• abstention = montée du FN ?

    Petit retour vers le passé ….

    2014, élection européenne, on nous annonce une abstention de 57% et un vote Front National de 25%.
    2009, élection européenne, l’abstention était de 59%, le vote Front National était de 6,5%. Abstention plus forte, vote FN plus faible.
    2004, élection européenne, l’abstention était de 57%, le vote Front National était de 10%. Le Parti Socialiste totalise à lui seul près de 30% des voix (du jamais vu dans une élection européenne) et la gauche dans son ensemble obtient 42% des votes. Un raz-de-marée de gauche pour une abstention pourtant équivalente à celle de 2014.

     

  • L’épargne des européens spoliée par une ponction sur leurs comptes, comme cela fut le cas à Chypre

    Nous approchons de la fin d’une nouvelle période de sept ans. Des bulles se sont partout reformées. Et si la croissance n’est pas au rendez-vous, ou si une crise géopolitique vient l’interrompre (en Ukraine, en Chine, au Brésil, ou ailleurs) ces bulles exploseront ; les taux d’intérêt monteront ; le financement des emprunts deviendra très difficile ; la mondialisation fera le reste et les marchés, qui ne disent plus la valeur du risque, seront une nouvelle fois pris de panique.

    En toute logique, cette crise devrait se déclencher en 2015. Si on ne s’y prépare pas, elle sera pire que les précédentes, en particulier en Europe. Pour deux raisons : d’une part, parce que presque tous les jokers ont été utilisés -nul ne pourra s’endetter d’avantage- et la BCE, même en utilisant tous les moyens à sa disposition, y compris les plus hétérodoxes, ne pourra pratiquement rien. D’autre part parce que, à la différence des crises précédentes, le monde est loin d’être en paix ; les guerres et les menaces de guerres, civiles ou entre nations, se multiplient rendant les investisseurs plus frileux encore.

    Il n’y aura alors plus d’autres solutions que de payer la note ; en clair, de rembourser les dettes ou de les annuler. Et cela ne pourra être fait, en particulier en Europe, qu’en mettant à contribution les détenteurs finaux des créances, c’est-à-dire les épargnants, qui verront leur épargne spoliée, non par l’inflation, mais par une ponction sur leurs comptes, comme cela fut le cas à Chypre (ce que permettent explicitement les accords récents sur l’Union Bancaire, dits de « bail in », même si c’est encore peu connu).

    Article complet : http://blogs.lexpress.fr/attali/2014/05/26/la-prochaine-crise-en-2015/

  • Jacques Attali : Après la guerre ou à la place de la guerre ?

     

    Jacques Attali explique que le Nouvel Ordre Mondial est inéluctable et qu’il arrivera après la guerre ou à la place de la guerre. Le Nouvel Ordre Mondial est un concept géopolitique. L’expression désigne l’alignement idéologique et politique des gouvernements et organismes mondiaux vers une uni polarité, incarnée par les États-Unis, au service des multinationales et des oligarques. Un tel mouvement est explicitement revendiqué par certains hommes politiques, comme G. Bush, D. Strauss-Kahn, F. Hollande, N. Sarkozy ou encore J. Attali.

  • Les réacteurs nucléaires actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950.

     Bernard Laplonche - Photo : Pierre-Emmanuel Rastoin pour...

    Bernard Laplonche – Photo : Pierre-Emmanuel Rastoin pour Télérama

    Il est des leurs. Enfin, il était des leurs. Polytechnicien, physicien nucléaire, Bernard Laponche a participé, dans les années 1960, au sein du Commissariat à l’énergie atomique, à l’élaboration des premières centrales françaises. La découverte des conditions de travail des salariés de la Hague sera pour lui un choc : il prend conscience du danger de l’atome, qu’il juge moralement inacceptable. Dès les années 1980, Bernard Laponche, désormais militant au sein de la CFDT, prône la maîtrise de la consommation énergétique et le développement des énergies renouvelables. Les décennies suivantes lui ont donné raison. Mais la France, seul pays au monde à avoir choisi l’option du tout-nucléaire, s’obstine dans l’erreur, déplore-t-il, et s’aveugle : énergie du passé, sans innovation possible, le nucléaire ne représente pas seulement une menace terrifiante, pour nous et pour les générations qui suivront ; il condamne notre pays à rater le train de l’indispensable révolution énergétique.

