• L’initiative en faveur d’un revenu de base pour tous se concrétise

    Le peuple pourrait voter sur l’instauration d’un revenu de base de 2500 francs mensuels assuré à tout le monde.

    Près de 70'000 signatures ont été récoltées pour un revenu de base pour tous.

     

    Neuf mois après le lancement de l’initiative populaire, le comité a récolté plus de 70’000 signatures. Il espère déposer les 100’000 paraphes nécessaires en avril, six mois avant le délai.

    Les dernières signatures sont en général plus difficiles à récolter que les premières, a déclaré Daniel Straub, du comité d’initiative, lundi devant les médias à Berne. Mais dans ce cas précis, l’enthousiasme ne cesse de croître, a-t-il assuré. Les initiants, dont fait partie l’ancien vice-chancelier de la Confédération Oswald Sigg, s’en réjouissent d’autant plus qu’aucun parti ou grande organisation ne soutient leur idée.

    L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» demande que chaque personne, active ou non, vivant légalement en Suisse touche une certaine somme. Le montant et son financement devront être fixés dans la loi, par le Parlement. Les initiants mentionnent toutefois 2500 francs par mois pour les adultes et 625 francs pour les moins de 18 ans.

    L’idée d’un revenu de base a déjà été lancée à plusieurs reprises, mais sans succès. A gauche, des voix ont critiqué un système trop compliqué et des menaces sur les salaires. Les syndicats et la Jeunesse socialiste préfèrent des textes plus précis. L’USS a fait aboutir une initiative qui demande au moins 4000 francs par mois pour 42 heures de travail hebdomadaires. Le peuple se prononcera aussi sur l’initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste, qui exige pour sa part que le salaire d’un patron soit limité à douze fois celui de l’employé le moins bien payé. (ats/Newsnet)

     

    http://www.lematin.ch/suisse/L-initiative-en-faveur-dun-revenu-de-base-pour-tous-se-concretise/story/22262777

  • Accord sur la réforme du marché du travail :

    En signant avec le Medef un accord « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », trois syndicats minoritaires ont donné en France un aval anticipé aux  réformes structurelles du marché du travail imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Le Wall Street Journal félicite les patrons français d’avoir « gagné une nouvelle flexibilité ». 

    (On nous avais prévenu quand même !! http://commentbienvoter.com/fancois-hollande-a-menti-la-fin-du-cdi/)

    L’accord signé le 11 janvier par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC confirme la possibilité, déjà adoptée par la majorité précédente, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi », avec une baisse des salaires, en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel », dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.

    La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le Medef se traduit aussi dans l’accord du 11 janvier par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

    Plus profondément encore, l’accord du 11 janvier dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle prévue par la loi ; et s’il ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, qui doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois.

    En guise de contreparties, l’accord prévoit essentiellement un renchérissement limité des CDD de très courte durée (moins d’un mois), la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés des PME et une majoration de 10% pour les  heures complémentaires des salariés à temps partiel. Des avancées qui seraient appréciables si elles n’étaient pas payées aussi cher.

    Car la France et l’Europe s’enfoncent dans une grave récession, provoquée par les politiques d’austérité et par la frilosité des banques qui réduisent leurs crédits pour préserver leur bilan. Les brèches ouvertes par l’accord du 11 janvier ne vont certainement pas « accélérer la création d’emploi » comme l’annonce le gouvernement ; elles vont plutôt faciliter le passage du tsunami de licenciements qui s’annonce et accélérer la montée du chômage.

    Attac appelle les parlementaires français à corriger les graves dangers que présente ce texte et invite tous les acteurs sociaux à organiser ensemble la résistance et la construction d’alternatives à ces politiques suicidaires pour les salariés et pour les peuples européens. Dans cette perspective, les nombreuses forces syndicales et associatives européennes engagées dans le processus d’Altersommet se réuniront début juin à Athènes en vue d’affirmer haut et fort qu’une autre Europe est possible.

    Attac France,

    Le 14 janvier 2013

  • La mort d’un Internet identique pour tous

    Dans une tribune publiée par Libération, la commissaire Neelie Kroes a confirmé qu’elle ne voyait aucun problème à ce que les FAI proposent des offres « différenciées » d’accès à internet. Ils pourront vendre un accès à un internet bridé, et proposer des options payantes pour débloquer l’accès à certaines applications. Si cette voie se confirme, la neutralité du net sera morte.

    Profitant du débat qui a fait rage en France avec le blocage par défaut des publicités par Free, la Commission Européenne a précisé son point de vue sur la question de la neutralité du net. Dans une tribune publiée dans Libération, la vice-présidente Neelie Kroes a confirmé ce que nous avions analysé en 2011, sur le souhait de Bruxelles de mettre à mort la neutralité du net en autorisant les offres différenciées chez les FAI.

    « Les consommateurs devraient être libres de faire de vrais choix quant à leur abonnement à l’internet« , écrit Neelie Kroes. « Les contrats standard et les paramètres par défaut (…) sont soumis à des limites d’intérêt public« , rappelle-t-elle, mais « selon moi, l’intérêt public ne s’oppose cependant pas à ce que les consommateurs s’abonnent à des offres internet limitées, plus différenciées, éventuellement pour un prix moins élevé« .

