• UE: stupeur de Rome sur un prétendu communiqué Madrid-Rome-Paris

    ROME – Le gouvernement italien a exprimé sa stupeur à propos d’un prétendu communiqué commun signé par l’Espagne, l’Italie et la France et exigeant l’application immédiate des accords du sommet européen de fin juin, dans un communiqué publié mardi en fin d’après-midi.

    Le gouvernement italien exprime sa stupeur à propos de l’initiative annoncée par le ministère espagnol des Affaires étrangères concernant une prétendue déclaration conjointe entre l’Espagne, l’Italie et la France, initiative dont le gouvernement n’est pas informé, a indiqué le palais Chigi, siège du gouvernement.

    Un peu plus tôt dans la journée, un communiqué publié sur le site du ministère espagnol des Affaires étrangères indiquait que les ministres des Affaires européennes de l’Espagne, de l’Italie et de la France avaient demandé l’application immédiate des accords du dernier sommet européen, à l’occasion d’un conseil Affaires générales qui s’est tenu ce mardi à Bruxelles.

    Cette information a également été démentie à Paris.

    Il n’y a pas eu de démarche commune avec l’Italie et l’Espagne. Je n’ai pas demandé d’application immédiate des accords. On suit les décisions prises au sommet européen et on travaille dessus, a déclaré à l’AFP le ministre français des Affaires européennes Bernard Cazeneuve.

    (©AFP / 24 juillet 2012 18h39)

     

    Source : http://www.romandie.com/news/n/_UE_stupeur_de_Rome_sur_un_pretendu_communique_Madrid_Rome_Paris59240720121841.asp

  • L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER A TOUT INSTANT

    ====FLASH ! === EURO-TITANIC (nouvel épisode) ====
    => RECORD HISTORIQUE BATTU POUR LE TAUX DES OBLIGATIONS À 10 ANS DE L’ESPAGNE : 7,27100 %
    => LA BCE N’ACCEPTE PLUS LES TITRES GRECS EN GARANTIE
    => L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER A TOUT INSTANT
    => AFFOLÉES, LES BOURSES EUROPÉENNES S’EFFONDRENT
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    Les obligations à 10 ans viennent de battre un nouveau record historique, à 7,27100 %. Comme le montre le graphique actualisé ci-joint, qui retrace l’évolution des taux d’intérêt sur les obligations espagnoles à 10 ans, ce taux pulvérise tous les records antérieurs, notamment :

    a)- celui du 25 novembre 2011, où il avait atteint 6,700000 %

    b)- celui du 18 juin dernier, où il avait atteint 7,16000 %, niveau catastrophique qui avait conduit au fameux « Sommet de la Dernière chance » où François Hollande, l’Espagne et l’Italie avaient, ‘d’après le journal Le Monde, « fait plier Mme Merkel »… !

    [source : http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND ]

    Ce record historique du taux des obligations espagnoles à 10 ans témoigne d’une méfiance sans précédent des marchés financiers mondiaux quant à la capacité de l’Espagne à ne pas sombrer dans la faillite. Cette méfiance a été alimentée :

    – par les manifestations monstres qui ont été enregistrées dans 80 villes d’Espagne contre le plan de carnage social imposé par l’UE via le gouvernement fantoche de Madrid (cf. mon article d’hier à leur sujet)

    – par l’appel au secours lancé aujourd’hui par la région espagnole de Valence, qui a demandé à bénéficier du mécanisme d’aide de quelque 18 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour assainir les finances publiques des régions.


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    LA BCE N’ACCEPTE PLUS LES TITRES GRECS EN GARANTIE
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    Un malheur n’arrivant jamais seul, on a appris au même moment que la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de ne plus accepter « pour le moment » que les banques déposent en garantie auprès d’elle des titres de dette émis par la Grèce.

