l’œuvre, derrière le gouvernement de Kiev. Le comportement de M. Porochenko à Minsk en est l’illustration. On le présente souvent (pas dans les médias mainstream évidemment !) comme la marionnette de Washington. Je commence à me demander s’il n’y a pas un autre marionnettiste : M. Kolomoïski, par exemple. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article.

    Le second concerne l’objectif souhaitable de sortie de crise. La Russie le demande depuis des mois, l’Allemagne en a convenu récemment, la seule solution viable qui maintienne l’unité du pays est une fédéralisation de l’Ukraine. A Minsk, M. Porochenko a écarté cette solution. Mais les séparatistes du Donbass la rejettent également. Leurs représentants ont récemment déclaré en conférence de presse qu’il ne voulaient plus d’autonomie, qu’ils ne voulaient plus de fédéralisation. Ils veulent qu’on les laisse décider seuls et indépendamment de leur sort. Ils disposent de ressources suffisantes, sur les plans agricoles et industriels, pour former une entité indépendante.

    Quand on discute avec des Ukrainiens, on est frappé par le niveau de haine atteint dans le pays entre les différentes composantes de la population. Une solution pacifique ne semble pas proche…

    Notes :

    [1] Le Council on Foreign Relations ou CFR est un think tank non partisan américain, ayant pour but d’analyser la politique étrangère des États-Unis et la situation politique mondiale (wikipedia, français)

    [2] La Fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy, alias NED) est une fondation privée à but non lucratif engagée dans le renforcement et le progrès des institutions démocratiques dans le monde entier (ned.org, français)

  • Olivier Delamarche le 1 septembre 2014 – BFM Business

  • L’OTAN prépare le déploiement de bases militaires à la frontière russe

    L’OTAN se prépare à déployer de nouvelles bases militaires pour la première fois de l’histoire en Europe de l’Est, a annoncé le Danois Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’organisation. Cette décision a été prise suite à la crise ukrainienne, dans le but de dissuader le président russe, Vladimir Poutine, de créer des problèmes dans les anciens pays baltes.

     http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f2/NATOMAP.jpg/800px-NATOMAP.jpg

    Rasmussen a indiqué que l’OTAN avait organisé un sommet à Cardiff la semaine prochaine pour lever les derniers désaccords sur cette question et mettre au point ce déploiement. On s’attend à ce que la réponse de la Russie ne tarde pas à venir.

    « Afin de mettre en œuvre ces installations de renfort, il est aussi nécessaire de mettre en place des unités de réception dans les pays hôtes. Cela impliquera le stockage préventif de fournitures, du matériel, la préparation des infrastructures, des bases et des quartiers généraux. En fin de compte, ce qu’il faut retenir, c’est que la présence de l’OTAN à l’Est sera plus visible à l’avenir », a déclaré M. Rasmussen.

    La Pologne et les trois Etats baltes (la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie) ont manifesté de l’inquiétude vis-à-vis d’une éventuelle menace russe et ont réclamé une plus grande présence de l’OTAN dans la région.  Ils ont critiqué les réactions, jugées seulement symboliques, de l’alliance sur cette question.

    Pourtant, la mise en place de bases permanentes en Europe de l’Est est très controversée au sein même de l’Organisation. La France, l’Espagne et l’Italie sont contre, tandis que les Américains et les Britanniques sont favorables. Les Allemands, désireux de ne pas se brouiller avec les Russes, ont une attitude plus mitigée.

    Le sommet de Cardiff devrait permettre de trouver une formule qui ne comporte pas le terme «permanent» pour la description des nouvelles bases. Mais Rasmussen a expliqué que son but serait de mettre en place des installations constamment habitées à l’Est de ce qui constituait le « rideau de fer » :

    Cela pourra se faire sur la base d’une rotation avec une fréquence très élevée. Le point crucial est de faire comprendre à tout agresseur potentiel qu’au cas où il envisagerait une attaque contre un allié de l’OTAN, il devra non seulement faire face aux soldats de ce pays en particulier mais aussi aux troupes de l’OTAN. Voilà ce qui est important. »

    La seule base de l’OTAN à l’est de la frontière de la Guerre Froide se trouve à Szczecin, sur la côte baltique de la Pologne. Selon des sources, cette base pourrait être employée comme tête de pont pour le déploiement de nouvelles bases. Des accords auraient déjà été trouvés sur les plans de l’armée de l’air et de la marine, mais le stationnement de forces terrestres internationales en Europe de l’Est suscite encore des divisions.

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