    En charge de l’agenda numérique, Neelie Kroes donne donc son feu vert aux fournisseurs d’accès à internet pour proposer un abonnement de base à un Internet limité aux e-mails et à une partie du web, mais avec un surplus à payer pour accéder sans bridage à YouTube, Dailymotion, Facebook ou Skype.

    Pour la commissaire européenne, le filtrage du web pour des motifs commerciaux ne pose aucun problème dès lors que les contrats font figurer « les vitesses effectives dans des conditions normales et toute restriction imposée au trafic, ainsi qu’une option réaliste permettant de passer à un service «complet», dépourvu de telles restrictions« .

    « En ce qui concerne la neutralité de l’internet, les consommateurs doivent avoir un choix effectif quant au type d’abonnement internet qu’ils souscrivent« , écrit-elle, se contentant de la liberté de choix qui est pourtant le piège absolu. Les consommateurs iront toujours au moins cher, et ne paieront les options de débridage que s’ils y voient un réel intérêt. Or qui aurait payé pour débrider Skype avant que Skype ne devienne incontournable ? Autoriser le bridage de certaines applications ou protocoles, c’est assurément porter atteinte aux entreprises qui tentent d’innover dans des secteurs qui ne font partie du « package de base » des abonnements à internet. C’est tuer ce qui a permis à de nombreuses start-up de se développer.

    Mais peu importe, car pour Neelie Kroes, le fait d’autoriser les FAI à sacrifier la neutralité du net « devrait également stimuler l’innovation et les investissements des fournisseurs internet« . Rien d’étonnant lorsque l’on se souvient que la même Neelie Kroes avait convoqué les grands patrons des télécoms à Bruxelles pour leur demander comment négocier l’investissement continu dans le développement du très haut débit en Europe.

    http://www.numerama.com/magazine/24799-bruxelles-annonce-la-mort-d-un-internet-identique-pour-tous.html

     

  • Goldman Sachs défie la nouvelle réglementation en triplant ses profits

    Le résultat de la banque atteint 7,3 milliards de dollars. Moins nombreux, les salariés ont vu leur rémunération exploser.

    Goldman Sachs a plus que doublé son bénéfice en 2012. - DR

    Goldman Sachs a plus que doublé son bénéfice en 2012. – DR

    La réforme de Wall Street n’entame visiblement pas les profits des grandes banques américaines : comme JPMorgan, Goldman Sachs a largement dépassé les prévisions des analystes hier en annonçant un quasi-triplement de ses résultats entre 2011 et 2012 : il s’est établi à 2,9 milliards de dollars au quatrième trimestre et à 7,3 milliards sur l’ensemble de l’année. La banque est encore loin de renouer avec ses profits d’avant la crise, qui ont atteint jusqu’à 13 milliards en 2009. Mais sa performance impressionne d’autant plus que, contrairement aux banques de détail, elle ne peut pas compter sur le boom des prêts hypothécaires pour rebondir (« Les Echos » du 14 janvier) : elle n’est pratiquement pas présente sur ce marché-là. Son succès tient plutôt à la maîtrise de ses dépenses et à quelques bons coups dans la banque d’investissement.

    400.000 dollars de salaire

    Comme les autres banques américaines, elle a fait de gros efforts pour réduire ses effectifs. Elle a licencié 900 personnes l’an dernier (-3 %) et transféré une grosse partie de ses salariés dans des villes moins chères, à Salt Lake City notamment (« Les Echos » du 26 décembre). Aujourd’hui, les 30.000 salariés de la banque ne reçoivent plus que 38 % des profits accumulés par la banque, contre plus de 42 % un an avant. Ils ne sont toutefois pas à plaindre : moins nombreux, ils sont aussi mieux payés en moyenne. En 2012, ils ont touché un salaire moyen de 400.000 dollars, en hausse de 11 % sur un an ! D’après la presse américaine, les salariés de Goldman s’attendent à l’annonce de bonus très confortables aujourd’hui. La banque estime avoir aussi nettement réduit son exposition au risque : la perte maximum qu’elle pourrait enregistrer au cours d’un seul jour de négoce ne serait plus que de 76 millions de dollars, un point bas depuis sept ans.

    Toujours leader mondial dans les fusions-acquisitions, Goldman Sachs a réalisé de belles opérations en pilotant le rachat par Disney de l’entreprise Lucas film et en conseillant le géant de l’agroalimentaire Kraft. L’émission de titres a été également très porteuse. C’est Goldman Sachs, notamment, qui a piloté la vente par l’Etat de sa participation dans AIG. Ses gains dans le négoce, quant à eux, se sont faits en partie au détriment du groupe Knight Capital, qui a frôlé la faillite en août dernier. Goldman a racheté une grosse partie des actions détenues par l’entreprise, à des prix défiant toute concurrence. Sa participation dans la banque chinoise ICBC lui a également permis de dégager 334 millions de profits.

     

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202503177830-goldman-sachs-a-plus-que-double-son-benefice-en-2012-529164.php

  • Pouvoir aux lobbys bancaires ou au peuple francais?

