• Olivier Delamarche le 09 Octobre 2012

  • SCANDALE LIBOR ET EURIBOR : SCOOP

    UNE ÉTUDE SCIENTIFIQUE DU CNRS ET DE L’UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE LILLE DU 4 DÉCEMBRE 2009 AVAIT REPÉRÉ QUE LE LIBOR ET L’EURIBOR ÉTAIENT MANIPULÉS : DEPUIS 2 ANS ET DEMI, CELA N’AVAIT BIEN ENTENDU INTÉRESSÉ PERSONNE
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    Les conséquences du scandale planétaire de la manipulation des taux interbancaires Libor et Euribor qui a éclaté il y a quelques jours, et dans lequel des rebondissements sont à prévoir, se chiffrent en centaines de billions de dollars, c’est-à-dire en milliers de milliards de dollars. (Attention : le mot anglais « trillion » se traduit par « billion » en français ; le mot anglais « billion » se traduit en français par « milliard »).

    D’après mes informations en provenance d’une source travaillant à la City de Londres, la dernière rumeur affirme que la commission d’enquête parlementaire britannique qui enquête sur ce scandale a découvert qu’une étude scientifique avait repéré la manipulation de ces taux interbancaires, grâce à une analyse approfondie des marchés, et cela depuis 2 ans et demi.

    Or, ô surprise : l’étude en question, publiée le 4 décembre 2009, n’a pas été réalisée dans la sphère anglo-saxonne, ni par une de ces fameuses « Autorités de surveillance des marchés » consultées par les enquêteurs britanniques.

    Non, l’étude a été réalisée par le Laboratoire de recherche français LEM, unité du CNRS portée conjointement par l’Université des Sciences et des Technologies de Lille (USTL, Lille 1) et l’Université Catholique de Lille.

    Le LEM compte environ 100 chercheurs et enseignants-chercheurs en sciences de gestion et en économie (dont 4 CNRS et 1 INSERM) et une soixantaine d’allocataires, de moniteurs et de doctorants. Ces chercheurs sont répartis pour l’essentiel sur l’IESEG, l’IAE de Lille, la Faculté d’Économie de l’Université Catholique, et l’université d’Artois.

    Autre surprise des enquêteurs britanniques : l’étude en question – extrêmement technique – était disponible en ligne depuis 2 ans et demi : dans le jargon des chercheurs, il s’agit en effet d’un « working paper » (document de travail) dont la vocation est d’être de libre accès.

    De fait, elle est disponible en ligne sur le site du LME-CNRD à l’adresse et tout un chacun peut la consulter :
    http://lem.cnrs.fr/Portals/2/actus/DP_200917.pdf

    Ou sur le lien ci dessous au cas ou elle serais supprimée :

    DP_200917 -libor

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    UNE ÉTUDE FRANÇAISE UNIQUEMENT PUBLIÉE EN ANGLAIS
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    Triste remarque pour nous, Français : ce document, qui semble être un scoop mondial, a été rédigé et publié en anglais, sans traduction en français, par trois chercheurs du LEM : MM. Chailloux (FMI), Brousseau et Durré (IESEG, Université Catholique de Lille).

    Car, dans l’univers de la recherche, publier une étude en français semble en passe de devenir une faute de goût, aussi fatale que de la publier en sanskrit ou en araméen ancien. C’est se condamner paraît-il, à être ignoré de tout ce qui compte de sérieux dans la recherche mondiale.

    Que ce soit vrai ou faux, force est de constater que la publication d’une étude française de très haut niveau en langue anglaise ne suffit pas non plus à retenir l’attention puisque cette étude n’a intéressé strictement personne depuis 2 ans et demi…

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    UNE ÉTUDE DONT LA PERTINENCE EST VALIDÉE PAR LES FAITS
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    Sans entrer dans les détails techniques particulièrement arides, le lecteur pourra constater la pertinence de l’étude en question, en lisant les extraits de la page 27 :

    « The previous findings may imply, among other things, that the fixing could be the result of converging pricing among prime banks not entirely reflecting market conditions, hence making the fixing entirely virtual.

    By nature, if it is so for the EURIBOR, then it is quite likely that the USD and GBP counterpart, which are the 3-month LIBOR, also have a somewhat virtual nature.

    In the same vein, if the fixings of 3-month interest rates appear artificial, there is no compelling reason why this should not also be the case for the fixing of longer maturities and in particular for the 1-year fixings, clearly putting at risk the anchoring role of these fixings in the financial markets.

    Finally, one may wonder whether such “virtual pricing” of the EURIBOR may result mainly from euro area continental banks in the EBF panel or whether it also applies to non euro area international banks. »

    Traduction (par mes soins, donc sous réserve) :
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    « Les résultats précédents peuvent impliquer, entre autres choses, que le fixing est le résultat de la convergence des prix entre les banques contributrices (à l’EURIBOR et au LIBOR) ne reflétant pas parfaitement les conditions du marché, conférant ainsi au fixing un caractère entièrement virtuel.

    Par nature, si la fixation du taux de l’Euribor revêt un caractère virtuel, alors il est fort probable que la contrepartie dollar (USD) et livre sterling (GBP), qui sont le LIBOR à 3 mois, revête aussi un caractère quelque peu virtuel.

    Dans la même veine, si les fixations de taux d’intérêt à 3 mois semblent artificielles, il n’y a aucune raison convaincante pour laquelle cela ne devrait pas être aussi le cas pour la fixation des échéances plus longues, et en particulier pour la fixation des échéances à 1 an, ce qui met clairement en danger le rôle d’ancrage de ces fixings sur les marchés financiers.

