• La guerre contre la drogue n’est qu’une farce

    Matt Taibbi
    photo : Lanny Breuer, Ministère de la Justice US.

    Si vous avez déjà été arrêté pour une affaire de drogues, si vous avez déjà passé ne serait-ce qu’une nuit en prison pour la possession d’une dose de marijuana ou de « matériel destiné à la consommation de la drogue » dans votre sac de sport, le Ministre de la Justice et vieux copain de Bill Clinton, Lanny Breuer, a un message pour vous : allez vous faire foutre.

    Cette semaine Breuer a signé avec le géant bancaire HSBC un accord qui constitue l’insulte suprême à tous les gens ordinaires qui ont vu leurs vies basculer à la suite d’une affaire de drogue. Malgré que HSBC ait avoué le blanchiment de milliards de dollars des cartels de la drogue colombiens et mexicains (entre autres) et la violation de toute une série de lois importantes sur les pratiques bancaires, Breuer et le Ministère de la Justice US ont choisi de ne pas poursuivre la banque, optant pour la signature d’un accord historique de 1,9 milliards de dollars, ce qu’un commentateur a fait remarquer est l’équivalent de cinq semaines de chiffre d’affaires de la banque.

    Les transactions de blanchiment étaient menées si ouvertement qu’elles auraient probablement pu être repérées depuis l’espace. Breuer a admis que les trafiquants de drogue se présentaient dans les filiales mexicaines de HSBC et « déposaient des centaines de milliers de dollars en espèces, en une seule journée, sur un seul compte, en utilisant des boites fabriquées expressément pour passer par les trous dans les fenêtres des guichets ».

    Cela vaut la peine d’être répété : pour déposer efficacement autant d’argent sale que possible dans une banque « sérieuse » comme la HSBC, les trafiquants de drogues avaient expressément fait fabriquer des boites pour passer par les fenêtres des guichets. Même les hommes de Tony Montana (personnage du film Scarface, NdT) qui transportaient des sacs remplis de billets vers une « American City Bank » imaginaire à Miami étaient plus subtils que les cartels qui blanchissaient leur argent via une des institutions financières les plus respectées de Grande-Bretagne.

    Sans être explicite, le raisonnement du gouvernement US derrière l’abandon de poursuites contre la banque est apparemment basé sur le risque que l’emprisonnement pour trafic de drogue des dirigeants d’une « importante institution charnière » pourrait menacer la stabilité du système financier. Le New-York Times l’exprime ainsi :

    « les autorités fédérales et centrales ont choisi de ne pas inculper HSBC, une banque basée à Londres, pour une vaste opération de blanchiment qui durait depuis longtemps, par crainte que les inculpations ne déstabilisent la banque et, par conséquent, ne mettent en danger tout le système financier ».

    Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’un tel raisonnement est totalement faussé. Lorsqu’on prend la décision de ne pas poursuivre des banquiers pour des crimes qui se chiffrent en milliards de dollars et en relation avec le trafic de drogue et le terrorisme (certains des clients Saoudiens et Bengalis de HSBC ont des liens avec le terrorisme, selon une enquête du Sénat), ceci n’a pas pour effet de protéger le système bancaire mais tout le contraire. Elle terrifie tous les investisseurs et épargnants en donnant l’impression que même les banques les plus « réputées » peuvent en réalité être instrumentalisées par des dirigeants qui se mettent au service (on ne le répétera jamais assez) d’assassins et de terroristes. Plus choquant encore, la réaction du Ministère de la Justice en apprenant cette affaire a été de faire exactement la même chose que les cadres de HSBC faisaient avant de se faire prendre : accepter de l’argent en échange de son silence.

