• Après la géothermie, l’énergie géomagmatique

    Baptisée Power Tube, la technologie mise au point par l’ingénieur américain Doyle W. Brewington récupère la chaleur du magma sans injection d’eau. Les commandes de centrales affluent depuis les zones volcaniques comme l’Équateur, le Guatemala et le Chili.

     

    Le pollueur repenti

    En visite au Chili pour y présenter son invention, le mathématicien, physicien et ingénieur Doyle W. Brewington affiche un parcours pour le moins atypique. Après avoir dirigé une entreprise installant des centrales thermiques classiques, fonctionnant grâce aux combustibles fossiles, il décide un jour de tout plaquer pour se consacrer au développement des énergies propres:

    « J’ai vendu toutes mes actions de l’entreprise et j’ai passé les trois années suivantes à effectuer des recherches sur tous les types d’énergies non conventionnels : le solaire, l’éolien et la géothermie. »

    C’est la constance de la production géothermique qui le convainc d’opter pour la géothermie plutôt que pour le solaire ou l’éolien, trop sujets aux fluctuations.

    Jusqu’à 1GW d’énergie propre

    Le Power Tube est un tuyau de 120 cm de diamètre, qui plonge à 500 mètres sous terre pour y récupérer la chaleur dégagée par le magma. À la différence de la géothermie classique, ce procédé ne nécessite pas d’injections d’eau souterraines. Un fluide caloporteur à base de pentane reste prisonnier dans la partie inférieure du tubage et transmet ensuite sa chaleur à de la vapeur d’eau pour alimenter des turbines électriques. Le site officiel explique que ce liquide est non polluant et totalement biodégradable.

    Doyle W. Brewington affirme que le Power Tube compte parmi les technologies propres les moins chères, les plus sûres et les plus rapides à installer, du marché. Grâce à la simplicité du concept, le coût par mégawatt avoisine un million de dollars, pour une profondeur de forage de 500 mètres environ.

    Déclinés sous divers modèles (1 MW, 5 MW ou 10 MW), les Power Tubes peuvent être utilisés simultanément pour augmenter la puissance produite. La centrale commandée par le Guatemala devrait ainsi atteindre 1 gigawatt.

    Idéal pour les îles volcaniques

    L’inventeur américain a eu le privilège de présenter son projet au département de la Défense de son pays, et la fabrication à échelle industrielle a déjà débuté à Albuquerque, au Nouveau Mexique. Plusieurs générateurs produisent déjà de l’électricité dans divers localités à travers les États-Unis.

    Aujourd’hui, l’entreprise affiche un carnet de commandes bien rempli, principalement grâce à une clientèle latino-américaine. Le Pérou et la Colombie sont intéressés, ainsi que l’Équateur, qui souhaite installer une centrale de 11 MW aux Galápagos.

    Au Chili, les commandes totalisent déjà 130 MW, dont 120 uniquement pour l’industrie minière. L’ile de Pâques pourrait également accueillir une centrale de 5 MW, tandis que les 5 MW restants seraient employés à la récupération de chaleur.

    Selon Doyle W. Brewington, l’installation d’une centrale ne dure que 6 mois, et la maintenance, qui n’a lieu qu’une fois tous les cinq ans, ne nécessite que 8 heures de travail. Le reste du temps, le Power Tube produit de l’électricité en permanence, 24 heures sur 24 et 365 jours par an.

     

    Source : http://www.greenetvert.fr/2012/05/22/apres-la-geothermie-lenergie-geomagmatique/58248

  • Inquiétudes autour du vote par Internet des expatriés

    Les Français de l’étranger pourront voter dès mercredi par Internet pour élire leurs députés à l’Assemblée nationale. Mais des voix s’élèvent contre un mode de scrutin jugé peu sûr.

    À partir de mercredi, et jusqu’au 29 mai, les Français établis à l’étranger auront la possibilité pour la première fois d’élire leur député sur Internet. Cette solution, qui s’offre en plus du vote à l’urne dans un bureau traditionnel ou du vote par courrier, a été développée pour permettre aux expatriés vivant loin d’un bureau de vote (généralement installés dans les ambassades et consulats) de pouvoir participer en masse aux élections législatives. De fait, le ministère des Affaires étrangères estime que sur les 1,1 million de Français inscrits sur les listes électorales consulaires, 700.000 devraient opter pour le vote électronique.

