• Goldman Sachs propose une baisse générale des salaires de 30 % en France

    Depuis vendredi, une interview du Huffington Post fait le bad buzz. Un économiste de la banque américaine Goldman Sachs y est interrogé sur la crise financière, la zone euro et la situation en France. Sa « solution miracle » pour redresser l’économie française ? Abaisser tous les salaires d’un tiers.

    L’information est relatée dans une interview du Huffington Post de vendredi dernier. Interrogé sur une éventuelle solution pour sortir la France de la crise financière, Huw Pill, économiste en chef de Goldman Sachs en Europe, répond qu’il faudrait baisser la « moyenne salariale d’environ un tiers », précisant toute de même que ce serait « politiquement impossible à imposer ».

    16,2 millions de dollars

    De quoi faire grincer des dents. Si cette proposition est appliquée, le salaire minimum équivaudrait à un peu moins de 1 000 € par mois alors que l’on parle de centaines de millions de dollars de bonus chez les actionnaires de Goldman Sachs en 2012. Le PDG Lloyd Blankfein, lui, a vu sa propre rémunération augmenter de près de 15 % en 2011, atteignant la somme de 16,2 millions de dollars sur l’année.

    Le deuxième volet de la politique miracle à appliquer, d’après l’économiste consiste à « déplacer l’emprise de l’Etat vers le secteur privé. » Car le problème « chronique » de la France serait « incarné par un secteur public bien trop important » ayant pour conséquence une faible exportation. Donc « un manque de compétitivité et des déséquilibres dans ses comptes ».Mais l’économiste se veut également rassurant, au niveau européen : grâce à ses plans d’économie, l’Union devrait voir « une porte de sortie » de la crise d’ici 2015. 

    Source : http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Salaires.-Goldman-Sachs-propose-une-baisse-generale-de-30-en-France_55257-2158413_actu.Htm

     

  • Nous ne pouvons plus prétendre que la création de richesses pour un petit nombre bénéficiera inévitablement à tout le monde

    Des yachts dans le port de Monaco, à l'occasion du salon annuel de la grande plaisance "Monaco Yacht Show", le 19 septembre 2012

    Les cent personnes les plus riches de la planète ont gagné la somme de 240 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) en 2012, et cela représente 4 fois le montant qu’il aurait fallu pour éliminer l’extrême pauvreté. Cette conclusion est celle d’un rapport de l’Oxfam, une confédération d’associations caritatives qui lutte contre la pauvreté. Selon le rapport qu’elle a publié, « The Cost of Inequality: How Wealth and Income Extremes Hurt us All », rapporté par Russia Today, la crise économique a eu pour effet d’enrichir encore davantage les plus riches.

    Les 1% les plus riches du monde ont ainsi augmenté leurs revenus de 60% sur les 20 dernières années et ce processus s’accélère avec la crise. Ce sont les 0,01% les plus riches d’entre eux qui ont bénéficié de la croissance la plus forte pour leurs revenus. Ainsi, l’industrie du luxe est en plein essor, tandis que de l’autre côté du spectre, les personnes en situation de «pauvreté extrême» ont dû se débrouiller avec moins de 1,25 dollars par jour (environ 0,94 euro).

    Pire, le rapport d’Oxfam affirme même que la concentration de la richesse dans les mains d’un tout petit groupe de personnes entrave la lutte mondiale contre la pauvreté. Il exhorte les dirigeants du monde à mettre fin à la  « richesse extrême d’ici 2025» et à « inverser la hausse rapide des inégalités observée dans la majorité des pays pour les 20 prochaines années ». L’Oxfam juge que la richesse extrême est non éthique, elle est économiquement inefficace, politiquement dangereuse, elle crée des divisions, et elle est destructrice pour l’environnement.

    «Au Royaume-Uni, l’inégalité retourne rapidement à des niveaux semblables à ceux de l’époque de Charles Dickens. En Chine, les 10% les plus riches gagnent près de 60% ​​du revenu. Le niveau des inégalités en Chine est désormais similaire à celui de l’Afrique du Sud, qui est maintenant le pays le plus inégalitaire du monde, et qui est beaucoup plus inégalitaire qu’il ne l’était à la fin de l’apartheid ».