    Ils se sont non seulement vendus aux trafiquants de drogue, mais l’ont fait pour une somme modique. On va entendre l’administration Obama cette semaine se vanter comment elle a infligé une amende record à HSBC, mais ce sera une plaisanterie. Certaines amendes vont vous faire littéralement exploser de rire. Voici un extrait du communiqué de Breuer :

    « En conclusion de l’enquête gouvernement, HSBC a … « récupéré » en différent les primes de certains de ses plus hauts dirigeants américains des services juridiques et de lutte contre le blanchiment, et a accepté de différer partiellement les primes de ses plus hauts dirigeants pendant une période de cinq ans. »

    Wouaaah… Ainsi les dirigeants qui ont passé des décennies à blanchir des milliards de dollars verront leur primes partiellement différées pendant cinq ans ? Vous vous foutez de nos gueules ? C’est ça, la punition ? Les négociateurs du gouvernement n’ont pas pu faire preuve de fermeté et obliger les dirigeants de HSBC à abandonner totalement leurs primes imméritées ? Ils ont du négocier un paiement différé « partiel » ? Chaque procureur digne de ce titre aux Etats-Unis doit être en train de vomir ses tripes devant une telle négociation. Quelle était donc l’offre initiale du Ministère de la Justice – que les dirigeants limitent leurs vacances aux Caraïbes à neuf semaines par an ?

    On peut se poser la question, quelle est l’amende appropriée pour une banque telle que HSBC ? Quelle est la somme qu’il faut soutirer à une société qui a éhontément tiré profit de ses affaires avec des criminels pendant des dizaines d’années ? N’oublions pas que nous avons affaire à une société qui a avoué toute une série de délits bancaires graves. Le procureur les tient par les couilles. Alors, quelle est la somme qu’il faudrait leur infliger ?

    Pourquoi ne pas prendre tout ? Pourquoi ne pas saisir jusqu’au dernier centime gagné par la banque depuis le début de ses activités illégales ? Que diriez-vous de vous pencher sur chaque compte de chaque dirigeant concerné par cette affaire et confisquer toutes les primes qu’il a jamais gagnées ? Saisissez ensuite leurs maisons, leurs voitures, leurs tableaux achetés aux enchères chez Sotheby, leurs vêtements, toute la petite monnaie qui traîne, absolument tout. Prenez tout et n’y réfléchissez pas à deux fois. Ensuite, vous les jetterez en prison.

    Ca vous paraît sévère ? Le seul problème est que c’est exactement ce qui arrive aux gens ordinaires lorsqu’ils sont pris dans une affaire de drogue.

    Il serait intéressant, par exemple, de demander aux habitants de Tenaha, Texas, ce qu’ils pensent de l’accord passé avec la HSBC. C’est la ville où la police locale contrôlait régulièrement les automobilistes (en majorité noirs) et, lorsqu’ils trouvaient de l’argent, leur offrait l’alternative suivante : ils pouvaient soit laisser la police saisir leur argent, soit être accusés de blanchiment et de trafic de drogues.

    Nous pourrions poser la question à Anthony Smelley, de l’Indiana, qui a obtenu une indemnisation de 50.000 dollars pour un accident de la route et qui transportait environ 17.000 dollars de cette somme lorsqu’il a été arrêté. Les flics ont fouillé son véhicule et ont fait intervenir des chiens renifleurs : les chiens ont donné l’alerte à deux reprises. Aucune drogue n’a été trouvée, mais la police a quand même confisqué l’argent. Même après que Smelley ait présenté les documents pour prouver d’où venait l’argent, les officiels de Putnam County ont tenté de garder l’argent en arguant qu’il aurait pu utiliser cet argent pour acheter de la drogue dans le futur.

    Non, ce n’est pas une blague. Ca arrive tout le temps, et il arrive même que le propre Ministère de la Justice de Lanny Breuer soit de la partie. Pour la seule année de 2010, le Ministère public a déposé près de 1,8 milliards de dollars dans les comptes du gouvernement provenant de saisies, la plupart en relation avec le drogue. Voici les propres statistiques du Ministère :

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    Aux Etats-Unis, si vous êtes contrôlé en possession d’une somme d’argent et que le gouvernement pense qu’il peut s’agir d’argent de la drogue, l’argent sera saisi et servira dés le lendemain à acheter un tout nouveau véhicule de service au Shériff ou Chef de Police local.

    Et ça c’est uniquement la cerise sur la gâteau. Si vous êtes connecté d’une manière ou d’une autre avec la drogue, le véritable prix que vous aurez à payer est une amende outrageusement exorbitante. Ici à New York, un procès sur sept est une affaire de marijuana.

