• L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER A TOUT INSTANT

    ====FLASH ! === EURO-TITANIC (nouvel épisode) ====
    => RECORD HISTORIQUE BATTU POUR LE TAUX DES OBLIGATIONS À 10 ANS DE L’ESPAGNE : 7,27100 %
    => LA BCE N’ACCEPTE PLUS LES TITRES GRECS EN GARANTIE
    => L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER A TOUT INSTANT
    => AFFOLÉES, LES BOURSES EUROPÉENNES S’EFFONDRENT
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    Les obligations à 10 ans viennent de battre un nouveau record historique, à 7,27100 %. Comme le montre le graphique actualisé ci-joint, qui retrace l’évolution des taux d’intérêt sur les obligations espagnoles à 10 ans, ce taux pulvérise tous les records antérieurs, notamment :

    a)- celui du 25 novembre 2011, où il avait atteint 6,700000 %

    b)- celui du 18 juin dernier, où il avait atteint 7,16000 %, niveau catastrophique qui avait conduit au fameux « Sommet de la Dernière chance » où François Hollande, l’Espagne et l’Italie avaient, ‘d’après le journal Le Monde, « fait plier Mme Merkel »… !

    [source : http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND ]

    Ce record historique du taux des obligations espagnoles à 10 ans témoigne d’une méfiance sans précédent des marchés financiers mondiaux quant à la capacité de l’Espagne à ne pas sombrer dans la faillite. Cette méfiance a été alimentée :

    – par les manifestations monstres qui ont été enregistrées dans 80 villes d’Espagne contre le plan de carnage social imposé par l’UE via le gouvernement fantoche de Madrid (cf. mon article d’hier à leur sujet)

    – par l’appel au secours lancé aujourd’hui par la région espagnole de Valence, qui a demandé à bénéficier du mécanisme d’aide de quelque 18 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour assainir les finances publiques des régions.


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    LA BCE N’ACCEPTE PLUS LES TITRES GRECS EN GARANTIE
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    Un malheur n’arrivant jamais seul, on a appris au même moment que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne plus accepter « pour le moment » que les banques déposent en garantie auprès d’elle des titres de dette émis par la Grèce.

    [source : http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_la_BCE_n_accepte_plus_temporairement_la_dette_grecque_en_garantie89200720121612.asp]

    Cette décision est annoncée comme étant provisoire et faite
    « dans l’attente du rapport de la troïka sur l’état d’avancement des réformes dans le pays. »

    Mais elle n’en constitue pas moins un nouveau signal de désintégration rapide de la zone euro.

    Elle signifie en effet qu’il est désormais officiellement reconnu que les titres d’un État membre de la zone euro sont potentiellement insolvables, et que les États membres de la zone euro ne sont donc plus sur un strict pied d’égalité juridique.

    Pour être précis, une mesure identique avait été prise l’an dernier, au plus fort de la crise grecque, lorsqu’il était apparu que la Grèce ne pourrait pas honorer ses échéances d’emprunt. Mais le plan de sauvetage, et l’abandon d’une partie très importante des créances sur la Grèce par les banques qui avaient fictivement présenté cet abandon comme « volontaire », avaient permis de ne pas déclarer la Grèce techniquement « en défaut » de paiement.

    C’est cet artifice qui avait permis à la BCE de reprendre ensuite les titres grecs en garantie.

    Mais à l’évidence, l’artifice est désormais abandonné et l’insolvabilité de la Grèce revient en force sur le devant de la scène.


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    LA MISSION CONFIDENTIELLE DE LA « TROÏKA » VIENT DE CONCLURE AU FAIT QUE LA SORTIE DE LA GRÈCE DE L’EURO
    EST DÉSORMAIS INÉLUCTABLE
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    Cette décision soudaine de la BCE ne tombe pas du ciel.

