• Nous ne pouvons plus prétendre que la création de richesses pour un petit nombre bénéficiera inévitablement à tout le monde

    Des yachts dans le port de Monaco, à l'occasion du salon annuel de la grande plaisance "Monaco Yacht Show", le 19 septembre 2012

    Les cent personnes les plus riches de la planète ont gagné la somme de 240 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) en 2012, et cela représente 4 fois le montant qu’il aurait fallu pour éliminer l’extrême pauvreté. Cette conclusion est celle d’un rapport de l’Oxfam, une confédération d’associations caritatives qui lutte contre la pauvreté. Selon le rapport qu’elle a publié, « The Cost of Inequality: How Wealth and Income Extremes Hurt us All », rapporté par Russia Today, la crise économique a eu pour effet d’enrichir encore davantage les plus riches.

    Les 1% les plus riches du monde ont ainsi augmenté leurs revenus de 60% sur les 20 dernières années et ce processus s’accélère avec la crise. Ce sont les 0,01% les plus riches d’entre eux qui ont bénéficié de la croissance la plus forte pour leurs revenus. Ainsi, l’industrie du luxe est en plein essor, tandis que de l’autre côté du spectre, les personnes en situation de «pauvreté extrême» ont dû se débrouiller avec moins de 1,25 dollars par jour (environ 0,94 euro).

    Pire, le rapport d’Oxfam affirme même que la concentration de la richesse dans les mains d’un tout petit groupe de personnes entrave la lutte mondiale contre la pauvreté. Il exhorte les dirigeants du monde à mettre fin à la  « richesse extrême d’ici 2025» et à « inverser la hausse rapide des inégalités observée dans la majorité des pays pour les 20 prochaines années ». L’Oxfam juge que la richesse extrême est non éthique, elle est économiquement inefficace, politiquement dangereuse, elle crée des divisions, et elle est destructrice pour l’environnement.

    «Au Royaume-Uni, l’inégalité retourne rapidement à des niveaux semblables à ceux de l’époque de Charles Dickens. En Chine, les 10% les plus riches gagnent près de 60% ​​du revenu. Le niveau des inégalités en Chine est désormais similaire à celui de l’Afrique du Sud, qui est maintenant le pays le plus inégalitaire du monde, et qui est beaucoup plus inégalitaire qu’il ne l’était à la fin de l’apartheid ».

    «Nous ne pouvons plus prétendre que la création de richesses pour un petit nombre bénéficiera inévitablement à tout le monde. Trop souvent, c’est le contraire qui est vrai », a déclaré  Jeremy Hobbs, le directeur exécutif d’Oxfam International. « Les plus riches bénéficient d’un système économique mondial qui les favorise », dit-il, citant les paradis fiscaux et la faible réglementation de certains marchés du travail. Le rapport souligne que ces super-riches contrôlent aussi les politiciens, ce qui aboutit à la conduite de politiques qui leur sont favorables.

    « Il est temps que nos dirigeants réforment ce système pour qu’il fonctionne dans l’intérêt de l’humanité toute entière, plutôt que pour une élite mondiale », conclut le rapport.

    Source : http://www.express.be/business/fr/economy/nous-ne-pouvons-plus-pretendre-que-la-creation-de-richesses-pour-un-petit-nombre-bnficiera-invitablement-a-tout-le-monde/184976.htm

  • Comment l’Europe est en train de transformer l’eau du robinet en marchandise en toute discrétion

     Soutenue par des multinationales, la Commission européenne pousse secrètement à la privatisation de l’eau en Europe, affirme le site de la télévision allemande « Monitor ». L’accès à l’eau de qualité est reconnue comme un droit fondamental par l’ONU, mais si ces multinationales parviennent à obtenir ce qu’elles souhaitent, elles pourront se partager un pactole constitué de milliards d’euros.

    La Commission a commencé à promouvoir la privatisation de l’eau pour les pays touchés par la crise et qui ont bénéficié de plans d’urgence, comme la Grèce et le Portugal par exemple. La troïka a parfois imposé cette privatisation, qui est alors expressément prévue dans les contrats qu’elle leur fait signer. En Grèce, les grands aqueducs d’Athènes et de Thessalonique ont été vendus. Pour le consommateur, la privatisation a des conséquences importantes. Au Portugal dans la ville de Pacos de Ferreira où la compagnie des eaux « Aguas de Portugal » a été privatisée, la facture d’eau a augmenté de près de 400% en quelques années, et chaque année, elle continue d’augmenter au rythme de 6%. Mais ce n’est qu’un début, affirme Monitor : la Commission cherche désormais à étendre cette privatisation aux autres pays européens.

    Selon Heide Rühle, une parlementaire allemande européenne qui représente les Verts allemand, l’UE met tout en œuvre pour imposer discrètement la privatisation de l’eau en Allemagne. D’après le commissaire européen Michel Barnier, cependant, la décision de la fourniture de l’eau sera toujours entre les mains des municipalités, et il s’agit simplement de leur donner la possibilité de faire appel à un partenaire privé réglementé pour le bénéfice du consommateur.

    Or, une étude menée par l’Université de Barcelone en 2010 indique que la privatisation de l’eau n’a pas toujours favorisé la baisse des prix, et que dans certains cas, la qualité de l’eau s’est dégradée, parce que les entreprises privées qui ont pour objectif premier de réaliser des bénéfices ont une tendance à moins entretenir et rénover l’infrastructure. Les promesses faites au moment de la privatisation sont rarement tenues.

    Pour les investisseurs, l’eau est devenue une marchandise de premier plan. Le marché de l’eau représente chaque année des centaines de milliards d’euros en Europe, et les grandes multinationales tentent d’obtenir la signature de contrats. Les petites entreprises locales de l’eau ne peuvent pas rivaliser avec les prix de dumping que peuvent offrir les grandes firmes telles que Veolia, RWE, Gelsenwasser et Thames Water. Ces société font du lobbying et elles conseillent les Eurocrates. La Commission européenne est par exemple guidée par un groupe de pilotage qui comprend des représentant des grandes firmes de distribution d’eau.

    Des groupes de défense protestent contre cet état de choses. Ils se réfèrent à des expériences passées comme à Londres, Bordeaux et Berlin, où la qualité de l’eau s’est dégradée suite à la privatisation : tuyaux pourris, contamination de l’eau potable, et ajout de chlore pour maintenir l’hygiène.

    Le 15 mai 2011, un groupement d’associations, dont ATTAC, a ainsi adressé un courrier à la Commission pour manifester son mécontentement et réclamer la fin des mesures visant à privatiser l’eau. Le 26 septembre de cette année, ce courrier recevait une réponse de la part de Gabriele Giudice, le Responsable du bureau de la Grèce pour la Commission des Affaires Economiques et Financières, expliquant que la privatisation permettrait de réduire la dette publique, qu’elle permettrait d’augmenter « l’efficacité des entreprises, et, par extension, la compétitivité de l’économie dans son ensemble, tout en attirant les investissements directs internationaux». Cependant, la Commission n’a pas fourni plus de détails pour étayer ces affirmations.

    L’eau doit elle être un droit fondamental humain ou une mine d’or pour des multinationales ? « Bruxelles a déjà tranché : à l’avenir, l’eau appartiendra plutôt aux firmes multinationales, plutôt qu’à chacun d’entre nous », conclut Monitor.

    http://www.express.be/business/fr/economy/comment-leurope-est-en-train-de-transformer-leau-du-robinet-en-marchandise-en-toute-discretion/183658.htm

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