• En Bulgarie, on se révolte aussi et l’Europe s’en fiche

    On parle plus, en Europe, du Brésil que de la Bulgarie. Pourtant, depuis cinq semaines, les Bulgares sont dans la rue. Contre la corruption, mais pas seulement.


    Lors d’une manifestation contre le gouvernement à Sofia, le 11 juillet 2013 (DIMITAR DILKOFF/AFP)

    Cette nuit, le parlement a été assiégé. Une trentaine de députés et trois ministres s’y trouvaient pour discuter une actualisation du budget, des journalistes étaient aussi présents pour la couvrir. Pendant plus de neuf heures, toutes ces personnes,109 en tout, sont donc restées bloquées dans le Parlement bulgare.

    La foule à l’extérieur criait :

    « Mafia. »

    Ou encore :

    « Démission. »

     

    Ils réclament la démission du gouvernement

    Comme le rappelle notre partenaire Global Voices Online, la contestation massive, qui avait débuté le 14 juin 2013 après la nomination d’un député controversé, Delyan Peevski, à la tête de la sécurité nationale bulgare, a vu augmenter sans relâche le nombre de citoyens qui rejoignent les manifestations quotidiennes dans les rues de la capitale Sofia et des autres villes du pays.

    Si Peevski a aussitôt donné sa démission, les protestataires réclament celle du gouvernement à peine formé et des réformes majeures dans plusieurs domaines.

    Le parti socialiste bulgare et son partenaire au gouvernement, le Mouvement des droits et devoirs (MDD) représentant la minorité turque, ont refusé de céder le pouvoir malgré la contestation, qui revendique en particulier plus de transparence et moins de corruption dans l’administration, une action contre le crime organisé, et la fin du « règne de l’oligarchie ».

    « L’indignation, pas un trait dominant des Bulgares »

    Une riveraine, Iva, nous a écrit pour nous raconter son engagement dans ces manifestations. Elle commence son récit par ces mots :

    « L’indignation n’est pas l’un des traits dominants des Bulgares. »

    Pour elle, le ras-le-bol des Bulgares vient de très loin :

    « Il faut chercher les racines de ce mécontentement pas seulement dans les décisions de ce gouvernement fragile mais dans toutes les années de “transition”, terme désignant les 24 ans de tentatives des gouvernements de passer de l’idéalisme communiste vers la démocratie telle qu’on la connaît des sociétés occidentales. »

    24 ans de déceptions.

    « Moi, je fais partie de ces gens qui, payant leurs factures, ayant leur travail et essayant d’entretenir l’économie vivante, en ont marre de cette situation et surtout, ont refusé de garder silence.

    Nous ne sommes pas les manifestants habituels et payés par les partis, nous sommes ceux qui sont désignés comme la classe moyenne (si elle existe vraiment), ceux qui ont grandi dans ces 24 ans de transition, ceux qui veulent une vie digne pour leurs enfants, ceux qui veulent un gouvernement intelligent, constitué d’experts, pas de groupes privés d’oligarques experts […]. »

    C’est si simple pour une société démocratique et si dur pour une société qui continue à concentrer le pouvoir dans les mains des mêmes politiques qui ont entretenu le communisme dans le pays pendant 44 ans. »

    Elle conclut son témoignage en vantant l’aspect fédérateur du mouvement qui réunit de manière large et sans donner d’étiquettes, dit-elle.

    « On appelle ce mouvement la “Révolution de l’Intelligence”, et jusqu’à maintenant nous ne croyons pas que ce nom ne soit donné en vain – les manifestations continuent, calmes, sans violences (malgré les provocations des parties), vous verrez les sourires des gens, l’optimisme et leur regard bien aiguisé, jugeant ceux qui étaient, qui sont et qui seront au pouvoir dans leur pays… »

    Les « vagabonds bulgares »

    Depuis son témoignage écrit à la fin du mois de juin, pour la première fois, des incidents ont éclaté mardi soir entre policiers et manifestants, faisant redouter un recours à la force pour briser cette prise de parole massive de la société bulgare.

    Dans la nuit de mardi à mercredi, vers 3h30, la police est finalement parvenue à briser les barricades.