    On présente toujours l’énergie nucléaire comme une technologie très sophistiquée. Vous dites qu’il s’agit juste du « moyen le plus dangereux de faire bouillir de l’eau chaude » (1) . C’est provocateur, non ?
    Pas vraiment… Un réacteur nucléaire n’est qu’une chaudière : il produit de la chaleur. Mais au lieu que la chaleur, comme dans les centrales thermiques, provienne de la combustion du charbon ou du gaz, elle est le résultat de la fission de l’uranium. Cette chaleur, sous forme de vapeur d’eau, entraîne une turbine qui produit de l’électricité. L’énergie nucléaire n’est donc pas ce truc miraculeux qui verrait l’électricité « sortir » du réacteur, comme s’il y avait une production presque spontanée…

    Pourquoi cette image s’est-elle imposée ?
    Les promoteurs du nucléaire ne tiennent pas à mettre en avant la matière première, l’uranium. C’est lié au fait qu’à l’origine le nucléaire était militaire, donc stratégique. Et puis en laissant penser que l’électricité est produite directement, ils lui donnent un côté magique, ainsi qu’une puissance trois fois plus élevée, car c’est la chaleur produite que l’on évalue, pas l’électricité. Or les deux tiers de la chaleur sont perdus, ils réchauffent l’eau des fleuves ou de la mer qui sert à refroidir les réacteurs.

    La centrale de Grafenrheinfeld, en Allemagne. - Photo : J&uu

    La centrale de Grafenrheinfeld, en Allemagne. – Photo : Jürgen Nefzger

    Parlons donc du combustible…
    Ce sont des crayons d’uranium, de l’uranium légèrement enrichi en isotope 235, pour les réacteurs français. La fission est une découverte récente (1938) : un neutron tape un noyau d’uranium qui explose, produit des fragments, donc de l’énergie, et des neutrons, qui vont taper d’autres noyaux – c’est la réaction en chaîne. La multiplication des fissions produit de la chaleur. Or les fragments de la fission sont de nouveaux produits radioactifs, qui émettent des rayons alpha, bêta, gamma… A l’intérieur des réacteurs, vous produisez donc de la chaleur, c’est le côté positif, mais aussi des produits radioactifs, notamment du plutonium, le corps le plus dangereux qu’on puisse imaginer, qui n’existe qu’à l’état de trace dans la nature. On aurait dû s’interroger dès l’origine : ce moyen de produire de l’eau chaude est-il acceptable ?

    Cette réaction en chaîne, on peut tout de même l’arrêter à chaque instant, non ?
    Dans un fonctionnement normal, on abaisse les barres de contrôle dans le cœur du réacteur : elles sont constituées de matériaux qui absorbent les neutrons, ce qui arrête la réaction en chaîne. Mais il faut continuer de refroidir les réacteurs une fois arrêtés, car les produits radioactifs continuent de produire de la chaleur. La nature même de la technique est donc source de risques multiples : s’il y a une panne dans les barres de contrôle, il y a un emballement de la réaction en chaîne, ce qui peut provoquer une explosion nucléaire ; s’il y a une fissure dans le circuit d’eau, il y a perte de refroidissement, la chaleur extrême détruit les gaines du combustible, certains produits radioactifs s’échappent, on assiste à la formation d’hydrogène, cet hydrogène entraîne des matières radioactives et peut exploser.

    “Puisque le point de départ, c’est la création
    de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe
    est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique
    les moyens de sa propre destruction.”

    Mais on multiplie les systèmes de protection…
    Vous avez beau les multiplier, il y a toujours des situations dans lesquelles ces protections ne tiennent pas. A Tchernobyl, on a invoqué, à juste titre, un défaut du réacteur et une erreur d’expérimentation ; à Fukushima, l’inondation causée par le tsunami. Au Blayais, en Gironde, où la centrale a été inondée et où on a frôlé un accident majeur, on n’avait pas prévu la tempête de 1999. Mais on a vu des accidents sans tsunami ni inondation, comme à Three Mile Island, aux Etats-Unis, en 1979. On peut aussi imaginer, dans de nombreux pays, un conflit armé, un sabotage… Puisque le point de départ, c’est la création de produits radioactifs en grande quantité, la catastrophe est intrinsèque à la technique. Le réacteur fabrique les moyens de sa propre destruction.

    Y a-t-il eu des innovations en matière nucléaire ?
    Aucun progrès technologique majeur dans le nucléaire depuis sa naissance, dans les années 1940 et 1950. Les réacteurs actuels en France sont les moteurs des sous-marins atomiques américains des années 1950. En plus gros. Les réacteurs, l’enrichissement de l’uranium et le retraitement, sont des technologies héritées de la Seconde Guerre mondiale. On a juste augmenté la puissance et ajouté des protections. Mais parce que le système est de plus en plus compliqué, on s’aperçoit que ces protections ne renforcent pas toujours la sûreté.