    «Nous ne pouvons plus prétendre que la création de richesses pour un petit nombre bénéficiera inévitablement à tout le monde. Trop souvent, c’est le contraire qui est vrai », a déclaré  Jeremy Hobbs, le directeur exécutif d’Oxfam International. « Les plus riches bénéficient d’un système économique mondial qui les favorise », dit-il, citant les paradis fiscaux et la faible réglementation de certains marchés du travail. Le rapport souligne que ces super-riches contrôlent aussi les politiciens, ce qui aboutit à la conduite de politiques qui leur sont favorables.

    « Il est temps que nos dirigeants réforment ce système pour qu’il fonctionne dans l’intérêt de l’humanité toute entière, plutôt que pour une élite mondiale », conclut le rapport.

    Source : http://www.express.be/business/fr/economy/nous-ne-pouvons-plus-pretendre-que-la-creation-de-richesses-pour-un-petit-nombre-bnficiera-invitablement-a-tout-le-monde/184976.htm

  • Gaz de schiste : un rapport censuré aux Etats-Unis sous la pression de l’industrie

    L’Agence américaine de protection de l’environnement est sous le feu des critiques, accusée d’avoir censuré un rapport sur les dangers de la fracturation hydraulique. Cette technique, nécessaire à l’extraction des gaz et pétrole de schiste, constituerait bien une menace directe dans l’approvisionnement en eau potable. Les organisations écologistes reprochent à l’Agence américaine d’avoir plié sous la pression de l’industrie.

    L’Agence de Protection Environnementale des Etats-Unis (EPA) a t-elle censuré un rapport mettant en cause la fracturation hydraulique, sous la pression de l’industrie gazière et pétrolière ? C’est ce qu’assure l’agence Associated Press qui s’est procuré le rapport de l’EPA révélant que la fracturation hydraulique, technique nécessaire à l’extraction des gaz et pétrole de schiste, constitue une menace directe dans l’approvisionnement en eau potable.

    Des bulles dans l’eau, « comme du champagne »

    L’affaire débute en 2010 à Weatherfod au Texas. La famille Lipsky constate que l’eau « potable » de la maison commence à « faire des bulles comme du champagne ». « Au début, l’EPA a estimé la situation si grave qu’elle a émis une ordonnance d’urgence fin 2010 établissant qu’au moins deux propriétaires étaient en danger immédiat du fait d’un puits saturé de méthane inflammable », écrit l’Associated Press (AP). La compagnie Range Resources, propriétaire de plusieurs puits de gaz au Texas, dont l’un situé à moins de deux kilomètres de la maison des Lipsky, est pointée du doigt.

    L’agence environnementale ordonne à la société de prendre des mesures pour nettoyer leurs puits et fournir de l’eau sûre aux propriétaires affectés. Range Resources menace alors de ne pas prendre part à une étude menée par l’EPA concernant le lien entre la fracturation hydraulique et la contamination de l’eau, ni d’autoriser les scientifiques du gouvernement à accéder à ses sites de forage. Sans explication officielle, l’EPA opère en mars 2012 un revirement en retirant son ordonnance d’urgence et en décidant de mettre fin à la bataille judiciaire.

    Preuves dissimulées ?

    L’Agence états-unienne ne rend pas non plus public le rapport commandé quelques mois plus tôt à un scientifique indépendant, Geoffrey Thine. Après avoir fait analyser les échantillons d’eau prélevés dans 32 puits, le chercheur conclut que le gaz présent dans l’eau potable de la famille Lipsky pourrait bien provenir de l’opération de fracturation hydraulique. « Je ne peux pas croire qu’un organisme qui connaît la vérité sur quelque chose comme ça, ou dispose de telles preuves, ne les utiliserait pas », a déclaré Lipsky auprès de l’AP. Cet habitant est désormais contraint de payer 1 000 $ par mois pour avoir de l’eau potable acheminée jusqu’à sa maison. Les autorités de l’État ayant déclaré que Range Resources n’était pas responsable, la compagnie a cessé ses opérations de nettoyage des puits.