    L’une des plus importantes manifestations du mouvement a eu lieu le dimanche 7 juillet, vingt-cinquième jour des manifestations, avec l’objectif défini de remplir les trois kilomètres qui séparent Orlov most (le pont des Aigles), au centre de Sofia, et l’hôtel Pliska.

    Une mer de manifestants remplit les trois kilomètres séparant le rectorat, pont Orlov, de l’hôtel Plskal. (Photo avec l’autorisation de la page Facebook « Du rectorat à l’hôtel Pliska »)

    Une mer de manifestants remplit les trois kilomètres séparant le rectorat, pont Orlov, de l’hôtel Plskal. (Photo avec l’autorisation de la page Facebook « Du rectorat à l’hôtel Pliska »)

    Une page du nom de « Le vagabond bulgare » (« vagabond » est devenu le sobriquet répandu en Bulgarie d’un député socialiste, Hristo Monov, qui avait traité les manifestants de « vagabonds ») a été lancée sur Facebook pour ridiculiser les écarts entre les sources officieuses et l’information officielle.

    « Le pouvoir est effrayé »

    Le journaliste Tony Nikolov a écrit sur l’édition en ligne du magazine Kultura :

    « La manifestation citoyenne de masse devrait être comprise par les autorités comme une question qui mérite une réponse immédiate. Pourtant il n’y a aucune sorte de réponse – plus de vingt jours, qui ont mené à une situation de “parlement assiégé”. »

    « [Le pouvoir] sait qu’il ne résisterait pas à une épreuve de force directe. Il est effrayé. Voilà pourquoi il l’évite à tout prix. Il y aura des excuses, du pardon, des roques, des échanges de places, des décisions, de la montre, des imitations, quelques têtes jetées en pâture à la rue… »

    En février, Boïko Borissov, l’ancien ministre-président avait démissionné après de grandes manifestations contre la hausse des prix de l’électricité. Il s’est exprimé mardi soir pour conseiller à son successeur, Plamen Orecharski, de faire la même chose :

    « J’insiste pour une démission immédiate du gouvernement. C’est la seule façon de calmer les gens. »

    A noter tout de même, dans cette indifférence générale, la réaction de Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, dans un tweet daté du 23 juillet :

    « A Sofia, j’exprime mon soutien aux citoyens bulgares, qui manifestent contre la corruption. »

     Source : http://actuwiki.fr/actu/23294

  • Indignation face à une affaire de corruption politique massive

    [Les liens de ce billet renvoient vers des pages web en espagnol.]

    L’enquête sur une affaire de corruption politique, connue comme l’affaire « Gürtel », a révélé des faits plus graves, notamment le versement au noir d’importantes sommes d’argent aux politiciens à la tête du Parti populaire (PP), qui dirige actuellement l’Espagne. L’ex-trésorier du PP, Luis Bárcenas, qui disposait toujours il y a quelques semaines d’un bureau au siège du parti avec le soutien de ses dirigeants, fait actuellement l’objet d’une enquête suite à la découverte de 22 millions lui appartenant sur compte en Suisse et du versement de salaires au noir, durant de nombreuses années, à d’importants dirigeants politiques.

    Il pourrait s’agir de la plus importante affaire de corruption de l’histoire de la démocratie espagnole. Malgré la gravité des faits, les personnes impliquées continuent à réfuter les accusations, se vantent de posséder des comptes transparents et continuent à demander à la population de se serrer la ceinture à cause de la crise que le pays traverse. Pour récupérer la confiance des citoyens et prouver leur innocence, des membres du parti ont proposé de solutions telles qu’un audit interne et des déclarations sous serment de leurs revenus, ce qui a irrité encore plus les citoyens.

    Mapa de corrupción política en España. Por Corruptódromo. Utilizada bajo Licencia CC BY-SA.

    Carte de la corruption en Espagne, via Corruptódromo. Publication sous licence CC BY-SA.

    Cette affaire a suscité de fortes réactions et donné lieu à des actions de protestation, aussi bien dans la rue que sur le Web. Bien que Twitter ait fonctionné par intermittence hier, les internautes ont réussi à convoquer une manifestation devant le siège du PP à Madrid. Comme cela s’était déjà passé, la police a fermé la rue Génova, où il se trouve, mais de chaque côté de la rue, une masse de citoyens scandait des slogans, tels que « Gouvernement, démission » , « Voilà la caverne d’Ali Baba » et même « Le président est un délinquant ».

