• Dennis Meadows : « Nous n’avons pas mis fin à la croissance, la nature va s’en charger »

    En 1972, dans un rapport commandé par le Club de Rome, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) publient un rapport intitulé « Les limites de la croissance ». Leur idée est simple : la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées est impossible. Aussi, si les hommes ne mettent pas fin à leur quête de croissance eux-mêmes, la nature le fera-t-elle pour eux, sans prendre de gants.

    En 2004, le texte est, pour la deuxième fois, remis à jour. Sa version française vient – enfin – d’être publiée aux éditions Rue de l’échiquier. En visite à Paris pour présenter l’ouvrage, Dennis Meadows, l’un des auteurs principaux, revient sur la pertinence de projections vieilles de quarante ans et commente la crise de la zone euro, la raréfaction des ressources et le changement climatique, premiers symptômes, selon lui, d’un effondrement du système.

    Terra eco : Vous avez écrit votre premier livre en 1972. Aujourd’hui la troisième édition – parue en 2004 – vient d’être traduite en français. Pourquoi, selon vous, votre livre est encore d’actualité ?

    Dennis Meadows : A l’époque, on disait qu’on avait encore devant nous quarante ans de croissance globale. C’est ce que montrait notre scénario. Nous disions aussi que si nous ne changions rien, le système allait s’effondrer. Pourtant, dans les années 1970, la plupart des gens estimait que la croissance ne s’arrêterait jamais.

    C’est aujourd’hui que nous entrons dans cette période d’arrêt de la croissance. Tous les signes le montrent. Le changement climatique, la dislocation de la zone euro, la pénurie d’essence, les problèmes alimentaires sont les symptômes d’un système qui s’arrête. C’est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas de problèmes mais bien de symptômes. Si vous avez un cancer, vous pouvez avoir mal à la tête ou de la fièvre mais vous ne vous imaginez pas que si vous prenez de l’aspirine pour éliminer la fièvre, le cancer disparaîtra. Les gens traitent ces questions comme s’il s’agissait de problèmes qu’il suffit de résoudre pour que tout aille bien. Mais en réalité, si vous résolvez le problème à un endroit, la pression va se déplacer ailleurs. Et le changement ne passera pas par la technologie mais par des modifications sociales et culturelles.

    Comment amorcer ce changement ?

    Il faut changer notre manière de mesurer les valeurs. Il faut par exemple distinguer la croissance physique et de la croissance non physique, c’est-à-dire la croissance quantitative et la croissance qualitative. Quand vous avez un enfant, vous vous réjouissez, au départ, qu’il grandisse et se développe physiquement. Mais si à l’âge de 18 ou 20 ans il continuait à grandir, vous vous inquiéteriez et vous le cacheriez. Quand sa croissance physique est terminée, vous voulez en fait de la croissance qualitative. Vous voulez qu’il se développe intellectuellement, culturellement.

    Malheureusement, les hommes politiques n’agissent pas comme s’ils comprenaient la différence entre croissance quantitative et qualitative, celle qui passerait par l’amélioration du système éducatif, la création de meilleurs médias, de clubs pour que les gens se rencontrent… Ils poussent automatiquement le bouton de la croissance quantitative. C’est pourtant un mythe de croire que celle-ci va résoudre le problème de la zone euro, de la pauvreté, de l’environnement… La croissance physique ne fait aucune de ces choses-là.

    Pourquoi les hommes politiques s’entêtent-ils dans cette voie ?

    Vous buvez du café ? Et pourtant vous savez que ce n’est pas bon pour vous. Mais vous persistez parce que vous avez une addiction au café. Les politiques sont accros à la croissance. L’addiction, c’est faire quelque chose de dommageable mais qui fait apparaître les choses sous un jour meilleur à courte échéance. La croissance, les pesticides, les énergies fossiles, l’énergie bon marché, nous sommes accros à tout cela. Pourtant, nous savons que c’est mauvais, et la plupart des hommes politiques aussi.

    Ils continuent néanmoins à dire que la croissance va résoudre la crise. Vous pensez qu’ils ne croient pas en ce qu’ils disent ?