    On a du mal à croire qu’il n’y ait eu aucune innovation majeure…
    Si, le surgénérateur ! Avec Superphénix, on changeait de modèle de réacteur. Et heureusement qu’on l’a arrêté en 1998, car il était basé sur l’utilisation du plutonium. Le plutonium est un million de fois plus radioactif que l’uranium. Comment a-t-on pu imaginer faire d’un matériau aussi dangereux le combustible d’une filière de réacteurs exportable dans le monde entier ?

    Nicolas Sarkozy affirme que si l’on refuse le nucléaire, on doit accepter de s’éclairer à la bougie. Qu’en pensez-vous ?
    Il est lassant d’entendre des dirigeants qui n’y connaissent rien continuer à dire n’importe quoi. Nicolas Sarkozy ne croit pas si bien dire ; un jour, et pourquoi pas dès cet été, les Français s’éclaireront à la bougie : comme nous sommes le seul pays au monde à avoir choisi de produire 80 % de notre électricité avec une seule source, le nucléaire, et une seule technique, le réacteur à eau pressurisée, si nous sommes contraints d’arrêter nos réacteurs, nous retournerons à la bougie ! Pas besoin d’une catastrophe, juste un gros pépin générique, ou une sécheresse et une canicule exceptionnelles. Car on ne peut pas faire bouillir l’eau des rivières. En revanche, si l’on décidait de sortir du nucléaire en vingt ans, on pourrait démultiplier notre inventivité énergétique pour justement éviter la bougie.

    Les défenseurs du nucléaire disent qu’en France, avec notre nouveau réacteur, l’EPR, que l’on construit à Flamanville, on arrive à un risque quasi nul…
    Chaque pays assure que ses réacteurs sont mieux que les autres. Avant Fukushima, le discours des Japonais était le même que celui des Français. On en est déjà à cinq réacteurs détruits (Three Mile Island, Tchernobyl, et trois réacteurs à Fukushima) sur quatre cent cinquante réacteurs dans le monde, des centaines de kilomètres carrés inhabitables. La probabilité théorique, selon les experts de la sûreté nucléaire, devait être de un pour cent mille « années-réacteur » [une année-réacteur, c’est un réacteur fonctionnant pendant un an, NDLR], voire un million d’années-réacteur pour un accident majeur, type Tchernobyl ! La réalité de ce qui a été constaté est trois cents fois supérieure à ces savants calculs. Il y a donc une forte probabilité d’un accident nucléaire majeur en Europe.

    Une innovation majeure pourrait-elle vous conduire à revoir votre jugement ?
    Je ne vois pas de solution dans l’état actuel, non pas de l’ingénierie, mais de la connaissance scientifique. Je ne dis pas qu’un jour un savant ne trouvera pas un moyen d’utiliser l’énergie de liaison des noyaux de façon astucieuse, qui ne crée pas ces montagnes de produits radioactifs. Mais pour le moment, il n’y a pas !

    Pourquoi vous opposez-vous à Iter, expérience sur la fusion menée à Cadarache, sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ?
    La fusion, c’est l’inverse de la fission. On soude deux petits noyaux, deux isotopes de l’hydrogène, le deutérium (un proton et un neutron) et le tritium (un proton et deux neutrons), et cette soudure dégage de l’énergie. Mais il faut arriver à les souder, ces noyaux ! Dans le Soleil, ils se soudent du fait de la gravitation. Sur Terre, on peut utiliser une bombe atomique, ça marche très bien. L’explosion provoque la fusion des deux noyaux, qui provoque une seconde explosion beaucoup plus forte : c’est la bombe à hydrogène, la bombe H. Pour une fusion sans bombe, il faut créer des champs magnétiques colossaux afin d’atteindre des températures de cent millions de degrés. Iter, à l’origine un projet soviétique, est une expérience de laboratoire à une échelle pharaonique, des neutrons extrêmement puissants bombardent les parois en acier du réacteur, ces matériaux deviennent radioactifs et doivent d’ailleurs être remplacés très souvent. Je ne suis pas spécialiste de la fusion, mais je me souviens que nos deux derniers Prix Nobel français de physique, Pierre-Gilles de Gennes et Georges Charpak, avaient dit qu’Iter n’était pas une bonne idée. Ils prônaient les recherches fondamentales avant de construire cet énorme bazar. Personne n’a tenu compte de leur avis, et nos politiques se sont précipités, sur des arguments de pure communication – on refait l’énergie du Soleil – pour qu’Iter se fasse en France.