    Le 19 décembre dernier, notre gouvernement a proposé à l’Assemblée Nationale une réforme bancaire à minima sans que cela ne fasse grand bruit sur TF1. Cette réforme est soutenue, soit dit en passant, par les banquiers francais. Le terme de minima ne m’appartient pas, il est repris par le milieu économique sur des sites boursiers qui ne sont pas particulièrement utopistes. Pour preuve ce débat proposé par Boursorama.com avec Catherine Lubochinsky du cercle des économistes.

    Dans le même temps, nous apprenons que le lobby bancaire a fait plier « les sages de Bâle » concernant les accords dits de Bâle 3. Si peu d’entre nous sont à même de bien comprendre de quoi il s’agit, une seule certitude me hante : la puissance mais surtout la désinvolture de nos banquiers devant une situation économico-financière particulièrement instable. La crise de 2008 et l’effondrement de Lehman Brothers semblent volontairement oubliés alors que les fondamentaux économiques restent plus que jamais dans le rouge.

    Mais le goût de la spéculation doit rendre aveugle les plus intelligents d’entre nous car aujourd’hui tout semble bon pour surtout ne rien changer au système spéculatif en place et pour laisser le grand casino de la finance internationale continuer à jouer avec notre modèle de société au risque de le voir s’effondrer du jour au lendemain sous le coup d’un nouveau trader fou.

    Pourtant, lorsque l’on discute avec les gens autour de nous, les banquiers ne semblent pas vraiment en odeur de sainteté. J’ai même l’impression que nous sommes de plus en plus nombreux et à nous dire que nos banquiers sont devenus des banksters et que le système de dépôt n’est là que pour leur permettre de cautionner la spéculation financière orchestrée par leurs robots traders. Nos chargés de clientèle ne sont pas les derniers à exprimer la difficulté de la relation client dans ces conditions de défiance ambiante. L’augmentation des frais bancaires début 2013 ne risque pas d’améliorer cette situation déjà bien tendue.

    Ne vous semble-t-il pas que ces sujets sont aujourd’hui la vraie préoccupation des francais ?

    Ne vous semble-t-il pas qu’il serait intéressant d’en débattre au plan national ?

    Pourquoi ne pas faire un référendum pour une réforme bancaire ambitieuse qui à défaut d’avoir l’accord du lobby des banquiers aurait le soutien du peuple francais ?

    Le dernier sondage de l’ifop réalisé pour la Fondation Jean Jaurès est assez clair sur ce point et montre le désenchantement des francais vis-à-vis de leurs banques.

    Il y a urgence à ce que nos médias s’intéressent enfin aux vrais sujets car si l’affaire Depardieu a pu en amuser certains, les décisions qui vont être prises dans les prochaines semaines dans le cadre de la réforme bancaire méritent un éclairage beaucoup plus important pour que nous n’ayons pas de regrets une fois que notre système bancaire nous aura entrainé dans l’abîme à force de spéculer.

    Si vous êtes comme moi déterminés à changer la donne maintenant, n’hésitez pas à visiter le site « Mon adversaire c’est la Finance » et agissez avec nous pour que la réforme bancaire de notre gouvernement ne s’appuie pas sur le soutien des banquiers mais sur celui des francais !

    Emmanuel Poilane

    http://www.huffingtonpost.fr/emmanuel-poilane/separations-des-banques_b_2445421.html

     

  • Comment Goldman Sachs joue avec la loi sur le « prop trading »

    Les banquiers peuvent bien battre leur coulpe, comme le patron de la branche d’investissement d’UBS, qui a reconnu avoir été trop « arrogant », ou comme la Banque d’Espagne, qui a admis des « carences » et des « imprécisions » dans son travail de supervision du secteur, business as usual, la régulation attendra.

    L’enquête de l’agence Bloomberg montre à quel point les grands noms savent contourner la loi quand il s’agit de reprendre les vieilles habitudes. Visé dans cette enquête, le plus grand, le plus prestigieux de ces noms, celui de la banque d’affaires Goldman Sachs.

    Il y a à peine six mois, son président, Lloyd Blankfein, jurait ses grands dieux que la banque avait cessé le trading pour compte propre. Devant plus de quatre cents personnes, à Washington, le responsable affirmait avoir « supprimé cette activité ».

    Une affirmation que contredit l’existence, relativement secrète, d’un fonds appelé MSI, pour Multi-Strategy Investing, un nom digne d’une banale gestion d’actifs. Sauf que le milliard de dollars qui y est géré vient de la banque d’affaires. D’après Bloomberg, MSI n’a pas de clients.

    Lire :  » Goldman Sachs, enquête sur une société secrète »

    LA BANQUE QUI PARIE CONTRE SES CLIENTS

    La loi générale de régulation bancaire Dodd-Frank (2010) comporte une partie destinée à interdire le trading pour compte propre (prop trading en anglais), c’est-à-dire la spéculation de la banque pour son propre profit, en raison du risque que ferait peser une éventuelle faillite sur l’ensemble du système.

    Cette règle a été baptisée du nom de Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale, qui avait refusé à Goldman Sachs le droit d’être aidé par le contribuable dans la mesure où la banque se concentrait sur ses propres intérêts.

