• Olivier Delamarche – 30 Avril 2013 – BFM Business

  • Dynamiques des salaires et des dividendes par temps de crise

    Une note du Conseil d’analyse économique (CAE), signée par Philippe Askenazy, Antoine Bozio et Cecilia Garcia-Peñalosa, et intitulée « Dynamique des salaires par temps de crise », vient d’être publiée (n° 5, avril 2013). Elle explique que, depuis la crise, les salaires réels ont eu tendance à augmenter un peu plus vite que la productivité du travail, celle-ci ayant à peu près stagné. Ce serait donc « une cause majeure de la dégradation de l’emploi ». Bigre !

     

    On se souvient qu’en 1994, alors que le chômage recommençait à s’envoler avec la dégradation économique, avait été orchestrée l’idée qu’il existait une « préférence française pour le chômage »[1]. Se pourrait-il que nous connaissions une situation analogue ?

    À l’appui de cette idée, la note du CAE montre l’évolution de la productivité du travail comparée à celle des salaires réels super-bruts (cette dernière notion englobant toutes les cotisations sociales dites salariales et employeurs, les taxes sur les salaires et les avantages non salariaux).

     

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    On voit sur le graphique que, depuis le milieu de la décennie 2000, les salaires continuent de progresser, tandis que la productivité du travail diminue malgré une courte embellie. La cause paraît donc entendue. Et la conclusion, ou plutôt les conclusions s’imposent : accorder davantage de dérogations par rapport aux accords de branches, diminuer l’insatisfaction des travailleurs pour leur faire accepter une baisse des salaires, et fiscaliser le financement de la protection sociale. La touche finale à ce programme quasi libéral sera keynésienne : un peu d’inflation arrangerait bien les choses en contournant la rigidité des salaires à la baisse.On ne va pas persifler ici trop longtemps car l’affaire ne souffre pas la plaisanterie : l’explosion du chômage menace de faire exploser la société et l’incurie gouvernementale risque de délégitimer le politique en lui-même.

    On va simplement parler de la grande absente de cette étude, de la plupart des études, mais pas de toutes, heureusement encore. On a appris le mois dernier que « les résultats du CAC 40 se sont effondrés en 2012 »[2]. Le chiffre d’affaires de ces entreprises a stagné en valeur réelle (hors inflation). Les profits ont baissé de 27,9 % pour se fixer à 52,4 milliards d’euros. Cette baisse fait suite à celle de 2011 qui était déjà de 8 %. Les profits de 2012 frisent le plancher de 44 milliards, qui avait été atteint en 2009 au plus fort de la crise.

    On remarquera d’abord que cette baisse des profits enregistrés est le résultat de l’opération consistant à déprécier comptablement les actifs des sociétés, après les avoir grossis démesurément lors de la bulle précédant la crise.[3]

    Mais le plus fort reste à venir : malgré la baisse des bénéfices, les entreprises du CAC 40 (sauf quatre d’entre elles : Accor, Arcelor, France Telecom et Vallourec) vont augmenter les dividendes versés aux actionnaires de 5 % en moyenne. Parce que qu’il faut donner un signal aux actionnaires, de peur que la baisse des cours en Bourse ne fragilise les positions face au risque d’absorption.

    Et, tout dernièrement, on a appris les vicissitudes d’Apple qui « noie les doutes du marché dans le cash »[4]. Apple a engrangé 9,5 milliards de dollars au cours du 1er trimestre 2013 en réalisant 43,6 milliards de chiffre d’affaires. C’est beaucoup mais c’est 18 % de moins que le bénéfice du 1er trimestre 2012. Que faire pour empêcher les actionnaires de partir ? Leur promettre 100 milliards en deux ans et demi, soit 45 milliards de plus que prévu. Comment ? En rachetant une grande quantité d’actions et en augmentant le dividende par action de 15 %.

     

    Alors, peut-on raisonnablement soutenir que la collectivité « préfère le chômage » en sacrifiant l’emploi au profit des salaires, c’est-à-dire en sacrifiant les chômeurs au profit des salariés en emploi ? À ce compte-là, il ne sera jamais dit que la véritable préférence est celle qui incline vers les actionnaires.

