• La mort d’un Internet identique pour tous

    Dans une tribune publiée par Libération, la commissaire Neelie Kroes a confirmé qu’elle ne voyait aucun problème à ce que les FAI proposent des offres « différenciées » d’accès à internet. Ils pourront vendre un accès à un internet bridé, et proposer des options payantes pour débloquer l’accès à certaines applications. Si cette voie se confirme, la neutralité du net sera morte.

    Profitant du débat qui a fait rage en France avec le blocage par défaut des publicités par Free, la Commission Européenne a précisé son point de vue sur la question de la neutralité du net. Dans une tribune publiée dans Libération, la vice-présidente Neelie Kroes a confirmé ce que nous avions analysé en 2011, sur le souhait de Bruxelles de mettre à mort la neutralité du net en autorisant les offres différenciées chez les FAI.

    « Les consommateurs devraient être libres de faire de vrais choix quant à leur abonnement à l’internet« , écrit Neelie Kroes. « Les contrats standard et les paramètres par défaut (…) sont soumis à des limites d’intérêt public« , rappelle-t-elle, mais « selon moi, l’intérêt public ne s’oppose cependant pas à ce que les consommateurs s’abonnent à des offres internet limitées, plus différenciées, éventuellement pour un prix moins élevé« .

    En charge de l’agenda numérique, Neelie Kroes donne donc son feu vert aux fournisseurs d’accès à internet pour proposer un abonnement de base à un Internet limité aux e-mails et à une partie du web, mais avec un surplus à payer pour accéder sans bridage à YouTube, Dailymotion, Facebook ou Skype.

    Pour la commissaire européenne, le filtrage du web pour des motifs commerciaux ne pose aucun problème dès lors que les contrats font figurer « les vitesses effectives dans des conditions normales et toute restriction imposée au trafic, ainsi qu’une option réaliste permettant de passer à un service «complet», dépourvu de telles restrictions« .

    « En ce qui concerne la neutralité de l’internet, les consommateurs doivent avoir un choix effectif quant au type d’abonnement internet qu’ils souscrivent« , écrit-elle, se contentant de la liberté de choix qui est pourtant le piège absolu. Les consommateurs iront toujours au moins cher, et ne paieront les options de débridage que s’ils y voient un réel intérêt. Or qui aurait payé pour débrider Skype avant que Skype ne devienne incontournable ? Autoriser le bridage de certaines applications ou protocoles, c’est assurément porter atteinte aux entreprises qui tentent d’innover dans des secteurs qui ne font partie du « package de base » des abonnements à internet. C’est tuer ce qui a permis à de nombreuses start-up de se développer.

    Mais peu importe, car pour Neelie Kroes, le fait d’autoriser les FAI à sacrifier la neutralité du net « devrait également stimuler l’innovation et les investissements des fournisseurs internet« . Rien d’étonnant lorsque l’on se souvient que la même Neelie Kroes avait convoqué les grands patrons des télécoms à Bruxelles pour leur demander comment négocier l’investissement continu dans le développement du très haut débit en Europe.

    http://www.numerama.com/magazine/24799-bruxelles-annonce-la-mort-d-un-internet-identique-pour-tous.html

     

  • Durée du travail au Moyen Age

  • 43 sites pollués par la radioactivité en France

    La France comptait 43 sites pollués par la radioactivité fin 2010. Ces sites correspondent pour beaucoup à des ateliers de production de radium ou à des dépôts de stockage qui ont vu le jour au début du XXe siècle.

    L’inventaire national de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) publié mercredi révèle que quarante-trois sites pollués par la radioactivité étaient recensés fin 2010 en France, pour la plupart réhabilités ou en passe de l’être. Il s’agit essentiellement de sites où du radium (ou des objets en contenant) a été fabriqué, entreposé ou commercialisé durant la première moitié du XXe siècle. L’intérêt pour ces objets tenait aux propriétés radioactives du radium (objets médicaux ou paramédicaux) ou en dérivait (comme la radioluminescence pour les cadrans des horloges, les tableaux de bord des avions etc), relève l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

    Parmi les sites pollués, on trouve également d’anciens établissements industriels exploitant des minerais radioactifs (mines d’uranium) ou destinés à en extraire des « terres rares ». C’est le cas par exemple de l’ancienne usine Orflam-Plast, à Pargny-sur-Saulx dans la Marne, qui fabriquait des pierres à briquet à partir d’un minerai riche en thorium. Ces 43 sites identifiés sont essentiellement répartis à Paris, en Ile-de-France, ainsi que dans l’est et le sud-est.

    Déjà plus de 1,3 million de m3 de déchets nucléaires, ce sera plus en 2030

    Par ailleurs, l’Autorité de sûreté nucléaire a lancé fin 2010 une « Opération diagnostic radium » visant à contrôler 134 sites qui auraient pu manipuler la radioactivité par le passé. En accord avec les propriétaires, des experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se rendent sur place. Si leur inspection met en évidence des traces de radium, les sites pollués sont réhabilités aux frais de l’Etat tandis qu’un suivi sanitaire des populations concernées peut être mis en place. Une carte des sites pollués est consultable sur le site de l’Andra.

    1,320 million de mètres cubes de déchets nucléaires en tous genres étaient recensés en France fin 2010, selon l’Andra. Mais ce chiffre est appelé à doubler puisque le volume devrait atteindre 2,7 millions de m3 en 2030. D’où proviennent ces déchets dits radioactifs ? Principalement des centrales nucléaires (59%) mais aussi de laboratoires de recherche (26%), des activités militaires (11%), de l’industrie non nucléaire (3%) et du secteur médical (1%), selon l’Andra.

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