• Le parlement grec annule le droit à l’enseignement gratuit

    Jeudi 28 mars, le parlement grec a adopté une loi, nommée Plan Athéna, qui vise à démolir l’enseignement supérieur gratuit et fourni par l’Etat. La loi a été passée de force en violation flagrante de la constitution grecque qui ne permet pas l’abolition des universités.

    La loi a été adoptée avec 148 voix pour et 125 contre. Les députés de la Gauche démocratique, le plus petit des trois partis formant la coalition dirigeante qui comprend aussi le parti conservateur Nouvelle Démocratie et le PASOK social-démocrate, ont voté contre ces mesures. Leur démarche était entièrement fondée sur le fait qu’un soutien à cette loi aurait risqué de mettre en cause leur possibilité à servir de caution de « gauche » à la stratégie d’austérité du gouvernement.

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    Athéna a pour conséquence la fermeture immédiate de quatre universités (soit dix pour cent des 40 restant). Il s’agit de l’université de Grèce-centrale, l’université de Grèce-occidentale, l’université internationale hellénique et l’université de Macédoine-Occidentale.

    Environ 20 pour cent des instituts supérieurs d’enseignement technologique de Grèce seront également abolis et un certain nombre d’autres fusionneront pour devenir des facultés privatisés. Actuellement, il existe un nombre total de 534 départements comprenant 289 départements universitaires et 245 départements d’instituts supérieurs d’enseignement technologique. Un total de 129 universités (AEI) et d’instituts supérieurs d’enseignement technologique (TEI) seront fermés immédiatement et 26 autres départements disparaîtront progressivement.

    Depuis que le Plan Athéna – qui porte cyniquement le nom de la déesse grecque de la sagesse – a été pour la première fois annoncé en janvier, des dizaines de milliers d’étudiants et de jeunes ont protesté pour empêcher son adoption.

    Au moment de son passage, plus de 5.000 étudiants, dont certains venant des facultés de Patras et d’autres villes, protestaient devant le parlement d’Athènes. Après s’être rassemblée devant l’université d’Athènes, la manifestation s’est rendue sur la place principale Syntagma via la Place Oamonia et la rue Stadiou. En dépit d’une forte présence policière et du recours aux gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, de nombreux étudiants sont restés dans les parages. Les étudiants ont incendié un drapeau de l’Union européenne pour protester contre le programme d’austérité appliqué en son nom.

    Un manifestants a dit à PressTV, en insistant sur le caractère dictatorial de la nouvelle loi, « Aujourd’hui, ils ont adopté une loi sans précédent qui permettra au ministre de l’Education d’imposer une loi sur les restrictions et les réductions des dépenses sans que le parlement ait à voter. Sa seule signature suffira pour cela. Mais, nous le l’accepterons pas. Ils gèrent notre avenir et ils verront que nous sommes contre eux. »

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    D’autres manifestations ont eu lieu le même jour dans la deuxième ville de Grèce, Thessalonique, et auxquelles des étudiants venant de la ville de Serres ont également participé. Une manifestation s’est aussi déroulée à Larissa, la plus grande ville et capitale de la région de Thessaly.

    Les protestations des étudiants ont été provoquées par un chômage systémique des jeunes qui atteint maintenant presque 60 pour cent. De nombreux étudiants ont fait référence à la mort de deux étudiants de l’université de Larissa, suite à une intoxication au monoxyde de carbone début mars, comme symbole des terribles conditions auxquelles ils sont confrontés. Tous deux essayaient de chauffer leur logement à l’aide d’un poêle de fortune lorsqu’ils ont lentement perdu connaissance. Trois autres étudiants présents dans la maison ont été hospitalisés et deux d’entre eux sont dans le coma entre la vie et la mort.

    Sur 63 villes à l’échelle nationale, Athéna en laissera 12 sans établissement d’enseignement supérieur, sans faculté ni école. L’on estime que plus de 20.000 étudiants seront contraints d’abandonner leurs études ou de déménager dans une autre ville. Le personnel enseignant et les employés des facultés seront licenciés.

    Alors que les cours sont réduits à un minimum et que seuls ceux jugés rentables pourront survivre, les réductions auront un sérieux impact sur les diplômés du secondaire qui souhaitent faire des études supérieures. L’on évalue que pour cette seule année universitaire, le nombre des candidats admissibles à l’université a chuté de 77.000 l’année dernière à 55.000 cette année.