    C’est à peu près à cette époque qu’on avait découvert que la banque ne servait pas toujours au mieux l’intérêt de ses clients. Elle sera condamnée à verser 550 millions de dollars à la Securities and Exchange Commission (le « gendarme de la Bourse » américain) pour régler des accusations liées à un produit nommé Abacus en 2010 : la banque proposait des produits structurés (en l’occurrence, des « subprimes », ces titres adossés à des créances hypothécaires douteuses) à ses clients, produits sur lesquels elle-même se positionnait à la baisse. Concrètement, Goldman Sachs vendait ces titres, qu’elle savait être « pourris ». Ce faisant, elle pariait contre ses clients qui, eux, les achetaient.

    GESTION DE STYLE « HEDGE FUND »

    Si la règle Volcker met à l’index les investissements à court terme, elle n’a pas dans son viseur les spéculations à horizon plus long, plusieurs mois par exemple. Ce dont les banques profitent en déplaçant leur « prop trading » dans des succursales estampillées « long terme », et pas seulement Goldman Sachs. Cette dernière a établi comme seuil de court terme les investissements inférieurs à soixante jours.

    L’équipe, d’une dizaine de personnes, est dirigée par deux anciens camarades de Princeton, Daniel Oneglia et Geoff Adamson, et située dans le quartier général de la « pieuvre », à Manhattan. Selon une dizaine de témoignages recueillis par Bloomberg, le tandem aurait autant parié contre des entreprises à découvert, via la vente de titres empruntés, que raccourci la durée d’investissement. Une gestion proche de celle d’un « hedge fund » (fonds spéculatif), de l’aveu même de l’un de ses anciens employés.

    Lire : « Goldman Sachs, le trait d’union entre Mario Monti, Lucas Papadémos et Mario Draghi »

    Lors d’une conférence dans une université américaine en 2006, sponsorisée par Goldman Sachs, l’un des intervenants de la banque aurait d’ailleurs fait part de son intérêt pour des candidatures de financiers dont le pouls battrait au rythme du marché, friands de prise de risque et dédaigneux des projets de long terme. Signe d’une appétence toujours forte pour les paris qu’offre le marché immobilier américain, MSI a dirigé ses investissements vers une société de prêts hypothécaires (Ocwen).

    INTENSE LOBBYING ET MANSUÉTUDE DU LÉGISLATEUR

    Autre écueil pour les régulateurs, Goldman Sachs n’est pas tenue de publier les résultats de MSI ou ceux de sa branche mère, le « Special situations group ». Celui-ci, qui se sert des fonds propres de la banque pour racheter de petites et moyennes entreprises en difficulté, s’est révélé un centre de profit faramineux pour le groupe, selon les dires d’anciens dirigeants.

    Une difficulté d’autant plus grande que, parmi les anciens du MSI, on trouve de puissants gérants et d’influents dirigeants, comme David Miller, aujourd’hui à la tête du Troubled Asset Relief Program, qui a sauvé les banques américaines au début de la crise. Un de ceux qui a développé cette activité chez Goldman Sachs dans les années 1980, Robert Rubin, est devenu secrétaire au Trésor par la suite.

    La faiblesse actuelle de la règle Volcker témoigne en tous cas d’un lobbying intense du secteur bancaire. Alors que la rédaction finale de l’amendement devait être achevée en fin d’année dernière, ce délai a été repoussé à début 2013, tandis que les banques ont jusque 2014 pour se conformer à l’interdiction du « prop trading ».

    Mathilde Damgé

  • Oups ! L’austérité était une erreur… (FMI)

    Par Daniel Schneidermann, Fondateur d’@rrêt sur images

    Désolé d’interrompre la conversation nationale sur Depardieu, nouvelle idole des jeunes en Mordovie, mais je voudrais juste vous signaler une petite nouvelle, qui vous a peut-être échappé : l’austérité, c’était une erreur. Oui, je sais, rien de neuf, on n’arrête pas de le répéter ici, notamment dans les chroniques de l’éconaute. Mais cette fois, ce n’est pas seulement nous qui le disons.
    Ce sont deux types nommés Olivier Blanchard et Daniel Leigh. Vous ne les connaissez pas, je sais bien. Et vous avez des excuses : ils n’ont jamais revêtu la blouse nationale de Mordovie, et ne se sont pas prononcés, à ma connaissance, sur l’euthanasie des éléphantes. Ils n’ont donc aucune raison de passer au 20 Heures. Mais l’un (Leigh) est économiste au FMI, et l’autre (Blanchard), chef économiste dans la même estimable institution.

    Olivier Jean Blanchard est un macroéconomiste français, spécialiste de l’économie du travail. Il est professeur au Massachusetts Institute of Technology et depuis le 1er septembre 2008, chef économiste au Fonds monétaire international. Wikipedia

     

    Daniel Leigh

    Daniel Leigh est économiste au Département des études du FMI, où il travaille sur les Perspectives de l’économie mondiale. Il a également siégé aux équipes du FMI d’un certain nombre d’économies de marché émergentes, dont la Colombie, le Gabon, la Hongrie, la Lituanie et le Pérou. Ses intérêts de recherche se répartissent dans le domaine général de la macroéconomie internationale.

     

     

    Et donc, dans un colloque économique en fin de semaine dernière, ils ont admis un léger bug dans les calculs. En fait, voyez comme c’est ballot, au FMI, dans un moment de distraction, ils ont mal réglé leurs ordinateurs. Et ils avaient juste sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance.