    D’après les informations confidentielles dont je dispose, certains responsables de la troïka (UE, BCE, FMI) se sont rendus en Grèce très discrètement au cours des derniers jours et sont revenus avec la conviction que, quel que soit le cas de figure, la Grèce ne peut plus faire autrement que de sortir rapidement de l’euro.

    Un pessimisme extrême a envahi les couloirs de la Commission européenne et de l’institution de Francfort car aucune simulation macro-économique, même outrancièrement optimiste, ne permet plus désormais d’envisager que la Grèce respecte les échéances de remboursement ni les engagements de réduction de déficits publics qu’elle a pris.

    Le refus de Berlin, mais aussi de La Haye et Helsinki, de transiger sur ces échéances en réaménageant pour la énième fois les conditions d’un plan de sauvetage, permet de clore la discussion : la Grèce va sortir de l’euro.

    Les deux questions qui restent sont : quand ? et comment ?

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    ATTENTION : L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER À TOUT INSTANT, SANS QUE LES EUROPÉISTES L’AVOUENT
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    Le distinguo juridique qui vient d’être décidé par la BCE doit être examiné avec la plus grande vigilance par les observateurs et les journalistes qui souhaiteraient faire leur métier plutôt que de nous raconter que le pauvre François Hollande a « fait plier Mme Merkel ».

    Cette décision de la BCE pourrait en effet préfigurer une annonce soudaine, d’apparence technique, qui signifierait le départ de la Grèce de la zone euro.

    Il suffirait que la BCE (prenant tout le monde de cours par exemple lors d’un week-end estival…) décide de « suspendre provisoirement la Grèce du système Target 2 », c’est-à-dire du système de paiement qui permet actuellement aux banques de l’Union européenne de transférer des fonds en temps réel par delà les frontières des États-membres, et cela de façon illimitée et au taux de change de 1 pour 1.

    En termes juridiques et technique, cette décision reviendrait à ne plus rendre fongible le passif du bilan de la Banque centrale de Grèce avec celui de la BCE.

    Formellement, cette décision pourrait être présentée hypocritement comme « temporaire » et comme « technique ».
    De fait, comme il n’y a pas 1 Français sur 10.000 qui sache ce qu’est Target 2, la décision pourrait être camouflée par nos médias asservis pendant quelques jours aux opinions publiques.

    Mais, très concrètement, elle signifierait que les euros en Grèce ne pourraient plus être transférés librement et au taux de 1 pour 1 vers les autres États de la zone euro.

    La conséquence immédiate en serait que les Grecs désireux de se procurer des euros pour faire des achats en France, en Allemagne, etc., devraient convertir leurs euros en Grèce en euros du reste de la zone euro.

    Ce qui donnerait instantanément naissance à un marché des changes entre les euros grecs non transférables d’un côté, et les euros transférables de la zone euro de l’autre côté.

    Compte tenu de la situation, les euros grecs non transférables subiraient une forte décote par rapport aux euros transférables de la zone euro. Un euro grec pourrait ne plus valoir, par exemple, que 0,65 ou 0,70 euro transférable.

    De facto, la Grèce serait sortie de l’euro. L’officialisation de cette sortie pourrait se faire ultérieurement, avec l’émission de nouvelles drachmes.

    Comme je l’ai expliqué dans ma conférence « La Tragédie de l’euro », cette sortie en catimini de la Grèce se solderait en outre par un coût colossal pour les États restants dans la zone euro : de l’ordre de 60 milliards d’euros pour la seule France.

    http://i0.wp.com/hartgeld.com/filesadmin/gallery3/FW-euro-titanic-deutsche.jpg?resize=499%2C401

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    CONCLUSION : LE NAUFRAGE SE POURSUIT INEXORABLEMENT
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    L’ensemble de ces informations a fait chuter les Bourses européennes : la Bourse de Madrid a clôturé en chute libre de – 5,82%, Paris a dégringolé de -2,14 %, Francfort de -1 ,90 %, et Wall street baisse actuellement (à 19h10, 20/07) de – 0,92 %, ce qui est beaucoup pour la première capitalisation mondiale.

