• Des produits chimiques interdits en Europe sont utilisés pour la culture des fraises …

    Illustration fraise.

    Les fraises dans le rouge. Ce mardi, l’association Générations Futures a révélé les résultats d’une enquête menée entre février et mai 2013 dans une dizaine de grandes surfaces de Picardie et de Haute-Normandie, où une cinquantaine de barquettes de fraises ont été achetées, d’origine française ou espagnole.

    Les résultats des analyses, réalisées dans un laboratoire belge agréé par le ministère de l’agriculture, sont inquiétantes. Sur 49 échantillons analysés, 71% contenaient des pesticides perturbateurs endocriniens (PE), qui dérégulent le système hormonal.

    Les fœtus et les jeunes enfants exposés

    Plus étrange encore, cinq échantillons présentaient des insecticides interdits dans la culture de la fraise et quatre autres (endosulfan et carbosulfan) étaient tout simplement interdits en Europe. «Pour les cinq premiers, on peut imaginer qu’il y a eu contamination. Mais pour les quatre autres, ils ne sont plus du tout vendus en Europe», explique auprès de 20 Minutes François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, évoquant un «trafic de produits interdits».

    L’association va mettre son enquête et les analyses à disposition de la police et de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

    L’exposition aux pesticides PE est surtout dangereuse pour les fœtus et les jeunes enfants qui «sont des populations particulièrement vulnérables aux dangers, même à faible dose», indique le rapport.

     

  • Comment l’Europe est en train de transformer l’eau du robinet en marchandise en toute discrétion

     Soutenue par des multinationales, la Commission européenne pousse secrètement à la privatisation de l’eau en Europe, affirme le site de la télévision allemande « Monitor ». L’accès à l’eau de qualité est reconnue comme un droit fondamental par l’ONU, mais si ces multinationales parviennent à obtenir ce qu’elles souhaitent, elles pourront se partager un pactole constitué de milliards d’euros.

    La Commission a commencé à promouvoir la privatisation de l’eau pour les pays touchés par la crise et qui ont bénéficié de plans d’urgence, comme la Grèce et le Portugal par exemple. La troïka a parfois imposé cette privatisation, qui est alors expressément prévue dans les contrats qu’elle leur fait signer. En Grèce, les grands aqueducs d’Athènes et de Thessalonique ont été vendus. Pour le consommateur, la privatisation a des conséquences importantes. Au Portugal dans la ville de Pacos de Ferreira où la compagnie des eaux « Aguas de Portugal » a été privatisée, la facture d’eau a augmenté de près de 400% en quelques années, et chaque année, elle continue d’augmenter au rythme de 6%. Mais ce n’est qu’un début, affirme Monitor : la Commission cherche désormais à étendre cette privatisation aux autres pays européens.

    Selon Heide Rühle, une parlementaire allemande européenne qui représente les Verts allemand, l’UE met tout en œuvre pour imposer discrètement la privatisation de l’eau en Allemagne. D’après le commissaire européen Michel Barnier, cependant, la décision de la fourniture de l’eau sera toujours entre les mains des municipalités, et il s’agit simplement de leur donner la possibilité de faire appel à un partenaire privé réglementé pour le bénéfice du consommateur.

    Or, une étude menée par l’Université de Barcelone en 2010 indique que la privatisation de l’eau n’a pas toujours favorisé la baisse des prix, et que dans certains cas, la qualité de l’eau s’est dégradée, parce que les entreprises privées qui ont pour objectif premier de réaliser des bénéfices ont une tendance à moins entretenir et rénover l’infrastructure. Les promesses faites au moment de la privatisation sont rarement tenues.

    Pour les investisseurs, l’eau est devenue une marchandise de premier plan. Le marché de l’eau représente chaque année des centaines de milliards d’euros en Europe, et les grandes multinationales tentent d’obtenir la signature de contrats. Les petites entreprises locales de l’eau ne peuvent pas rivaliser avec les prix de dumping que peuvent offrir les grandes firmes telles que Veolia, RWE, Gelsenwasser et Thames Water. Ces société font du lobbying et elles conseillent les Eurocrates. La Commission européenne est par exemple guidée par un groupe de pilotage qui comprend des représentant des grandes firmes de distribution d’eau.