    Pourquoi ?
    Parce que les Français veulent être les champions du nucléaire dans le monde. Les Japonais voulaient Iter, mais leur Prix Nobel de physique Masatoshi Koshiba a dit « pas question », à cause du risque sismique. Je pense que ce projet va s’arrêter parce que son prix augmente de façon exponentielle. Et personne ne s’est posé la question : si jamais ça marchait ? Que serait un réacteur à fusion ? Comme disent les gens de l’association négaWatt, pourquoi vouloir recréer sur Terre l’énergie du Soleil puisqu’elle nous arrive en grande quantité ?

    Que répondez-vous à ceux qui pensent que l’impératif du réchauffement climatique, donc la nécessaire réduction des émissions de CO2, nous impose d’en passer par le nucléaire ?
    Tout d’abord, on ne peut pas faire des émissions de CO2 le seul critère de choix entre les techniques de production d’électricité. Faut-il accepter qu’au nom du climat, tous les cinq ou dix ans, un accident de type Fukushima se produise quelque part dans le monde ? Ensuite, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a montré que si l’on voulait tenir nos objectifs de réduction des émissions de CO2, la moitié de l’effort devait porter sur les économies d’énergie. Pour l’autre moitié, le recours aux énergies renouvelables est essentiel, la part du nucléaire n’en représentant que 6 %. Il faut donc relativiser l’avantage du nucléaire.

    “Comme on a fait trop de centrales, il y a eu
    pression pour la consommation d’électricité,
    en particulier pour son usage le plus imbécile, le
    chauffage, pour lequel la France est championne.”

    Vous avez commencé votre carrière au CEA et avez été un artisan de cette énergie. Que s’est-il passé ?
    J’ai même fait une thèse sur le plutonium, et je ne me posais aucune question. Tout est très compartimenté au CEA, je faisais mes calculs sur la centrale EDF 3 de Chinon, n’avais aucune idée des risques d’accident ni du problème des déchets. Je travaillais avec des gens brillants. Et puis j’ai commencé à militer à la CFDT, après 68, et on s’est intéressé aux conditions de travail des travailleurs de la Hague. Je me suis aperçu que, moi, ingénieur dans mon bureau, je ne connaissais rien de leurs conditions de travail, et que les gens de la Hague ne savaient pas ce qu’était un réacteur nucléaire. On a donc écrit, en 1975, un bouquin collectif qui a été un best-seller, L’Electronucléaire en France. Le patron du CEA de l’époque a d’ailleurs reconnu la qualité de ce travail. Pour cela, j’ai travaillé pendant six mois à partir de documents américains, parce qu’en France il n’y avait rien. La CFDT a alors pris position contre le programme nucléaire. J’ai commencé à travailler sur les alternatives au nucléaire et, en 1982, je suis entré à l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie.

    Cela fait trente ans… Que prôniez-vous à l’époque ?
    Mais la même chose qu’aujourd’hui : économies d’énergie et énergies renouvelables ! Les principes de l’électricité photovoltaïque, donc des panneaux solaires, étaient déjà connus. Aujourd’hui, on ne parle que de l’électricité, mais ce qu’il faudrait d’abord installer partout, c’est des chauffe-eau solaires ! Rien de plus simple : un fluide caloporteur circule dans un tube sous un panneau vitré, et permet d’obtenir de l’eau à 60 degrés. L’Allemagne, pays moins ensoleillé que la France, a dix fois plus de chauffe-eau solaires. Dans le Midi, il n’y en a pas, ou si peu !

    Cela ne demande pas beaucoup d’innovation…
    L’innovation permet avant tout de réduire les coûts. L’éolien, sa compétitivité face au nucléaire est acquise. En ce qui concerne le photovoltaïque, les Allemands anticipent des coûts en baisse de 5 % chaque année. Il y a beaucoup de recherches à faire sur les énergies marines, les courants, l’énergie des vagues, la chaleur de la terre avec la géothermie. Les énergies renouvelables, sous un mot collectif, sont très différentes, et peuvent couvrir à peu près tous les besoins énergétiques. Les Allemands estiment qu’elles couvriront 80 % des leurs d’ici à 2050. C’est plus que crédible, à condition de toujours rechercher les économies d’énergie.