    Au même moment, l’euro est reparti fortement à la baisse, en chutant de -0,87 % à 1,2166 dollar.

    L’agonie de l’euro se poursuit donc, conformément à ce que je n’ai cessé d’analyser et de prévoir depuis plusieurs années. Comme dans une tragédie grecque, certains acteurs tentent de tout faire pour empêcher l’issue fatale, mais ces tentatives désespérées n’ont pour effet que de rendre plus désastreuses encore les conséquences à venir de ce naufrage continental.

    Une nouvelle fois, j’adjure les responsables politiques français de prendre avec lucidité toute la mesure de la situation. Ils doivent prendre l’initiative de faire sortir la France de ce désastre avant qu’il ne soit trop tard et que nous ne soyons entraînés dans une spirale de coûts financiers de plus en plus délirants.

    Je ne me fais bien entendu pas d’illusion sur la probabilité que je sois entendu. C’est la raison pour laquelle j’appelle tous mes lecteurs à prendre la décision de sauter le pas et de rejoindre maintenant notre rassemblement.

    François ASSELINEAU
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  • La mort de l’euro ?

    La petite phrase de la chancelière allemande selon laquelle il n’y aurait pas d’eurobonds « de son vivant » a fait le tour des médias avant le sommet européen de Bruxelles. Elle montre une nouvelle facette d’Angela Merkel, qui n’est pas de bon augure pour l’avenir de l’euro.

     

    Angela Merkel ignore le pathos. Son pouvoir, elle le doit à une évaluation froide des risques et à une forme de pragmatisme catégorique qu’il est difficile de distinguer de l’opportunisme. La promesse qu’elle a faite [devant ses partenaires libéraux, le 26 juin] que, « de son vivant », il n’y aurait pas d’eurobonds, ne ressemble pas à un discours de chancelière. Cela semble tout simplement trop extrême, trop tonitruant, et cadre mal avec la distance empreinte de scepticisme qu’elle met entre elle et toute forme de profession de foi. Manifestement, ce discours alarmiste est un signe du vent de panique qui souffle autour d’elle. Car ce que veut et promet régulièrement la coalition noire-jaune (CDU/CSU-FDP) ne permettra pas de résoudre la crise de l’euro.

    Une coalition qui rejette tout ce qui ressemble à une solution. Aux yeux de la chancelière, la crise a des causes simples : l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et les autres ne sont pas assez compétitifs et ont accumulé trop de dettes. Lorsque Madrid, Lisbonne et Rome se décideront à vraiment se serrer la ceinture et dérèglementeront les marchés, la crise de l’euro disparaîtra comme par magie. Autrement dit : les membres de l’UE doivent emboîter le pas de l’Allemagne et devenir des pays essentiellement tournés vers l’exportation, avec des marchés flexibles et des salaires modérés.

    Economiquement, c’est une ineptie, mais c’est ainsi qu’Angela Merkel voit les choses depuis des années – elle l’a répété encore mercredi au Parlement. Or, la situation a radicalement changé. En Espagne, l’industrie a vu sa production chuter de 8% en raison de la cure d’austérité imposée. L’Italie est empêtrée dans la récession. Un cercle vicieux menace, fait de coups de rabots et de ralentissements de l’économie. Pendant ce temps, les taux d’intérêt ont grimpé en flèche pour l’Espagne et l’Italie. Or, l’euro ne peut pas fonctionner si l’Allemagne a le droit d’emprunter à 0% quand l’Espagne et l’Italie doivent payer 7% d’intérêts.