    [source : http://www.romandie.com/news/n/Zone_euro_la_BCE_n_accepte_plus_temporairement_la_dette_grecque_en_garantie89200720121612.asp]

    Cette décision est annoncée comme étant provisoire et faite
    « dans l’attente du rapport de la troïka sur l’état d’avancement des réformes dans le pays. »

    Mais elle n’en constitue pas moins un nouveau signal de désintégration rapide de la zone euro.

    Elle signifie en effet qu’il est désormais officiellement reconnu que les titres d’un État membre de la zone euro sont potentiellement insolvables, et que les États membres de la zone euro ne sont donc plus sur un strict pied d’égalité juridique.

    Pour être précis, une mesure identique avait été prise l’an dernier, au plus fort de la crise grecque, lorsqu’il était apparu que la Grèce ne pourrait pas honorer ses échéances d’emprunt. Mais le plan de sauvetage, et l’abandon d’une partie très importante des créances sur la Grèce par les banques qui avaient fictivement présenté cet abandon comme « volontaire », avaient permis de ne pas déclarer la Grèce techniquement « en défaut » de paiement.

    C’est cet artifice qui avait permis à la BCE de reprendre ensuite les titres grecs en garantie.

    Mais à l’évidence, l’artifice est désormais abandonné et l’insolvabilité de la Grèce revient en force sur le devant de la scène.


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    LA MISSION CONFIDENTIELLE DE LA « TROÏKA » VIENT DE CONCLURE AU FAIT QUE LA SORTIE DE LA GRÈCE DE L’EURO
    EST DÉSORMAIS INÉLUCTABLE
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    Cette décision soudaine de la BCE ne tombe pas du ciel.

    D’après les informations confidentielles dont je dispose, certains responsables de la troïka (UE, BCE, FMI) se sont rendus en Grèce très discrètement au cours des derniers jours et sont revenus avec la conviction que, quel que soit le cas de figure, la Grèce ne peut plus faire autrement que de sortir rapidement de l’euro.

    Un pessimisme extrême a envahi les couloirs de la Commission européenne et de l’institution de Francfort car aucune simulation macro-économique, même outrancièrement optimiste, ne permet plus désormais d’envisager que la Grèce respecte les échéances de remboursement ni les engagements de réduction de déficits publics qu’elle a pris.

    Le refus de Berlin, mais aussi de La Haye et Helsinki, de transiger sur ces échéances en réaménageant pour la énième fois les conditions d’un plan de sauvetage, permet de clore la discussion : la Grèce va sortir de l’euro.

    Les deux questions qui restent sont : quand ? et comment ?

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    ATTENTION : L’EURO POURRAIT DÉSORMAIS ÉCLATER À TOUT INSTANT, SANS QUE LES EUROPÉISTES L’AVOUENT
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    Le distinguo juridique qui vient d’être décidé par la BCE doit être examiné avec la plus grande vigilance par les observateurs et les journalistes qui souhaiteraient faire leur métier plutôt que de nous raconter que le pauvre François Hollande a « fait plier Mme Merkel ».

    Cette décision de la BCE pourrait en effet préfigurer une annonce soudaine, d’apparence technique, qui signifierait le départ de la Grèce de la zone euro.

    Il suffirait que la BCE (prenant tout le monde de cours par exemple lors d’un week-end estival…) décide de « suspendre provisoirement la Grèce du système Target 2 », c’est-à-dire du système de paiement qui permet actuellement aux banques de l’Union européenne de transférer des fonds en temps réel par delà les frontières des États-membres, et cela de façon illimitée et au taux de change de 1 pour 1.

    En termes juridiques et technique, cette décision reviendrait à ne plus rendre fongible le passif du bilan de la Banque centrale de Grèce avec celui de la BCE.

    Formellement, cette décision pourrait être présentée hypocritement comme « temporaire » et comme « technique ».
    De fait, comme il n’y a pas 1 Français sur 10.000 qui sache ce qu’est Target 2, la décision pourrait être camouflée par nos médias asservis pendant quelques jours aux opinions publiques.

    Mais, très concrètement, elle signifierait que les euros en Grèce ne pourraient plus être transférés librement et au taux de 1 pour 1 vers les autres États de la zone euro.