    « Il est inadmissible que l’EPA, qui est en charge de la protection des ressources vitales de notre pays, se replie sous la pression de l’industrie gazière et pétrolière, s’insurge la coalition Americans Against Fracking. Cette affaire montre que la fracturation hydraulique ne peut être réglementée de manière sûre quand l’industrie du pétrole et du gaz peut user de son influence considérable pour contourner les règles en sa faveur. » La coalition demande l’interdiction de la fracturation hydraulique. En 2012, 200 mesures locales visant à interdire la fracturation ont été prises à travers les États-Unis.

    Sophie Chapelle

    @Sophie_Chapelle sur twitter

    Photo Une : Food and Water Watch

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    http://www.bastamag.net/article2894.html?id_mot=38

  • L’initiative en faveur d’un revenu de base pour tous se concrétise

    Le peuple pourrait voter sur l’instauration d’un revenu de base de 2500 francs mensuels assuré à tout le monde.

    Près de 70'000 signatures ont été récoltées pour un revenu de base pour tous.

     

    Neuf mois après le lancement de l’initiative populaire, le comité a récolté plus de 70’000 signatures. Il espère déposer les 100’000 paraphes nécessaires en avril, six mois avant le délai.

    Les dernières signatures sont en général plus difficiles à récolter que les premières, a déclaré Daniel Straub, du comité d’initiative, lundi devant les médias à Berne. Mais dans ce cas précis, l’enthousiasme ne cesse de croître, a-t-il assuré. Les initiants, dont fait partie l’ancien vice-chancelier de la Confédération Oswald Sigg, s’en réjouissent d’autant plus qu’aucun parti ou grande organisation ne soutient leur idée.

    L’initiative «pour un revenu de base inconditionnel» demande que chaque personne, active ou non, vivant légalement en Suisse touche une certaine somme. Le montant et son financement devront être fixés dans la loi, par le Parlement. Les initiants mentionnent toutefois 2500 francs par mois pour les adultes et 625 francs pour les moins de 18 ans.

    L’idée d’un revenu de base a déjà été lancée à plusieurs reprises, mais sans succès. A gauche, des voix ont critiqué un système trop compliqué et des menaces sur les salaires. Les syndicats et la Jeunesse socialiste préfèrent des textes plus précis. L’USS a fait aboutir une initiative qui demande au moins 4000 francs par mois pour 42 heures de travail hebdomadaires. Le peuple se prononcera aussi sur l’initiative 1:12 de la Jeunesse socialiste, qui exige pour sa part que le salaire d’un patron soit limité à douze fois celui de l’employé le moins bien payé. (ats/Newsnet)

     

    http://www.lematin.ch/suisse/L-initiative-en-faveur-dun-revenu-de-base-pour-tous-se-concretise/story/22262777

  • Accord sur la réforme du marché du travail :

    En signant avec le Medef un accord « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », trois syndicats minoritaires ont donné en France un aval anticipé aux  réformes structurelles du marché du travail imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Le Wall Street Journal félicite les patrons français d’avoir « gagné une nouvelle flexibilité ». 

    (On nous avais prévenu quand même !! http://commentbienvoter.com/fancois-hollande-a-menti-la-fin-du-cdi/)

    L’accord signé le 11 janvier par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC confirme la possibilité, déjà adoptée par la majorité précédente, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi », avec une baisse des salaires, en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel », dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.

    La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le Medef se traduit aussi dans l’accord du 11 janvier par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

    Plus profondément encore, l’accord du 11 janvier dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle prévue par la loi ; et s’il ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, qui doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois.

    En guise de contreparties, l’accord prévoit essentiellement un renchérissement limité des CDD de très courte durée (moins d’un mois), la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés des PME et une majoration de 10% pour les  heures complémentaires des salariés à temps partiel. Des avancées qui seraient appréciables si elles n’étaient pas payées aussi cher.