    L’autre jour, alors que Breuer annonçait sa petite remontrance contre les blanchisseurs d’argent de la drogue les plus prolifiques du monde, j’étais dans un tribunal à Brooklyn en train d’observer comment ils traitaient les gens. Un avocat de la défense a expliqué l’absurdité des arrestations pour drogue dans cette ville. En fait, à New York, les lois sur la drogue sont relativement tolérantes en ce qui concerne l’herbe – la police n’est pas censée vous arrêter en cas d’usage privé. Alors comment fait la police pour contourner le problème et procéder à 50.377 arrestations par an, uniquement dans cette ville ? (chiffres de 2010 ; en 2009, le nombre était de 46.492)

    « Ce qu’ils font, c’est qu’ils vous arrêtent dans la rue et vous demandent de vider vos poches » a expliqué l’avocat. « Au moment même où une pipe ou un brin d’herbe sort de votre poche… boom, ça se transforme en usage public. Et ils vous arrêtent. »

    Les personnes passent des nuits en prison, ou pire. A New-York, même s’ils vous relâchent après une courte peine pour un délit, vous devez payez 200$ et subir un prélèvement de votre ADN – qu’il faudra payer aussi (50$ de plus). Cela dit, il ne faut pas chercher bien longtemps pour trouver des affaires où des peines draconiennes, stupides, sont infligées pour des affaires de drogue non-violentes.

    Demandez à Cameron Douglas, le fils de Michael Douglas, qui s’est vu infliger une peine de 5 ans de prison pour simple possession. Ses geôliers l’ont maintenu en isolement 23 heures par jour pendant 11 mois et ont refusé les visites d’amis ou de proches. Le détenu typique pour une affaire de drogue non-violente n’est pas le fils blanc d’une célébrité, mais généralement un usager appartenant à une minorité et qui reçoit des peines bien plus lourdes que les gosses de riches pour les mêmes délits – on se souvient tous du controverse de crack-contre-cocaïne lorsque les instructions délivrées par les autorités fédérales et nationales faisaient que les usagers de crack (la plupart issus des minorités) se voyaient infliger de peines pouvant aller jusqu’à 100 fois celles infligées aux usagers de cocaïne, à majorité blanche.

    Une telle partialité institutionnelle constituait un scandale raciste, mais cet accord avec HSBC vient de tout balayer. En abandonnant des poursuites contre des blanchisseurs majeurs d’argent de drogue sous prétexte (prétexte totalement absurde, soi-dit en passant) que leur inculpation pourrait mettre en péril le système financier mondial, le gouvernement vient d’officialiser le deux-poids deux-mesures.

    A présent ils disent que si vous n’êtes pas un rouage important du système financier global, vous ne pourrez pas vous en tirer, pour quoi que ce soit, même une simple possession. Vous serez emprisonné et tout l’argent qu’ils trouveront sur vous sera confisqué sur le champ et servira à l’achat de nouveaux joujoux pour la GIGN locale qui sera déployée pour défoncer des portes des maisons où vivent d’autres économiquement insignifiants dans votre genre. En d’autres termes, si vous n’avez pas un job essentiel au système, le gouvernement considère que vos biens peuvent être confisqués et employés à financer l’appareil de votre répression.

    D’un autre côté, si vous êtes quelqu’un d’important, et que vous travaillez pour une grosse banque internationale, vous ne serez pas poursuivi même si vous blanchissez neuf milliards de dollars. Même si vous êtes activement complice avec des gens placés au sommet du trafic international de drogues, votre punition sera de loin plus légère que celle d’une personne placée tout en bas de la pyramide. Vous serez traité avec plus de respect et de compréhension qu’un junkie affalé sur les banquettes du métro à Manhattan (occuper deux sièges constitue un délit dans cette ville). Un trafiquant de drogue international est un criminel et généralement aussi un assassin ; un drogué qui marche dans la rue est une de ses victimes. Mais grâce à Breuer, nous sommes officiellement passés à une politique d’emprisonnement des victimes et de tolérance envers les criminels.

    Nous touchons le fond du fond. Cela n’a aucun sens. Il n’y a aucune raison qui justifierait que le Ministère de la justice n’arrête pas toutes les personnes chez HSBC impliquées dans le trafic, les inculpe pour crimes, et fasse appel aux organismes de contrôle pour assurer la continuité de l’activité de la banque pendant la période de transition. Il s’avère que la HSBC a du procéder au remplacement de pratiquement tous ses hauts dirigeants. Les coupables n’étaient donc apparemment pas si indispensables que ça à la bonne marche de l’économie mondiale.