    La conséquence immédiate en serait que les Grecs désireux de se procurer des euros pour faire des achats en France, en Allemagne, etc., devraient convertir leurs euros en Grèce en euros du reste de la zone euro.

    Ce qui donnerait instantanément naissance à un marché des changes entre les euros grecs non transférables d’un côté, et les euros transférables de la zone euro de l’autre côté.

    Compte tenu de la situation, les euros grecs non transférables subiraient une forte décote par rapport aux euros transférables de la zone euro. Un euro grec pourrait ne plus valoir, par exemple, que 0,65 ou 0,70 euro transférable.

    De facto, la Grèce serait sortie de l’euro. L’officialisation de cette sortie pourrait se faire ultérieurement, avec l’émission de nouvelles drachmes.

    Comme je l’ai expliqué dans ma conférence « La Tragédie de l’euro », cette sortie en catimini de la Grèce se solderait en outre par un coût colossal pour les États restants dans la zone euro : de l’ordre de 60 milliards d’euros pour la seule France.

    http://i0.wp.com/hartgeld.com/filesadmin/gallery3/FW-euro-titanic-deutsche.jpg?resize=499%2C401

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    CONCLUSION : LE NAUFRAGE SE POURSUIT INEXORABLEMENT
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    L’ensemble de ces informations a fait chuter les Bourses européennes : la Bourse de Madrid a clôturé en chute libre de – 5,82%, Paris a dégringolé de -2,14 %, Francfort de -1 ,90 %, et Wall street baisse actuellement (à 19h10, 20/07) de – 0,92 %, ce qui est beaucoup pour la première capitalisation mondiale.

    Au même moment, l’euro est reparti fortement à la baisse, en chutant de -0,87 % à 1,2166 dollar.

    L’agonie de l’euro se poursuit donc, conformément à ce que je n’ai cessé d’analyser et de prévoir depuis plusieurs années. Comme dans une tragédie grecque, certains acteurs tentent de tout faire pour empêcher l’issue fatale, mais ces tentatives désespérées n’ont pour effet que de rendre plus désastreuses encore les conséquences à venir de ce naufrage continental.

    Une nouvelle fois, j’adjure les responsables politiques français de prendre avec lucidité toute la mesure de la situation. Ils doivent prendre l’initiative de faire sortir la France de ce désastre avant qu’il ne soit trop tard et que nous ne soyons entraînés dans une spirale de coûts financiers de plus en plus délirants.

    Je ne me fais bien entendu pas d’illusion sur la probabilité que je sois entendu. C’est la raison pour laquelle j’appelle tous mes lecteurs à prendre la décision de sauter le pas et de rejoindre maintenant notre rassemblement.

    François ASSELINEAU
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  • CITIGROUP, LA PLUS GRANDE ORGANISATION DE SERVICES FINANCIERS AU MONDE, ANNONCE S’ÊTRE PRÉPARÉE À L’ÉVENTUALITÉ D’UN ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO

    Le directeur financier de Citigroup, John Gerspach, vient d’affirmer ce lundi 16 juillet que la banque géante américaine, 10ème entreprise la plus importante du monde par le montant de ses actifs, s’est préparée à l’éventualité d’un éclatement de la zone euro.

    Pour cela, elle a réduit son exposition au risque dans cette région du monde, en fermant notamment ses activités de banque de détail.

    Évoquant le risque d’un prochain éclatement de la zone euro,
    John Gerspach (en photo ici) a déclaré :

    « Nous pensons que nous sommes préparés à cette éventualité. Il faut de toutes façons être prêts. C’est un risque (…) pour lequel nous pensons être prêts, l’éclatement de la zone euro ou la sortie d’un ou plusieurs de ses membres. »

    L’exposition du groupe financier à la Grèce est estimée à 1,3 milliard de dollars, celle à la dette de l’Italie à 1,9 milliard de dollars et à l’Espagne à 3,1 milliards de dollars. L’exposition à l’Irlande est nettement plus faible (500 millions de dollars) tout comme celle au Portugal (300 millions).