    Photo : CC by HeyRocker (www.flickr.com/photos/heyrocker)

    Photo : CC by HeyRocker (www.flickr.com/photos/heyrocker)

    Le fait qu’on ait produit de l’électricité à partir du nucléaire à un coût modique, ne prenant pas en compte les coûts du démantèlement et de la gestion à long terme des déchets radioactifs, a-t-il pénalisé les énergies renouvelables ?
    Oui, et comme on a fait trop de centrales nucléaires, il y a toujours eu pression pour la consommation d’électricité, et en particulier pour son usage le plus imbécile, le chauffage électrique, pour lequel la France est championne d’Europe. On construit des logements médiocres, l’installation de convecteurs ne coûte rien, cela crée du coup un problème de puissance électrique globale : en Europe, la différence entre la consommation moyenne et la pointe hivernale est due pour moitié à la France ! Résultat, l’hiver, nous devons acheter de l’électricité à l’Allemagne, qui produit cette électricité avec du charbon… Hors chauffage, les Français consomment encore 25 % de plus d’électricité par habitant que les Allemands. Qui n’ont pas seulement des maisons mieux isolées, mais aussi des appareils électroménagers plus efficaces, et qui font plus attention, car l’électricité est un peu plus chère chez eux.

    “Les Allemands étudient des réseaux
    qui combinent biomasse, hydraulique, éolien,
    photovoltaïque. Ils réussissent la transition
    énergétique. Parce qu’ils l’ont décidée.”

    Quelles sont les grandes innovations à venir en matière d’énergie ?
    Les « smart grids », les réseaux intelligents ! Grâce à l’informatique, on peut optimiser la production et la distribution d’électricité. A l’échelle d’un village, d’une ville ou d’un département, vous pilotez la consommation, vous pouvez faire en sorte, par exemple, que tous les réfrigérateurs ne démarrent pas en même temps. Les défenseurs du nucléaire mettent toujours en avant le fait que les énergies renouvelables sont fluctuantes – le vent ne souffle pas toujours, il n’y a pas toujours du soleil – pour asséner que si l’on supprime le nucléaire, il faudra tant de millions d’éoliennes… Mais tout change si l’on raisonne en termes de combinaisons ! Les Allemands étudient des réseaux qui combinent biomasse, hydraulique, éolien, photovoltaïque. Et ils travaillent sur la demande : la demande la nuit est plus faible, donc avec l’éolien, la nuit, on pompe l’eau qui va réalimenter un barrage qui fonctionnera pour la pointe de jour… C’est cela, la grande innovation de la transition énergétique, et elle est totalement opposée à un gros système centralisé comme le nucléaire. Le système du futur ? Un territoire, avec des compteurs intelligents, qui font la jonction parfaite entre consommation et production locale. Small is beautiful. Les Allemands réussissent en ce moment cette transition énergétique. Parce qu’ils l’ont décidée. C’est cela, le principal : il faut prendre la décision. Cela suppose une vraie prise de conscience.

    Comment expliquez-vous l’inconscience française ?
    Par l’arrogance du Corps des ingénieurs des Mines, d’une part, et la servilité des politiques, de l’autre. Une petite caste techno-bureaucratique a gouverné les questions énergétiques depuis toujours, puisque ce sont eux qui tenaient les Charbonnages, puis le pétrole, et ensuite le nucléaire. Ils ont toujours poussé jusqu’à l’extrême, et imposé aux politiques, la manie mono-énergétique.

    Cela vient de notre pouvoir centralisé ?
    Complètement ! Dans les années 1970, un chercheur suédois a écrit une étude sur le fait que le nucléaire marche dans certains pays et pas dans d’autres. Et il en a conclu qu’une structure politico-administrative autoritaire et centralisée avait permis qu’il se développe dans deux pays : l’URSS et la France. Pour de fausses raisons – indépendance énergétique, puissance de la France –, on maintient le lien entre le nucléaire civil et militaire – le CEA a une branche applications militaires, Areva fournit du plutonium à l’armée. Ce complexe militaro-étatico-industriel fait qu’ici on considère madame Merkel comme une folle. Au lieu de se dire que si les Allemands font autrement, on pourrait peut-être regarder… Non, on décide que les Allemands sont des cons. Nos responsables claironnent qu’on a les réacteurs les plus sûrs, que le nucléaire c’est l’avenir, et qu’on va en vendre partout. C’est l’argument qu’on utilise depuis toujours, et on a vendu péniblement neuf réacteurs en cinquante ans, plus les deux qui sont en construction en Chine. Ce n’est pas ce qui était prévu… En dix ans, les Allemands, eux, ont créé près de 400 000 emplois dans les énergies renouvelables.

