• Le nouveau plan d’austérité devant le parlement

    Le plan de rigueur serait adopté de justesse mercredi
    Vote sur le budget 2013 peut-être dimanche
    Les syndicats protesteront
    Chute de la popularité du gouvernement

    grèce manif mai2011

    ATHÈNES, 5 novembre (Reuters) – Le gouvernement grec a soumis ce lundi au Parlement son nouveau plan d’austérité de 13,5 milliards d’euros, un ensemble de mesures de baisse des dépenses, de hausse des impôts et d’assouplissements du marché du travail qui met à l’épreuve la coalition au pouvoir et suscite la colère d’une partie de la population.

    L’adoption de ce plan d’austérité, porté par le Premier ministre, Antonis Samaras, et celle du budget 2013 sont cruciales pour la Grèce afin de débloquer une tranche d’aide de 31,5 milliards provenant du plan de sauvetage accordé en mai par le Fonds monétaire international et l’Union européenne.

    En dépit du mécontentement populaire, le plan d’austérité devrait être adopté mercredi à une courte majorité. Juste après le plan d’austérité, les députés examineront le projet de budget 2013, sur lequel ils pourraient se prononcer dimanche.

    « Ce seront les dernières coupes dans les salaires et les retraites », a promis Antonis Samaras dans un discours prononcé au Parlement.

    « Nous avons promis d’éviter au pays de devoir sortir de l’euro et c’est ce que nous sommes en train de faire. Nous avons donnée une priorité à cet objectif parce que si nous ne parvenons pas à faire cela, tout le reste sera sans intérêt. »

    Faute d’une nouvelle tranche d’aide, la Grèce ne sera pas en mesure d’honorer une échéance de 5 milliards d’euros d’emprunts arrivant à maturité le 16 novembre.

    L’essentiel de la tranche attendue devra permettre de recapitaliser le secteur banccaire grec et de relancer le crédit, une étape présentée comme indispensable au redémarrage de l’économie.

    GREVE

    Les puissants syndicats du public et du privé appellent à une grève générale de 48 heures à partir de mardi matin pour protester contre ces réformes et ils prévoient une grande manifestation dans les rue d’Athènes.

    Des arrêts de travail sont notamment prévus dans la presse, la santé, les transports publics et la distribution.

    Les syndicats estiment que les mesures prévues ne feront qu’aggraver une récession qui a amputé de 20% le produit intérieur brut (PIB) du pays depuis le début de la crise et porté le taux de chômage à 25%.

    L’austérité a déjà coûté cher aux partis au pouvoir dans l’opinion: selon un sondage PULSE publié vendredi, la cote de popularité de Nouvelle Démocratie dans l’opinion est tombé à 22%, contre 30% lors des élections de juin dernier, celle du Parti socialiste (Pasok), son principal partenaire, à 7% contre 12,3%.

    La Gauche démocratique, le plus petit des trois membres de la coalition, a quant à elle promis de s’opposer à la baisse des salaires et des pensions de retraite ainsi qu’à la suppression de l’indexation des rémunérations sur les prix.

    L’un des députés du Pasok a démissionné la semaine dernière en signe de protestation contre les nouvelles mesures d’austérité et cinq autres ont annoncé qu’ils ne voteraient pas le plan.

    Mais même sans ces défections, Nouvelle Démocratie peut espérer réunir une majorité de 154 voix sur 300 lors du vote qui devrait avoir lieu mercredi.

    « Nous n’allons pas reculer maintenant, alors que nous en somme à la dernière étape », a déclaré dimanche le chef de file du Pasok, Evangelos Venizelos.

    La « troïka » composée du FMI, de l’UE et de la Banque centrale européenne a accordé un délai supplémentaire à la Grèce pour dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 4,5%.

    Cela devrait donner une bouffée d’oxygène à l’économie grecque, mais le gouvernement a annoncé mercredi que la récession devrait être plus marquée en 2013 qu’initialement prévu et que la dette devrait culminer à 192% du PIB en 2014, soit 10 points de plus qu’attendu jusqu’alors.

    Cela a nourri les spéculations sur l’éventualité d’un nouveau plan de restructuration de la dette grecque, ce qui est un point de discorde entre le FMI et l’Allemagne, premier créancier européen du pays. (avecn Renee Maltezou, Constance De Cambiaire pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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