• D’ici la fin 2013, entre 20 et 40% de baisse sur les prix de l’immobilier

     

    D’ici la fin 2013, entre 20 et 40% de baisse sur les prix de l’immobilier

    Le marché immobilier se fige à l’approche de l’hiver. Depuis un an, le nombre de ventes chute. Pour Michel Mouillart, professeur d’économie à l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, la France est entrée dans l’une des trois plus graves crises immobilières depuis la fin des années 1970.

    « L’activité a dévissé de l’ordre de 25% depuis un an, le marché est bloqué, constate-t-il. Cet attentisme risque de se prolonger, car la plupart des vendeurs peuvent patienter. Sans volonté publique de relancer le marché, il ne se passera pas grand-chose d’ici au printemps 2014.  Alors que 858 200 transactions avaient été enregistrées en 2011, le total des ventes pourrait tomber à 700 000 en 2012, » selon Laurent Vimont, président de Century 21.

    Malgré ce contexte morose, les prix, jusqu’à présent, résistent. Mais jusqu’à quand ? Le marché parisien, atypique par l’ampleur du déséquilibre entre l’offre et la demande, semble relativement solide. « A Paris, la baisse ne devrait pas dépasser 5% à 8% sur un an, ce qui devrait suffire à soutenir la demande », déclare Jean-Michel Ciuch, directeur général d’Immo Group Consulting. Preuve de cette résilience, les prix ont battu un nouveau record dans l’ancien cet été, avec un prix moyen au mètre carré de 8 410euros pour la période allant de mai à juillet.

    Mais Paris n’est pas la France : la capitale ne représente qu’une part infime (3%) des transactions. En province, des fissures apparaissent. Les dernières statistiques des notaires et de l’Insee, indiquant des évolutions de prix en rythme annuel à fin juin, montrent que la purge a débuté dans certaines villes de province.

    Sur le marché des appartements anciens, de fortes baisses sont observées à Caen (–13,4%), à Pau (–9,4%), à Rouen (–6,7%) et à Metz (–6%). Pour les maisons, c’est à Marseille (–5%), à Valenciennes (–6,1%) et à Béthune (–10,2%) que les prix s’ajustent le plus vite. Rien de dramatique, mais le mouvement est enclenché.

    Après une décennie d’euphorie, quelle ampleur pourrait atteindre la baisse des prix ? Les avis sont partagés. Parmi les plus pessimistes, Jean-Michel Ciuch anticipe un repli de 8% à 10% pour les biens de qualité situés dans les grandes métropoles régionales d’ici douze à dix-huit mois.

    Baisse qui, selon lui, pourrait atteindre 20% à 40% en périphérie des villes de moins de 100 000 habitants et dans les zones rurales, selon la qualité des logements et leur emplacement.

    Michel Mouillart, en revanche, ne croit pas à un ajustement spectaculaire par les prix.

    « Historiquement, les prix de l’immobilier en France ne baissent que très peu en comparaison de la chute des volumes, car la plupart des vendeurs préfèrent patienter plutôt que vendre à un prix inférieur à leur espérance, explique-t-il. On l’a vu lors de la dernière grande crise, entre1992 et 1997. »

    Même le niveau particulièrement attrayant des taux des crédits immobiliers, dont la forte baisse avait permis de relancer le marché en 2008-2009, ne semble plus soutenir la demande. En septembre, ils se sont établis à 3,44% en moyenne, contre 3,95% six mois plus tôt.

    Sources : Le Monde / Le Journal du Siècle

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