    Faux coefficient de calcul

    En gros, ils ne pensaient pas que l’austérité assécherait à ce point la demande, et donc l’économie. Si si, je vous jure que c’est vrai, leur coefficient de calcul était faux, la reconnaissance de la grosse boulette est attestée sur des sites sérieux, ici ou .

    Ils ne savaient pas, comme le rappelle Paul Krugman dans le New York Times, qu’en économie, mes dépenses sont tes revenus, et mes revenus sont tes dépenses. Ça doit être une question de formation continue. Il faudrait accorder quelques jours par an de formation continue aux chefs économistes du FMI.

    Évidemment, ce n’est pas le FMI, en tant qu’institution, qui reconnaît qu’elle s’est trompée. Ces choses-là ne se font pas. Blanchard et Leigh, ils ont bien pris soin de le préciser, s’expriment à titre personnel. Bien sûr, bien sûr. Et c’est forcément pour cette raison qu’à l’heure où j’écris, cette nouvelle a totalement échappé aux médias français (à quelques exception près, ndlr de Rue89), et accessoirement au gouvernement français (comment l’ai-je apprise moi-même ? Parce que je suis abonné au compte Twitter d’un spécialiste des petits Mickeys, voyez le sérieux de mes sources !).

    Sinon, on imagine bien qu’on ne s’écharperait pas sur le nombre de demandes de naturalisations belges, sur le régime fiscal en Russie et sur l’euthanasie des éléphantes.

    Franchement, je ne vois aucune autre raison.

    http://www.rue89.com/2013/01/07/oups-lausterite-etait-une-erreur-fmi-238357

  • Tous les signes liés à la performance et à la richesse sont ici stigmatisés

    « Ça va être dur«  a prévenu François Hollande au sujet de 2013.

    Quelle sera donc la première victime économique de 2013 à se plaindre ?Oui. Tu as deviné. Un grand patron. (c’était facile) Mais pas n’importe lequel. Une des plus grosses rémunérations de l’an passé: Maurice Levy, 4,6 millions  + prime de 16 millions (en prévision de la fameuse année qui sera rude).

    Dans une interview donnée à L’Express; le PDG de Publicis alerte le peuple de France, sans pathos aucun, sur le drame humain qu’il traverse, lui, pas le peuple de France.

    Âmes sensibles s’abstenir, c’est un modèle du genre à classer dans le portfolio « Les riches ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait » à côté des plus belles flaques de Serge Dassault.
    Maurice débute pourtant normalement, en TINA de croisière, se réjouit même de l’obsession gouvernementale à se caler sur les 3% de déficit. Mais après de sombres pronostics économiques (à cause des 35 heures bien sûrl), la 216e fortune de France s’inquiète du manque de lisibilité du cadeau de 20 milliards euros qu’il a obtenu. Si si.Car Maurice Lévy est aussi le boss de l’AFEP (Association Française des – grosses – Entreprises Privées) dont le lobbying n’est pas étranger au cadeau fiscal accordé aux entreprises (CICE) financé  sur la future consommation des Français.

    Disons-le franco, Momo n’a pas la pèche. 20 milliards pour ses poteaux c’était peut-être pas une si bonne idée:  « La vertu, en matière fiscale, c’est la simplicité: il eût été beaucoup plus efficace et bien plus simple de réduire les charges sociales pour les entreprises. »  Comme quoi pas la peine de palabrer des heures sur l’ingéniosité de nos « capitaines d’industrie » supposée justifier leurs rémunérations exorbitantes pour les retenir en France alors que, en matière de fiscalité, la sophistication de leur raisonnement tient en un tweet de Nadine Morano: Ne payer rien ni personne, ce serait tellement plus génial.

    Mais, voilà qu’au détour d’une question sur le moral des Français, l’interview glisse trankilou de l’économique au social, bref de l’entrepreneur au rentier ou, plus précisément, à la défense d’une minorité opprimée dont le droit à la parole est perpétuellement bafoué: les ultra-riches.
    A la question « Et les Français ne vont pas bien… » Maurice, que l’on surnomme dans le milieu the lonesome jackpot (le jackpot triste), répond que le « pays a du mal à vivre en harmonie avec tout ce qui symbolise la réussite, l’argent ou le succès. Tous les signes liés à la performance et à la richesse sont ici stigmatisés. »

    « ..Et il m’a dit: toi tu me fous les glandes, arrache-toi de là t’es pas de ma bande. 
    la la la.. et marche à l’ombre. »

     

    Moi qui croyais benoîtement que les ménages Français étaient à 15 euros près, galérant sans fin pour régler leurs factures d’énergies, se chauffer, offrir une boite de playmobils (les vrais, pas les low-cost empoisonnés) à leurs mômes à noël, se loger, manger pour certains… Non, le vrai drame pour Maurice est que les Français vivent mal « la performance » et « la richesse » des autres. Enfin d’une poignée (parce qu’à son niveau, ils ne sont pas des milliers dans ce pays). Note ici comme Maurice associe les deux mots. Si tu es « riche » c’est que tu es « performant« . En toute logique syntaxique, on en déduira l’inverse: le pauvre est une feignasse contre-productive.