    Prenons l’exemple des actions en Bourse. Auparavant, on achetait des parts dans une compagnie parce qu’on pensait que c’était une bonne entreprise, qu’elle allait grandir et faire du profit. Maintenant, on le fait parce qu’on pense que d’autres personnes vont le penser et qu’on pourra revendre plus tard ces actions et faire une plus-value. Je pense que les politiciens sont un peu comme ça. Ils ne pensent pas vraiment que cette chose appelée croissance va résoudre le problème mais ils croient que le reste des gens le pensent. Les Japonais ont un dicton qui dit : « Si votre seul outil est un marteau, tout ressemble à un clou. »Si vous allez voir un chirurgien avec un problème, il va vous répondre « chirurgie », un psychiatre « psychanalyse », un économiste « croissance ». Ce sont les seuls outils dont ils disposent. Les gens veulent être utiles, ils ont un outil, ils imaginent donc que leur outil est utile.

    Pensez-vous que pour changer ce genre de comportements, utiliser de nouveaux indicateurs de développement est une bonne manière de procéder ?

    Oui, ça pourrait être utile. Mais est-ce ça qui résoudra le problème ? Non.

    Mais qu’est-ce qui résoudra le problème alors ?

    Rien. La plupart des problèmes, nous ne les résolvons pas. Nous n’avons pas résolu le problème des guerres, nous n’avons pas résolu le problème de la démographie. En revanche, le problème se résoudra de lui-même parce que vous ne pouvez pas avoir une croissance physique infinie sur une planète finie. Donc la croissance va s’arrêter. Les crises et les catastrophes sont des moyens pour la nature de stopper la croissance. Nous aurions pu l’arrêter avant, nous ne l’avons pas fait donc la nature va s’en charger. Le changement climatique est un bon moyen de stopper la croissance. La rareté des ressources est un autre bon moyen. La pénurie de nourriture aussi. Quand je dis « bon », je ne veux pas dire bon éthiquement ou moralement mais efficace. Ça marchera.

    Mais y-a-t-il une place pour l’action ? La nature va-t-elle corriger les choses de toute façon ?

    En 1972, nous étions en dessous de la capacité maximum de la Terre à supporter nos activités, à 85% environ. Aujourd’hui, nous sommes à 150%. Quand vous êtes en dessous du seuil critique, c’est une chose de stopper les choses. Quand vous êtes au-delà, c’en est une autre de revenir en arrière. Donc oui, la nature va corriger les choses. Malgré tout, à chaque moment, vous pouvez rendre les choses meilleures qu’elles n’auraient été autrement. Nous n’avons plus la possibilité d’éviter le changement climatique mais nous pouvons l’atténuer en agissant maintenant. En réduisant les émissions de CO2, l’utilisation d’énergie fossile dans le secteur agricole, en créant des voitures plus efficientes… Ces choses ne résoudront pas le problème mais il y a de gros et de petits effondrements. Je préfère les petits.

    Vous parlez souvent de « résilience ». De quoi s’agit-il exactement ?

    La résilience est un moyen de construire le système pour que, lorsque les chocs arrivent, vous puissiez continuer à fonctionner, vous ne vous effondriez pas complètement. J’ai déjà pensé à six manières d’améliorer la résilience. La première est de construire « des tampons ». Par exemple, vous faites un stock de nourriture dans votre cave : du riz, du lait en poudre, des bocaux de beurre de cacahuète… En cas de pénurie de nourriture, vous pouvez tenir plusieurs semaines. A l’échelle d’un pays, c’est par exemple l’Autriche qui construit de plus gros réservoirs au cas où la Russie fermerait l’approvisionnement en gaz. Deuxième chose : l’efficacité. Vous obtenez plus avec moins d’énergie, c’est ce qui se passe avec une voiture hybride par exemple… ou bien vous choisissez de discuter dans un café avec des amis plutôt que de faire une balade en voiture. En terme de quantité de bonheur par gallon d’essence dépensé, c’est plus efficace. Troisième chose : ériger des barrières pour protéger des chocs. Ce sont les digues à Fukushima par exemple. Quatrième outil : le « réseautage » qui vous rend moins dépendant des marchés. Au lieu d’employer une baby-sitter, vous demandez à votre voisin de garder vos enfants et en échange vous vous occupez de sa plomberie. Il y a aussi la surveillance qui permet d’avoir une meilleure information sur ce qu’il se passe. Enfin, la redondance qui consiste à élaborer deux systèmes pour remplir la même fonction, pour être prêt le jour où l’un des deux systèmes aura une faille. Ces six méthodes accroissent la résilience. Mais la résilience coûte de l’argent et ne donne pas de résultats immédiats. C’est pour cela que nous ne le faisons pas.