    Pour l’heure, l’Allemagne est parvenue à imposer la plupart de ses vues dans l’UE. Angela Merkel a européanisé le plafonnement de la dette à travers le pacte budgétaire. Mais la suprématie allemande vacille. Non pas parce que François Hollande est très à gauche, mais parce que l’intransigeance de Berlin menace de pousser l’Italie et l’Espagne à la ruine. Même des néolibéraux comme le patron de la BCE, Mario Draghi, ou le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, plaident en faveur d’une mutualisation de la dette face à l’imminence du désastre. Mais l’Allemagne fait de l’obstruction. Angela Merkel est de plus en plus seule à Bruxelles.

    La chancelière allemande est déjà revenue plusieurs fois sur sa position dans la crise de l’euro. Toujours sous la pression, toujours trop tard. Et voilà maintenant qu’elle veut jouer les dures. Ce serait la première fois qu’elle préfère l’inflexibilité à la souplesse et au pragmatisme face à une situation. Les conséquences seraient désastreuses : la mort de l’euro.

     

    Source : http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/28/dommage-merkel-joue-la-dure

  • Crise de la dette: Lagarde s’attire les foudres des Grecs et les critiques de Paris

    La directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde s’est attiré les foudres des Grecs, qui se disent « humiliés » par ses propos sur le paiement des impôts, mais aussi les critiques de Paris qui a qualifié sa vision d' »un peu caricaturale et schématique ».

    Mme Lagarde a mis le feu aux poudres en estimant dans une interview au quotidien britannique Guardian que « les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement », et ce, en « payant tous leurs impôts », et se dit moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d’Afrique.

    « Il y a une crise humanitaire en Grèce, très coûteuse, au cas où vous ne le sauriez pas. C’est vraiment une honte! », commentait dimanche une internaute, Despina Panagiotopoulou, sur la page Facebook de la patronne du FMI.

     

    Samedi soir, devant le tollé généré par ses propos, Mme Lagarde s’est montrée plus conciliante, se disant « très compatissante à l’égard des Grecs et les défis qu’ils relèvent ». Les propos de Mme Lagarde avaient suscité dimanche plus de 9.800 commentaires sur sa page Facebook.

     

    « Une part importante de cet effort est que tout le monde devrait porter équitablement sa part du fardeau, en particulier les plus privilégiés et en particulier en payant leurs taxes », a-t-elle écrit.

     

    « Peu importe ce que vous dites maintenant, après toutes ces critiques. Savez-vous les dégâts que vous avez causés au peuple grec? » demande Thanasis Athanasopoulos. « Nous ne sont pas fainéants et nous ne sommes pas des mendiants ».

     

    « Merci pour votre amour et votre soutien et sachez que les Grecs ne sont pas stupides. Nous connaissons votre jeu et nous n’allons plus l’autoriser! » assure Elena Papoutsi. « Le 17 juin les Grecs vont répondre aux usuriers du monde entier qui exploitent notre pays », prévient de son côté Eleftheria.

     

    Le chef du parti socialiste Pasok, Evangélos Vénizélos, après avoir estimé que les propos de Mme Lagarde avaient « humilié » et « insulté » les Grecs, s’est réjoui qu’elle ait rectifié le tir, car « cela signifie qu’elle a pris en compte une nation fière ».

     

    Alexis Tsipras, chef du parti de la gauche radicale Syriza propulsé en 2e position lors des législatives du 6 mai, a lancé à Mme Lagarde que les Grecs ne cherchaient pas sa « sympathie » et que « les travailleurs grecs paient leurs impôts » qui sont très lourds et même « insupportables ».

     

    Le parti, donné selon les derniers sondages en seconde position derrière les conservateurs de Nouvelle-Démocratie (ND) le 17 juin, prône l’annulation des mesures de rigueur prévues par le plan de redressement imposé par l’UE et le FMI en échange des prêts accordés à Athènes jusqu’en 2014.

     

    Pour sa part, le gouvernement français, dont beaucoup de Grecs attendent qu’il fasse fléchir la politique de rigueur allemande, a critiqué la vision « un peu caricaturale et schématique » de Mme Lagarde, estimant qu' »il n’y a pas de leçon à donner » à la Grèce.