    Et des économistes comme Christian Saint-Étienne et Robin Rivaton pourront raconter aux enfants une fable : « Seule l’amélioration des marges des entreprises permet aux industriels français de consacrer des ressources nouvelles à l’investissement et, à une époque où l’Union monétaire rend les évaluations impossibles, de mener un travail de montée en gamme et de réaliser des progrès en termes de productivité hors coût. Ainsi les gouvernements auraient tout intérêt à mener une politique générale favorable à l’entreprise leur permettant de restaurer leurs marges et donc d’investir. »[5]

    Pendant que l’éditorialiste Jean-Marc Vittori soutiendra que « la France démontre le théorème de Schmidt à l’envers : la faiblesse des profits d’aujourd’hui fait la pénurie des investissements de demain qui fera le chômage d’après-demain »[6]. Désolé, le théorème de Schmidt est faux et son inverse l’est tout autant. Ce qui caractérise le capitalisme néolibéral, c’est que, en période de croissance comme en période de récession, les actionnaires sont servis en priorité, et même relativement davantage quand les bénéfices se ralentissent un peu, afin de les rassurer. Ah ! la confiance ! celle des possédants…

    Lors d’un séminaire organisé cette semaine à Bruxelles par des syndicats belges, portant sur les réformes bancaires, auquel étaient conviés politiques et syndicalistes européens et des économistes, on a entendu le représentant de l’un des syndicats ayant signé en France l’accord nationale interprofessionnel sur l’emploi (ANI) dérégulant le marché du travail s’opposer à la séparation des banques. Cela ne peut signifier qu’une adhésion implicite au maintien d’une finance dérégulée. Et cela est cohérent avec la flexibilité exigée par le Medef et que lui ont accordée certains syndicats et le gouvernement français.

    La préférence pour la dérégulation est la mère de toutes les dynamiques des dividendes et de la dégradation de l’emploi. Au lieu de voir dans la flexibilité des salaires le remède miracle pour diminuer le chômage, il vaudrait mieux se pencher sur l’évolution de la répartition primaire des revenus entre salaires et profits.

    [1] Denis Olivennes, « La préférence française pour le chômage », Le Débat, n° 82, 1994, p. 138-153.

    [2] Annie Kahn, Le Monde, 15 mars 2013, selon une étude du Cabinet d’audit et de conseil PricewaterhouseCoopers (PwC).

    [3] D’ailleurs, les analystes – qui savent compter la réalité – font le distinguo avec les résultats qu’ils appellent « opérationnels ». Par exemple, en 2012, Lagardère a vu son résultat baisser de 13,5 % et Carrefour de 2,6 %.

    [4] Sarah Belouezzane, Le Monde, 25 avril 2013.

    [5] Christian Saint-Étienne et Robin Rivaton, « La meilleure politique industrielle est de ne pas en avoir »,  Les Échos, 26 et 27 avril 2013.

    [6] Jean-Marc Vittori, « Ce qui n’a pas été essayé contre le chômage », Les Échos, 26 et 27 avril 2013.

     

     

     

    Source  : http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2013/04/27/347/

  • La crise a beaucoup aggravé les inégalités

    L’Insee vient de publier une analyse des revenus et des patrimoines des Français en 2010. Elle montre ce dont on se doutait : la crise a beaucoup aggravé les inégalités et frappé surtout les plus pauvres. Entre 2008 et 2010, les plus pauvres (1er décile) ont perdu 3,2 % de pouvoir d’HA quand les + riches (10ème décile) en ont gagné 2,8 %. Une justification de plus pour faire porter l’essentiel de l’effort de redressement des comptes publics sur les revenus des + aisés.

  • José Mujica, le président « Anormal »

  • Photos de manif « manipulées » par la préfecture

    Le 21 avril, je postais cet article ou un journaliste de l’AFP attestait que les photos de la manif pour tous avaient été trafiquée : http://commentbienvoter.com/manif-pour-tous-du-24-mars-les-images-ont-ete-alterees/

    Une enquête  faites par arrêt sur image explique pourquoi cette erreur.