    M. Gerspach a précisé : « Nous avons fermé toutes nos activités de banque de détail en Europe et le bénéfice net du groupe a plongé de 91% à 8 millions de dollars dans ces activités sur les six premiers mois de l’année comparé à la même période un an plus tôt. »

    [Source : http://www.romandie.com/news/n/_Citigroup_s_est_preparee_a_l_eventualite_d_un_eclatement_de_la_zone_euro_RP_160720121739-18-212720.asp?]

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    COMMENTAIRES
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    Cette annonce spectaculaire intervient deux jours après la publication d’une étude de Bank of America – Merryll Lynch qui a également fait sensation sur les marchés financiers.

    À savoir que la Grèce, l’Italie, et l’Irlande seraient les grandes gagnantes d’une sortie de la zone euro, tandis que l’Allemagne, la Finlande et l’Autriche auraient le plus à perdre.

    [Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/13/20002-20120713ARTFIG00574-eclatement-de-l-euro-l-italie-grande-gagnante.php]

    Ce qui, soit dit en passant, confirme totalement les analyses que je développe depuis de nombreux mois.

     

    Trouvé sur facebook ici : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=422528834452159&set=a.401862163185493.86590.100000851386945&type=1&relevant_count=1

  • L’éducation en situation d’urgence peut-elle sauver des vies ?

    L’éducation, un secteur négligé depuis longtemps par les interventions humanitaires, selon certaines organisations humanitaires, est de plus en plus considérée comme essentielle en périodes de crises, pourtant les bailleurs restent réticents à financer ce secteur, en partie parce qu’ils estiment qu’il ne permet pas de sauver des vies, ont expliqué les experts de l’aide humanitaire.

    L’éducation en situation d’urgence peut-elle sauver des vies ?

    L’éducation en situation d’urgence peut-elle sauver des vies ?

    Les urgences limitent gravement l’accès des enfants à l’école. Ainsi, plus de la moitié des enfants du monde qui n’ont pas achevé le cursus primaire vivent dans des pays touchés par les conflits armés, ont indiqué Susan Nicolai et Carl Triplehorn, experts de l’éducation en situation d’urgence, dans un rapport publié par l’Overseas Development Institute.

    Un enfant réfugié en Afrique rurale a une chance sur 16 de fréquenter un établissement secondaire, et pour les enfants déplacés internes, les chances sont encore plus faibles, selon un rapport mondial sur l’éducation en situation d’urgence, publié en 2006 par la Commission des femmes pour les femmes et les enfants réfugiés.

    Pourtant, lorsque les bailleurs ont décidé quels secteurs financer en 2008, l’éducation est arrivée derrière l’alimentation, la santé, l’eau et l’assainissement, l’agriculture et les infrastructures, d’après les données des Nations Unies sur les subventions humanitaires.

    L’éducation en situation d’urgence s’est vu allouer à peine 3,1% du budget global accordé à l’aide humanitaire en 2008, et en 2007, les Etats-Unis, la France, le Portugal, l’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique, le Japon et la Suisse avaient alloué chacun à l’éducation de base moins de trois pour cent du montant total qu’ils avaient consacré à l’aide humanitaire.

    L’éducation permet-elle de sauver des vies ?

    Dans certains cas, l’éducation peut directement sauver des vies, à en croire Deborah Haines, conseillère en éducation d’urgence pour Save the Children, surtout quand elle permet de préparer les enfants à éviter les crises ou à en atténuer les conséquences.

    Mme Haines a notamment expliqué qu’on pouvait enseigner aux enfants les dangers des mines terrestres, leur apprendre quoi faire en cas de tremblement de terre, ou apprendre à nager aux enfants qui vivent dans des régions sujettes aux crues.

    « Pendant une épidémie, de choléra ou de malaria, par exemple, diffuser des messages importants sur la santé et l’hygiène ou informer les familles qu’elles doivent immuniser les enfants permet de sauver des vies, comme c’est le cas lorsqu’on donne aux enfants associés avec des forces armées d’autres choix que celui du combat », a expliqué Mme Haines.