    Il n’y a donc aucune raison pour ne pas les inculper. Le fait qu’ils ne le soient pas est un signe de lâcheté et de corruption pure et simple, et rien d’autre. En approuvant cet accord, Breuer a détruit toute l’autorité morale du gouvernement pour poursuivre quiconque dans une affaire quelconque de drogue. La plupart des gens savaient déjà que la guerre contre la drogue n’est qu’une farce. C’est désormais officiel.

    Matt Taibbi

    http://www.rollingstone.com/politics/blogs/taibblog/outrageo…

    Traduction « lorsqu’on disait bankster, on ne croyait pas si bien dire » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et lignes de coke habituelles.

  • La france vendait en 2011 pour 1 443 606 euros d’Agents chimiques à l’Arabie Saoudite et pour 421 000 euros à Bahreïn.

    La France, s’auto-proclame « patrie des Droits de l’Homme », les Etats-Unis qui se présentent comme le premier exportateur de Démocratie, notamment en Irak ou en Afghanistan. Ça laisse rêveur. Tous ces salauds de dictateurs ne survivront pas et leurs opposants, des démocrates, comme nous, triompheront, laissant enfin la justice et l’équité triompher. Nous sommes rassurés, nous sommes dans le camp des gentils, du « Bien ». Le « Mal » trépassera.

    survie-espece

    Ce serait tellement bien… Mais il n’en est rien.

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  • Faut-il en rire ou en pleurer ???

  • J’ai envie de vomir … mais joyeux noël quand même ….

  • Nouvelle fusillade aux Etats-Unis: 4 morts

    Quatre personnes ont été tuées et plusieurs policiers blessés dans une fusillade en Pennsylvanie vendredi, une semaine jour pour jour après la tuerie de l’école de Sandy Hook.

    Les tirs «provenaient d’une large zone» près de Geeseytown, dans une partie reculée de cet Etat de l’est des Etats-Unis, a précisé Diane Meling, porte-parole de l’agence de gestion des crises du comté de Blair.

    «Quatre personnes ont été tuées. Parmi les quatre victimes, figure le tueur présumé. Plusieurs policiers de Pennsylvanie ont également été blessés, pas grièvement à ce que je sache», a-t-elle ajouté.

    «La police de Pennsylvanie a neutralisé le tueur à Frankstown Township, dans le comté de Blair. Les habitants et les visiteurs ne sont donc plus menacés», a-t-elle affirmé.Cette fusillade intervient une semaine après la fusillade meurtrière de l’école de Sandy Hook à Newtown, dans le Connecticut (nord-est), qui a fait 26 victimes dont 20 enfants.

    Le tueur Adam Lanza, 20 ans, était armé d’un fusil d’assaut et a ensuite retourné l’arme contre lui.Cette tragédie a relancé le débat aux Etats-Unis sur la réglementation des armes à feu, dont la détention est autorisée par le deuxième amendement de la Constitution.

    Le président américain Barack Obama a appelé le Congrès à voter une loi interdisant notamment les fusils d’assaut. Mais le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), a estimé vendredi que la seule réponse aux fusillades était de placer un policier armé devant chaque école. (afp/Newsnet)

  • VIDÉO. La fusillade de Newtown tue 27 personnes

    Un jeune homme a ouvert le feu dans une école du Connecticut, faisant 26 morts, dont 20 enfants.

    Vingt-sept personnes dont vingt enfants ont été tuées vendredi matin dans une école primaire du Connecticut, dans le nord-est du pays, l’un des plus graves massacres jamais commis dans un établissement scolaire aux États-Unis, immédiatement devenu un drame national.

    Le président Barack Obama, très ému, essuyant une larme et peinant à parler, a dénoncé un crime « haineux », soulignant que les victimes de l’école de Sandy Hook à Newtown étaient « en majorité âgées de 5 à 10 ans ». Il a ordonné que les drapeaux soient mis en berne sur tous les édifices publics pendant quatre jours en hommage aux victimes. « Notre coeur est brisé », a-t-il dit, promettant des « mesures significatives », sans autres précisions, pour éviter ce genre de tragédie à l’avenir.