    Ces derniers ont reçu par courrier ou par SMS un identifiant, et par email un mot de passe. Ces derniers permettent d’accéder à une page Internet spéciale permettant de voter. Un nouveau mot de passe sera envoyé pour le second tour, prévu du 6 au 12 juin.

     

    Si cette innovation technologique semble de prime abord positive, des spécialistes de l’informatique ont tiré ces derniers jours la sonnette d’alarme. Selon eux, le vote par Internet est loin de présenter les mêmes gages de transparence que le vote traditionnel papier. Le Parti Pirate, qui dénonce l’opacité du vote, a mis en place un site Internet pour recueillir des témoignages d’électeurs.

    Les dysfonctionnements des élections prud’homales par Internet en 2008 sont cités en exemple. Logiciel de vote non expertisé dans son intégralité, intervention technique sur «l’urne virtuelle», impossibilité de valider son vote sous le navigateur Firefox, listes d’émargements non télétransmises suite à un bug, et transportée par clé USB sans «qu’aucune garantie ne soit apportée sur l’origine du fichier» … la liste des problèmes soulevés par la CNIL est longue, et, pour les détracteurs du vote par Internet, ne prête guère à la confiance pour le scrutin de cette semaine. Leur critique s’est concentré sur les points suivants:

    • Un scrutin opaque

    Dans un scrutin classique, des assesseurs, des représentants des partis politiques et même de simples citoyens vérifient que le vote se déroule selon les règles de la démocratie et qu’il n’y a aucune fraude. Le bon déroulement du vote des 700.000 Français de l’étranger sera lui surveillé par une seule personne. Un arrêté publié le 8 mai 2012 au Journal Officiel stipule que l’expertise indépendante, «destinée à vérifier le respect du secret du vote, de la sincérité du scrutin et de l’accessibilité du suffrage», sera conduite par «un informaticien spécialisé dans la sécurité» et «n’ayant pas d’intérêt financier dans la société qui a crée le dispositif de vote».

    Si les candidats aux législatives ont le droit de désigner un «délégué habilité à contrôler les opérations de vote par voie électronique», seuls le Parti pirate et le Parti de Gauche ont saisi cette opportunité. Mais leur demande d’examiner le code-source du logiciel de vote a été rejetée, secret industriel oblige. «Nous avons assisté à un cérémonial mis en scène pour donner une impression de sécurité et rassurer les officiels, alors qu’il y a une opacité totale des points clefs», a estimé un délégué du Parti pirate présent à la première réunion du Bureau de Vote Electronique (BVE).

    • Un scrutin sous-traité dans le privé et délocalisé

    Pour mettre en oeuvre ce scrutin par Internet, l’Etat français a choisi le prestataire espagnol Scytl. Ce dernier a crée le logiciel de vote et héberge dans ses serveurs la page permettant aux expatriés de voter. En clair, la partie cruciale du vote (recueil des bulletins, scellement et descellement de l’urne virtuelle) est déléguée à une entreprise privée et non-française. Or, en 2010, la Cnil estimait «hautement souhaitable que les serveurs et les autres moyens informatiques centraux du système de vote électronique soient localisés sur le territoire national afin de permettre un contrôle effectif de ces opérations par les membres du bureau de vote».

    Comme évoqué plus haut, il a été refusé au citoyen de s’assurer que la solution logicielle de Scytl est parfaitement sûre (pas de bourrage d’urne, de rejet de certains votes, d’intrusion externe …), sauf à violer le secret industriel.

    • Un risque non négligeable de piratage

    En début d’année, un vote à blanc, auquel ont participé 15.000 volontaires, a été organisé par le ministère des Affaires étrangères. Selon un communiqué des sénateurs socialistes des Français de l’étranger, seul 30% d’entre eux ont réussi à voter. «Ce test a démontré que le dispositif était trop contraignant quant au type d’équipement et de configuration nécessaire», écrivent les élus.