    « Nous sommes ici pour nous occuper de la prévention et du traitement du choléra », a déclaré à IRIN Brian Casey, directeur de l’organisme d’aide d’urgence GOAL, depuis la ligne de front de la lutte contre le choléra au Zimbabwe. « L’éducation est un élément crucial de cette intervention d’urgence et ne peut être ignorée. Il ne sert à rien de distribuer des biens aux populations si elles ne savent pas s’en servir… cela peut même les mettre d’autant plus en danger ».

    En outre, l’éducation permet de protéger les enfants des préjudices physiques, de l’exploitation et de la violence, a indiqué Ellen Van Kalmthout, spécialiste principale de l’éducation au Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) à New York.

    Un jeune garçon âgé de 12 ans, auparavant associé avec les forces armées de République démocratique du Congo (RDC), a ainsi confié à Save the Children que sans éducation, il continuerait à « arpenter les sentiers de la mort ».

    C’est seulement au fil du temps que les propriétés vitales de l’éducation deviennent indirectes et évidentes. Les enfants nés de mères sans instruction, par exemple, ont deux fois plus de risques de mourir que ceux nés de mères ayant trois années d’éducation primaire ou plus, selon un rapport publié par Save the Children en 2007.

    « Dans le cadre de certaines interventions à court terme, il serait douteux d’affirmer que l’éducation en situation d’urgence est une mesure qui permet de sauver des vies, du moins pas de manière aussi directe et évidente que l’alimentation, l’hébergement, la protection ou les interventions dans le domaine de l’eau et de l’assainissement », a néanmoins estimé un expert de l’éducation d’urgence en Serbie.

    Définitions

    Mais les bailleurs et les organisations humanitaires n’ont pas toujours le temps d’attendre des résultats à long terme ; ils veulent généralement financer les activités dont les répercussions sont immédiates et tangibles, a écrit Gerald Martone dans un rapport publié par l’International Rescue Committee en 2007 et intitulé Educating Children in Emergency Settings – an Unexpected Lifeline (Eduquer les enfants en contexte d’urgence, une bouée de sauvetage insoupçonnée).

    « L’obstacle principal à la promotion de l’éducation en situation d’urgence, c’est que pour certains, elle n’entre pas dans les limites étroites du mandat humanitaire qui consiste à sauver des vies », a déclaré à IRIN Isabelle Coombes, directrice des politiques, de la stratégie et des finances de l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO). « En adoptant le point de vue étriqué de la survie, on en arrive aisément à la conclusion que l’éducation ne permet pas de sauver des vies ».

    « Notre soutien en matière d’aide humanitaire est fonction des besoins. Nous soutenons le processus de priorisation des besoins vitaux d’urgence en premier lieu, suivis de ceux qui permettent de réduire les souffrances et les atteintes à la dignité… L’aide doit permettre, d’abord et avant tout, de sauver et de préserver des vies », a indiqué le porte-parole du Département britannique d’aide au développement international.

    Poser la mauvaise question

    Mais pour Mme Haines de Save the Children, en se demandant si l’éducation en situation d’urgence permet de sauver des vies, on se pose la mauvaise question. « Pourquoi doit-on convaincre les bailleurs que cela [l’éducation] permet de sauver des vies ? Est-ce bien utile d’être obligé de répondre à cette question pour justifier une intervention ? ».

    « Ces dernières années, les secours humanitaires sont devenus plus sophistiqués, à mesure que les praticiens prenaient conscience de la nécessité de traiter les causes profondes de la vulnérabilité, d’aider les populations à se rétablir et à reconstruire leurs vies sur le long terme, et de promouvoir la dignité humaine », a expliqué Mme Haines. « L’éducation est parfaitement adaptée à cette nouvelle approche puisqu’elle soutient le rétablissement des enfants à long terme, en aidant à les protéger et en leur donnant une dignité ».