    REGARDEZ l’émotion et le questionnement aux États-Unis après la fusillade :

     

     

    Confusion sur l’identité du tueur

    Le bilan des morts est de « 20 enfants, 6 adultes, et le tueur » a déclaré Paul Vance, porte-parole de la police, lors d’une conférence de presse à Newtown, ville tranquille de 27 000 habitants au nord de New York. Il a expliqué que le drame avait eu lieu « dans un secteur de l’école, dans deux salles », précisant qu’en outre un autre adulte avait été tué à Newtown sur une autre scène de crime.

    La confusion régnait toutefois vendredi en fin d’après-midi sur l’identité du tireur, identifié dans un premier temps par les médias américains comme étant Ryan Lanza, 24 ans. Mais ce dernier serait en réalité le frère du tueur mort dans l’établissement, Adam, 20 ans, toujours selon les médias américains. La police refusait en fin d’après-midi de confirmer ou d’infirmer ces informations.

    Toujours selon les médias américains, la mère du tireur était enseignante dans l’école de Sandy Hook et figure parmi les victimes du massacre, comme nombre de ses élèves. La police aurait arrêté sur place un autre homme, qui a quitté les lieux menotté, selon des témoins. « Notre principal objectif était d’évacuer aussi rapidement et aussi efficacement que possible tous les élèves et le personnel de l’établissement. L’école entière a été fouillée. Tout a été fait », a ajouté Paul Vance.

    « Complètement irréel »

    Selon des témoignages de parents et du personnel de l’école, une centaine de coups de feu auraient été tirés avec deux armes, et la directrice de l’école, Dawn Hochsprung, fait partie des victimes. Un petit élève d’environ 8 ans a expliqué sur CNN qu’avec ses camarades ils avaient entendu des cris dans la matinée. « On nous a dit : Trouvez un endroit sûr, et on s’est cachés dans les placards du gymnase », a-t-il expliqué. « Puis la police a dit : On est en train d’évacuer, vite, vite. Nous avons alors couru jusqu’à la caserne de pompiers… Et nous sommes contents d’être vivants », a ajouté le petit garçon.

    Newtown était complètement sous le choc vendredi, beaucoup de ses habitants se demandant comment un tel drame était possible dans leur petite ville tranquille, à quelques jours de Noël. « C’est choquant, j’ai reçu un coup de fil au travail ce matin et je ne peux pas croire que ce genre de chose arrive dans une petite ville comme la nôtre, en plus dans une école primaire », a commenté le père d’une petite élève prénommée Alexis. « Ça semble complètement irréel. C’est le genre de chose qu’on lit dans les journaux, qu’on entend dans les journaux. Mais que ça arrive si près de chez vous… Je suis encore sous le choc », a commenté son épouse. Des centaines de parents, tremblants d’angoisse, se sont précipités à l’école, cherchant à savoir si leur enfant était sain et sauf.

    « Pas le jour » pour parler de politique

    Des photos ont montré des petits élèves en file indienne, certains en larmes, au moment de leur évacuation par la police. « On avait fait venir des ambulances, mais certaines n’ont servi à rien », commentait une femme en pleurs. Dix-huit enfants sont morts sur place, et deux autres plus tard l’hôpital, selon la police. Parents et enfants étaient réunis dans l’après-midi à la caserne de pompiers, beaucoup priant ensemble.

    Cette fusillade survient après plusieurs autres qui ont défrayé la chronique ces derniers mois, dont celle survenue en juillet dans un cinéma du Colorado, où 12 personnes ont été tuées lors de la première du nouveau film de Batman. Quelques semaines après la tuerie survenue dans un cinéma du Colorado, un ancien soldat avait tué 6 personnes dans un temple sikh d’Oak Creek, dans le Wisconsin, avant de se donner la mort. La fusillade de Newtown est également une des plus graves ayant jamais touché un établissement scolaire. À Columbine, en avril 1999, deux adolescents avaient ouvert le feu dans leur lycée, tuant douze élèves et un enseignant avant de se suicider. En avril 2007, un étudiant de 23 ans avait tué 32 personnes avant de se donner la mort sur le campus de Virginia Tech.