    Car la France et l’Europe s’enfoncent dans une grave récession, provoquée par les politiques d’austérité et par la frilosité des banques qui réduisent leurs crédits pour préserver leur bilan. Les brèches ouvertes par l’accord du 11 janvier ne vont certainement pas « accélérer la création d’emploi » comme l’annonce le gouvernement ; elles vont plutôt faciliter le passage du tsunami de licenciements qui s’annonce et accélérer la montée du chômage.

    Attac appelle les parlementaires français à corriger les graves dangers que présente ce texte et invite tous les acteurs sociaux à organiser ensemble la résistance et la construction d’alternatives à ces politiques suicidaires pour les salariés et pour les peuples européens. Dans cette perspective, les nombreuses forces syndicales et associatives européennes engagées dans le processus d’Altersommet se réuniront début juin à Athènes en vue d’affirmer haut et fort qu’une autre Europe est possible.

    Attac France,

    Le 14 janvier 2013

  • La mort d’un Internet identique pour tous

    Dans une tribune publiée par Libération, la commissaire Neelie Kroes a confirmé qu’elle ne voyait aucun problème à ce que les FAI proposent des offres « différenciées » d’accès à internet. Ils pourront vendre un accès à un internet bridé, et proposer des options payantes pour débloquer l’accès à certaines applications. Si cette voie se confirme, la neutralité du net sera morte.

    Profitant du débat qui a fait rage en France avec le blocage par défaut des publicités par Free, la Commission Européenne a précisé son point de vue sur la question de la neutralité du net. Dans une tribune publiée dans Libération, la vice-présidente Neelie Kroes a confirmé ce que nous avions analysé en 2011, sur le souhait de Bruxelles de mettre à mort la neutralité du net en autorisant les offres différenciées chez les FAI.

    « Les consommateurs devraient être libres de faire de vrais choix quant à leur abonnement à l’internet« , écrit Neelie Kroes. « Les contrats standard et les paramètres par défaut (…) sont soumis à des limites d’intérêt public« , rappelle-t-elle, mais « selon moi, l’intérêt public ne s’oppose cependant pas à ce que les consommateurs s’abonnent à des offres internet limitées, plus différenciées, éventuellement pour un prix moins élevé« .

    En charge de l’agenda numérique, Neelie Kroes donne donc son feu vert aux fournisseurs d’accès à internet pour proposer un abonnement de base à un Internet limité aux e-mails et à une partie du web, mais avec un surplus à payer pour accéder sans bridage à YouTube, Dailymotion, Facebook ou Skype.

    Pour la commissaire européenne, le filtrage du web pour des motifs commerciaux ne pose aucun problème dès lors que les contrats font figurer « les vitesses effectives dans des conditions normales et toute restriction imposée au trafic, ainsi qu’une option réaliste permettant de passer à un service «complet», dépourvu de telles restrictions« .

    « En ce qui concerne la neutralité de l’internet, les consommateurs doivent avoir un choix effectif quant au type d’abonnement internet qu’ils souscrivent« , écrit-elle, se contentant de la liberté de choix qui est pourtant le piège absolu. Les consommateurs iront toujours au moins cher, et ne paieront les options de débridage que s’ils y voient un réel intérêt. Or qui aurait payé pour débrider Skype avant que Skype ne devienne incontournable ? Autoriser le bridage de certaines applications ou protocoles, c’est assurément porter atteinte aux entreprises qui tentent d’innover dans des secteurs qui ne font partie du « package de base » des abonnements à internet. C’est tuer ce qui a permis à de nombreuses start-up de se développer.

    Mais peu importe, car pour Neelie Kroes, le fait d’autoriser les FAI à sacrifier la neutralité du net « devrait également stimuler l’innovation et les investissements des fournisseurs internet« . Rien d’étonnant lorsque l’on se souvient que la même Neelie Kroes avait convoqué les grands patrons des télécoms à Bruxelles pour leur demander comment négocier l’investissement continu dans le développement du très haut débit en Europe.

    http://www.numerama.com/magazine/24799-bruxelles-annonce-la-mort-d-un-internet-identique-pour-tous.html

     

  • Goldman Sachs défie la nouvelle réglementation en triplant ses profits

    Le résultat de la banque atteint 7,3 milliards de dollars. Moins nombreux, les salariés ont vu leur rémunération exploser.

