• Pourquoi interdire ça ?

  • Le Qatar continue de grignoter la France

    Qatar France

    La cession du groupe Printemps à des investisseurs qataris a été officialisée la semaine dernière, permettant ainsi au Qatar d’accroître à nouveau son patrimoine en France.

    Pourtant, l’image moderne et respectable que les Qataris s’efforcent de donner de leur pays ne résiste pas à un examen approfondi de leurs affaires publiques. Ainsi, il n’est un secret pour personne qu’ils financent abondamment les islamistes de tout poil : les Frères musulmans en Égypte comme les rébellions syriennes et libyennes.

    Moins connues du grand public sont les règles absolument ahurissantes qui régissent la vie des travailleurs étrangers au Qatar. Courrier international a récemment révélé les conditions dans lesquelles les immigrés travaillent. Payés souvent quelques dizaines de dollars mensuels, ils sont privés des droits les plus élémentaires, comme celui de quitter librement le pays…

    Tout ceci n’a pourtant pas empêché Nicolas Sarkozy de signer une convention qui transforme la France en paradis fiscal pour ce petit émirat, lequel a noué des liens étroits avec plusieurs dirigeants politiques de notre pays. Le Qatar est ainsi exonéré d’impôt sur les plus-values immobilières et les gains en capital, alors que les résidents qataris ne sont pas assujettis à l’ISF sur les biens qu’ils détiennent hors de France. Dès lors, on comprend mieux pourquoi le Qatar s’est offert des morceaux de notre patrimoine immobilier sur les Champs-Élysées, la place Vendôme ou la Côte d’Azur. À cela s’ajoutent aussi les prises de position dans les sociétés du CAC 40, évaluées à plus de sept milliards d’euros, et le rachat très médiatique du Paris Saint-Germain. De quoi préparer l’économie qatarie à l’épuisement des ressources naturelles du pays.

    Cependant, il apparaît que cela se double d’un objectif politique et culturel qui prend donc la forme, dans les pays musulmans, du soutien aux régimes islamistes. Et qui commence aussi à s’esquisser en Europe. Leur appétit pour nos banlieues apparaît comme une preuve de leur volonté de devenir un jour un acteur politique auprès des musulmans français dont ils n’ignorent pas que le poids démographique s’accroît rapidement. Il n’est en outre pas étonnant que le Royaume-Uni soit l’autre principal réceptacle des investissements qataris en Europe ; de nombreux immigrés en provenance de pays musulmans sont également arrivés outre-Manche.

    La France, complètement anesthésiée, accepte sans broncher la présence ostentatoire sur son sol d’un pays qui prône des valeurs assez détestables. Et plus grave, elle refuse d’admettre qu’il entend sans doute jouer un rôle politique à l’avenir.

    En effet, contrairement à nos dirigeants obsédés par le court terme, les Qataris voient loin et progressent discrètement, s’inspirant de la maxime de Richelieu selon qui « poursuivre lentement un dessein, et le divulguer, est identique à parler d’une chose pour ne pas la faire ». Armé donc de patience et de cynisme, deux vertus essentielles en politique, le Qatar semble réserver une place de choix à notre pays dans le monde qu’il rêve de façonner. Il serait temps de s’en inquiéter.

    Paul-Marie Andreani

  • Aux Etats-Unis, deux enfants interdits de parler du gaz de schiste

    http://www.asel.eu.com/GdSdocs/GazDeSchiste462x266.jpg

    En Pennsylvanie, deux enfants sont interdits de parler du gaz de schiste pour le reste de leur vie. Agés de 7 et 10 ans, ils feraient bien de tenir leur langue, sous peine de se voir infliger une amende de 750 000 dollars.

    En cause, un accord entre l’entreprise Range Resources, spécialisée dans le gaz de schiste aux Etats-Unis, et la famille Hallowich, dont la ferme de 40 hectares est adjacente à l’un des sites de forage.