    Interrogé lors de son point de presse quotidien sur les conséquences de cette énième fusillade vis-à-vis de la réglementation sur les armes, le porte-parole de la Maison-Blanche a estimé que ce n’était « pas le jour » pour parler de politique. En fin de journée vendredi, une cinquantaine de personnes manifestaient devant la Maison-Blanche pour réclamer à Barack Obama une réglementation plus sévère sur la circulation des armes à feu aux États-Unis. Les armes à feu ont tué 31 000 personnes aux États-Unis en 2009, dernière année pour laquelle des chiffres officiels sont disponibles. Parmi ces morts, plus de 18 000 sont des suicides.

     

     

  • Il faut pouvoir refuser le travail dégradant, pénible, ennuyeux ou inutile

  • Le gouvernement est en train de mettre en place la surveillance d’Internet en France

  • Des enfants enrôlés par les rebelles syriens ?

    Quand on sais que Hollande renforce son soutien à l’opposition syrienne …

    L'engagement des recrues ne prendrait pas en compte le critère de l'âge.

    Âgés de 14 à 17 ans, des adolescents syriens seraient envoyés au combat par l’Armée syrienne libre, selon le dernier rapport de Human Rights Watch. Des recrutements qui, s’ils étaient avérés, constituent un crime de guerre.

    «J’avais une kalachnikov… J’ouvrais le feu sur aux postes de contrôle… pour les capturer et leur prendre leurs armes.» Originaire de Homs, Majid, 16 ans, est un enfant soldat. Interrogé avec quatre autres adolescents syriens par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW), il affirme avoir participé aux combats contre l’armée de Bachar el-Assad.

    Recrutés par l’Armée syrienne libre (ASL) pour effectuer des missions diverses comme de la reconnaissance ou du transport de matériel militaire, certains adolescents auraient également mené l’assaut armes à la main. «Nous aidions l’ASL en leur apportant des approvisionnements de Turquie, des armes. Nous apportions des balles et des kalachnikovs. Tous les enfants les aidaient de cette manière. Nous étions dix au total, entre 14 et 18 ans. Je connais les soldats de l’ASL, c’est eux qui m’ont demandé de les aider comme ça. C’est ce que j’ai fait pendant quatre ou cinq mois», témoigne Raed, 14 ans. En juin dernier, lors d’une mission à la frontière turque, le garçon a été touché par un tir de l’armée gouvernementale. «La balle a touché les nerfs, affirme-t-il. Je sens ma jambe, mais je ne peux pas la bouger. J’ai déjà subi quatre interventions chirurgicales, et il m’en reste encore trois… Je ne sais pas si je remarcherai un jour.»

    L’engagement des recrues ne prend pas en compte le critère de l’âge mais privilégie les compétences individuelles. «Les tâches qui te sont attribuées dépendent de toi, explique Majid. Si tu es courageux, ils t’envoient combattre aux postes de contrôle. Ils nous ont appris à tirer, à démonter une arme et à la remonter, à viser une cible.» Après avoir passé plusieurs mois à se battre, il a finalement été écarté de sa brigade. D’après le Centre de documentation des violations en Syrie, une ONG syrienne qui recense les morts et les détenus, sans précision de repère de date, au moins 17 enfants seraient morts au combat, .

    Un crime de guerre

    D’après HRW, les garçons interrogés sont «issus de segments particulièrement vulnérables de la population syrienne». Certains ne savent pas lire et n’étaient pas scolarisés au moment de leur enrôlement. Parmi ces mineurs, quelques-uns ont déclaré s’être enrôlés de plein gré dans des brigades combattantes. Mais «même dans le cas où les enfants se portent volontaires pour combattre, il en va de la responsabilité des commandants de les protéger en refusant leur adhésion, déclare Priyanka Motaparthy, de la division Droits de l’enfant à HRW.

    Selon le droit international, l’enrôlement de mineurs par des groupes armés est considéré comme un crime de guerre. De fait, le statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) interdit «de procéder à la conscription ou à l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans les forces armées nationales ou de les faire participer activement à des hostilités». En 2003, la Syrie avait adhéré au protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, qui condamne l’engagement dans un conflit de personnes de moins de 18 ans, rapporte HRW.

    En août, une commission de l‘ONU avait déjà alerté sur ce phénomène d’enfants soldats. Dans un rapport, elle assurait avoir rassemblé des preuves du non-respect d’un engagement pris par Riyad al-Asaad, chef de l’ASL, de ne pas utiliser des enfants à des fins militaires.