    Des groupes de défense protestent contre cet état de choses. Ils se réfèrent à des expériences passées comme à Londres, Bordeaux et Berlin, où la qualité de l’eau s’est dégradée suite à la privatisation : tuyaux pourris, contamination de l’eau potable, et ajout de chlore pour maintenir l’hygiène.

    Le 15 mai 2011, un groupement d’associations, dont ATTAC, a ainsi adressé un courrier à la Commission pour manifester son mécontentement et réclamer la fin des mesures visant à privatiser l’eau. Le 26 septembre de cette année, ce courrier recevait une réponse de la part de Gabriele Giudice, le Responsable du bureau de la Grèce pour la Commission des Affaires Economiques et Financières, expliquant que la privatisation permettrait de réduire la dette publique, qu’elle permettrait d’augmenter « l’efficacité des entreprises, et, par extension, la compétitivité de l’économie dans son ensemble, tout en attirant les investissements directs internationaux». Cependant, la Commission n’a pas fourni plus de détails pour étayer ces affirmations.

    L’eau doit elle être un droit fondamental humain ou une mine d’or pour des multinationales ? « Bruxelles a déjà tranché : à l’avenir, l’eau appartiendra plutôt aux firmes multinationales, plutôt qu’à chacun d’entre nous », conclut Monitor.

    http://www.express.be/business/fr/economy/comment-leurope-est-en-train-de-transformer-leau-du-robinet-en-marchandise-en-toute-discretion/183658.htm

  • L’auteur d’une étude choc sur un OGM se dit attaqué par des lobbies

     

    CAEN – Le professeur Gilles-Eric Séralini, qui a dirigé une étude choc sur la toxicité d’un OGM, en cours d’examen par les autorités sanitaires, s’est dit lundi attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies en réponse aux
    critiques sur son étude dévoilée mercredi.

    Je suis attaqué de manière extrêmement malhonnête par des lobbies qui se font passer pour la communauté
    scientifique. C’est le même lobby qui a permis l’autorisation de ces produits et qui est activé par les entreprises de biotechnologies, a estimé l’universitaire de Caen interrogé par l’AFP.

    C’est une entreprise de salissement de l’individu pour essayer de discréditer son travail parce que la conséquence, ce
    serait qu’on les (les entreprises de biotechnologies, ndlr) oblige à faire des études à long terme, a ajouté M. Séralini, répétant qu’il venait de publier l’étude la plus longue et détaillée jamais faite sur un OGM.

    Cette étude du maïs NK 603 et du Round Up, produits par Monsanto et importés en Europe, menée sur 200 rats pendant deux ans, a été publiée dans la revue Food and Chemical Toxicology, qui a aussi publié par le passé des travaux favorables aux OGM.

    Il est en particulier reproché à cette étude de porter sur un trop petit nombre de rats: des groupes de 10 rats soumis à des traitements
    différents, et sur une race de rats qui a tendance plus que d’autres à développer des tumeurs.

    Toutes les études du monde sont faites là-dessus (des échantillons de 10, ndlr). Le NK 603 a été autorisé sur cette base. Si on
    ne peut pas tirer de conclusions il faut aussi tout de suite interdire tous les OGM, répond le professeur qui ajoute que la pomme de terre OGM de BASF a été autorisée avec des tests sur cinq rats.

    Tout ceux qui ont aboyé (contre l’étude) sont à l’origine de l’autorisation de ces produits, et ils l’ont fait sur la base de tests sur la même souche rat, avec des échantillons de 10 rats pendant seulement trois mois et avec pas avec autant de tests, ajoute M.
    Séralini, c’est ridicule.