    Si l’on en croit un schéma de votre livre, nous sommes presque arrivés au point d’effondrement. Et nous entrons aujourd’hui, selon vous, dans une période très périlleuse…

    Je pense que nous allons voir plus de changement dans les vingt ans à venir que dans les cent dernières années. Il y aura des changements sociaux, économiques et politiques. Soyons clairs, la démocratie en Europe est menacée. Le chaos de la zone euro a le potentiel de mettre au pouvoir des régimes autoritaires.

    Pourquoi ?

    L’humanité obéit à une loi fondamentale : si les gens doivent choisir entre l’ordre et la liberté, ils choisissent l’ordre. C’est un fait qui n’arrête pas de se répéter dans l’histoire. L’Europe entre dans une période de désordre qui va mécontenter certaines personnes. Et vous allez avoir des gens qui vont vous dire : « Je peux garantir l’ordre, si vous me donnez le pouvoir. » L’extrémisme est une solution de court terme aux problèmes. Un des grands présidents des Etats-Unis a dit : « Le prix de la liberté est la vigilance éternelle. » Si on ne fait pas attention, si on prend la liberté pour acquise, on la perd.

     

    Source : http://www.terraeco.net/Dennis-Meadows-Nous-n-avons-pas,44114

  • L’obsolescence programmée (Doc ARTE)

  • Le virus Stuxnet est bien co-création mise au point par les États-Unis et Israël.

    Donc, voilà, c’est confirmé ! Le virus Stuxnet est bien co-création diabolique mise au point par les États-Unis et Israël. Ce n’est pas moi qui le dit mais une longue enquête en profondeur du New York Times. Le code de Stuxnet était supposé au départ n’infecter que les installations iraniennes afin de contrer les ambitions nucléaires du pays, mais bizarrement, la bestiole a échappé à ses créateurs.

    Le projet Stuxnet, lancé sous la présidence de George W. Bush avait l’avantage de permettre au gouvernement américain d’atteindre le cœur du réseau gouvernemental iranien situé à Natanz, non accessible depuis l’extérieur…Implanté sur place par un agent double (en tout cas, c’est l’hypothèse la plus probable), le virus s’est évidemment échappé vers le réseau public grâce au « facteur humain » qui trimballe toujours tout un tas de trucs sur clé USB… Ainsi, le virus a pu être transporté à l’insu des Iraniens, du réseau de Natanz vers le réseau Internet grand public.

    Oups !

    Selon les américains, Stuxnet n’aurait jamais dû pouvoir se propager à l’extérieur, mais toujours d’après eux, les Israéliens ont fait des modifs dans Stuxnet à leur insu, rendant la propagation possible…

    C’est quand même con.. Mais c’est ce qui arrive avec les armes. Car oui, Stuxnet est une arme dont les Américains et les israéliens ont perdu le contrôle et qui s’est retournée contre toutes les nations du monde entier. Heureusement, les dégâts sont restés « techniques » et aucune vie humaine n’a subi de conséquences directes à cause de Stuxnet mais si ce dernier avait pour but par exemple de déclencher l’explosion de centrales nucléaires ou de missiles directement dans leurs silos ou de faire s’écraser des satellites, voir des avions, je pense que nous aurions tous beaucoup moins rigolé.

    Bref, les États-Unis nous ont donné un parfait exemple ici que maintenant la guerre c’est dans le cyber-espace, même en temps de « paix » et que malheureusement, mal maitrisées, ces technologies peuvent vite foutre un bordel mondial.

    Que se passera-t-il à la prochaine boulette ? Sachant que les États-Unis ont déclaré que tout acte de guerre déclenchée dans le cyber-espace pourrait avoir une réponse militaire dans le monde réel, on se demande ce que ça aurait donné si Stuxnet avait été un produit Iranien, Chinois, Russe, voire même Européen…

    Brrrr….