    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5788

    @si a pu vérifier, aussi, l’origine de ces photos. Après un premier démenti dénonçant des « rumeurs sans fondement » dimanche, la préfecture a organisé une conférence de presse aujourd’hui, suivie par une vingtaine de journalistes. Une volonté de transparence notable, mais une com’ pour le moins mal préparée.

    Devant l’insistance des journalistes, le chef de division des renseignements compare aussi plusieurs des photos mises en ligne sur le site de la préfecture avec les extraits correspondant au même « time code » issus de la vidéo. Ce qui permet de constater là aussi qu’il n’y a pas de manip.

    Méaculpa donc et merci arrêt sur image.

  • L’arnaque de @le_Figaro …

    Le figaro à publié : Avec 3,2 millions de chômeurs, le record de 1997 est battu

    Aller, un peu de démographie.

    Population 1997 : 59 691 000
    Population 2013 : 65 586 000

    Population 15-60 ans 1997 (en âge de travailler) :
    36 053 364  (60.4%)
    Population 15-60 ans 2013 :
    37 908 708 (57,8 %)

    Nombre de chômeurs 1997 : 3 195 500
    Nombre de chômeurs 2013 : 3 224 600

    Pourcentage de chômeurs par rapport à la population en âge de travailler
    1997 : 8,86 %
    2013 : 8,50 %

    Source : Insee

    Bien sûr, je ne tiens pas compte des éventuelles modifications de la classification du chômage, qui ont leur importance. Ni même des travailleurs précaires, mais là ce n’est pas vraiment dans une problématique d’emploi, mais de déréglementation de l’emploi, ce qui n’est pas la même chose : augmentation de l’intérim, de stage, de CDD, ne sont pas une marque de la baisse de l’activité, mais de la libéralisation du marché de l’emploi (ce qui est une décision politique).

    Alors, c’est bien joli de vouloir faire du sensationnel en montrant des chiffres absolus qui en soit ne veulent rien dire, mais faudrait plutôt faire preuve d’un peu d’honnêteté et éviter de faire plonger les français dans un état de déprime déjà plus fort que ce qu’il devrait être…

    Source

  • Mariage pour tous et bagarre générale à l’assemblée 19/04/2013

     

    Une bagarre de députés dans la soirée du 19 avril 2013 à l’Assemblée nationale lorsqu’un groupe de députés UMP excédés s’est approché des bancs du gouvernement.
    Dans la confusion et sous le regard interloqué des journalistes en tribune de presse, des députés UMP, excédés par une mimique d’un collaborateur du ministre de la Justice – ils l’ont expliqué ensuite – se sont précipités au bas de l’hémicycle.
    Aux cris de «dehors, dehors», ils se sont approchés des bancs du gouvernement. Des huissiers et le ministre chargé des Relations avec le Parlement Alain Vidalies se sont interposés pendant plusieurs minutes.

    Par la suite, le président de l’Assemblée Claude Bartolone réagi : « Rien ne justifie une espèce de descente avec une menace physique comme celle à laquelle on a assisté »
    Si nous, qui votons la loi, donnons l’impression de faire la justice nous même, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. Nous ne sommes pas dans un cour d’école »,

    « Cela fait trente que je siège dans cet hémicycle je n’ai jamais vu cela », a déclaré de son côté Alain Vidalies.

  • Bourdin direct: Emmanuel Todd – 19/04

    Toute l’actualité sur http://www.bfmtv.com/ Jean-Jacques Bourdin reçoit Emmanuel Todd, historien français, anthropologue, et sociologue. Il présente « Le mystère français », son nouveau livre. L’écrivain dresse un plan critique de l’Hexagone et de l’euro. « Les gouvernants appliquent des politiques similaires à l’Allemagne, mais on ne peut pas gouverner la France comme ça. Cette population à ses propres caractéristiques », a critiqué Emmanuel Todd. Selon lui le capitalisme est à la fin d’un cycle et les dettes sont un frein au redémarrage de l’économie occidentale. « On ne peut plus emprunter. Il va falloir effacer les dettes et spoiler les riches pour relancer l’économie », a insisté le sociologue.

  • L’argent de la drogue sauve les banques et corrompt nos démocraties

  • Manif pour tous du 24 mars : les images ont été altérées !