    Le professeur se dit conscient que son étude a ses limites et je l’ai dit dans mon livre (à paraître mercredi). On pourrait
    faire (des groupes de) 50 rats mais c’est aux pouvoirs publics de financer, ça ne peut plus être un laboratoire indépendant qui finance 20 millions d’euros, a-t-il ajouté.

    Dans son étude les groupes de rats traités meurent plus tôt sauf un, qui présente des problèmes rénaux graves, insiste le chercheur qui
    a observé chez les rats traités une explosion des tumeurs ou des affections des reins et du foie au 11e et 12e mois, qui correspond à l’âge de 35/40 ans chez l’homme.

    Et on ne se base pas que sur ces courbes de mortalité ou de tumeurs. C’est corroboré statistiquement par la biochimie et par l’observation d’organes et de tumeurs sur 200 rats. On sait de quoi les rats sont morts, ajoute M. Séralini qui réaffirme que son étude conclut clairement que la toxicité de cet OGM est prouvée.

    L’étude a coûté plus de 3 millions d’euros, financés notamment par les fondations Ceres et la Fondation Charles
    Leopold Meyer pour le progrès pour l’homme. Auchan et Carrefour l’ont également aidée.

    Les fonds ont été gérés par le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), indépendant des
    compagnies de biotechnologies et dont M. Séralini préside le conseil scientifique.

    Afp

  • Paul Krugman fait un sort à l’euro

    Outre une dénonciation du fondamentalisme de marché et des politiques d’austérité, Paul Krugman consacre un plein chapitre à la situation de la zone euro. Cet opposant de la première heure à l’unification monétaire européenne ne mache pas ses mots contre la monnaie unique.
    « Le problème d’une seule monnaie »
    Bien sûr, Paul Krugman dénonce les politiques d’austérité menées en Europe, affirmant même que « l’Europe semble prendre la tête dans la course vers le désastre (par rapport aux Etats-Unis) », mais le prix Nobel d’économie apporte aussi de l’eau au moulin aux critiques de la monnaie unique européenne : « il y a des avantages significatifs à avoir sa propre monnaie, (…) avec la dévaluation qui peut parfois faciliter l’ajustement à une crise économique ».
    Il prend l’exemple de l’Espagne : avec l’euro, sa seule solution est de faire baisser les salaires alors que si le pays avait conservé la peseta, il lui suffirait de dévaluer pour retrouver sa compétitivité. Il compare les dévaluations au changement d’heure en soulignant qu’il est beaucoup plus facile de passer à l’heure d’été plutôt que de demander à tout le monde de venir une heure plus tôt pendant cette période. En outre, la monnaie unique représente « une perte de flexibilité problématique en cas de choc asymétrique, comme l’éclatement d’une bulle immobilière dans un pays ».
    Il souligne également que les conditions d’une Zone Monétaire Optimale ne sont pas remplies dans la zone euro : les travailleurs ne sont pas mobiles, et il n’y a pas de solidarité fiscale. Il prend l’exemple du Nevada et de l’Irlande en soulignant que le premier a vu sa crise amortie par l’intervention de l’Etat quand l’Irlande est laissée à son triste sort. Il souligne que la plupart des économistes étasuniens étaient sceptiques à l’égard de l’euro, du fait de ces deux carences majeures, comme l’a bien expliqué Craig Willy sur le très recommandable blog La théorie du tout.
    L’euro responsable de la crise

    La crise que nous traversons a au moins tordu le cou à l’argument stupide selon lequel la monnaie unique nous aurait protégé. Paul Krugman va plus loin et fait de la monnaie unique une cause de la crise en Europe. Il souligne que l’unification monétaire a eu un mauvais effet sur les marchés : « avec l’euro, les investisseurs se sont sentis rassurés pour mettre leur argent dans des pays qu’ils considéraient avant comme risqués ». Cette forte baisse des taux dans les pays de la périphérie a provoqué une énorme bulle, financée notamment par les banques allemandes.