    Un test est en effet effectué avant de permettre l’accès à la page de vote. Le but est d’éviter que les ordinateurs trop vulnérables aux piratages puissent se connecter, mais sans pour autant garantir à 100% que la machine est saine. De même, l’article 8 de l’arrêté du 27 avril 2012 stipule «qu’à défaut d’utiliser le protocole sécurisé HTTPS», l’électeur devra être informé que «le secret et l’intégrité de leur vote ne pourront être garantis». En clair, il pourra voter, mais rien ne dit que son bulletin ne pourra pas être lu ou changé à son insu. La CNIL avait pourtant recommandé que le vote électronique soit impossible sans connexion HTTPS.

     

    Source : http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/05/22/01039-20120522ARTFIG00597-inquietudes-autour-du-vote-par-internet-des-expatries.php

  • George Bush et Tony Blair ont été reconnus coupables de crimes de guerre.

  • Interdites par Madrid, trois télévisions « indignées » passent dans la clandestinité

    Le gouvernement régional de Madrid tente de fermer trois télévisions associatives locales, pourtant protégées par la loi sur l’audiovisuel. Leur ton dissident, leur clair soutien au mouvement des « Indignés » et leur audience en forte progression ne plaisent pas. Tout en livrant une bataille juridique et politique, les télévisions ont décidé d’émettre à partir d’un lieu tenu secret.

     

     

    L’Athénée Républicain de Vallecas, le quartier historiquement « rebelle » de Madrid, de tradition ouvrière et communiste, est plein à craquer ce mercredi 16 mai à 20h. Les directeurs respectifs de trois chaînes de télévision locales à but non lucratif – Tele K, Canal 33 et Solidaridad TV – y ont convoqué une assemblée citoyenne. Le gouvernement régional de Madrid, dirigé par Esperanza Aguirre, affiliée au Parti populaire (PP, droite) vient de prendre la décision de leur interdire d’émettre depuis l’édifice Torre de Valencia où elles sont hébergées depuis des années. Sur le site de Tele K, une mire « Off line » s’affiche, pour la première fois en 19 ans.

    Des concessions pour les amis du pouvoir

    Ces télés sont jugées illégales par le gouvernement régional qui profite d’une faille juridique, les trois télés locales ne bénéficiant plus des concessions administratives ad-hoc. Celles-ci ont été attribuées en 2005 par ce même gouvernement, de façon arbitraire. Selon Enrique Riobóo, directeur de Canal 33, le gouvernement régional a favorisé un petit cercle de « pistonnés » proches du pouvoir.

    C’est le cas de l’opérateur de TDT Teledifusión Madrid, qui fait partie du « cluster » audiovisuel du réseau Madrid Network. Un « partenariat public-privé » à la mode actuellement, chapeauté par le gouvernement de Madrid, la Chambre de commerce et… la Confédération des chefs d’entreprises, clairement opposée aux mouvements pacifistes de contestation. Lors de la répartition des licences, les trois télés « solidaires » sont restées sur la touche pour des raisons encore floues, le secrétaire général du Conseil du Gouvernement de la Communauté de Madrid n’ayant pas donné suite à nos demandes d’interview.

    Menace de lourdes amendes

    Le Sénat espagnol est cependant intervenu en 2007, amendant la loi qui protège les télévisions communautaires existantes, comme c’est le cas avec Tele K, Solidaridad TV et Canal 33. Problème : le précédent gouvernement du PSOE (Parti socialiste espagnol) n’a pas pris la peine de rédiger le décret subordonné à l’application de cette loi avant de quitter le pouvoir. C’est dans cette faille juridique que les conservateurs madrilènes se sont engouffrés pour faire taire les trois télés locales.

     

     

    S’il y a débat juridique, il n’y a pas de dossier pénal contre les télés locales. Aussi, le gouvernement d’Esperanza Aguirre s’en prend directement à la communauté de propriétaires de la Tour de Valence, l’édifice qui abrite les télévisions, qu’elle menace d’une amende de 30 000 euros par jour si celle-ci s’obstine à héberger les équipements de diffusion des émissions présumées illégales. La date du démantèlement des équipements de diffusion n’a pas été confirmée.