    Vista aérea de la concentración en Madrid ante la sede del Partido Popular. Foto de Periodismo Humano publicado bajo Licencia CC.

    Vista aérea de la concentración en Madrid ante la sede del Partido Popular. Foto de Periodismo Humano publicado bajo Licencia CC.

    Depuis la publication, par El País, des documents secrets qui pourraient apporter la preuve de rémunérations illégales à des membres du PP, les critiques de la population ont circulé via les réseaux sociaux. Sur le site Change.org, une pétition en ligne, toujours disponible, a récolté plus de 100 000 signatures en 10 heures demandant la démission du gouvernement espagnol. Une initiative appelle les Espagnols à envoyer des milliers de dessins d’enveloppes (il semblerait que l’argent ait été distribué dans des enveloppes), sur la page Facebook du parti. Les responsables de la communication du parti, n’arrivent pas à tenir le rythme pour faire disparaître ces commentaires publiés en masse.

    Imagen humorística para convocar la concentración contra la corrupción del gobierno. Tomada de Periodismo Humano bajo Licencia CC.

    Image humoristique de convocation de la manifestation contre la corruption. Publiée sur le site Tomada de Periodismo Humano sous licence CC.

    Le mot-clic #lospapelesdebárcenas s’est placé parmi les plus utilisés dans le monde, comme l’ont rapporté différents médias, et d’autres mots-clic en lien avec cette affaire sont apparus sur Twitter. Par exemple, #pelisconbárcenas, a donné libre cours à l’imagination des internautes qui ont commenté la nouvelle via des titres de films connus, signalant ainsi que la réalité semble bien dépasser la fiction. #DondeestaRajoy [« Où est Rajoy »] est venu dénoncer le silence du président Mariano Rajoy qui n’a fait aucune déclaration concernant l’affaire ou son implication.

    La presse internationale s’est fait l’écho de la grave situation que traverse l’Espagne et de nombreux internautes ont signalé que si l’image de la « marque Espagne » est mise à mal, c’est bien le gouvernement qui en est responsable et non les manifestants, se référant aux accusations que celui-ci avait prononcé.

     ‏@LivingInGreen : Quand nous manifestons, nous donnons une mauvaise image de l’Espagne. Quand le parti qui nous gouverne vole, non. #lospapelesdeBárcenas Il faut le voir pour y croire…

    Les blogueurs espagnols n’ont pas manqué de donner leur opinion sur ce scandale. Principia Marsupia a publié un billet intitulé 4 modestas propuestas para una revolución en España [« 4 modestes propositions pour une révolution en Espagne »] qui appelle les membres des différents partis, les citoyens disposant d’un compte en banque et les fonctionnaires de l’administration et des secteurs stratégiques à dénoncer les irrégularités et à se mobiliser pour tenter de mettre fin à ces scandales financiers. Il semblerait qu’enfin certains réagissent puisque des élus et des affiliés au parti ont présenté leur démission et abandonné le gouvernement.

    Certains sont de droite, d’autres de gauche. Espérons que cela ne change pas : la confrontation des idées et le débat rigoureux sont des conditions fondamentales pour qu’une société aille de l’avant. Toutefois, je crois que beaucoup d’entre vous s’accorderont sur le fait que le niveau de putréfaction de notre système politique a atteint une limite et que nous pouvons travailler ensemble sur ce projet.

    Ecrit par Elena Arrontes · Traduit par Pauline Ratzé

    Source

  • Après l’Espagne, la Grèce et le Portugal, la grogne gagne l’italie…

    Des heurts ont opposé des jeunes et des policiers à Milan, à Rome et à Turin ce vendredi en Italie où des milliers d‘étudiants et de lycéens ont protesté contre les mesures d’austérité du gouvernement.