    En dehors des écologistes, personne, y compris à gauche, ne remet en cause le nucléaire…
    Les choses évoluent vite. Fukushima ébranle les pro-nucléaire honnêtes. Je pense que la décision allemande aura une influence, pas sur nos dirigeants actuels, mais sur nos industriels et aussi sur les financiers. Ils doivent se dire : vais-je continuer à mettre mes billes dans un truc comme ça ? Il y avait jadis l’alliance Areva-Siemens pour proposer des réacteurs EPR, mais Siemens en est sorti depuis des années. On peut toujours se rassurer en pensant que les Allemands se trompent, mais on peut difficilement soutenir qu’ils aient fait ces dernières décennies de mauvais choix et que leur industrie soit faiblarde…

    Les écologistes peuvent-ils peser sur les socialistes ?
    Bien sûr. Déjà, en 2000, tout était prêt pour l’EPR, mais Dominique Voynet, ministre de l’Environnement, a dit à Lionel Jospin : « Si tu fais l’EPR, je démissionne. » C’est la seule fois où elle a mis sa démission dans la balance et l’EPR ne s’est pas fait à l’époque. Je travaillais auprès d’elle comme conseiller sur ces questions, j’ai pondu trois cent cinquante notes. Il y avait une bagarre quotidienne entre le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Industrie, qui se moquait complètement de la sécurité. Malheureusement, l’EPR est reparti avec Chirac en 2002. Et il va nous coûter très cher. En un demi-siècle, on a gaspillé l’énergie, on a fait n’importe quoi. Il est urgent de choisir une civilisation énergétique qui ne menace pas la vie.

    (1) Titre d’une contribution dans les pages Rebonds de « Libération » (24 mars 2011).

    Source :  http://www.telerama.fr/monde/bernard-laponche-il-y-a-une-forte-probabilite-d-un-accident-nucleaire-majeur-en-europe,70165.php

  • La birmanie, quel beau pays ….

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    Plusieurs sponsors de Pékin Express ont décidé de mettre fin à leur collaboration avec le programme de M6 après avoir été interpellés par des internautes sur « le génocide d’une minorité musulmane en Birmanie« , pays traversé par l’émission lors de la saison 2014, a-t-on constaté mercredi sur son site internet. Les logos des marques H&M, Guy Degrenne, Twins For Peace, Bollywood Sari, Sari City ont disparu de la liste des « partenaires » sur le site de l’émission, qui avait supprimé cette rubrique avant de la réafficher, vidée de certaines marques qui ont souhaité se retirer.

    Contactée, la célèbre marque de prêt-à-porter H&M s’est défendue mercredi d’être partenaire de l’émission : « H&M prête des échantillons pour habiller Stéphane Rotenberg (le présentateur) sur Pékin Express. Nous sommes cités dans les remerciements, mais il n’y a aucun aspect financier. » Selon cette porte-parole, l’entreprise a demandé le retrait du logo du site « pour éviter toute confusion quand on a pris conscience de l’ampleur du sujet ». La marque de plats préparés Traditions d’Asie, autre partenaire de l’émission, a expliqué de son côté qu’elle travaillait « sur une position commune entre M6 et les partenaires de Pékin Express« , tout en précisant être consciente « de l’émoi suscité par la diffusion de l’émission ».

    « Une campagne de nettoyage ethnique »

    À l’origine de cette défection, le hashtag #contrepekinexpress2014 lancé le 13 avril sur Twitter par Baraka City, association humanitaire qui se dit « basée sur des valeurs islamiques », trois jours avant la diffusion du premier épisode. Baraka City accuse M6 de « taire le génocide » de la communauté musulmane rohingya en Birmanie. « Parce que faire du divertissement sur la terre de l’horreur est une abomination, soyons tous #contreprekinexpress2014 », tweete le compte de l’association, diffusant le numéro de M6 et appelant ses abonnés à contacter la chaîne.

    Un rapport de Human Rights Watch du 22 avril 2013 évoque des villages entiers rasés et « une campagne de nettoyage ethnique à l’encontre des musulmans rohingyas dans l’État d’Arakan depuis juin 2012 » orchestrée par les autorités birmanes. M6 s’est défendue en rappelant que Pékin Express, émission de voyages et d’aventures, était un divertissement : « Les questions géopolitiques sont à même d’être traitées par l’information et non pas par un programme de divertissement comme Pékin Express […]. Qu’on nous targue de complicité de génocide, c’est assez blessant. »

    Source : http://www.lepoint.fr/medias/en-birmanie-pekin-express-accuse-de-taire-un-genocide-30-04-2014-1818041_260.php

  • On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

  • #Bygmalion

  • Des attouchements dans le cadre familial ne justifieraient pas la prison …

    Le député PS Dominique Raimbourg, rapporteur de la loi pénale voulue par Christiane Taubira, a-t-il dérapé? Sa présentation, lundi, à l’Assemblée, devant la presse, des cas d’application de la nouvelle «contrainte pénale», censée fournir une alternative à l’incarcération, font, en tout cas, bondir le secrétaire général de Synergie-Officiers, Patrice Ribeiro, syndicat réputé proche de l’opposition, qui dénonce des «propos hallucinants».