     

    « Je connais peu de pays comme la France où l’on assiste à de véritables lynchages médiatiques visant des hommes et des femmes dont le seul tort a été de réussir dans la vie!« 

     

    Curieuse plainte émanant du patron d’une entreprise dont l’activité est liée à celle des médias (et comme c’est réciproque, la virulence du « lynchage » est somme toute condamnée à rester dans le domaine du light). Visiblement, les millions ne suffisent pas et, telle une Lorie payant l’exigence de son oeuvre d’un bannissement social bien cruel, Maurice Lévy a besoin d’amour. A travers le récit poignant de cette tragédie, puissent ces ingrats de pauvres, ne sachant déjà pas reconnaître leur bonne fortune de n’en avoir aucune, enfin réaliser que l‘argent fait d’abord le malheur de ceux qui en ont beaucoup ! 

    « Un tel climat m’inquiète: à vouloir donner un signal fort en direction des classes sociales les plus défavorisées, on en est venu à donner, concomitamment, un signal tout aussi percutant aux élites, qui se sentent mises au ban de la société« .

    Et oui, la stigmatisation de l’ultra-riche est un problème de société aussi crucial que la mise au ban des élites, contraintes à une pudique relégation en ghettos vidéo-protégés dans ces arrondissements parmi les plus injustement fleuris de France. En vérité, Maurice a raison: il faudra en finir un jour avec cette dictature des miséreux dont le mode de vie, gangrené par l’assistanat et les repas toujours plus cyniquement accommodés des restes de la veille, est valorisé à longueur d’ondes sur nos médias d’obédience communiste (un autre scandale de société sur lequel Jean-Michel Aphatie reviendra prochainement, et pour un prix modique, dans une trépidante enquête de tabouret).

     

    « Qu’avons-nous entendu durant la campagne de la présidentielle, qui a été d’une violence extrême? Il ne s’est pas agi de dire à celles et ceux qui incarnent la richesse ou la réussite de contribuer à l’effort de redressement, non. On leur a jeté à la figure que le fruit de leur travail et de leur réussite était tout simplement immérité, illégitime!« 

     

    En plus de ne pas trop se tenir au courant de l’actualité fiscale du moment, c’est-à-dire du retoquage par le Conseil Constitutionnel de la loi sur les 75% au-delà du premier million de revenu (dernières traces résiduelles de gauche dans ce gouvernement), le supplicié à 16 millions (dont on comprend que cette taxe précise aurait charcuté les jolis revenus 2012, ne lui laissant que 4 ou 5 millions, bref pas de quoi décemment tenir jusqu’à Carême) nous refait cette sordide campagne présidentielle où, à la nuit tombée, les bandes de socialistes lui jetaient des cailloux alors qu’il allait chercher de l’eau au puisard avec son vieux seau rouillé récupéré à Emmaüs:

     

    « On semble déjà avoir oublié la violence des attaques portées contre tous ceux qui gagnent de l’argent, des « parias » à qui l’on demande aujourd’hui de raser les murs. Il ne faut donc pas s’étonner que certains aient un sentiment d’exclusion. »

    « – Tu te souviens quand on était pauvres ?
    – Non.
    – Moi non plus. »
    Oui. Le porte-parole des ultra-riches a senti le souffle du boulet lors de la dernière campagne  et dans les semaines qui suivirent le triomphe des forces du mal. Rien de bien grave au final, juste une petite sueur printanière. Mais tout de même: quel inconfort moral de se faire reprocher au plus haut sommet de l’état (même pour de légitimes prétextes marketing) ses excès de rémunération. Faut pas jouer avec ça. Le souvenir de 1789 est encore bien gravé dans l’esprit des nantis. Ça commence par quelques populistes osant signaler des indécences humainement injustifiables dans la répartition des richesses et puis, si l’on n’y prend pas garde, on finit avec la tête massicotée en place de Grève devant deux ou trois milles énervés autour qui, sous la direction de Philippe Torreton, karoakétent en phonétique des chants révolutionnaires.
    Maurice explique d’ailleurs que c’est la violence des propos politique depuis quelques mois qui pousse (parait-il, j’attends qu’on me le confirme) les riches à s’expatrier. Alors que la violence sociale exercée, elle très concrètement depuis des années et dont on nous annonce qu’elle va s’accentuer en 2013, sur la majorité des français ne leur permet ni l’exode climatisé, ni de pleurer toutes les larmes de leurs corps entre deux Cognac dans les colonnes de L’Express.
    « Plus grave est l’état d’esprit des jeunes entrepreneurs et des cadres qui veulent travailler ou entreprendre ailleurs« .
    C’est de la vieille corde à pigeons mais, avec des médias conciliants, elle fonctionne toujours autant: assimiler le jeune entrepreneur et la grosse fortune pour en faire les associés d’un même combat fiscal. 
    Vient le vrai moment d’émotion de l’interview. Maurice a eu le sommeil perturbé pendant les fêtes au sujet des critiques au sujet de sa petite prime sur objectif. Perso j’ai rien entendu, mais bon s’il le dit:
    « Je me suis senti profondément humilié. »  S’en suit un raisonnement chiffré expliquant que, évidemment, il mérite sa rémunération.Soyons clair. Rien, strictement rien, ne vaut qu’un patron soit payé 10 fois plus que le plus petit salaire de sa boite. Et là, Maurice a bien pété le ratio. A vrai dire, à ce niveau je ne vois même pas pourquoi chercher à se justifier. Toute explication autre que l’égoïsme, l’avarice ou une pathologie de l’accumulation est soit de la branlette, soit la preuve que sa conscience le taraude quand même un peu.