    Des manifestations ont eu lieu aussi à Pise, Bologne, Florence et Palerme.
    “Sauvez les écoles, pas les banques”, scandaient des jeunes.
    Les manifestants protestent contre les coupes dans le budget de l‘éducation qui ont été réalisées par le précédent gouvernement, celui de Silvio Berlusconi. Ils déplorent aussi que le chef du gouvernement Mario Monti n’ait pas pris de mesures en faveur de ce secteur.
    “Nous descendons dans la rue non seulement pour dire que nous n’acceptons pas ces politiques d’austérité, mais aussi pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les problèmes des écoles, pour dire que l‘école est une secteur important, celui qui forme la société”, explique Matteo, un manifestant.

    Des étudiants et des lycéens participeront certainement à la manifestation du 27 octobre à Rome contre l’austérité.

    Avec AFP et Reuters

    Source : http://fr.euronews.com/2012/10/05/italie-manifestations-d-etudiants-et-lyceens-contre-l-austerite/

  • Passage d’une loi interdisant les grèves au Québec pour empêcher les protestations légales

    Le Québec tranquille c’est fini. La Belle Province se rebelle avec force, dans la rue et sur les réseaux, contre des articles de loi dignes d’un État policier. Avec Twitter comme point de convergence. Défiant la police, les québécois crient leur colère depuis la loi liberticide de vendredi dernier. Le texte était supposé mettre fin aux manifestations étudiantes contre l’augmentation des frais de scolarité.

     

     

    Cent. C’est le nombre de jours qui se sont écoulés depuis qu’a débuté le “printemps érable”, ce mouvement des étudiants québécois contre l’augmentation programmée de leurs frais de scolarité. D’ici 2017, ils pourraient ainsi passer de 2 168 dollars à 3 793 dollars par an, soit une augmentation de 75%.

    Mais depuis vendredi, la contestation s’est étendue à toute la population, suite à la promulgation d’une loi spéciale.  Votée après vingt-et-une heures de débat, la loi 78 vise à limiter les manifestations et à éradiquer les piquets de grève devant les établissements universitaires, jusqu’en juillet 2013. Les organisateurs de manifestations sont désormais tenus de prévenir huit heures à l’avance les autorités pour tout événement rassemblant plus de cinquante personnes. Ils doivent en communiquer le parcours ainsi que la durée. Rien que nous ne connaissions déjà en France.

    Mais pour les Québécois, très syndiqués, cette mesure, qui vise en premier lieu à museler les étudiants, prive surtout la population dans sa globalité de sa liberté d’expression et de sa liberté d’association. En cas de non-respect de la loi, les sanctions sont drastiques : de 1 000 à 7 000 dollars d’amende pour un individu et jusqu’à 125 000 dollars pour une association. Pour Moïse Marcoux-Chabot, documentariste québécois, cette loi censée ramenée l’ordre a eu l’effet inverse :

    Supposée ramener l’ordre, cette loi est aujourd’hui en passe de devenir l’objet et la motivation principale de la manifestation.

    Au lendemain de la promulgation de la loi, la 27ème manifestation nocturne (et consécutive) des étudiants était déclarée illégale par le service de police de la ville de Montréal, dix minutes après avoir commencé. La situation a rapidement tourné au grabuge : trois cents arrestations, une dizaine de blessés dont un blessé grave dénombrés le lendemain.

    Brutalités

    De nombreux journalistes ont été arrêtés avant d’être finalement relâchés une fois leur identité vérifiée. Un soulèvement et une répression sans précédent au Québec, réputée pour être du coté tranquille de la force. Et c’est par le biais d’un tweet que les manifestants ont vite été prévenus de l’illégalité de leur mouvement :

     » Avis donné à la foule : illégale, les gens doivent quitter immédiatement.  »

    Aujourd’hui, manifestants et forces de police s’affrontent dans les rues comme sur les réseaux. La police de Montréal, déjà très présente sur Twitter, live-tweete les actions de ses brigades et le parcours des manifestants. À chaque manifestation nocturne, les messages de 140 signes s’enchainent, rassurent, dédramatisent, informent ou désinforment les 29 000 twittos qui suivent le compte @spvm. Les questions abondent et les accusations de brutalité policières pleuvent. Des accusations qui ne nous étonneraient pas en France où la défiance à l’égard des forces policières est fort, mais au Québec, où la confiance est maitresse, ces messages courts et incisifs semblent montrer un basculement progressif de l’opinion vis-à-vis des forces de police.