    Reste à savoir maintenant qui est le papa de Flame… 🙂

     

    Source : http://korben.info/quand-les-enfants-jouent-avec-des-armes-quils-ne-maitrisent-pas.html

  • Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience

     


    Monsieur le Premier ministre, je vous fais une lettre que vous ne lirez pas, quand bien même vous en auriez le temps.

    Il y a dix ans, on m’a fait venir à l’Université de Montréal pour contribuer à l’excellence en enseignement et en recherche en bio‐informatique, un domaine émergent particulièrement important pour la médecine moléculaire. Pour me faire quitter mon poste de directeur de recherche au CNRS en France, on m’a offert une chaire de recherche du Canada, qui non seulement me fournissait des fonds pour effectuer mes recherches, mais aussi une prime de 30 000 $. Mieux encore, le gouvernement du Québec m’a exonéré d’impôt provincial pendant les cinq premières années. J’aurais dû me méfier, mais les scientifiques sont fort naïfs. Comment considérer qu’un gouvernement est sérieux dans son support à l’université quand il exonère d’impôts les plus riches, mon salaire étant en effet d’environ 100 000 $ ?

    En fait, ces considérations financières avaient peu d’importance. L’excellence universitaire, exercice humain très demandant et très délicat, nécessite avant tout un cadre favorable. J’étais donc attiré par un environnement de recherche humainement riche au département de biochimie, et par le Québec, un pays démocratique, respectueux des droits, avec un enseignement de qualité, où il faisait bon vivre. Même si cette vision idyllique s’est un peu modifiée au fil du temps, je n’ai jamais envisagé de revenir en France. Non seulement j’ai payé mes impôts provinciaux avec plaisir il y a cinq ans, mais j’ai aussi choisi de transformer la prime en subvention de recherches pour recruter des étudiants supplémentaires. Bref, tout allait bien jusqu’il y a 100 jours.

    Avant de revenir sur ces 100 funestes jours, je tiens à vous indiquer, Monsieur le Premier Ministre, en utilisant un langage économique que vous affectionnez, que mon retour sur investissement est excellent. Mon immodestie, qui est probablement la seule chose que je partage avec vous, n’en souffrira pas. Excusez-­moi pour la nécessaire technicité de ce paragraphe. Le principal critère pour évaluer la recherche fondamentale est le nombre de publications, surtout dans les meilleures revues scientifiques (seules les publications dans les revues Nature et Science sont prises en compte dans le célèbre, bien que critiquable, classement des universités réalisé, par exemple, par l’Université de Shanghai), et le nombre de citations. Avec une petite équipe et des moyens financiers relativement modestes, notre travail s’est traduit par quatre publications dans Nature et Science (l’Université de Montréal dans sa totalité en a publié 49 depuis 2003) et a reçu plus de 1000 citations en 2011. Demandez à vos experts, vous trouverez très peu de chercheurs au Canada, voire aux États-­Unis, ayant une productivité aussi grande, c’est-à­-dire un impact scientifique par dollar investi. Je pense donc avoir rempli ma part du contrat et contribué à l’excellence de la recherche scientifique québécoise.

    Depuis 100 jours, tout a changé pour moi. Un mouvement étudiant, massif, démocratique, a soulevé une question primordiale, les frais de scolarité universitaire que votre gouvernement a décidé d’augmenter de 75% sur 5 ans, paraît-­il pour favoriser l’excellence dans la recherche. Faire payer aux étudiants la recherche de pointe, est-­ce une bonne idée ? 100 jours de grève étudiante et aucune négociation, ou si peu. Pire encore, 100 jours de grève étudiante et quasiment aucun débat sur cette question. Tout a été fait pour parler d’autres choses que de l’excellence en enseignement et en recherche. Est-­ce un boycott ou une grève ? Une vitrine brisée par ci, un parcours non annoncé par là. La condamnation de la violence par les associations étudiantes est-­elle suffisante ? En même temps, malgré des blessés graves, nous n’avons jamais entendu le gouvernement appeler à limiter la violence policière, j’y reviendrai.