    Enfin, on peut se demander si un tel « pricing » virtuel de l’EURIBOR peut résulter principalement de banques continentales de la zone euro du panel FBE (Fédération Bancaire Européenne), ou si elle s’applique également aux banques internationales situées en dehors de la zone euro. »

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    CONCLUSION : LA RECHERCHE FRANÇAISE INJUSTEMENT DÉDAIGNÉE
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    Le caractère analytique et prédictif remarquable de cette étude aurait dû alarmer depuis longtemps les autorités de surveillance, non seulement à New York et à Londres, mais aussi à l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) à Paris.

    Il n’en a rien été.

    Le sort de cette étude, et l’intérêt soudain mais trop tardif qu’elle suscite Outre-Manche, sont allégoriques de l’un des principaux maux qui rongent la France : le mépris de nous-mêmes.

    Comme on l’observe très souvent (en mathématiques, en sciences sociales, en médecine, en physique, etc., etc. ), les événements prouvent que les chercheurs français sont fréquemment de très haut niveau international, et parfois en pointe, y compris en matière financière.

    Mais, comme très souvent aussi, hélas, le fruit de leurs recherches est méconnu, ou dédaigné.

    L’idéologie dominante, martelée par les médias, impose à l’ensemble des élites et du corps social français d’auto-déprécier constamment leur pays et de considérer que seuls les chercheurs américains valent que l’on y porte attention.

    Au-delà du constat que le scandale du Libor et de l’Euribor aurait pu être contrecarré depuis 2 ans et demi, puisse cette affaire nous inviter à nous redresser moralement et psychologiquement.

    Car c’est d’abord dans les têtes que se joue la victoire ou la défaite de l’hégémonie américaine.

    François ASSELINEAU
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    vu sur facebook ici : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=424265514278491&set=a.401862163185493.86590.100000851386945&type=1

  • Liborgate : le scandale du siècle sur 350000 milliards de $ de produits financiers [BFM]

     

    Plus d’infos – http://lejournaldusiecle.com/2012/07/12/liborgate-le-scandale-du-siecle-sur-350000-milliards-de-de-produits-financiers/

    Qu’est-ce que le Libor ?

    Le Libor est le taux interbancaire de référence sur le marché londonien, c’est-à-dire la moyenne des prix que les banques déclarent être prêtes à payer pour emprunter à différentes maturités. Seize banques participent chaque jour à la fixation du Libor à Londres. Elles remettent ensuite un rapport sur leur estimation du taux adéquat à la British Banking Association (BBA), l’association des banquiers britanniques. Sur la base de cet échantillon, la BBA fixe alors un taux moyen publié quotidiennement en fin de matinée.

    A quoi sert le LIBOR et comment un simple citoyen est concerné par ce taux ?

    En plus d’être une référence statistique qui peut être utilisée par des chercheurs dans une fac d’éco ou repris par un gouvernement ou un banque centrale et influencer des politiques économiques ou surtout monétaires, l’intérêt principal de ce produit est de servir de base de calcul pour de très nombreuses opérations financières – le chiffre de 350.000 ou 360.000 milliards de dollars, soit 5 fois le PIB du monde, est souvent repris – y compris hors de la place de Londres. La mâtiné d’un comptable finit souvent par la consultation du Libor qui sert au calcul des échéance de nombreux emprunts bancaires. Cela touche les grosses entreprises mais aussi les petites.

    Quel est le scandale ?

    Plusieurs fleurons de la finance mondiale sont soupçonnés d’avoir manipulé les cours du Libor, ainsi que ceux de l’Euribor, le taux de référence pour la zone euro. Selon les justices britanniques et américaines, ces établissements auraient déclaré des taux inférieurs à ceux auxquels ils empruntaient réellement afin de masquer leurs difficultés. Pire, à la Barclays et sans doute ailleurs, les traders auraient influé sur le taux déclaré pour faciliter leurs opérations, contrairement au principe de séparation des activités au sein des établissements.

    Pourquoi manipuler le Libor ?

    Puisque le marché des produits financiers adossés au Libor se monte à 350.000 milliards, toute erreur (rires !) ou manipulation de 0,01% représentent 36 milliards sur une année. Cela ne signifie pas que 36 milliards passent d’une poche à une autre car toute les banques de marché sont à la fois courtes et longues sur des produits basés sur le Libor, il y a une sorte de compensation mais pas totale sinon il n’y aurait pas de fraudes. Sauf que depuis que la crise financière est passée par là et que l’impératif d’accumuler des bénéfices à court terme s’est fait plus pressant pour les banques quitte à violer la loi. Puisque les banques prêtent moins, ce n’est pas avez les marges faites sur les nouveaux prêts qu’elles vont pouvoir continuer à faire des bénéfices, par contre faire plus de profits sur des prêts passés est l’idéal car le client est l’otage de la banque (sa seule solution pour y échapper est de faire faillite).

    Quelles banques sont concernées ?

    Au premier chef, Barclays, dont le président, le directeur général et le directeur des opérations ont dû démissionner face au scandale. La banque s’était préalablement acquittée de 360 millions d’euros d’amendes au Royaume-Uni et aux Etats-Unis pour éviter les poursuites. La Royal Bank of Scotland (RBS) est également dans l’oeil du viseur. L’enquête prend une dimension mondiale, avec des investigations dans l’Union européenne, au Japon et en Suisse. La Société générale, UBS, la Deutsche Bank, HSBC, notamment, sont cités dans l’un ou l’autre des dossiers.

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