• Faut-il craindre un crack des marchés obligataires ?

    Faut-il craindre un crack des marchés obligataires ?

    Crédit photo © Reuters

    (Boursier.com) — La Banque fédérale américaine a laissé entendre, cette semaine, qu’elle pourrait infléchir sa politique monétaire accommodante en cessant ses achats d’obligations. Au sein de la Fed, cette stratégie est, de longue date, ardemment débattue et a ses détracteurs, mais l’annonce a tout de même surpris… Sur les marchés financiers, son évocation a attisé la crainte d’un changement de cap de la politique financière américaine. La Fed n’a pas encore tranché, mais certains se sont émus de ce changement de décor, évoquant un possible crack des marchés obligataires….

    Les taux d’intérêt longs sont au plus bas depuis un siècle
    Interrogé sur ce sujet lors de conférence de présentation des résultats 2012 à la presse, Henri de Castries a estimé qu’il convient de prendre un peu de hauteur sur ce sujet, dans une approche plus distante et sereine. Le PDG du groupe d’assurances Axa s’explique : Les taux d’intérêt long, du fait de politiques extrêmement accommodantes des banques centrales, ont atteint, en 2012, leur plus bas niveau historique depuis probablement un siècle. C’est vrai sur les taux nominaux ; il en va presque de même sur les taux réels car l’inflation est plus faible. Ce phénomène n’est donc pas durable !

    Logique remontée des taux
    Ces politiques extraordinairement accommodantes, que d’aucuns ont appelé répression financière sur les épargnants, avaient pour objectif de permettre aux marchés, notamment interbancaires, de se stabiliser et de permettre aux banques de retrouver, peu à peu, une santé financière un peu meilleure a rappelé Henri de Castries qui poursuit : Il me semble que ces politiques, avec le redémarrage de la croissance dans les grandes économies mondiales, notamment aux Etats-Unis, sont en train d’arriver à leur terme comme le montre le débat qui est en train de prendre corps au sein du Conseil de la Fed. Il ne me semble pas déraisonnable de penser que les taux d’intérêt long devraient progressivement, sauf accident, remonter pour retrouver un peu leur taux d’équilibre de long terme.

    Tout béno pour les sociétés financières et les épargnants !
    Partant des niveaux planchers actuels, tout serait ensuite fonction de la vitesse de remontée des taux et de la capacité des marchés à les intégrer. Si cette remontée se fait de façon graduelle et sans accident, ceci est loin d’être une mauvaise nouvelle pour les assureurs. Au contraire ! Les assureurs -qui sont de gros épargnants- et les épargnants -qui leur confient au travers de la gestion d’actifs, sur les unités de compte, de l’argent à gérer- sont victimes d’une situation où les taux d’intérêt long sont trop bas. Henri de Castries conclut : Toute remontée progressive des taux d’intérêt est quelque chose que nous saluons plutôt avec un assez grand intérêt. Ensuite, il va falloir regarder le rythme avec lequel cela se produit a conclu le PDG du groupe d’assurances.

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