    Dans le même temps, certains travailleurs humanitaires affirment que dans certains contextes, les interventions menées dans des secteurs que l’on juge vitaux ne permettent parfois pas de sauver des vies.

    « Dans bon nombre de situations, rien ne permet réellement de « sauver des vies ». Au Mozambique [après les crues] les populations ont construit leurs propres refuges, il y avait des chèvres et des poulets qui traînaient et plein de maïs à manger, et pourtant les populations ont reçu une aide alimentaire et des moyens d’hébergement », s’est étonné un expert de l’éducation au Zimbabwe.

    Sauver les vivants, pas les mourants

    M. Martone a fait remarquer dans le rapport de l’IRC que dans la plupart des crises humanitaires, les taux de mortalité ne sont pas anormalement élevés. « En dépit du folklore qui entoure notre travail, ces crises ne sont le plus souvent pas des questions de vie ou de mort. L’expérience prédominante des réfugiés est plutôt de vivre une existence désespérée et inutile ».

    Dans le monde, la durée moyenne du déplacement d’un réfugié est de 17 ans, selon M. Martone. « Il n’est pas rare de trouver une génération d’enfants élevés sans aucun accès à l’éducation dans les « entrepôts » à réfugiés du monde. Nous devons cesser d’être obnubilés par la façon dont les gens meurent, et commencer à nous intéresser à la façon dont les gens vivent ».

    Pour Mme Nicolai, experte de l’éducation aujourd’hui coordinatrice adjointe du Groupement éducatif à Genève, l’intervention éducative contribue à promouvoir le droit des populations à vivre dans la dignité, un principe de la Charte humanitaire.

    Les interventions d’urgence ne reflètent pas toujours les besoins, ni les priorités des victimes de catastrophes, a en outre estimé Mme Nicolai.

    « Lorsqu’on demande aux communautés ce dont elles ont besoin au cours d’une crise, l’éducation apparaît invariablement sur la liste de sélection des deux ou trois interventions prioritaires, mais parfois, une intervention d’urgence « taille unique » est conçue à partir d’idées préconçues et des expériences précédentes. C’est pourquoi il est si important de consulter les communautés dans le cadre du processus d’aide ».

    Le témoignage des communautés peut également être un argument de poids pour inciter les bailleurs à donner.

    « Nous vous remercions de nous aider, de nous donner des vivres, des moyens d’hébergement, des médicaments », a déclaré un père de famille réfugié en Ethiopie au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en 2004, « Mais ce que vous avez fait de mieux pour nous, c’est de donner une éducation à nos enfants. Les vivres et autres, nous allons les terminer, mais l’éducation sera toujours là, où que nous allions ».

    Le changement en marche ?

    Certains signes portent à croire que les bailleurs pourraient être en train de changer d’approche. ECHO intègrera bientôt l’éducation à ses évaluations d’urgence, selon Mme Coombes.

    « L’aide humanitaire [à l’éducation] est peut-être la seule façon d’assurer que les enfants puissent participer à des activités éducatives », a déclaré l’organisme dans un communiqué publié dernièrement sur les enfants en situation d’urgence.

    En outre, l’éducation fait désormais l’objet d’un groupement d’intervention d’urgence, mené par les Nations Unies, selon Mme Van Kalmthout de l’UNICEF. Les organisations humanitaires peuvent désormais accéder au mécanisme de financement rapide des Nations Unies, le Fonds central d’intervention d’urgence, pour obtenir des financements dans le secteur éducatif. L’Assemblée générale des Nations Unies doit également débattre de l’éducation en situation d’urgence au printemps 2009.

    Toutefois, selon certains éducateurs d’urgence, si les fonds consacrés à l’éducation d’urgence augmentent, ils ne le font pas assez rapidement et un changement plus général est nécessaire.

    « On ne peut pas toujours dire que l’éducation est aussi importante que la distribution immédiate de matériel médical d’urgence, de vivres et de moyens d’hébergement, mais l’humanité n’a pas les mêmes besoins essentiels pour « survivre » et pour « vivre » », a expliqué Shirley Long, spécialiste de l’éducation au Liberia.