    Signalant avoir été jeté dans la boue par les politiques (Ouh les méchants qui disent des gros mots sur une poignée de riches et puis, finalement, augmentent la TVA pour tous), Maurice exprime des regrets, en toute humilité: « On me reconnaît des qualités dans le monde entier, mais c’est dans mon pays, dans celui qui m’a accueilli, que l’on me piétine.« .
    Incroyable non, cette France qui martyrise les riches depuis 30 ans alors qu’ils n’ont jamais été aussi nombreux et aussi riches ?
    « Mais je vois bien dans mon entourage, chez les jeunes notamment, ce sentiment qui monte: quittons ce pays, partons loin! Or la France, qui risque de franchir bientôt le cap des 3,5 millions de chômeurs, n’a besoin que d’une seule chose en ces temps mauvais: retrouver de la cohésion et de la compétitivité. Et cela, qu’on le veuille ou non, ne peut se faire qu’avec ceux qui font tourner son économie, c’est-à-dire les entreprises et leurs dirigeants« .
    Et hop, ni vu ni connu Maurice Lévy fait le lien entre le traitement qui lui est réservé (ou plutôt qu’il fait croire qu’il subit) et « les jeunes » de son « entourage » (sérieux, si vous avez des photos: je prends). La finesse du raisonnement mérite un ralenti pour mieux en saisir l’essence: 
    1 / Maurice Levy gagne 16 millions.
    2 / Maurice Levy est essentiel aux emplois
    donc
    3 / Maurice Levy mérite ses 16 millions.
    Dans le même temps, le patron prendra soin de glisser les chiffres du chômage et de rappeler l’impératif de compétitivité, les deux leviers essentiels pour un bon dumping salarial pour les autres, ceux d’en dessous : en gros tout le monde.
    Bon Maurice. Je sais bien que tu bosses dans la pub et que donc le bullshit est ton métier, et qu’on ne va pas laisser le monopole du pleur aux acharnés du DAL ou aux Restos du coeur, même avec une hausse de 25% des inscriptions cet hiver, mais quand même: c’est pas un peu fini la comédie ? 1 / Deux ans plus tôt, tu demandais à payer plus d’impôts. A croire que ton soucis de cohésion nationale est proportionnel à la popularité des socialistes dans les sondages.

    2 / Va vivre avec 700 euros par mois, après ça on reparlera de stigmatisation et du sentiment d’être piétiné. 

    3 / Les Français se contrefoutent de ton argent. Eux veulent juste de quoi vivre décemment et pouvoir espérer meilleur pour leurs enfants. Ils sont prêts à encore faire à un effort pour peu que « les élites » comme tu les appelles donnent l’exemple à la hauteur de leurs rémunérations au lieu d’en foutre partout avec leurs sanglots dès qu’on leur parle mal ou qu’on leur prend trois centimes sur leurs centaines millions histoire de contribuer au bien commun.

    Ton effort appuyé pour raviver la lutte des classes, plus efficace que la plupart des tribunes de gauche, méritait néanmoins d’être signalé.

     

    Source : http://sebmusset.blogspot.fr/2013/01/Maurice-Levy-Riches-Express.html

     

  • Comment l’Europe est en train de transformer l’eau du robinet en marchandise en toute discrétion

     Soutenue par des multinationales, la Commission européenne pousse secrètement à la privatisation de l’eau en Europe, affirme le site de la télévision allemande « Monitor ». L’accès à l’eau de qualité est reconnue comme un droit fondamental par l’ONU, mais si ces multinationales parviennent à obtenir ce qu’elles souhaitent, elles pourront se partager un pactole constitué de milliards d’euros.

    La Commission a commencé à promouvoir la privatisation de l’eau pour les pays touchés par la crise et qui ont bénéficié de plans d’urgence, comme la Grèce et le Portugal par exemple. La troïka a parfois imposé cette privatisation, qui est alors expressément prévue dans les contrats qu’elle leur fait signer. En Grèce, les grands aqueducs d’Athènes et de Thessalonique ont été vendus. Pour le consommateur, la privatisation a des conséquences importantes. Au Portugal dans la ville de Pacos de Ferreira où la compagnie des eaux « Aguas de Portugal » a été privatisée, la facture d’eau a augmenté de près de 400% en quelques années, et chaque année, elle continue d’augmenter au rythme de 6%. Mais ce n’est qu’un début, affirme Monitor : la Commission cherche désormais à étendre cette privatisation aux autres pays européens.

    Selon Heide Rühle, une parlementaire allemande européenne qui représente les Verts allemand, l’UE met tout en œuvre pour imposer discrètement la privatisation de l’eau en Allemagne. D’après le commissaire européen Michel Barnier, cependant, la décision de la fourniture de l’eau sera toujours entre les mains des municipalités, et il s’agit simplement de leur donner la possibilité de faire appel à un partenaire privé réglementé pour le bénéfice du consommateur.