    L’université de Macédoine occidentale en est un exemple et elle sera supprimée en tant qu’établissement autonome. Cinq de ses six départements (dont quatre se trouvent dans la ville de Florina et deux à Kozani) relèveront de l’université Aristote de Thessalonique et de l’université de Macédoine, et un département sera supprimée.

    Les coupes faites à l’institut d’enseignement technologique de Macédoine occidentale sont bien plus profondes sous le plan Athéna qu’initialement prévues : seuls neuf des 20 vingt départements de l’établissement resteront, contre 13 prévus à l’origine.

    En faisant passer de force Athéna, l’élite dirigeante grecque est en train de démanteler le système éducatif en créant les conditions pour une reprise par le privé de l’enseignement, en violation flagrante de la constitution grecque.

    Le droit à l’enseignement gratuit a pour la première fois été ancré dans la constitution après la chute de la junte militaire en 1974. En 1975, l’article 16 devenait partie intégrante de la constitution en stipulant « Tous les Grecs ont droit à l’enseignement gratuit à tous les niveaux des établissements d’enseignement de l’Etat. » Il poursuit, « L’enseignement au niveau des universités sera exclusivement fourni par des établissements qui sont des personnes morales autonomes de droit public. »

    Le point 16:8 de la constitution dit, « La mise en place d’établissements de niveau universitaire par des personnes privées est interdite. » Alors que la constitution permet la « fusion ou le fractionnement d’établissements de niveau universitaire, » elle ne permet par leur abolition comme le dicte le plan Athéna.

    Dans le cadre d’Athéna, il sera plus facile à des entreprises privées d’investir dans les facultés et de nommer le personnel de leur choix, en introduisant ainsi le parrainage privé dans les services éducatifs. Les établissements seront obligés de rechercher un parrainage privé et de lier de plus en plus leurs programmes d’enseignement aux exigences du marché. Athena a pour objectif de promouvoir les facultés qui se spécialisent en économie et en affaires tandis que les autres départements seront laissés à l’abandon.

    Le plan Athéna est le point culminant d’une attaque massive contre l’enseignement public, exigée par l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire International conformément aux termes des prêts de 240 milliards d’euros accordés à la Grèce. En août dernier, le ministre de l’Education, Constantinos Arvanitopoulos, avait dit, « Il est impossible pour un pays de 11 millions d’habitants de s’offrir le luxe d’une quarantaine d’universités alors que d’autres pays, comme Israël, n’en ont que sept ou huit. »

    Ces dernières années, les universitaires ont connu des réductions de salaire de plus de 50 pour et les budgets de nombreux établissement ont aussi été réduit plus que de moitié. Les professeurs ont aussi manifesté dernièrement par milliers aux côtés des universitaires et des élèves contre les réductions dans le primaire et le secondaire.

    Le niveau des coupes est tel dans le budget de l’éducation qu’une grande partie de l’infrastructure scolaire a été détruite. Partout dans le pays durant les mois d’hiver, des centaines d’établissements scolaires ont été obligés de fonctionner sans fuel de chauffage, sans ordinateurs et avec des manuels scolaires en nombre insuffisant.

    (Article original paru le 2 avril 2013)

  • Un des auteurs de « L’innocence des musulmans » arrêté

    LOS ANGELES (Reuters) – Nakoula Basseley Nakoula, lié à la production du film islamophobe « L’innocence des musulmans » à l’origine de violentes manifestations à travers le monde arabo-musulman, a été placé jeudi en détention provisoire par une juge de Los Angeles qui a refusé de le remettre en liberté sous caution.

    Agé de 55 ans, il a comparu dans la journée devant une juge fédérale qui cherche à déterminer si ce copte égyptien résidant en Californie, condamné pour fraude bancaire en 2010, a respecté ou non le régime de probation qui lui a été imposé à sa remise en liberté en 2011.

    Il avait notamment l’interdiction d’utiliser internet ou de se servir de pseudonymes sans l’accord préalable de son officier de probation.

    La juge Suzanne Segal a motivé sa décision en expliquant notamment qu’il existait un risque que Nakoula prenne la fuite. Elle a également invoqué un « système de duperie ».

    « La cour ne fait pas suffisamment confiance au prévenu pour le moment », a-t-elle dit.

    L’avocat de Nakoula, Steve Seiden, qui avait réclamé sa remise en liberté contre une caution de 10.000 dollars, s’est dit « extrêmement préoccupé pour sa sécurité ».

    Selon les témoignages de personnes ayant participé à la production de « L’innocence des musulmans », Nakoula aurait produit sous le pseudonyme de Sam Bacile ce film qui dépeint le prophète Mahomet sous les traits d’un obsédé sexuel aux capacités intellectuelles limitées.