    Source : http://www.lefigaro.fr/international/2012/11/30/01003-20121130ARTFIG00585-des-enfants-seraient-enroles-par-les-rebelles-syriens.php

  • Le code du travail dans le collimateur du gouvernement Ayrault

    Avent de lire cet article , je tenais à rappeler une vidéo publié sur ce site avant les élections :  http://commentbienvoter.com/fancois-hollande-a-menti-la-fin-du-cdi/

     

     

    Fort de ses récentes victoires, le Medef aborde les négociations..

     

     

     

     

    … portant sur la réforme du marché du travail l’arme au poing. Pas une arme légère, mais bel et bien une arme lourde, la plus lourde qui soit en vérité. Car les éléments qu’il a posé pour base de la discussion consistent, ni plus ni moins, à démanteler le code du travail et, en particulier, les dispositifs qui visent à protéger le salarié.

    Une seule règle, l’absence de règles. Tel est le principe général que le Medef entend imposer.

     

    Ainsi, le Medef exige que :

     

    travail

     

     

     

    le CDI pour mission se généralise. Alors qu’un dispositif légal existe déjà lorsque l’entreprise a besoin de renforcer ses effectifs momentanément : le CDD. Mais l’usage du CDD suppose le versement d’une prime de précarité et qu’il limite logiquement dans le temps la notion de durée d’une mission temporaire. Avec le CDI de mission, la précarité épouse une durée indéterminée. Dans le même temps, le versement de la prime de précarité perd toute sa raison d’être.

    Le CDI intermittent se développe. Ce qui permettrait à l’entreprise de ne pas licencier et donc de ne pas verser d’indemnités en cas de sous activité. Durant la période “d’inactivité contrainte”, le salarié percevrait une indemnité chômage, à l’image des intermittents du spectacle.

    Le salaire ou le temps de travail deviennent “modulables, c’est à dire que l’entreprise peut réduire à sa guise la rémunération de ses salariés à la simple évocation par elle seule d’une difficulté économique. En cas de refus, le licenciement pour un autre motif qu’économique s’enclenche, dispensant ainsi l’employeur d’engager un Plan de Sauvegarde de l’Emploi. Dans les faits, cela reviendrait à faire disparaitre de notre droit du travail la notion de plan social qui oblige l’entreprise, en cas de licenciement économique, à mettre en oeuvre un accompagnement qualitatif et financier au reclassement du salarié licencié.

    Le refus d’une offre d’emploi dite “valable”, durant une procédure de licenciement économique, est l’occasion de déchoir le salarié de l’essentiel de ses droits. Dans ce cas, le salarié verrait ses indemnités chômages réduites, ne pourrait pas contester juridiquement son licenciement. S’il accepte l’offre, il perd néanmoins sa capacité de recours auprès de toutes les juridictions, hormis le tribunal administratif. Dans la législation actuelle, une offre de reclassement est considérée “valable” dès lors que l’emploi proposé se situe dans la zone d’activité de l’entreprise. C’est pourquoi une proposition de reclassement en Roumanie, au Maroc ou ailleurs est légale dès lors qu’une entreprise y possède une filiale par exemple. Le refus d’une telle offre était, jusque là, considéré comme légitime. Demain, ce refus deviendra hors la loi.

    Le délais de prescription pour saisir les prud’hommes passe de 5 à 1 an et le montant des indemnités à verser à un salarié injustement licencié connaitra un plafond alors qu’à ce jour il est laissé à la libre appréciation des conseillers prud’homaux.

    L’indemnisation chômage redeviendrait dégressive, plongeant encore plus vite les salariés licenciés, désormais sans contraintes pour les entreprises, dans la précarité encore plus rapidement.

    Enréalité, ce qui se joue dans cette négociation n’est, ni plus ni moins, que le triomphe de la politique économique de l’offre. Car selon ce principe économique, l’agent à soutenir en priorité n’est pas le ménage, ce que la politique de la demande, traditionnelle à gauche, préconise, mais l’entreprise qu’il faut “libérer” des contraintes. Dès lors, on la dispense de cotisations sociales, on “allège ses charges”, on “flexibilise” le marché du travail histoire de rendre l’entreprise plus compétitive. On comprend mieux pourquoi le patronat revendique sans arrêt des chocs de compétitivité qui ne sont rien d’autre que des assauts libéraux. L’objectif affiché est la lutte contre le chômage. L’objectif réel l’accroissement des profits. Car depuis ces 10 dernières années, en France comme en Europe, la politique de l’offre est poussée à l’extrême, avec ses corolaires inéluctables, le chômage de masse, une situation sociale qui se durcit, des riches encore plus riches.