    Or, une étude menée par l’Université de Barcelone en 2010 indique que la privatisation de l’eau n’a pas toujours favorisé la baisse des prix, et que dans certains cas, la qualité de l’eau s’est dégradée, parce que les entreprises privées qui ont pour objectif premier de réaliser des bénéfices ont une tendance à moins entretenir et rénover l’infrastructure. Les promesses faites au moment de la privatisation sont rarement tenues.

    Pour les investisseurs, l’eau est devenue une marchandise de premier plan. Le marché de l’eau représente chaque année des centaines de milliards d’euros en Europe, et les grandes multinationales tentent d’obtenir la signature de contrats. Les petites entreprises locales de l’eau ne peuvent pas rivaliser avec les prix de dumping que peuvent offrir les grandes firmes telles que Veolia, RWE, Gelsenwasser et Thames Water. Ces société font du lobbying et elles conseillent les Eurocrates. La Commission européenne est par exemple guidée par un groupe de pilotage qui comprend des représentant des grandes firmes de distribution d’eau.

    Des groupes de défense protestent contre cet état de choses. Ils se réfèrent à des expériences passées comme à Londres, Bordeaux et Berlin, où la qualité de l’eau s’est dégradée suite à la privatisation : tuyaux pourris, contamination de l’eau potable, et ajout de chlore pour maintenir l’hygiène.

    Le 15 mai 2011, un groupement d’associations, dont ATTAC, a ainsi adressé un courrier à la Commission pour manifester son mécontentement et réclamer la fin des mesures visant à privatiser l’eau. Le 26 septembre de cette année, ce courrier recevait une réponse de la part de Gabriele Giudice, le Responsable du bureau de la Grèce pour la Commission des Affaires Economiques et Financières, expliquant que la privatisation permettrait de réduire la dette publique, qu’elle permettrait d’augmenter « l’efficacité des entreprises, et, par extension, la compétitivité de l’économie dans son ensemble, tout en attirant les investissements directs internationaux». Cependant, la Commission n’a pas fourni plus de détails pour étayer ces affirmations.

    L’eau doit elle être un droit fondamental humain ou une mine d’or pour des multinationales ? « Bruxelles a déjà tranché : à l’avenir, l’eau appartiendra plutôt aux firmes multinationales, plutôt qu’à chacun d’entre nous », conclut Monitor.

    http://www.express.be/business/fr/economy/comment-leurope-est-en-train-de-transformer-leau-du-robinet-en-marchandise-en-toute-discretion/183658.htm

  • Je vous souhaite une santé aussi bonne que celle du CAC 40

     Chères amies, cher amis, la crise est finie : on se tape des taux de croissance qui vont faire pâlir les Chinois, et les Etats-uniens vont passer de la dépression à la mélancolie. Ce n’est pas le succès de la marinière ou du Bleu de Bresse, mais… de nos grands groupes industriels et de services, qui ont appris à conquérir le monde.

    Le CAC 40 explose toutes les prévisions,  avec un gain annuel de 15 %. C’est le lupanar ! C’est la seule info qui aurait dû circuler ce 1° janvier, alors que nous avons assisté au défilé attristant de nos brochettes de cafards locaux. Il n’y a plus de gouvernement, il n’y a plus de parlement, il n’y a plus d’opposition, mais il reste des grands groupes français qui brassent fric à la pelle à partir de leur réussite économique.

    En 2010, le CAC 40 avait reculé de 2,15 %, et en 2011, de 17,9 %. Il a pratiquement tout rattrapé en un an. Surtout, nous sommes sur une courbe majestueuse : le CAC 40 était par terre en juin, et il a gagné 25 % en six mois.

    Bien sûr, tout ceci est dû à la vaillante politique du glorieux leader minimo, qui a repris l’agenda de Sarko en faisant Rungis et un service d’urgences pour les fêtes de fin d’année, plutôt que d’acheter normalement des cartes postales à Bormes-les-Mimosas avec la femme de sa vie.

    Euh… En fait, on m’explique que cette réussite ne doit rien à Monsieur Gochmole et doit tout au discours de la fin juillet de Mario Fraghi, président de la Banque Centrale Européenne, ancien de la Goldman Sachs, annonçant que la banque achèterait en tant que de besoin les emprunts des États européens en difficulté.

    Voilà où nous en sommes… Des gouvernements incompétents et diaphanes, et des grandes entreprises qui dominent le monde dès qu’elles ont un banquier.

    Vous n’aimez pas les patrons du CAC 40 ? Moi non plus ! Mais eux au moins n’ont pas fait comme les dirigeants politiques qui ont dépensé l’argent qu’ils n’avaient pas. Ca ne joue pas que pour l’Etat : les collectivités locales dépensent à tout va pour leur gloire.

    Le jeu politique est devenu un divertissement, et les choses sérieuses se passent dans les grands groupes. Ca plait ou ça plait pas, mais c’est comme ça. Voter Nicolas ou François, qui font la même politique, alors tout dépend des décisions du patron de la BCE ? Ouvrons les yeux et regardons les faits.

    Tiens, par exemple : le SMIC a bénéficié ce 1° janvier d’une hausse socialiste de 0,3%, ce qui correspond à un peu plus de 3 centimes socialistes de plus par heure normale.

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    Bonne année, bonne santé !

     

    Source : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2013/01/02/je-vous-souhaite-une-sante-aussi-bonne-que-celle-du-cac-40.html

     

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