    En cause, les dispositifs de sousveillance ou copwatching (consistant à surveiller les surveillants) gérés par de nombreux manifestants qui publient des vidéos, parfois sans contexte, montrant le comportement agressif de certains policiers. Sur Facebook, une vidéothèque a même été montée, alimentée par les 410 membres pour inciter les grands médias à parler de ces dérapages. Si les sources et le contexte sont insuffisants, les vidéos sont explicites : coups de matraques, voiture de police vs manifestants, et usage abusif de bombes lacrymogènes sur des manifestants certes un peu provocateurs mais pas agressifs. Cette page Facebook illustre bien la désobéissance qui peut naitre sur internet, selon le concept d’”electronic civil disobedience” (ECD), qui a émergé dans les années 90.

    Sur Twitter, les mêmes hashtags #manifencours #GGI (Grève Générale Illimitée) sont utilisés à la fois par les manifestants et par les forces de police. Pourtant, le risque d’une utilisation des tweets par la police pour tracer et sanctionner les manifestants n’est pas à écarter. Une méthode laissée cependant à l’appréciation du procureur comme l’indique la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, qui a remplacé au pied levé Line Beauchamp après sa démission :

    Loi matraque

    Face à la probable instrumentalisation judiciaire de Twitter, @leclown, un twittos français a décidé de contourner la législation et d’offrir aux Québécois un espace de parole bien chaud, protégé et anonyme. Le compte @manifencoursQbc propose ainsi depuis lundi de retwitter anonymement les messages privés qui lui sont envoyés. Pour le moment, seuls 372 utilisateurs se servent de ce robot. Si les utilisateurs de Twitter ne semblent pas inquiets, l’épluchage du réseau par la police est tout à fait envisageable pour @leClown :

    « Un grand nombre de personnes dévoilent leur véritable identité sur Twitter et je suppose que cela peut faciliter le travail d’une police déterminée à identifier les personnes diffusant des messages allant a l’encontre de l’ordre établi. Les réseaux sociaux peuvent être légalement passés au peigne fin. C’est cela qui m’a incité a créer le robot manifencoursqbc« 

    Ses craintes sont étayées par des précédents récents puisque des réseaux sociaux ont déjà été utilisés pour condamner des manifestants. Lors des émeutes de l’été dernier au Royaume-uni, la Metropolitan Police a épluché les conversations Blackberry des émeutiers. Une dérive très Big brother qui, au Québec, n’écorne pas la détermination des manifestations à utiliser Internet.

    Amir Khadir, député de Québec solidaire, le seul parti considéré comme de gauche, a dénoncé la loi spéciale, surnommée “Loi matraque” et a appelé la population à “réfléchir à la possibilité de désobéir à cette loi de manière pacifique”. Le site arretezmoiquelqu’un.com agrège ainsi les photos des “désobéissants”. Lancée hier soir, 2 728 personnes ont déjà participé à cette opération, et le site ne cesse d’enregistrer de nouvelles contributions.

    Des Anonymous ont apporté leur soutien en publiant deux vidéos–communiqués intitulées “OpQuébec” et diffusées sur YouTube depuis ce week-end. Au vu de l’usage de termes français et non québécois, elles ne semblent pas avoir été créées par une frange québécoise du collectif informel, comme l’analyse Florent Daudens sur Radiocanada.

    Devise

    Devant l’entrave à la liberté d’association et d’expression que constitue la loi 78, des Anonymous ont appliqué leurs sanctions habituelles. Ce lundi, le site Internet du ministère de la Sécurité publique du Québec, ainsi que celui de la Déontologie policière ont été “défaçés”. Ainsi, en lieu et place du site d’origine, on pouvait lire la devise Anonymous sur fond blanc :

    Cette grève étudiante est la plus importante que le pays ait connu avec un pic de  200 000 à 300 000 manifestants (pour sept millions d’habitants) qui ont défilé dans les rues de Montréal le 22 mars 2012, attirant les médias internationaux. Laquelle a récemment trouvé un second souffle dans la fronde grandissante des rues québécoises depuis samedi. En soutien, de nombreux rassemblements sont organisés aujourd’hui à New York ou à Paris, comme l’indique Occupy Paris sur son compte Twitter.

    Source : http://owni.fr/2012/05/22/le-quebec-vibre/

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