    « C’est ici que l’importance de l’éducation se révèle, comme nous l’espérons… non seulement pour aider les populations à survivre, mais aussi pour leur offrir une occasion de développer leurs connaissances et leurs compétences, et de devenir des membres constructifs de la société, en d’autres termes, de vivre ».

    Lire l’article sur Jeuneafrique.com : L’éducation en situation d’urgence peut-elle sauver des vies ? | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

  • La mort de l’euro ?

    La petite phrase de la chancelière allemande selon laquelle il n’y aurait pas d’eurobonds « de son vivant » a fait le tour des médias avant le sommet européen de Bruxelles. Elle montre une nouvelle facette d’Angela Merkel, qui n’est pas de bon augure pour l’avenir de l’euro.

     

    Angela Merkel ignore le pathos. Son pouvoir, elle le doit à une évaluation froide des risques et à une forme de pragmatisme catégorique qu’il est difficile de distinguer de l’opportunisme. La promesse qu’elle a faite [devant ses partenaires libéraux, le 26 juin] que, « de son vivant », il n’y aurait pas d’eurobonds, ne ressemble pas à un discours de chancelière. Cela semble tout simplement trop extrême, trop tonitruant, et cadre mal avec la distance empreinte de scepticisme qu’elle met entre elle et toute forme de profession de foi. Manifestement, ce discours alarmiste est un signe du vent de panique qui souffle autour d’elle. Car ce que veut et promet régulièrement la coalition noire-jaune (CDU/CSU-FDP) ne permettra pas de résoudre la crise de l’euro.

    Une coalition qui rejette tout ce qui ressemble à une solution. Aux yeux de la chancelière, la crise a des causes simples : l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et les autres ne sont pas assez compétitifs et ont accumulé trop de dettes. Lorsque Madrid, Lisbonne et Rome se décideront à vraiment se serrer la ceinture et dérèglementeront les marchés, la crise de l’euro disparaîtra comme par magie. Autrement dit : les membres de l’UE doivent emboîter le pas de l’Allemagne et devenir des pays essentiellement tournés vers l’exportation, avec des marchés flexibles et des salaires modérés.

    Economiquement, c’est une ineptie, mais c’est ainsi qu’Angela Merkel voit les choses depuis des années – elle l’a répété encore mercredi au Parlement. Or, la situation a radicalement changé. En Espagne, l’industrie a vu sa production chuter de 8% en raison de la cure d’austérité imposée. L’Italie est empêtrée dans la récession. Un cercle vicieux menace, fait de coups de rabots et de ralentissements de l’économie. Pendant ce temps, les taux d’intérêt ont grimpé en flèche pour l’Espagne et l’Italie. Or, l’euro ne peut pas fonctionner si l’Allemagne a le droit d’emprunter à 0% quand l’Espagne et l’Italie doivent payer 7% d’intérêts.

    Pour l’heure, l’Allemagne est parvenue à imposer la plupart de ses vues dans l’UE. Angela Merkel a européanisé le plafonnement de la dette à travers le pacte budgétaire. Mais la suprématie allemande vacille. Non pas parce que François Hollande est très à gauche, mais parce que l’intransigeance de Berlin menace de pousser l’Italie et l’Espagne à la ruine. Même des néolibéraux comme le patron de la BCE, Mario Draghi, ou le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, plaident en faveur d’une mutualisation de la dette face à l’imminence du désastre. Mais l’Allemagne fait de l’obstruction. Angela Merkel est de plus en plus seule à Bruxelles.

    La chancelière allemande est déjà revenue plusieurs fois sur sa position dans la crise de l’euro. Toujours sous la pression, toujours trop tard. Et voilà maintenant qu’elle veut jouer les dures. Ce serait la première fois qu’elle préfère l’inflexibilité à la souplesse et au pragmatisme face à une situation. Les conséquences seraient désastreuses : la mort de l’euro.

     

    Source : http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/28/dommage-merkel-joue-la-dure

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