    Goldman Sachs a plus que doublé son bénéfice en 2012. - DR

    Goldman Sachs a plus que doublé son bénéfice en 2012. – DR

    La réforme de Wall Street n’entame visiblement pas les profits des grandes banques américaines : comme JPMorgan, Goldman Sachs a largement dépassé les prévisions des analystes hier en annonçant un quasi-triplement de ses résultats entre 2011 et 2012 : il s’est établi à 2,9 milliards de dollars au quatrième trimestre et à 7,3 milliards sur l’ensemble de l’année. La banque est encore loin de renouer avec ses profits d’avant la crise, qui ont atteint jusqu’à 13 milliards en 2009. Mais sa performance impressionne d’autant plus que, contrairement aux banques de détail, elle ne peut pas compter sur le boom des prêts hypothécaires pour rebondir (« Les Echos » du 14 janvier) : elle n’est pratiquement pas présente sur ce marché-là. Son succès tient plutôt à la maîtrise de ses dépenses et à quelques bons coups dans la banque d’investissement.

    400.000 dollars de salaire

    Comme les autres banques américaines, elle a fait de gros efforts pour réduire ses effectifs. Elle a licencié 900 personnes l’an dernier (-3 %) et transféré une grosse partie de ses salariés dans des villes moins chères, à Salt Lake City notamment (« Les Echos » du 26 décembre). Aujourd’hui, les 30.000 salariés de la banque ne reçoivent plus que 38 % des profits accumulés par la banque, contre plus de 42 % un an avant. Ils ne sont toutefois pas à plaindre : moins nombreux, ils sont aussi mieux payés en moyenne. En 2012, ils ont touché un salaire moyen de 400.000 dollars, en hausse de 11 % sur un an ! D’après la presse américaine, les salariés de Goldman s’attendent à l’annonce de bonus très confortables aujourd’hui. La banque estime avoir aussi nettement réduit son exposition au risque : la perte maximum qu’elle pourrait enregistrer au cours d’un seul jour de négoce ne serait plus que de 76 millions de dollars, un point bas depuis sept ans.

    Toujours leader mondial dans les fusions-acquisitions, Goldman Sachs a réalisé de belles opérations en pilotant le rachat par Disney de l’entreprise Lucas film et en conseillant le géant de l’agroalimentaire Kraft. L’émission de titres a été également très porteuse. C’est Goldman Sachs, notamment, qui a piloté la vente par l’Etat de sa participation dans AIG. Ses gains dans le négoce, quant à eux, se sont faits en partie au détriment du groupe Knight Capital, qui a frôlé la faillite en août dernier. Goldman a racheté une grosse partie des actions détenues par l’entreprise, à des prix défiant toute concurrence. Sa participation dans la banque chinoise ICBC lui a également permis de dégager 334 millions de profits.

     

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202503177830-goldman-sachs-a-plus-que-double-son-benefice-en-2012-529164.php

  • Un oeil sur le lobby

  • Pouvoir aux lobbys bancaires ou au peuple francais?

    Le 19 décembre dernier, notre gouvernement a proposé à l’Assemblée Nationale une réforme bancaire à minima sans que cela ne fasse grand bruit sur TF1. Cette réforme est soutenue, soit dit en passant, par les banquiers francais. Le terme de minima ne m’appartient pas, il est repris par le milieu économique sur des sites boursiers qui ne sont pas particulièrement utopistes. Pour preuve ce débat proposé par Boursorama.com avec Catherine Lubochinsky du cercle des économistes.