    Lorsqu’en 2011 la famille se plaint que les activités de l’entreprise ruinent à la fois sa ferme et la santé des enfants, qui souffrent de nombreux problèmes respiratoires et maux de tête, l’avocat de l’entreprise propose un arrangement : le gag order, la « clause du bâillonnement ».

    Aux Etats-Unis, la procédure est tout ce qu’il y a de plus légale et banale. Il s’agit d’empêcher, moyennant finances, les parties civiles et leurs avocats d’évoquer l’affaire dans la presse et en public. Le premier amendement ne pouvant empêcher un média de publier et diffuser une information, le gag order est le seul moyen de bâillonner les participants du procès sous le contrôle de la cour.

    Mais cette fois la décision implique des mineurs. Un cas très rare, qui laisse la mère des deux enfants songeuse et sceptique : « Nous savons que nous faisons vœux de silence pour toujours, mais comment cette décision peut-elle retirer les droits de nos enfants, qui sont aujourd’hui mineurs ? »

    Plus pragmatique, Stephanie Hallowich doute de la capacité de ses enfants à rester bouches cousues : « Je veux dire, ma fille vient d’avoir 7 ans, et mon fils a 10 ans. »

    Interrogé par un journaliste de l’AFP, un porte-parole de Range Resources s’est contenté de préciser que l’interdiction ne s’était « jamais appliquée », et que l’entreprise avait envoyé un « courrier de clarification » à la famille.

    Source : http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/08/06/motus-aux-etats-unis-deux-enfants-interdits-de-parler-du-gaz-de-schiste/

  • Entretien avec Olivier Berruyer : La fin d’un monde

    Olivier Berruyer, actuaire et créateur du site « Les-crises.fr« , nous explique quelles sont les racines profondes de la crise économique et financière actuelle. Il montre en quoi les dettes publiques ne sont plus soutenables, et pourquoi, au-delà des tentatives de fédéralisation européenne, l’Euro nous mène vers une impasse politique.

  • Pour résumer, un bon inverstisseur est une creuvure …

  • Olivier Delamarche le 6 aout 2013 – BFM Business

  • Ce que le procès Bradley Manning nous apprend de la justice militaire américaine

    Hier, vingt chefs d’accusation sur vingt-deux ont été retenus contre Bradley Manning, parmi lesquels la violation de « l’Espionage Act » (« loi sur l’espionnage »), le dévoilement d’informations confidentielles et la désobéissance aux ordres. Voilà pour la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c’est que l’accusation « d’aide à l’ennemi » n’a pas été retenue. C’est parce qu’il nous a aidés nous, les Américains. Et nous ne sommes pas l’ennemi, n’est-ce pas?

    Le colonel Thomas Pappas, l’officier en charge des renseignements à Abu Ghraib, présent la nuit du meurtre du prisonnier irakien Manadel al-Jamadi, n’a pas été condamné à de la prison ferme. Mais il a reçu une réprimande et une amende de 8000$ (Thomas Pappas aurait dit, à propos d’al-Jamadi: « Hors de question que je sois le seul à tomber pour ça »).

    Bradley Manning encourt désormais une peine maximale de 136 années de prison. Quand sa peine sera annoncée, aujourd’hui, nous pourrons tous nous faire une idée de ce que l’armée américaine considère comme un crime grave ou non. Quand on voit le temps que Manning va passer en prison – vingt-cinq ans à compter d’aujourd’hui – il serait bon de comparer sa peine avec celles d’autres soldats:

    Le sergent Sabrina Harman, célèbre pour avoir posé près du corps d’al-Jamadi, le pouce en l’air, et, dans une autre photo, le sourire aux lèvres, à côté d’Irakiens nus, encapuchonnés et entassés les uns sur les autres, a reçu une peine de six mois pour mauvais traitements sur prisonniers.

    Le soldat 1ère classe Armin Cruz a été condamné à huit mois de prison pour des violences sur des Irakiens à Abu Ghraib et pour avoir dissimulé les faits.