    Monsieur le Premier Ministre, pourquoi donc le Québec et le Canada recrutent­‐ils les chercheurs d’excellence préférentiellement dans des pays où l’éducation est gratuite, ou à tout le moins très peu chère, comme la France, la Chine, l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, l’Inde ou la Russie ? Pourquoi les recrutements n’ont-­ils pas lieu dans les pays où les frais de scolarité sont très élevés, comme les États-­Unis d’Amérique ? Pourquoi ces mêmes États-­Unis sont-­ils contraints de recruter autant d’étudiants et de professeurs à l’étranger si leur système d’éducation très couteux pour les étudiants est si performant que le Québec se doive de l’imiter ? Sans prétendre résoudre ce paradoxe, je peux apporter quelques éléments de réflexion. En transformant les étudiants en clients, on introduit plusieurs moyens de pression permettant de dégrader fortement l’excellence de l’enseignement, et par là même l’excellence de la recherche, qui rappelons-­le repose avant tout sur les étudiants. Les clients achètent leur diplôme, et ils s’attendent donc à l’obtenir, même s’ils n’ont pas le niveau. Ensuite, l’université a tout intérêt à garder ses clients, puisqu’ils constituent leur principale source de financement. La pression se transmet aux professeurs, qui doivent réduire le taux d’attrition au maximum. Dans ces conditions, pourquoi faire échouer un client à un examen, puisque cela réduirait les ressources de notre département et de notre université, allant à l’encontre de l’intérêt du professeur ? Les professeurs, qui, vous l’avez peut-­être oublié, Monsieur le Premier Ministre, sont avant tout des êtres humains, se trouvent tous les jours face à des étudiants, qui sont aussi des êtres humains, mais des êtres humains luttant pour survivre dans un monde où les richesses sont de plus en plus accaparées par une petite minorité. Comment, humainement, peut-­on refuser un cours à un étudiant sérieux qui a travaillé fort et qui s’est lourdement endetté, mais qui est juste en dessous du niveau requis pour satisfaire aux hautes exigences du savoir intellectuel actuel ? Comment peut-on, humainement, laisser un jeune avec une grosse dette et sans diplôme ?

    Aucune des pressions induites par le clientélisme universitaire n’est à elle seule décisive pour dégrader la qualité de l’enseignement. Mais elles vont toutes dans ce sens et il y a fort peu mesure gouvernementale pour soutenir l’excellence dans l’enseignement, la bonne volonté des étudiants et des professeurs nous préserve, pour combien de temps encore, du naufrage. Aux États-­Unis, où les études sont très chères depuis longtemps, les notes finales d’un étudiant sont corrélées positivement avec le montant des frais de scolarité, est‐ce bien sérieux ! La dette étudiante y est actuellement de plus de mille milliards de dollars, et l’enseignement est déjà sévèrement dégradé. Une question cruciale est de savoir comment elle sera remboursée, si tant est qu’elle puisse l’être. Monsieur le Premier Ministre, oui, la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire est très complexe et ne peut pas se résoudre par une loi spéciale, mais par un large, long et difficile débat démocratique.

    Débat démocratique, mais quel étrange concept viens­‐je d’évoquer ? La démocratie semble se résumer, pour vous, au seul dépôt dans l’urne d’un bulletin de vote tous les quatre ans. Mais comment croire que l’on puisse décider intelligemment de toutes les questions complexes auxquelles notre monde est confronté par un seul bulletin ? Quel n’a donc pas été mon désespoir quand une association étudiante, la CLASSE, a été vilipendée, insultée, trainée dans la boue parce que ses représentants respectaient le mandat qui leur avait été confié lors de votes démocratiques ! Quelle horreur, des élus qui refusaient d’abuser de leur pouvoir, qui refusaient de faire passer leur opinion personnelle en lieu et place de celle des gens qu’ils représentaient, et outrage inimaginable, osaient affirmer qu’ils allaient consulter leur base ! Monsieur le Premier Ministre, comment puis‐je accepter de voir ainsi bafouer les principes fondamentaux de la démocratie par un gouvernement censé oeuvrer pour l’épanouissement de la démocratie ?