    Émettre dans la clandestinité

    Puisque le gouvernement local a le pouvoir d’attribuer les concessions, pourquoi ne pas laisser Tele K, Solidaridad TV et Canal 33 déposer une requête pour l’obtenir ? Pour Enrique Riobóo et Paco Pérez (directeur de Tele K), la décision de fermer les télés locales est politique et non technique… « La TNT a été une belle arnaque, s’insurge Enrique Riobóo. Elle était sensée encourager la pluralité des canaux et nous sommes les premières victimes de restrictions arbitraires ! ». Depuis l’émergence du mouvement 15-M, le mouvement des Indignés espagnol, l’audience des trois télés locales a augmenté de façon exponentielle.

    Leur ton critique envers le gouvernement d’Esperanza Aguirre et leurs images montrant l’ampleur réelle du mécontentement du peuple espagnol semblent avoir attiré les téléspectateurs. « Depuis la Tour de Valence, les télés locales peuvent atteindre pas moins de 6 millions d’auditeurs potentiels », fait remarquer Pedro de Alzaga, directeur adjoint de Cuarto Poder (« Quatrième pouvoir »), un autre média alternatif espagnol.

    Citoyens et donateurs à la rescousse

    Harcelés et asphyxiés économiquement, les trois télés locales ont décidé de réagir avec l’appui des mouvements sociaux du 15-M. Tele K et Canal 33 unissent leurs forces et leurs moyens pour continuer à diffuser leurs émissions depuis un lieu gardé secret. Les trois télés s’apprêtent à déposer une requête auprès des tribunaux pour que la Loi générale sur l’audiovisuel qui les protège soit reconnue et que la fermeture des émissions soit annulée. Voilà pour la résistance juridique.

    La mobilisation citoyenne est également de mise : l’assemblée de Vallecas appelle à une manifestation pour le 29 mai. Les auditeurs se cotisent pour donner un peu d’oxygène aux équipes audiovisuelles (en 2011, les dons spontanés ont atteint la somme de 38 000 euros). L’autre objectif est de diffuser largement leur lutte auprès du grand public, des groupes parlementaires espagnols, des associations de presse, mais aussi d’organismes européens (les avocats des trois télés locales étudient la possibilité de permettre aux citoyens de déposer une plainte auprès des instances européennes).

    Journalistes agressés

    Tele K, Canal 33 et Solidaridad TV comptent sur l’appui des réseaux sociaux et celui des indignés de toute la planète pour dénoncer un cas manifeste d’atteinte à la liberté d’expression dans un état européen sensé être « démocratique ». Dans un contexte où les tentatives de censure contre la presse se multiplie.

     

     

    Mi mai, le photographe Javier Zurita de l’agence de presse allemande Laif, a été agressé physiquement par des policiers alors qu’il couvrait un rassemblement à la Puerta del Sol. Javier Bauluz, du magazine on-line Periodismo Humano, a été frappé au visage par des policiers alors qu’il couvrait une expulsion de logement. Bienvenue dans l’Europe de l’austérité démocratique !

    Photo : © Javier Bauluz

     

    Source : http://www.bastamag.net/article2404.html

  • Facebook l’attrape pigeons !

  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »

    En Allemagne, le Parti pirate vient de rafler 7,6% des voix en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Et fait donc son entrée dans un quatrième parlement régional. Un score qui fait suite à d’autres bons résultats, notamment à Berlin. De quoi faire saliver le mouvement français, encore balbutiant, qui revendique un peu plus de 400 membres dans toute la France. Le Parti pirate a décidé de s’immiscer dans la bataille des législatives, avec 102 candidats déclarés.

    Maxime Rouquet, 26 ans, coprésident du PP et lui-même candidat dans la 10e circonscription des Yvelines, revient pour Libération sur les ambitions du Parti pirate.

     

     

    À quoi ressemblent les membres du Parti pirate ?