    Le soldat 1ère classe Steven Ribordy a été condamné à huit mois de prison pour complicité au meutre de quatre prisonniers irakiens, qui étaient « attachés, yeux bandés, se sont fait tirés dessus et jetés dans un canal » à Bagdad en 2007.

    Le soldat 1ère classe Belmor Ramos a été condamné à sept mois de prison pour préméditation d’assassinat dans la même affaire.

    Le sergent Michael Leahy a été condamné à perpétuité pour quatre meurtres à Bagdad. L’armée lui a ensuite accordé sa clémence et réduit sa peine à vingt ans, avec possible libération conditionnelle au bout de sept ans.

    Le sergent Marine Frank D. Wuterich n’a pas été condamné à la prison pour négligence et manquement à son devoir pour massacre de 24 hommes, femmes et enfants non armés, dans la ville irakienne Haditha, en 2005. Sept autres membres de son bataillon ont été poursuivis, mais aucun n’a été puni, d’une manière ou d’une autre.

    Les Marines Jerry Shumate et Tyler Jackson ont tous les deux été condamnés à vingt et un mois pour coups et blessures sur Hashim Ibrahim Awad, 52 ans, père de onze enfants et grand-père de quatre petits-enfants, à Al Hamdania en 2006. Awad est décédé après qu’on lui a tiré dessus pendant l’attaque. Leurs peines ont ensuite été réduites.

    Robert Pennington, caporal de la Marine, a été condamné à huit ans de prison dans la même affaire, mais n’a purgé que quelques mois de peine avant d’être libéré.

    Lawrence Hutchins, sergent de la Marine, a reçu quinze ans de prison pour meurtre dans l’affaire Hashim Ibrahim Awad, mais sa peine a rapidement été annulée et Hutchins libéré.

    Aucun soldat n’a été condamné pour le meurtre de cinq enfants irakiens, ainsi que de quatre femmes et deux hommes, dans une maison d’Ishaqi, en 2006. Parmi les câbles diplomatiques mis en lumière par Bradley Manning, figurait un e-mail d’un fonctionnaire des Nations Unies déclarant que les soldats américains « les avaient tous exécutés ». Quand Wikileaks a publié le câble, le tollé en Irak a été si important que le gouvernement al-Maliki a dû arrêter de promettre l’immunité aux troupes américaines restant sur son sol. Conséquence: l’administration Obama a abandonné ses plans de laisser de manière permanente plusieurs milliers de soldats américains en Irak. L’intégralité des troupes américaines a été rappelée fin 2011.

    À mon avis, Bradley Manning est parti pour passer plus de temps en prison que tous les autres soldats, dans tous les procès réunis. Ainsi, au lieu de tout faire pour nous faire pardonner et racheter les crimes révélés par Manning, nous allons montrer au monde entier qui nous sommes vraiment.

    Source : http://quebec.huffingtonpost.ca/michael-moore/bradley-manning-proces_b_3681884.html

  • Une nouvelle « usine à bébés » démantelée par la police

    Encore une histoire incroyable qui illustre la bassesse de certains êtres humains : c’est une véritable fabrique de nouveau-nés que la police nigériane a démantelée à Umuaka (Etat d’Imo). Une maison dans laquelle dix-sept adolescentes et jeunes femmes étaient enfermées.

    Elles y étaient mises enceintes par le gardien ou un homme de 23 ans présent sur place. Interdiction stricte de sortir. Un repas par jour. Le bébé leur était ensuite retiré à la naissance pour être vendu dans le cadre d’une filière qui reste à découvrir.

    Mais le fait est que onze enfants étaient dans cette maison de l’horreur quand la police est intervenue. Les voisins ne se doutaient de rien. Ils ont expliqué qu’ils prenaient le bâtiment pour un orphelinat ou un refuge pour mères.

    Cette affaire vient rappeler que le Nigeria est l’un des pays au monde où le trafic d’êtres humains est le plus important. La vente d’enfants y dépasse les niveaux habituels. La police n’en est d’ailleurs pas à son premier démantèlement de « fabriques de nouveau-nés ».