     

    Hollande

     

     

    François Hollande et son gouvernement, en réalisant leur révolution copernicienne, qui n’est rien d’autre que l’achèvement d’une mue, qui conduit aujourd’hui les dirigeants socialistes à épouser la thèse libérale de la politique de l’offre, autorisent le Medef à engager contre les salariés une guerre sans précédent. Dès lors, on comprend pourquoi, depuis le début de son mandat, le président de la république, qui mérite plus que jamais son appellation de libéral, ne voulait pas entendre parler d’une loi d’amnistie en faveur de ces syndicalistes victimes de poursuites patronales. Ainsi, ce que nous pensions être, A gauche pour de vrai !une capitulation du gouvernement Ayrault face au Medef après l’annonce de la mise en place d’une TVA antisociale, était, en vérité, une étape de plus vers une libéralisation à grande échelle de l’économie française volontairement souhaitée par François Hollande et ses lieutenants.

     

    Hollande et son gouvernement instaurent alors un rapport de force favorable au patronat et ce n’est pas étonnant. L’affirmation, à plusieurs reprises, du président hautement libéral dans la politique qu’il poursuit, de vouloir inscrire la politique économique du pays dans une continuité avec le précédent chef de l’état, explique parfaitement et dans l’ordre la non augmentation du SMIC, le refus d’appliquer une loi contre les licenciements boursiers pourtant prêtes, le TSCG, la règle d’or, la TVA antisociale et, n’en doutons pas, le futur démantèlement du droit du travail au profit d’une libéralisation meurtrière pour les classes ouvrières et populaires aujourd’hui, les classes moyennes et les cadres dans un très proche avenir. Pour ceux qui en doute encore, et ils sont nombreux, en particulier dans les rangs des militants socialistes, il leur suffit de regarder comment la TVA antisociale a été décidé. Durant un mois le porte parole du PS fait campagne contre, le premier ministre fait campagne contre. Puis, un lundi, le rapport Gallois sort. Et le lendemain il est repris dans sa totalité. Ils ne prennent même plus soin de prendre des gants.

     

    Dans les faits, le parti socialiste que l’on connaissait est mort. Car la majorité de ses chefs n’est plus socialiste, à commencer par le premier d’entre eux : le président de la république. Laurence Parisot a été l’une des premières à le comprendre. Déjà, lors des universités d’été de son groupuscule, les ministres ont fait la queue pour y participer. Puis les gages se sont multipliés, comme du côté de PSA où la fermeture était inacceptable, puis acceptée mais à la condition de mener sur le site une politique d’industrialisation, pour accepter finalement une simple revitalisation du site, revitalisation qui n’est rien d’autre que le minimum auquel le code du travail oblige. Comme, également, cet incroyable recul devant l’apparent roucoulement de rapaces déchaînés.

     

    Il appartient à chacun de prendre désormais ses responsabilités. Car une guerre est déclarée contre les salariés. Elle sera sans concession, d’autant que l’allié du patronat est un gouvernement élu finalement sur un mal entendu dévastateur. La gauche socialiste serait parvenue aux responsabilités car elle serait devenue responsable. La contestation n’en deviendrait, dès lors, que stérile et illégitime car irresponsable. Une telle rhétorique, hautement au service de l’acceptation d’une situation inacceptable, est utilisée sans arrêt contre la seule gauche socialiste, écologique et républicaine, le Front de Gauche, dans le seul but de le décrédibiliser et le rendre inaudible. Ainsi vote-t-il au Sénat contre la loi de programmation budgétaire comme la droite. Ainsi comme la droite il s’oppose inutilement. Le gouvernement, dans son orientation politique, économique et social, mais également dans sa tentative de marginalisation de la vraie gauche n’est plus le complice tacite du patronat, mais bel et bien son allié objectif. Continuer à le soutenir, quand on se dit de gauche, est-ce vraiment responsable dans cette guerre qui se prépare ?

    source ; Sydne93