    La vraie démocratie, qui n’est pas la dictature de la majorité, doit mettre en oeuvre de multiples systèmes, des contre-­pouvoirs, pour garantir les droits de tout un chacun. Comment peut-­‐on respecter les minorités, si seul un vote tous les quatre ans est considéré comme suffisant ? Or, du fait du baby boom, les jeunes, les étudiants, constituent une petite minorité au Québec. Il y a plus de personnes de plus de 75 ans que de jeunes de 15 à 19 ans, fraction de la population qui de toute façon n’avait pas le droit de vote lors des dernières élections. Il y a seulement 500 000 jeunes de 20 à 24 ans, mais plus de 2 millions d’ainés âgés de plus de 65 ans. Dans un tel contexte, et sans un long débat, quelle est la chance de faire passer l’idée d’études universitaires presque gratuites garantissant l’excellence de l’enseignement, alors que l’impact concret d’un tel choix servira l’intérêt des Québécois dans 10, 20 ou 30 ans, avant l’idée d’une baisse immédiate des impôts ?

    Cent jours de lutte menée par des centaines de milliers de jeunes Québécois n’ayant comme seul pouvoir que des manifestations pacifiques et le sacrifice de leur propre session. Et quelles réponses le puissant gouvernement québécois a-t-il fourni ? Le mépris, l’absence de dialogue, la répression et maintenant une loi spéciale qui réduit la liberté d’expression de tous et qui laisse à la police, et bientôt peut-­être à l’armée, le soin de régler la question de l’excellence universitaire. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour imaginer la violente répression qui sera nécessaire pour arrêter un mouvement si profond, si massif, si motivé. Chaque fois que mes enfants, ou leurs amis, sortent le soir, c’est avec la peur au ventre que j’attends leur retour, sursautant à chaque coup de téléphone qui pourrait m’annoncer la perte d’un oeil, un traumatisme crânien, voir pire. Oui, je sais, la police fait un métier difficile, oui il y a de très rares casseurs qui veulent en découdre et se cachent parmi la foule, oui il y a maintenant beaucoup de fatigue. Les conditions sont réunies pour que de graves bavures se produisent. Monsieur le Premier Ministre, agissez pour qu’elles ne se produisent pas, soutenez les policiers qui font bien leur travail et condamnez ceux qui abusent de la violence, comme par exemple à la brasserie Saint-­Bock. Croyez-­vous vraiment que poivrer des touristes va permettre de recruter des chercheurs d’excellence et de former d’excellents étudiants ?

    Cent jours de lutte à mains nues face à un pouvoir sourd, autoritaire et violent, peuvent-ils s’expliquer seulement par la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire ? Que nenni. La jeunesse sent bien, voit bien que notre modèle de société est en train de s’effondrer ; tous les marqueurs sont au rouge : un environnement social dégradé, marqué par une montée indécente des inégalités ; un environnement biologique dégradé, avec une disparition accélérée des espèces et des écosystèmes ; un environnement physique dégradé, avec le réchauffement climatique et les multiples pollutions chimiques ; un épuisement généralisé des ressources, qui oblige à exploiter à grands frais les sables bitumineux, les gaz de schiste, les métaux au fond des océans ou dans le Grand Nord ; un système financier démesuré, mais qui ne survit qu’à force de subventions, générant une dette publique impossible à rembourser. Ces cent jours de lutte sont un extraordinaire cri de désespoir de notre jeunesse, désespoir qui s’est cristallisé sur la question des frais de scolarité, mais qui dénote un très profond malaise sociétal.

    Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience du mur dans lequel nous sommes en train de nous enfoncer avant que la crise économique se manifeste de manière évidente comme en Grèce ou en Espagne. Monsieur le Premier Ministre, vous avez l’opportunité extraordinaire de disposer d’une jeunesse courageuse, innovante, politisée, prête à explorer un nouvel avenir qui nous fera éviter tous les graves dangers évoqués plus tôt. Ou alors, souhaitez-­vous choisir l’obstination, l’aveuglement, la répression, la violence et m’obliger à vivre dans un autre pays où la démocratie, l’éducation, la nature… Bref : la société humaine, pourront s’épanouir ?

    Hervé Philippe

    Professeur titulaire,

    Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive, Département de Biochimie – Université de Montréal

     

    Source : http://www.vigile.net/Nouvel-article,48399

  • La vérité scientifique sur les effets de la télévision

  • [TUTO] La titrisation

  • Vote par Internet : le gouvernement juge le scrutin valide et constitutionnel

    Au cours d’un point presse, le Quai d’Orsay a affirmé qu’aucune démonstration récemment apparue sur Internet n’est en mesure de remettre en cause le respect des trois exigences constitutionnelles, à savoir l’accessibilité au scrutin, la sincérité du vote et le secret du choix de l’électeur. Le vote par Internet sous sa mise en œuvre actuelle est considéré comme valide et constitutionnel.