    Nous sommes souvent caricaturés comme un parti de « jeunes » mais beaucoup de gens chez nous ont plus de 20 ou 30 ans ! Mais c’est vrai, ce sont surtout des gens adaptés aux nouveaux usages. Ce sont des gens qui considèrent comme nous qu’Internet a amené un changement complet dans notre société. En dématérialisant les biens, on est passé à une économie d’abondance. Aujourd’hui on accède à tout avec une simple connexion internet : nous prenons acte de ce changement.

    Comment est financé le Parti pirate ?

    Nos moyens sont très limités alors chacun s’organise comme il peut. Pour voter aux législatives, on va demander aux électeurs de venir sur Internet, d’imprimer et de découper leurs bulletins de vote eux-mêmes. Nous sommes tous bénévoles. Chacun contribue personnellement au parti grâce à son activité professionnelle, car nous avons tous un emploi en parallèle. Une maigre part vient des cotisations et des adhésions.

    Qu’attendez-vous des législatives de 2012 ?

    Nous avons peu de chances d’obtenir des élus. L’objectif, c’est de mettre en avant nos idées, de les défendre. Les législatives, c’est une première étape avant les européennes de 2014. Beaucoup de sujets importants pour nous, comme les brevets, doivent être débattus dans l’enceinte européenne, car ils dépendent plus des directives européennes que de la loi nationale. C’est pour cela que nous voulons établir un programme politique commun avec tous les autres partis pirates européens : nous nous sommes réunis en avril, et la constitution d’une formation politique commune a été actée dans la « Déclaration de Prague ». Le Parti pirate français vient de la ratifier.

    Dans votre programme, vous parlez des libertés fondamentales sur Internet, de la transparence de la vie publique ou encore de l’indépendance de la justice. Mais rien sur l’économie, la croissance, la dette…

    Il y a des sujets sur lesquels nous ne prenons pas position, parce que nous n’avons pas encore de proposition chiffrée, équilibrée. Par exemple, nous sommes très favorables au « revenu de vie ». Au lieu des différentes aides versées sur des critères précis aux foyers, l’Etat verserait chaque mois une somme fixe à tous les citoyens, sans poser de condition. Nous sommes très attachés à la démocratie directe. On ne prend position qu’après avoir débattu chaque sujet et une proposition n’est adoptée qu’après avoir recueilli trois quarts de votes favorables sur notre forum internet. A partir de là, nos candidats s’engagent à défendre l’intégralité des idées retenues.

    En lisant votre programme, on peut avoir l’impression que vous contestez plus que vous ne proposez…

    Nous sommes contestataires quand des lois nous semblent inefficaces, voire dangereuses, comme la censure sans contrôle judiciaire préalable. Nous avons également beaucoup de propositions très concrètes qui, en plus, en général, ne coûtent rien, ce qui n’est pas plus mal en cette période de crise ! Le partage sur Internet en est une bonne illustration.

    Justement, vous êtes très attendus sur l’Hadopi : que proposez-vous ?

    Nous soutenons que le partage sur Internet n’est pas nuisible et proposons de légaliser le partage hors but lucratif. Cela veut dire que les gens pourront échanger de la musique ou des vidéos comme dans la vie réelle, quand des amis se prêtent un disque ou un DVD, du moment qu’il n’y a pas d’intermédiaire qui s’enrichit (type Megavideo ou Megaupload). Si les artistes et auteurs connaissent des difficultés aujourd’hui, ce n’est pas à cause du partage : des enquêtes prouvent que ceux qui partagent le plus sur Internet sont aussi ceux ceux qui consomment le plus dans le domaine de la culture. Nous proposons aussi le mécenat global : chaque internaute donne un peu, le public décide quel projet et quelle personne il veut soutenir. Les citoyens de s’approprient la culture, les artistes sont libérés de l’emprise qu’ont quelques sociétés sur les droits de diffusion des œuvres.

    Des alliances avec d’autres partis sont-elles envisageables ?

    Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelle formation politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, peu importe. Mais une alliance n’aurait de sens que si le parti allié s’engage à porter l’ensemble de nos idées, et là-dessus, nous ne faisons pas de concession. En Suède, par exemple, c’est une réussite. Le député Christian Engström a rejoint le groupe des Verts parce qu’ils s’étaient engagés à défendre les propositions du Parti pirate. En échange, il suivra les recommandations des Verts sur lesquelles le Parti pirate ne s’estime pas compétent. Actuellement, je vois mal un parti français défendre l’ensemble de nos propositions. Le PS a une vision très répressive du partage sur Internet, par exemple. Et les petits partis sont dans une logique d’alliance avec les grands pour participer au pouvoir.

    Quels sont vos rapports avec les Anonymous ?

    Ils dénoncent les mêmes dérives que nous, notamment à propos des libertés fondamentales sur Internet. Nous n’avons pas de contacts officiels mais certains de nos membres sont probablement impliqués aussi chez les Anonymous. Nos démarches sont différentes. Ils sont dans l’action directe, frontale, par exemple quand ils « manifestent en ligne ». Alors que nous sommes plutôt dans une logique politique. Nous essayons de voir comment la loi peut être changée pour accéder à des revendications communes. Ces deux actions sont complémentaires.

    Source : http://www.ecrans.fr/Parti-pirate-Nous-avons-beaucoup,14721.html

  • Et si Québec appelait l’armée ?

     

    La rumeur a couru dans les internets ce lundi que le gouvernement québécois pourrait appeler l’armée en renfort pour mettre fin à la crise. Le bureau de Jean Charest l’a formellement démenti.

    Pourtant, à l’heure où on se parle et depuis déjà plusieurs jours, sinon semaines, les Forces armées canadiennes planchent sur ce que pourrait être une aide ponctuelle aux forces policières québécoises et font en sorte que ses officiers et soldats soient à même d’être déployés en quelques heures.

    Comment le sait-on ? Parce que c’est ce que fait constamment l’État-Major des Forces armées, au moment de toute crise où son aide serait potentiellement sollicitée. C’est ce que m’a expliqué le lieutenant-colonel à la retraite Rémi Landry, qui a passé 34 ans dans les Forces avant d’enseigner aujourd’hui à l’Université de Sherbrooke. Il se rappelle qu’au moment de la crise d’OKA, des scénarios d’interventions avaient été dressés trois semaines avant que Québec ne place l’appel.

    Selon Landry:

    Des liens permanents existent entre les autorités militaires et civiles. L’échange d’information et l’étude de scénarios exigeant une quelconque aide fait partie des pratiques courantes. Au fur et à mesure que la situation se dégrade, ces scénarios sont révisés, la nature de l’aide est précisée et les période d’attente sont mis à jour afin de pouvoir répondre promptement à la demandes des autorités civiles si et lorsqu’elle se fera.

    Chaque jour, des troupes sont en état d’alerte prêtes à être déployées afin d’appuyer le pouvoir civil. Selon la situation et le contexte l’état d’alerte de ses troupes est augmenté ou réduit au fur et à mesure que la situation s’aggrave ou s’apaise et qu’il est anticipé que certains éléments, certains équipements seront requis pour aider les autorités.

    Dans ce contexte il est évident que compte-tenu des antécédents, de la situation actuelle des manifestations étudiantes et de la loi spéciale qui les encadre dorénavant, des représentants militaires sont au fait de la situation et des discussions ont lieu sur la nature de l’aide qui pourrait être accordée en cas de besoin afin de faciliter le travail des autorités civiles.

    En 2012, de quoi s’agirait-il exactement ?

    1. Ce ne seraient pas les mesures de guerre.

    Le premier ministre d’une province peut, sur simple demande, faire en sorte que l’armée canadienne intervienne sur son territoire. Politiquement, les deux Premiers ministres se parlent. Légalement, le procureur général de la province en fait la demande se fait au Chef d’état -major des Forces canadiennes. En termes d’appui à la sécurité publique, cela fut fait en 1969, puis en octobre 1970 et encore en août 1990 pendant la crise d’OKA.

    La présence des militaires sur le territoire est distincte de la suspension des libertés civiles. En octobre 1970, les deux actions furent concomitantes, pour traumatiser l’opinion. La “Loi des mesures de guerres” fut remplacée depuis par la “Loi des mesures d’urgence”, plus circonspecte.

    2. À quoi pourrait servir l’armée ?