    La diffusion sur internet d’extraits de la vidéo a déclenché de violentes manifestations de colère depuis le 11 septembre dernier dans le monde arabo-musulman. Quinze personnes ont été tuées vendredi dernier lors de manifestations au Pakistan.

    Les premières manifestations ont coïncidé avec l’attaque du consulat américain de Benghazi, fatale à l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye et à trois autres Américains.

    Les autorités américaines ont condamné la vidéo, mais également souligné que la liberté d’expression devait s’appliquer à ses auteurs.

    Tout en jugeant ce film « écoeurant et répréhensible », la secrétaire américaine d’Etat, Hillary Clinton, a ainsi déclaré le 13 septembre que les Etats-Unis avaient « une longue tradition de liberté d’expression qui fait partie intégrante de notre Constitution et de nos lois ». « Et nous n’empêchons pas les citoyens d’exprimer leurs points de vue, quand bien même ils seraient déplaisants », a-t-elle ajouté.

    Capture d'écran du film, «L'Innocence des musulmans», réalisé par Sam Bacile

    Le film qui n’existait pas !!

    Le promoteur immobilier israélo-américain Sam Bacile s’était vanté au Wall Street Journal d’avoir réalisé une superproduction de deux heures dotée d’un budget de cinq millions de dollars (environ quatre millions d’euros). Une semaine plus tard, il ne reste plus grand-chose d’un canular qui aura réussi à faire s’enflammer le monde arabe. 20 Minutes récapitule tous les mensonges du maléfique auteur de L’Innocence des musulmans.

    Il ne s’appelle pas Sam Bacile

    Même s’il s’en défend encore, Nakoula Basseley Nakoula a été débusqué et démasqué. Il n’est pas juif mais chrétien copte d’origine égyptienne, auteur de nombreuses escroqueries impliquant de fausses identités qui lui ont valu de la prison par le passé.

    Il n’est pas le réalisateur

    D’après des membres de l’équipe technique et du casting, «Sam Bacile» n’aurait eu qu’un seul rôle de producteur. Le réalisateur serait un certain Alan Roberts qui ignorait, comme tous ceux qu’il dirigeait, le véritable dessein du film.

    Le film s’intitulait «Le Guerrier du désert»

    Les 60 acteurs et 45 membres de l’équipe technique ont ainsi tous été dupés. Les témoignages divergent mais, en gros, ils pensaient tourner «un film sur l’époque du Christ, il y a deux mille ans», intitulé Le Guerrier du désert, a résumé Cindy Lee Garcia, la seule actrice à être montée publiquement au créneau contre la supercherie dans laquelle elle a été impliquée sans le savoir. C’est en postproduction que le scénario a été détourné et les dialogues originels grossièrement doublés pour en faire un pamphlet anti-islam.

    La «bande-annonce» serait le film

    Malgré les deux heures promises par Sam Bacile, personne n’a été en mesure de voir plus que les quatorze minutes de la «bande-annonce» – en réalité, une compilation d’extraits-, diffusées sur YouTube. «Nous avons cherché partout un film entier et nous n’avons rien trouvé. Le film n’existe pas», a affirmé au Hollywood Reporter Marium Mohiuddin, membre du Conseil musulman des affaires publiques, qui conseille les studios de cinéma sur la manière de représenter correctement les musulmans à l’écran. Une projection du film, sous un nom autrement plus attractif – L’Innocence de Ben Laden -, avait tout de même été organisée dans un cinéma de Los Angeles en juin dernier, mais n’avait attiré qu’à peine quelques spectateurs. Impossible de savoir cependant s’il s’agissait d’une version longue, le seul employé du cinéma présent n’a pas regardé jusqu’au bout.

    Un budget exagéré

    Cinq millions de dollars recueillis auprès de généreux donateurs juifs. La somme est sans doute largement exagérée à la vue du film, tourné le temps d’un été, à 90% sur fond vert, avec des effets spéciaux minimalistes. Ce sont les locaux de la société de production évangélique «Media for Christ» qui ont accueilli le tournage pendant une dizaine de jours. Les scènes en extérieur ont été tournées devant le domicile de Nakoula Basseley Nakoula ou le temps d’une seule journée dans un ranch spécialisé dans les tournages. «Media for Christ» affirme aussi avoir été trompée sur l’objet du film. S’il ne provient sans doute pas de donateurs juifs, l’origine et le véritable montant du financement restent inconnus.

     

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