    Dominique Raimbourg, le 5 octobre 2012.

    Interrogé sur le fait que les auteurs d’agressions sexuelles, punies de cinq ans d’emprisonnement, peuvent faire l’objet d’une contrainte pénale, Dominique Raimbourg, a répondu lundi à la presse (Le Figaro était présent): «Il y a des infractions sexuelles qui ne signalent pas un ancrage dans une délinquance particulière». La contrainte pénale pourra donc concerner, par exemple, «un oncle qui, à la fin d’un repas de famille un peu alcoolisé, a un geste déplacé envers sa nièce». Mais, dit-il, «des personnes qui agressent sexuellement des femmes la nuit, c’est grave et cela peut justifier l’incarcération».

    L’ensemble des délits visés

    Un amendement déposé par les députées Élizabeth Pochon (PS, Seine-Saint-Denis) et Colette Capdevielle (PS, Pyrénées-Atlantiques) doit étendre la contrainte pénale «à l’ensemble des délits» a indiqué lundi le rapporteur du texte, Dominique Raimbourg, qui dit soutenir cette initiative. Parmi les infractions qui pourraient entrer dans le champ de la contrainte pénale si l’amendement est adopté, Dominique Raimbourg prend l’exemple d’un «petit trafiquant» qui fume du cannabis dans une soirée avec ses amis, une infraction punie de dix ans de prison. De quoi ulcérer Synergie-Officiers, dont le patron déclare: «Quand le rapporteur d’une loi de cette nature donne des exemples aussi ahurissants, on peut être inquiet des motivations et des conséquences prévisibles de ce texte.» «Manifestement, nous n’avons pas la même notion de la gravité de certains actes», ajoute le policier.

    Patrice Ribeiro estime que «le message d’indulgence qui va être envoyé sera reçu cinq sur cinq par les délinquants». «On peut ainsi tripoter sa petite nièce, ironise-t-il, ce n’est pas bien grave pour M. Raimbourg, et cela ne mérite au fond, selon lui, qu’une petite contrainte pénale. Mais on nage en plein délire!»

    «En aucun cas cette loi n’entend instaurer l’impunité»

    «La mise en exergue d’un exemple donné lors de la conférence de presse est à relire à l’aune de la technique habituelle des détracteurs de ce projet qui consiste à susciter l’émotion, a réagi Dominique Raimbourg. En aucun cas, cette loi n’entend instaurer l’impunité. Elle peut être au contraire l’occasion de proposer des peines plus sévères», précise le rapporteur de la réforme pénale actuellement discutée devant la la Commission des lois. «Aujourd’hui, le cas que j’ai cité n’aurait sans doute été puni que d’une peine d’emprisonnement avec sursis simple. Avec la contrainte pénale, le contrôle et les obligations auraient été bien plus drastiques. Il faut arrêter de répéter que ce texte est un modèle de laxisme. Je rappelle qu’il prévoit des dispositions qui renforcent les pouvoirs de polices pour le contrôle des sortants de prison».

    La réforme Taubira, qui devrait donc désormais s’étendre à tous les délits, alors que la gauche affirmait au départ que seules les peines encourues, jusqu’à cinq ans de prison, étaient concernées, mérite une sérieuse explication de texte. On était surpris, lundi, du ton badin employé par le rapporteur de loi, au sujet d’une loi aussi ambitieuse, dont les répercussions attendues sont considérables. Questionné sur la faiblesse des moyens dégagés pour le suivi des délinquants hors de la prison – les agents de probation notamment passeront seulement de 4000 à 5000 -, Dominique Raimbourg a reconnu que les moyens étaient «un peu dérisoires». Il faut, selon lui, «des moyens supplémentaires», car «statistiquement, on est un peu juste», disait-il.

    Les policiers, qui mesurent à quel point la réforme Taubira repose sur le travail qui leur sera demandé pour contrôler et contraindre les délinquants condamnés qui ne respecteront pas leurs obligations, vont se montrer très vigilants sur ce texte.

     

    Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/05/27/01016-20140527ARTFIG00098-le-rapporteur-de-la-loi-taubira-accuse-de-derapage-sur-la-pedophilie.php

     

  • Le FN grand gagnant des élections, et aprés ….