    Les forces armées canadiennes n’ont plus la capacité de faire de la gestion de foule comme c’était le cas pendant les années 60 et 70. Selon Landry, une intervention en 2012 ne signifierait pas de disposer des soldats armés à chaque coin de rue du centre-ville, mais certains lieux jugés stratégiques pourraient jouir d’une protection spéciale.

    Il s’agirait plutôt de:

    -déploiement d’officiers en civil dans les quartiers généraux policiers pour agir comme conseillers et liaison avec l’armée;

    -prêt de matériel roulant, de matériel de communication, d’hélicoptères;

    -déploiement de soldats dans les manèges militaires québécois pour que leur simple arrivée, visible, et présence, invisible, ait un effet dissuasif sur les manifestants.

    3. Quel impact sur les manifs ?

    On ne voit pas très bien pourquoi des casseurs prêts à risquer arrestations et blessures en s’attaquant au Service de police de la ville de Montréal deviendraient craintif face à une présence militaire non visible dans les rues de Montréal.

    Si des soldats devaient garder spécifiquement des édifices publics, on ne voit pas non plus pourquoi les casseurs ne les prendraient pas pour cibles.

    Il est possible que le SPVM, dont les forces sont déployées quotidiennement depuis 15 semaines, aient besoin de nouveau matériel et de renforts, mais si c’est le cas on suppose que les troupes de la SQ seraient davantage qualifiées pour combler ces besoins que des soldats ou officiers de retour d’Afghanistan.

    4. Comment ça marche, au plan organisationnel ?

    Selon Rémi Landry, “depuis la création du Ministère canadien de la sécurité publique, des centre régionaux de coordination on été établis afin d’échanger avec les autorités provinciales divers types d’information reliés aux questions concernant la thématique de la sécurité publique. C’est à l’intérieur des ces nouveaux mécanismes que des plans de contingences sont en préparation au sein des quartiers généraux responsable de maintenir ces liens avec les autorité civile des provinces, dans le but de conseiller et d’anticiper la nature de l’aide qui pourrait être accordée en cas de demande.”

    C’est spécifiquement le rôle du Centre des opérations du gouvernement (fédéral) dont voici la définition:

    Le Centre des opérations du gouvernement (COG) offre une intervention d’urgence intégrée tous risques en cas d’incidents (possibles ou réels, d’origine naturelle ou anthropique, accidentelle ou intentionnelle) visant l’intérêt national. En tout temps, il assure la surveillance, produit des rapports, offre une connaissance de la situation à l’échelle nationale, élabore des évaluations intégrées du risque et de produits d’avertissement, effectue la planification à l’échelle nationale et coordonne une gestion pangouvernementale des interventions.

    Surveillance et production de rapports en tout temps

    Le COG surveille les événements d’intérêt national (jour et nuit) et transmet des informations à la haute direction, aux gouvernements provinciaux et territoriaux (P/T) et au secteur privé. Il consulte de nombreuses sources d’information et du renseignement, notamment les médias, les organismes d’application de la loi et du renseignement, les organisations de gestion des urgences et le secteur privé à l’échelle internationale, fédérale, provinciales et territoriales, ainsi qu’auprès des ONG.

    Connaissance de la situation à l’échelle nationale

    Grâce à l’information et au renseignement et qu’il obtient et à l’échange coordonné de ceux-ci avec les partenaires compétents, le COG a la capacité d’acquérir une connaissance de la situation commune liée à l’échelle nationale qui se rapporte à tous les risques, possibles ou réels, visant l’intérêt national et de la transmettre à l’échelle nationale.[…]

    Appui à la haute direction

    Le COG, de concert avec tous ses partenaires, informe les hauts fonctionnaires de l’évolution des incidents et détermine les questions qu’ils doivent régler. Le COG présente aux cadres supérieurs responsables de la prise de décisions les questions évaluées et les plans d’action élaborés ou donne des conseils à ce sujet. C’est lui qui est responsable de la mise en œuvre des décisions.

    Bref, tout est prévu. Ne manque que l’appel.

     

    Source : http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/et-si-quebec-appellait-1-800-larmee/13085/

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