• La « liste Lagarde » des fraudeurs fiscaux embarrasse le gouvernement grec

    En 2010, la ministre de l’économie transmettait à son homologue grec un CD-Rom contenant une liste de 2000 noms de Grecs soupçonnés de fraude fiscale, qui viennent de fuiter dans la presse grecque, provoquant l’arrestation d’un journaliste.

    Tout a commencé en octobre 2010 : Christine Lagarde, alors ministre de l’économie, transmettait à son homologue Georges Papaconstantinou, un CD-Rom contenant une liste de 2000 noms de Grecs soupçonnés de fraude fiscale et possédant un compte à la banque HSBC.

    Depuis, les responsables grecs n’ont eu de cesse de tenter d’enterrer la brûlante liste. Papaconstantinou avait pourtant assuré avoir demandé à la brigade financière, la SDOE, d’enquêter sur les titulaires des vingt plus gros comptes présents sur la liste. Son successeur, Evangelos Venizélos, a remis à la justice début octobre une clé USB contenant la fameuse liste. Le CD-Rom originel serait aujourd’hui introuvable au ministère des finances de Iannis Stournaras.

    Finalement, la fameuse liste n’a encore fait l’objet d’aucune enquête : c’est ce qu’a découvert fin septembre le peuple grec, alors qu’il se préparait à subir de nouvelles baisses de salaires et de retraites. Pourquoi ? Selon la SDOE, les origines de la liste interdisaient son exploitation par la justice, car elle a été donnée à la justice française par un ancien employé de HSBC, poursuivi pour vol par la banque.

    Les noms auraient pu rester dans l’ombre encore longtemps… Mais c’était sans compter la fuite qui a eu lieu dans les médias grecs. Le samedi 27 octobre, le magazine Hot Doc publiait 2059 noms, dont ceux de certaines personnalités grecques de premier plan, parmi lesquels Stavros Papastavros, un conseiller de Samaras, ainsi que Georgios Voulgarakis, ancien ministre et membre du parti de Samaras Nouvelle Démocratie. Le magazine a déclaré avoir reçu cette liste anonymement.

    Résultat : la police a arrêté, puis relâché, dimanche le journaliste Kostas Vaxevanis, au motif qu’un procureur aurait ordonné son arrestation pour violation des lois sur la publication de données privées sans autorisation spéciale.

    Lu sur Business Insider

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