    Depuis l’antidémocratique Traité de Lisbonne de 2007 passé par-dessus le référendum négatif français de 2005 sur le traité constitutionnel européen, cette procédure est devenue le cas général et couvre presque l’intégralité des secteurs et intègre notamment les politiques de coopération policière et judiciaire. Les secteurs restants relèvent de la procédure de coopération et de la procédure de consultation (le Parlement rend un simple avis) ou de l’avis conforme (le texte est accepté ou rejeté par le Parlement sans possibilité d’amendement).  

    Les députés européens au « parlement » reçoivent directement des commissaires les projets de lois (« monopole du droit d’initiative » des commissaires…) Le vote du parlement n’a aucun caractère contraignant, le dernier mot revenant à la Commission.

    Ceci expliquerai l’abstention ?
    Et puis du coup, que va réellement pouvoir faire le FN au parlement européen ? Pas grand chose, comme le ps, l’ump ou n’importe qui d’autre …


    Un monde d’idées – Hervé Juvin par FranceInfo

  • Monsanto veut modifier génétiquement les abeilles

    Apiculteur tenant le cadre d'une ruche
    Monsanto investit dans le business des abeilles

    Le géant de la biochimie Monsanto investit dans des entreprises spécialisées dans la recherche sur les abeilles. Une activité de la firme qui inquiète les apiculteurs américains.

    Spécialisé dans le développement de semences génétiquement modifiées et la production de produits phytosanitaires, Monsanto s’est lancé dans le bio-contrôle et s’attaque désormais aux abeilles. Éléments essentiels à la survie de notre écosystème, ces insectes assurent un tiers de note alimentation. Selon les chiffres de l’INRA, le secteur des abeilles représenterait 153 milliards d’euros par an.

    Bien qu’indispensables, les abeilles sont mal en point. En une quinzaine d’années, la mortalité des colonies d’abeilles a atteint 30%, quand on considère que la perte “normale” avoisine les 10%. Un phénomène résultant de divers facteurs, humains pour beaucoup : mauvais sélection des abeilles en fonction de leur productivité plus que de leur adaptation au milieu, manque de nourriture lié à l’appauvrissement de la biodiversité du fait de l’agriculture intensive, épuisement des colonies à cause de déplacements réguliers des ruches pour polliniser les cultures (surtout aux États-Unis), utilisation de pesticides, etc…

    Face à ces disparitions, Monsanto dit vouloir oeuvrer pour la sauvegarde des abeilles à grand renfort de recherches génétiques. C’est pourquoi en 2011 la firme rachetait Beeologics, société spécialisée dans la santé des abeilles. “Monsanto sait que les abeilles sont une composante clé d’une agriculture durable dans le monde.” justifie la firme à travers un communiqué de presse dans laquelle Monsanto se dit engagé dans le développement d’une agriculture durable.

    Pour minimiser l’effondrement des colonies d’abeilles, Beeologics axe son travail sur des solutions portant sur des répliques d’ARN (acide ribonucléique) permettant aux pollinisateurs de synthétiser les protéines nécessaires à la lutte contre certains virus. “Un succès” selon l’entreprise. Néanmoins, cette technologie, mise au point récemment, fait débat au sein de la communauté scientifique dont certains membres s’inquiètent du manque de recul sur ses réels effets. C’est le cas de Christoph Then, vétérinaire spécialiste des biotechnologies et ancien expert pour Greenpeace. “L’ARN utilisé n’est pas stable et peut passer d’un organisme à l’autre. Donc à ce stade, cette technologie n’est pas assez sûre pour être utilisée dans l’environnement.” confie-t-il au magazine Reporterre.

    Une technologie qui devrait être développée dans les prochaines années et qui, si elle n’est pas aussi lucrative que les autres secteurs dans lesquels investit Monsanto, offre à la firme un joli coup de communication tendant à faire oublier que l’industrie des pesticides est la principale responsable de la disparition des abeilles. Les investissements de Monsanto dans le secteur apicole soulèvent certaines interrogations chez les preofessionnels. En septembre dernier, lors du Congrès mondial des apiculteurs, Gilles Ratia, président de la Fédération Internationale des apiculteurs Apimundia rappelait les activités de Monsanto en terme de modification génétique des semences et la commercialisation de ses désherbants, se demandant si le géant américain ne cherchait pas à avoir la main mise sur l’apiculture afin de rendre les pollinisateurs résistants à ses propres produits phytosanitaires, justement mis en cause dans la disparition des abeilles.

    Rédaction : Manon Laplace
    Source : Reporterre
    Communiqué de presse Monsanto
    http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/11345/monsanto-veut-modifier-genetiquement-abeilles-quelles-resistent-ses-pesticides

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