    En mai 2011, trente-deux jeunes femmes enceintes ont également été libérées dans l’Etat d’Abia. Dix-sept ont été découvertes en octobre de la même année dans l’Etat d’Anambra.

    JCC

    (Source : RFI)

  • En Bulgarie, on se révolte aussi et l’Europe s’en fiche

    On parle plus, en Europe, du Brésil que de la Bulgarie. Pourtant, depuis cinq semaines, les Bulgares sont dans la rue. Contre la corruption, mais pas seulement.


    Lors d’une manifestation contre le gouvernement à Sofia, le 11 juillet 2013 (DIMITAR DILKOFF/AFP)

    Cette nuit, le parlement a été assiégé. Une trentaine de députés et trois ministres s’y trouvaient pour discuter une actualisation du budget, des journalistes étaient aussi présents pour la couvrir. Pendant plus de neuf heures, toutes ces personnes,109 en tout, sont donc restées bloquées dans le Parlement bulgare.

    La foule à l’extérieur criait :

    « Mafia. »

    Ou encore :

    « Démission. »

     

    Ils réclament la démission du gouvernement

    Comme le rappelle notre partenaire Global Voices Online, la contestation massive, qui avait débuté le 14 juin 2013 après la nomination d’un député controversé, Delyan Peevski, à la tête de la sécurité nationale bulgare, a vu augmenter sans relâche le nombre de citoyens qui rejoignent les manifestations quotidiennes dans les rues de la capitale Sofia et des autres villes du pays.

    Si Peevski a aussitôt donné sa démission, les protestataires réclament celle du gouvernement à peine formé et des réformes majeures dans plusieurs domaines.

    Le parti socialiste bulgare et son partenaire au gouvernement, le Mouvement des droits et devoirs (MDD) représentant la minorité turque, ont refusé de céder le pouvoir malgré la contestation, qui revendique en particulier plus de transparence et moins de corruption dans l’administration, une action contre le crime organisé, et la fin du « règne de l’oligarchie ».

    « L’indignation, pas un trait dominant des Bulgares »

    Une riveraine, Iva, nous a écrit pour nous raconter son engagement dans ces manifestations. Elle commence son récit par ces mots :

    « L’indignation n’est pas l’un des traits dominants des Bulgares. »

    Pour elle, le ras-le-bol des Bulgares vient de très loin :

    « Il faut chercher les racines de ce mécontentement pas seulement dans les décisions de ce gouvernement fragile mais dans toutes les années de “transition”, terme désignant les 24 ans de tentatives des gouvernements de passer de l’idéalisme communiste vers la démocratie telle qu’on la connaît des sociétés occidentales. »

    24 ans de déceptions.

    « Moi, je fais partie de ces gens qui, payant leurs factures, ayant leur travail et essayant d’entretenir l’économie vivante, en ont marre de cette situation et surtout, ont refusé de garder silence.

    Nous ne sommes pas les manifestants habituels et payés par les partis, nous sommes ceux qui sont désignés comme la classe moyenne (si elle existe vraiment), ceux qui ont grandi dans ces 24 ans de transition, ceux qui veulent une vie digne pour leurs enfants, ceux qui veulent un gouvernement intelligent, constitué d’experts, pas de groupes privés d’oligarques experts […]. »

    C’est si simple pour une société démocratique et si dur pour une société qui continue à concentrer le pouvoir dans les mains des mêmes politiques qui ont entretenu le communisme dans le pays pendant 44 ans. »

    Elle conclut son témoignage en vantant l’aspect fédérateur du mouvement qui réunit de manière large et sans donner d’étiquettes, dit-elle.

    « On appelle ce mouvement la “Révolution de l’Intelligence”, et jusqu’à maintenant nous ne croyons pas que ce nom ne soit donné en vain – les manifestations continuent, calmes, sans violences (malgré les provocations des parties), vous verrez les sourires des gens, l’optimisme et leur regard bien aiguisé, jugeant ceux qui étaient, qui sont et qui seront au pouvoir dans leur pays… »

    Les « vagabonds bulgares »

    Depuis son témoignage écrit à la fin du mois de juin, pour la première fois, des incidents ont éclaté mardi soir entre policiers et manifestants, faisant redouter un recours à la force pour briser cette prise de parole massive de la société bulgare.