     

    La présidente du patronat français Laurence Parisot a estimé de son côté que s’adresser comme Christine Lagarde l’a fait, non seulement ne servait à rien, mais pouvait avoir « des effets très dangereux ».

     

    Auparavant, le tribun de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, avait dénoncé des propos « indignes » de Mme Lagarde, appelant les armateurs et l’église orthodoxe à payer leurs impôts.

     

    Les législatives du 17 juin en Grèce sont attendues avec fébrilité à l’international.

     

    Face au risque d’un rejet du plan d’austérité qui conduirait in fine à une probable sortie de l’euro, les bailleurs de fonds internationaux restent fermes, à l’image du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble qui martèle à l’envi qu’Athènes doit « tenir ses engagements » pour rester dans l’euro.

     

    En Grèce, les mêmes arguments sont utilisés pour discréditer Syriza, alors que le pays risque d’être à court de liquidités d’ici fin juin si les aides financières sont coupées en cas de rejet du plan d’aide international par les électeurs le 17 juin, a prévenu l’ex-Premier ministre grec, selon un memo paru dans la presse dimanche.

     

    M. Vénizélos plaidait dimanche pour garder la monnaie commune, et la veille, Antonis Samaras, le chef de la ND, estimait que s’opposer au plan de redressement conduirait la Grèce hors de l’euro et constituerait une « véritable catastrophe » pour le pays.

     

    Mi-mars, la Task force européenne pour la Grèce notait que le pays avait fait des progrès « prometteurs » sur la perception de 8 milliards d’arriérés d’impôts recensés, avec 946 millions collectés en 2011. Mais elle soulignait qu’en matière de fiscalité, des progrès devaient encore être faits, notamment dans la lutte contre l’évasion fiscale des riches contribuables et des grandes entreprises.

    Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20120527.AFP7450/crise-de-la-dette-lagarde-s-attire-les-foudres-des-grecs-et-les-critiques-de-paris.html

  • QUAND LA BCE MET L’EUROPE ET LES BANQUES SOUS ASSISTANCE RESPIRATOIRE

    DECRYPTAGE La Banque centrale européenne vient insuffler une nouvelle dose d’oxygène dans la zone euro avec ses prêts quasi-gratuits aux banques. Depuis décembre dernier, plus de 1.000 milliards d’euros auront ainsi été injectés. La Bourse pavoise. Jusqu’à quand ?

     

     

    Ce mercredi 29 février, les banques ont été encore plus nombreuses qu’en décembre dernier à se présenter au guichet de la Banque centrale européenne (BCE) pour bénéficier de la seconde opération de LTRO en quatre mois. Elles auraient eu tort de ne pas en profiter : en échange du dépôt de créances de toutes sortes, 800 établissements européens ont ainsi pu obtenir une partie du « prêt » de 529,5 milliards d’euros sur trois ans qui leur a été accordé au taux imbattable de … 1%.

    Cette opération arrange tout le monde. Tout d’abord, les banques qui se débarrassent de créances et reçoivent un cash quasi-gratuit qu’elles peuvent réinvestir sur des actifs plus rémunérateurs. Elle arrange aussi la BCE, qui ne peut pas créer de la monnaie ex-nihilo, comme le fait depuis des années la Banque fédérale américaine (Fed). Et qui recours, à travers cette opération financière, à un stratagème, qui ne trompe personne. « Le LTRO réintroduit du «carburant» dans les marchés à l’instar des opérations de quantitative easing (QE) menées par la Fed outre-Atlantique » explique d’ailleurs Jean-Louis Mourier, économiste et stratégiste chez Aurel BGC.