    Lire ici : http://www.numerama.com/magazine/22748-vote-par-internet-le-gouvernement-juge-le-scrutin-valide-et-constitutionnel.html

  • Flame: Israël justifie l’usage de virus

    Le ministre israélien des Affaires stratégiques Moshé Yaalon a justifié le recours à de puissants virus informatiques, comme la « cyber-arme » Flame, découverte récemment, afin de contrer la menace nucléaire iranienne.

    « Il est justifié, pour quiconque considère la menace iranienne comme une menace significative, de prendre différentes mesures, y compris celle-là, pour la stopper », a estimé Moshé Yaalon à la radio militaire, alimentant les spéculations sur une possible implication d’Israël dans ce programme informatique. « Israël est en pointe dans les nouvelles technologie et ces outils nous offrent toutes sortes de possibilités », s’est targué Moshé Yaalon, qui est aussi vice-Premier ministre.
    L’éditeur russe de logiciels antivirus Kaspersky Lab a annoncé avoir identifié un virus informatique au potentiel destructeur inégalé, baptisé Flame, et utilisé comme une « cyber-arme » contre plusieurs pays. « La complexité et la fonctionnalité du programme récemment détecté dépassent celles de toutes les autres cybermenaces connues à ce jour », a souligné la compagnie russe dans un communiqué.

    « Il ne ressemble en rien à ce que nous avons vu jusqu’à présent. C’est comme si on avait assemblé tous les programmes les plus malveillants pour en créer un seul », a expliqué à l’AFP Ilan Froimovitch, ingénieur en chef du représentant de Kaspersky en Israël, Power Communication. Le spécialiste a estimé probable que le concepteur de Flame soit un Etat ou un groupe d’Etat.
    « Il est peu vraisemblable qu’un individu ou même une compagnie privée puisse investir autant de temps et d’argent dans une telle initiative. Ce doit être l’oeuvre d’un gouvernement », a argué M. Froimovitch, qui s’est refusé à dire s’il croyait qu’Israël était derrière cette opération.
  • Elle est trop grosse pour faire faillite sans risque de faire sauter le système mondial

    L’optimisme des dirigeants de Bankia n’a pas convaincu les marchés. L’action de la quatrième banque espagnole, qui a demandé vendredi une aide publique record, chutait de près de 27% à la reprise de sa cotation, lundi matin à la Bourse de Madrid. Carrément bloqué pendant 20 minutes après l’ouverture du marché en raison d’un trop grand volume d’ordres de vente, le titre a terminé la journée en recul de -13,38%. Europe1.fr établit le diagnostic d’un géant de la finance ibérique en état critique.

    De combien d’argent exactement a besoin la banque ? Bankia a demandé vendredi à l’Etat espagnol une aide de 19 milliards d’euros. Mais la banque, nationalisée le 9 mai dernier, avait déjà reçu des pouvoirs publics la garantie d’un versement de 4,5 milliards. L’État espagnol va donc devoir trouver au total 23,5 milliards d’euros pour venir à son secours.

    Il s’agit du plus gros sauvetage bancaire de l’histoire de l’Espagne. « C’est un chiffre astronomique qui s’approche de ce que dépense annuellement l’Etat en éducation, en intérêts de la dette ou en allocations chômage », s’inquiétait un édito daté de samedi du quotidien espagnol El Mundo.

    Pourquoi Bankia a-t-elle besoin de cet argent ? La banque souffre notamment de sa trop forte exposition au marché immobilier espagnol, qui s’est effondré depuis la crise de 2008. « Les 19 milliards serviront justement à assainir le portefeuille immobilier et l’ensemble des crédits, ainsi qu’à la révision de la valeur des actifs immobiliers et des participations industrielles du groupe, décrypte La Tribune. La banque a revu ses comptes de 2011 dont la première version n’avait pas été ratifiée par son auditeur. La différence est abyssale : de 309 millions d’euros de bénéfice (annoncé), Bankia a reconnu avoir en fait enregistré des pertes de 2,9 milliards d’euros. »