    Dans le même temps, nous apprenons que le lobby bancaire a fait plier « les sages de Bâle » concernant les accords dits de Bâle 3. Si peu d’entre nous sont à même de bien comprendre de quoi il s’agit, une seule certitude me hante : la puissance mais surtout la désinvolture de nos banquiers devant une situation économico-financière particulièrement instable. La crise de 2008 et l’effondrement de Lehman Brothers semblent volontairement oubliés alors que les fondamentaux économiques restent plus que jamais dans le rouge.

    Mais le goût de la spéculation doit rendre aveugle les plus intelligents d’entre nous car aujourd’hui tout semble bon pour surtout ne rien changer au système spéculatif en place et pour laisser le grand casino de la finance internationale continuer à jouer avec notre modèle de société au risque de le voir s’effondrer du jour au lendemain sous le coup d’un nouveau trader fou.

    Pourtant, lorsque l’on discute avec les gens autour de nous, les banquiers ne semblent pas vraiment en odeur de sainteté. J’ai même l’impression que nous sommes de plus en plus nombreux et à nous dire que nos banquiers sont devenus des banksters et que le système de dépôt n’est là que pour leur permettre de cautionner la spéculation financière orchestrée par leurs robots traders. Nos chargés de clientèle ne sont pas les derniers à exprimer la difficulté de la relation client dans ces conditions de défiance ambiante. L’augmentation des frais bancaires début 2013 ne risque pas d’améliorer cette situation déjà bien tendue.

    Ne vous semble-t-il pas que ces sujets sont aujourd’hui la vraie préoccupation des francais ?

    Ne vous semble-t-il pas qu’il serait intéressant d’en débattre au plan national ?

    Pourquoi ne pas faire un référendum pour une réforme bancaire ambitieuse qui à défaut d’avoir l’accord du lobby des banquiers aurait le soutien du peuple francais ?

    Le dernier sondage de l’ifop réalisé pour la Fondation Jean Jaurès est assez clair sur ce point et montre le désenchantement des francais vis-à-vis de leurs banques.

    Il y a urgence à ce que nos médias s’intéressent enfin aux vrais sujets car si l’affaire Depardieu a pu en amuser certains, les décisions qui vont être prises dans les prochaines semaines dans le cadre de la réforme bancaire méritent un éclairage beaucoup plus important pour que nous n’ayons pas de regrets une fois que notre système bancaire nous aura entrainé dans l’abîme à force de spéculer.

    Si vous êtes comme moi déterminés à changer la donne maintenant, n’hésitez pas à visiter le site « Mon adversaire c’est la Finance » et agissez avec nous pour que la réforme bancaire de notre gouvernement ne s’appuie pas sur le soutien des banquiers mais sur celui des francais !

    Emmanuel Poilane

    http://www.huffingtonpost.fr/emmanuel-poilane/separations-des-banques_b_2445421.html

     

  • Comment Goldman Sachs joue avec la loi sur le « prop trading »

    Les banquiers peuvent bien battre leur coulpe, comme le patron de la branche d’investissement d’UBS, qui a reconnu avoir été trop « arrogant », ou comme la Banque d’Espagne, qui a admis des « carences » et des « imprécisions » dans son travail de supervision du secteur, business as usual, la régulation attendra.

    L’enquête de l’agence Bloomberg montre à quel point les grands noms savent contourner la loi quand il s’agit de reprendre les vieilles habitudes. Visé dans cette enquête, le plus grand, le plus prestigieux de ces noms, celui de la banque d’affaires Goldman Sachs.

    Il y a à peine six mois, son président, Lloyd Blankfein, jurait ses grands dieux que la banque avait cessé le trading pour compte propre. Devant plus de quatre cents personnes, à Washington, le responsable affirmait avoir « supprimé cette activité ».

    Une affirmation que contredit l’existence, relativement secrète, d’un fonds appelé MSI, pour Multi-Strategy Investing, un nom digne d’une banale gestion d’actifs. Sauf que le milliard de dollars qui y est géré vient de la banque d’affaires. D’après Bloomberg, MSI n’a pas de clients.