    Le chirurgien Draghi branche l’oxygène

    Toutes les autorités bénissent cette opération. Mario Draghi, le président de la BCE, a d’ailleurs invité les banques à utiliser son guichet en leur rappelant qu’il n’y avait « pas de honte à recourir à cette facilité à trois ans ». On ne voit pas pourquoi les banques se priveraient : pour Frank Oland Hansen, senior economist à la Danske Bank, « c’est une tellement bonne affaire que beaucoup de banques demanderont des montants importants ».

    Qu’en feront-elles ? Elles devraient presque aussitôt réinvestir ces sommes en valeurs boursières, en obligations des états les plus solides (Allemagne, Danemark, Suède…) et en prêts à des fonds d’investissements, qui les investiront eux-mêmes en bourse et sur les cours du pétrole, de l’or ou d’autres matières premières.

    La finance apprécie ce dopage, mais…

    La première vague de LTRO a montré que cette bouffée d’oxygène n’a pas vraiment ranimé le patient. Elle a surtout gonflé la valeur de tous les actifs liquides (et donc financiers) et ne s’est pas investie, comme l’espérait la BCE, dans les actifs réels, comme le financement des entreprises ou même l’immobilier, qui se bloque peu à peu depuis la fin de l’année dernière. Du coup, certains actifs ont connu des hausses spectaculaires, alors que rien dans la situation ne justifiait une telle envolée. Tous sont des actifs financiers, que l’ont peut récupérer facilement en cas de retournement, ce qui en dit long sur le degré de confiance de ces investisseurs.

    Ainsi, depuis janvier, l’or (à 1.760 dollars l’once) a gagné 13%, le Dax allemand (à 6850 points) +16%, le CAC 40 (à 3.437 points) + 8% et le Brent de la mer du Nord +15% (à près de 123 dollars). Cet argent s’est aussi investi à flot sur les obligations d’état. Offrant des rendements élevés, ils permettent en effet de réaliser un profit élevé et immédiat… lorsqu’on emprunte le capital à 1% et qu’on peut le réinvestir à 7% (dette italienne) ou à 3,3% (dette française). Encore que 7 et 3,3% étaient les taux observés en début d’année. Devant l’afflux de capitaux, les taux des obligations italiennes et françaises ont baissé à 5 et 2,91%. Ce qui a dopé les cours et permis à nos investisseurs de grosses plus-values.

    Il n’y a pas de raison que cela s’arrête : avec cette deuxième vague de LTRO, ce sont plus de 1.000 milliards d’euros qui auront été injectés dans l’économie européenne en six mois. Et tous les grands pays s’y mettent ou s’y sont déjà mis : les Etats-Unis ont déjà injecté 2.400 milliards de dollars dans leur économie, le Royaume-Uni l’équivalent de 390 milliards d’euros, le Japon l’équivalent de 300 milliards d’euros et même 600 milliards si on prend en compte les opérations de LTRO de la Banque du Japon).

    … gare au risque de stagnation de l’économie

    Même Pékin a abaissé le montant que les banques doivent bloquer pour obtenir des liquidités auprès de la Banque de Chine. Au total entre 3 et 4.000 milliards d’euros supplémentaires en circulation : la plus grande vague de création monétaire qu’ait connu le monde depuis la « relance » japonaise de la fin des années 80. Pour mémoire, elle avait plongé l’archipel dans la stagnation économique doublée d’un taux d’endettement national supérieur à 250%.

    « Nous avons simplement repoussé un peu plus loin la crise » pronostique l’économiste Harry Dent (« The crisis ahead »), qui avait prévu le krach de 2008. Mais la vraie question, c’est combien de temps faudra-t-il avant que cette injection de monnaie ne conduise à une augmentation l’inflation ? L’Allemagne a apporté un début de réponse : elle vient d’annoncer pour février une augmentation des prix à la consommation de 2,4% en rythme annuel, une progression plus forte que celle prévue jusqu’alors par les économistes…

     

    Source : http://www.challenges.fr/economie/20120228.CHA3653/quand-la-bce-met-l-europe-et-les-banques-sous-assistance-respiratoire.html

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