    Dans la nuit de mardi à mercredi, vers 3h30, la police est finalement parvenue à briser les barricades.

    L’une des plus importantes manifestations du mouvement a eu lieu le dimanche 7 juillet, vingt-cinquième jour des manifestations, avec l’objectif défini de remplir les trois kilomètres qui séparent Orlov most (le pont des Aigles), au centre de Sofia, et l’hôtel Pliska.

    Une mer de manifestants remplit les trois kilomètres séparant le rectorat, pont Orlov, de l’hôtel Plskal. (Photo avec l’autorisation de la page Facebook « Du rectorat à l’hôtel Pliska »)

    Une mer de manifestants remplit les trois kilomètres séparant le rectorat, pont Orlov, de l’hôtel Plskal. (Photo avec l’autorisation de la page Facebook « Du rectorat à l’hôtel Pliska »)

    Une page du nom de « Le vagabond bulgare » (« vagabond » est devenu le sobriquet répandu en Bulgarie d’un député socialiste, Hristo Monov, qui avait traité les manifestants de « vagabonds ») a été lancée sur Facebook pour ridiculiser les écarts entre les sources officieuses et l’information officielle.

    « Le pouvoir est effrayé »

    Le journaliste Tony Nikolov a écrit sur l’édition en ligne du magazine Kultura :

    « La manifestation citoyenne de masse devrait être comprise par les autorités comme une question qui mérite une réponse immédiate. Pourtant il n’y a aucune sorte de réponse – plus de vingt jours, qui ont mené à une situation de “parlement assiégé”. »

    « [Le pouvoir] sait qu’il ne résisterait pas à une épreuve de force directe. Il est effrayé. Voilà pourquoi il l’évite à tout prix. Il y aura des excuses, du pardon, des roques, des échanges de places, des décisions, de la montre, des imitations, quelques têtes jetées en pâture à la rue… »

    En février, Boïko Borissov, l’ancien ministre-président avait démissionné après de grandes manifestations contre la hausse des prix de l’électricité. Il s’est exprimé mardi soir pour conseiller à son successeur, Plamen Orecharski, de faire la même chose :

    « J’insiste pour une démission immédiate du gouvernement. C’est la seule façon de calmer les gens. »

    A noter tout de même, dans cette indifférence générale, la réaction de Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, dans un tweet daté du 23 juillet :

    « A Sofia, j’exprime mon soutien aux citoyens bulgares, qui manifestent contre la corruption. »

     Source : http://actuwiki.fr/actu/23294

  • Quand Obama oblige Renault à quitter l’Iran… à son grand dam

    Le « diktat » du président américain oblige Renault à cesser toute activité en Iran. Faute de quoi, l’Alliance Renault-Nissan risquerait de ne plus pouvoir commercer avec les Etats-Unis. Renault a produit à travers ses partenaires 100.000 voitures en Iran l’an dernier… Déjà, PSA avait dû se retirer en 2012 sous la pression de GM. Un manque à gagner pour l’industrie tricolore!

     

    « Le président Obama a donné l’ordre de cesser l’activité en Iran », a affirmé ce vendredi, Carlos Tavares, Directeur délégué de Renault, non sans ironie et une certaine amertume. Faute de quoi, les entreprises qui commerceraient encore avec ce pays se verraient interdire toute activité aux Etats-Unis. « Des  discussions diplomatiques ont lieu d’Etat à Etat entre la France et les Etats-Unis » à ce sujet. Mais, en attendant d’éventuelles avancées sur ce sujet, Renault se voit contraint, après PSA, d’interrompre ses lucrativres activités en Iran. « On n’a pas le choix »; souligne Carlos Tavares. Implantés historiquement, les deux constructeurs français sont frappés de plein fouet par le « diktat » américain. Ils détenaient tous les deux une part très importante du marché local… contrairement aux multinationales de Detroit GM ou Ford qui  en étaient absentes !