    Lire :  » Goldman Sachs, enquête sur une société secrète »

    LA BANQUE QUI PARIE CONTRE SES CLIENTS

    La loi générale de régulation bancaire Dodd-Frank (2010) comporte une partie destinée à interdire le trading pour compte propre (prop trading en anglais), c’est-à-dire la spéculation de la banque pour son propre profit, en raison du risque que ferait peser une éventuelle faillite sur l’ensemble du système.

    Cette règle a été baptisée du nom de Paul Volcker, l’ancien président de la Réserve fédérale, qui avait refusé à Goldman Sachs le droit d’être aidé par le contribuable dans la mesure où la banque se concentrait sur ses propres intérêts.

    C’est à peu près à cette époque qu’on avait découvert que la banque ne servait pas toujours au mieux l’intérêt de ses clients. Elle sera condamnée à verser 550 millions de dollars à la Securities and Exchange Commission (le « gendarme de la Bourse » américain) pour régler des accusations liées à un produit nommé Abacus en 2010 : la banque proposait des produits structurés (en l’occurrence, des « subprimes », ces titres adossés à des créances hypothécaires douteuses) à ses clients, produits sur lesquels elle-même se positionnait à la baisse. Concrètement, Goldman Sachs vendait ces titres, qu’elle savait être « pourris ». Ce faisant, elle pariait contre ses clients qui, eux, les achetaient.

    GESTION DE STYLE « HEDGE FUND »

    Si la règle Volcker met à l’index les investissements à court terme, elle n’a pas dans son viseur les spéculations à horizon plus long, plusieurs mois par exemple. Ce dont les banques profitent en déplaçant leur « prop trading » dans des succursales estampillées « long terme », et pas seulement Goldman Sachs. Cette dernière a établi comme seuil de court terme les investissements inférieurs à soixante jours.

    L’équipe, d’une dizaine de personnes, est dirigée par deux anciens camarades de Princeton, Daniel Oneglia et Geoff Adamson, et située dans le quartier général de la « pieuvre », à Manhattan. Selon une dizaine de témoignages recueillis par Bloomberg, le tandem aurait autant parié contre des entreprises à découvert, via la vente de titres empruntés, que raccourci la durée d’investissement. Une gestion proche de celle d’un « hedge fund » (fonds spéculatif), de l’aveu même de l’un de ses anciens employés.

    Lire : « Goldman Sachs, le trait d’union entre Mario Monti, Lucas Papadémos et Mario Draghi »

    Lors d’une conférence dans une université américaine en 2006, sponsorisée par Goldman Sachs, l’un des intervenants de la banque aurait d’ailleurs fait part de son intérêt pour des candidatures de financiers dont le pouls battrait au rythme du marché, friands de prise de risque et dédaigneux des projets de long terme. Signe d’une appétence toujours forte pour les paris qu’offre le marché immobilier américain, MSI a dirigé ses investissements vers une société de prêts hypothécaires (Ocwen).

    INTENSE LOBBYING ET MANSUÉTUDE DU LÉGISLATEUR

    Autre écueil pour les régulateurs, Goldman Sachs n’est pas tenue de publier les résultats de MSI ou ceux de sa branche mère, le « Special situations group ». Celui-ci, qui se sert des fonds propres de la banque pour racheter de petites et moyennes entreprises en difficulté, s’est révélé un centre de profit faramineux pour le groupe, selon les dires d’anciens dirigeants.

    Une difficulté d’autant plus grande que, parmi les anciens du MSI, on trouve de puissants gérants et d’influents dirigeants, comme David Miller, aujourd’hui à la tête du Troubled Asset Relief Program, qui a sauvé les banques américaines au début de la crise. Un de ceux qui a développé cette activité chez Goldman Sachs dans les années 1980, Robert Rubin, est devenu secrétaire au Trésor par la suite.

    La faiblesse actuelle de la règle Volcker témoigne en tous cas d’un lobbying intense du secteur bancaire. Alors que la rédaction finale de l’amendement devait être achevée en fin d’année dernière, ce délai a été repoussé à début 2013, tandis que les banques ont jusque 2014 pour se conformer à l’interdiction du « prop trading ».

    Mathilde Damgé