    Comment l’Etat espagnol va-t-il trouver l’argent ? La tâche paraît impossible pour l’Espagne seule. Le pays possède déjà un instrument de recapitalisation des banques, à savoir le Frob créé en 2009. Mais celui-ci n’a plus que 4 à 5 milliards d’euros de liquidités, selon le ministère espagnol de l’Economie. « Il peut certes s’endetter jusqu’à 90 milliards d’euros avec la garantie de l’Etat mais les conditions de marché rendent cette option très délicate. Pour s’endetter sur 10 ans, l’Espagne doit actuellement s’acquitter d’un taux d’intérêt dépassant les 6% », précise à ce sujet le journal Les Echos.

    Le pays songerait également à injecter les 19 milliards sous forme de dette publique.  » Cette solution aurait l’avantage de ne pas nécessiter d’émission sur les marchés, mais l’inconvénient de diminuer la confiance des investisseurs envers le Trésor espagnol, analyse le quotidien économique. Tout dépendra de l’évolution de la prime de risque (le surcoût que doit payer l’Espagne pour s’endetter par rapport à l’Allemagne) d’ici à l’injection de capital, qui doit se faire en juillet. »

    Mais le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a reconnu lundi que, pour le pays, « il était très difficile de se financer avec la tension actuelle des marchés ».La question est d’autant plus compliquée que l’Espagne a déjà prévu de renflouer les caisses de trois autres banques, à auteur de 30 milliards d’euros : CatalunyaCaixa, NovacaixaGalicia et Banco de Valencia.

    Selon El Mundo, le gouvernement étudierait la question de faire appel à une aide extérieure, comme celle du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou du FMI. Une information pour le moment démentie par l’exécutif ibérique.

    Y a-t-il un risque pour la France ? Bankia est une banque systémique : elle est donc financièrement liée aux autres banques de la planète. « Elle est trop grosse pour faire faillite sans risque de faire sauter le système mondial », assure au JDD Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de haute finance. Ce dernier craint, avec la crise Grecque et le cas Bankia, que les bourses ne cessent de tomber, et que les actionnaires des banques continuent de perdre de l’argent. Il redoute également un gel de la circulation de liquidités en Europe.

    « En revanche, les clients des banques, ceux qui disposent de comptes courants ou de comptes d’épargne, n’ont pas à craindre pour leurs dépôts, se veut-il rassurant. Ils sont garantis à hauteur de 100.000 euros et en cas de tsunami financier, l’État apportera sa garantie aux particuliers. »

    Source : http://www.europe1.fr/Economie/Bankia-un-geant-espagnol-dans-le-rouge-1103539/

  • L’Allemagne montre l’exemple

    Le pays de Goethe vient de réaliser un record mondial: 22 GWh au milieu de la journée (vendredi et samedi), soit l’équivalent de ce que produiraient près de 20 centrales nucléaires à leur capacité maximale. Le gouvernement allemand a décidé d’abandonner la filière nucléaire, suite à la catastrophe de Fukushima. 8 centrales ont été immédiatement fermées et les neuf qui restent vont être progressivement arrêtées d’ici 2022. Il a été courageusement décidé de remplacer les centrales nucléaires du pays par des énergies renouvelables : solaire, éolien, biomasse, etc.

    La puissance de l’énergie solaire à midi permet de couvrir 50 % des besoins du pays le samedi (et 30 % dans la semaine, car les entreprises ont beaucoup de besoins) ! L’Allemagne seule a mis en place autant de capacité d’énergie solaire que le reste du monde ! Le mouvement est incroyablement rapide : 22 GWh au lieu de 14 l’année dernière. Cela ne fait pas que des heureux, car il y a les coûts : les Allemands ont payé 4 milliards de plus sur leur facture d’électricité en raison de l’énergie solaire, plus chère. Certains affirment également que l’accroissement de la part d’une énergie non stable provoque des fluctuations dans le réseau.

    Il n’empêche : on montre une fois de plus que lorsqu’on décide de ne pas céder à la facilité, on peut réaliser des prouesses.

    Source : http://www.sur-la-toile.com/article-15445-L-Allemagne-montre-l-exemple-en-battant-les-records-d-energie-solaire.html

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