    Cette bulle a permis une forte hausse des salaires qui a fait perdre leur compétitivité à ces pays, dont les déficits se sont envolés. Paul Krugman reprend des graphes qu’affectionnent Jacques Sapir pour montrer que les balances commerciales étaient relativement équilibrées au tournant du siècle et l’énorme divergence qui a suivi. Il soutient ainsi que : « la crise financière aux Etats-Unis a provoqué le désastre mais il aurait eu lieu de toutes les façons ». Bref, la crise de 2008 n’a été que le révélateur des déséquilibres profonds de la zone euro, qui devaient tôt ou tard apparaître.
    Pour Paul Krugman, la crise de l’euro n’est pas la conséquence de l’irresponsabilité budgétaire de quelques pays : même pour la Grèce, « l’histoire est plus compliquée que cela ». Il souligne que les pays de la périphérie se désendettaient avant la crise, que l’Espagne était citée en modèle pour toute l’Europe. Pour lui, « l’Europe n’est pas un ensemble. C’est une collection de nations qui ont leur propre budget (du fait de la faible intégration fiscale) et leurs propres marchés du travail (parce que la mobilité du travail est basse) mais qui n’ont pas leur propre monnaie. Et cela créé une crise ».
    L’impasse européenne
    Il souligne que la situation pourrait s’améliorer si l’Allemagne laissait ses salaires filer et que la BCE menait une politique plus accommodante, mais « les Allemands détestent, mais alors détestent, l’inflation » et que la seule solution est alors une baisse des salaires dans les pays en crise, mais que cela est très difficile. Même l’Irlande n’est parvenue à faire baisser le coût du travail que de 4% malgré un taux de chômage de 14%. Il pointe le cas de l’Islande pour montrer qu’il est « beaucoup plus facile de baisser le niveau des salaires et des prix en dévaluant simplement sa monnaie ».
    En outre, il soutient que les pays auxquels on demande de baisser leur coût du travail sont souvent ceux qui ont connu les plus fortes bulles financières et que les politiques d’austérité les plongent dans une dépression brutale. Ils ne peuvent pas sortir de la crise par le haut (croissance et un peu d’inflation). Pire, comme ils n’ont plus leur propre monnaie, ils sont à la merci de mouvements de panique auto-réalisateurs des marchés où la peur du défaut provoque le défaut.
    Il reprend sa comparaison entre l’Espagne et la Grande-Bretagne pour montrer qu’avoir une banque centrale protège un pays des risques de liquidités puisque cette dernière peut monétiser. Du coup, il soutient qu’il y a « une pénalité pour les pays qui font partie de l’euro ». L’euro est un fardeau, et non pas un bouclier… Il souligne que la Suède, qui a gardé sa monnaie, se porte mieux que le Danemark, qui a lié sa monnaie à l’euro, qui se porte mieux que la Finlande, qui est dans l’euro…
    Il condamne la politique de la BCE, qui avait trouve le moyen de monter ses taux en 2011, à contre-temps. Il conclut en affirmant que les « eurosceptiques, qui avaient prévenu que l’Europe n’était pas adaptée à une monnaie unique, ont donc eu raison ». Mais, curieusement, il n’appelle pas à démonter l’euro, proposant plutôt la BCE à acheter la dette des pays en difficulté (sans en préciser les modalités) et à l’Allemagne de faire un grand plan de relance et de hausses de ses salaires.
    Il est assez surprenant qu’après cette explication détaillée des raisons pour lesquelles non seulement l’euro ne peut pas marcher mais aussi en quoi il provoque la crise européenne, Paul Krugman ne propose pas de le démonter. En revanche, il ne semble pas coinvaincu par les autres issues.
    Source : Paul Krugman, « End this depression now ! », éditions Norton, « Pour en finir dès maintenant avec la crise », éditions Flammarion, sortie le 5 septembre, traduction personnelle
  • L’Europe ce n’est pas la paix… c’est la guerre! –ZAPPING–

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