    100.000 voitures

    « Plus aucune pièce ne sirt des usines roumaines mais également françaises à destination de l’Iran », indique Carlos Tavares. Renault ne fabrique pas directement en iran. Mais il fournissait des composants pour un assemblage sur place à travers deux partenaires Iran Khodro et Saipa.  Renault a vendu  plus de 100.000 véhicules l’an dernier et 28.000 encore au premier semestre, pour l’essentiel des Tondar, des Dacia Logan rebaptisées et vendues sous le label du losange. Certes, les partenaires iraniens ont des composants en stock pour fabriquer quelques véhicules  supplémentaires. Mais le flux va se tarir progressivement. Renault avait naguère produit à  travers un licencié des R5 dans le pays… La firme française a du coup souffert au premier semestre de lourdes charges liées à l’arrêt « de fait » de ses activités en Iran.

    Mise en garde de Philippe Marini

    Le président de la Commission des finances du Sénat, Philippe Marini, s’alarmait fin juin de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran qui allaient, selon lui, affecter durement les groupes automobiles français. Dans une tribune transmise à l’agence Reuters, il appelait les autorités françaises à obtenir de la présidence des Etats-Unis une exemption pour la France ou l’engagement que les mesures prévues ne seraient pas mises en oeuvre à son encontre. Evoquant le texte « 13645 » du 3 juin qui prévoit ces sanctions, il jugeait que la forte présence de l’automobile française en Iran « la place inévitablement au premier rang des victimes de cette mesure ».

    >> Lire aussi : Alerte rouge pour l’industrie auto française sur ses ventes en Iran

    Arrêt de PSA en 2012

    PSA avait déjà du tout arrêter, sous la pression de General Motors, avec lequel il a signé une alliance fin février 2012. Les exportations de  collections de pièces destinées aux véhicules Peugeot traditionnellement fabriqués en Iran ont été stoppées en 2012. PSA affirme qu’il s’est ainsi conformé aux sanctions internationales. Toutefois, des sources internes assurent que PSA a arrêté les flux de composants sur demande expresse de General Motors. Le consortium du Michigan ne voulait pas que son allié soit présent dans un pays placé sur la liste noire des pays avec lesquels les Etats-Unis interdisent le moindre commerce. Soit un manque à gagner pour PSA de plus de 313.000 véhicules en 2012 et, potentiellement, de plus de 400.000 unités environ en 2013. L’Iran avait absorbé 467.000 unités du groupe PSA en 2010, 457.900 en 2011 ! La marque Peugeot s’octroyait avant les sanctions grosso modo 30% du marché local.  Il s’agissait d’ « opérations très rentables », souligne une source interne de PSA.

    >> Lire aussi : Renault prospère en Iran, mais PSA s’en retire sous la pression de son allié GM

    Des accords remontant au Shah d’Iran

    Il s’agissait en fait d’une très vieille implantation, qui remontait aux temps du Shah.  Peugeot  avait hérité d’anciens accords passés entre la branche britannique de Chrysler et le groupe local Iran Khodro, le même que celui qui assemble aussi les Renault Tondar. Et c’est en reprenant les activités de Chrysler Europe en 1978 que la firme française avait trouvé dans la corbeille de mariée les fournitures de pièces pour le modèle Hillmann Hunter de 1966, un véhicule créé par le groupe britannique Rootes devenu entretemps Chrysler UK. Ouf!La Hunter a été assemblée sous licence jusqu’à une date récente par Iran Kodro sous le nom de Paykan depuis la fin des années 60. Peugeot a progressivement ajouté sa 405 (de 1985), laquelle a relayé in fine la Paykan dans le rôle de berline nationale. La firme tricolore a aussi introduit sa 206, notamment dans une version spécifique à quatre portes et coffre séparé

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