• CITIGROUP, LA PLUS GRANDE ORGANISATION DE SERVICES FINANCIERS AU MONDE, ANNONCE S’ÊTRE PRÉPARÉE À L’ÉVENTUALITÉ D’UN ÉCLATEMENT DE LA ZONE EURO

    Le directeur financier de Citigroup, John Gerspach, vient d’affirmer ce lundi 16 juillet que la banque géante américaine, 10ème entreprise la plus importante du monde par le montant de ses actifs, s’est préparée à l’éventualité d’un éclatement de la zone euro.

    Pour cela, elle a réduit son exposition au risque dans cette région du monde, en fermant notamment ses activités de banque de détail.

    Évoquant le risque d’un prochain éclatement de la zone euro,
    John Gerspach (en photo ici) a déclaré :

    « Nous pensons que nous sommes préparés à cette éventualité. Il faut de toutes façons être prêts. C’est un risque (…) pour lequel nous pensons être prêts, l’éclatement de la zone euro ou la sortie d’un ou plusieurs de ses membres. »

    L’exposition du groupe financier à la Grèce est estimée à 1,3 milliard de dollars, celle à la dette de l’Italie à 1,9 milliard de dollars et à l’Espagne à 3,1 milliards de dollars. L’exposition à l’Irlande est nettement plus faible (500 millions de dollars) tout comme celle au Portugal (300 millions).

    M. Gerspach a précisé : « Nous avons fermé toutes nos activités de banque de détail en Europe et le bénéfice net du groupe a plongé de 91% à 8 millions de dollars dans ces activités sur les six premiers mois de l’année comparé à la même période un an plus tôt. »

    [Source : http://www.romandie.com/news/n/_Citigroup_s_est_preparee_a_l_eventualite_d_un_eclatement_de_la_zone_euro_RP_160720121739-18-212720.asp?]

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    COMMENTAIRES
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    Cette annonce spectaculaire intervient deux jours après la publication d’une étude de Bank of America – Merryll Lynch qui a également fait sensation sur les marchés financiers.

    À savoir que la Grèce, l’Italie, et l’Irlande seraient les grandes gagnantes d’une sortie de la zone euro, tandis que l’Allemagne, la Finlande et l’Autriche auraient le plus à perdre.

    [Source : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/13/20002-20120713ARTFIG00574-eclatement-de-l-euro-l-italie-grande-gagnante.php]

    Ce qui, soit dit en passant, confirme totalement les analyses que je développe depuis de nombreux mois.

     

    Trouvé sur facebook ici : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=422528834452159&set=a.401862163185493.86590.100000851386945&type=1&relevant_count=1

  • Ethylotests à usage unique : à consommer avec modération pour l’environnement ?

    Depuis le 1er juillet, tout conducteur de véhicule motorisé est dans l’obligation d’avoir à bord un éthylotest. A compter du 1er novembre 2012, le défaut de possession de cet objet sera sanctionné par une amende de 11 euros. Ainsi, près de quarante millions d’éthylotests vont débarquer au minimum dans les voitures d’ici l’automne, et bien plus si les automobilistes en font usage fréquemment !

    C’est pourquoi l’association Robin des Bois demande au ministère de l’Ecologie et à l’Ademe d’organiser rapidement une filière REP (responsabilité élargie du producteur) pour les éthylotests à usage unique. « Chaque éthylotest à usage unique contient environ 1 gramme de chrome VI, substance classée Cancérogène, Mutagène et Reprotoxique (CMR) », indique l’association qui estime le marché annuel à 30 millions d’unités, soit l’équivalent de 30 tonnes de chrome VI. « A titre de comparaison, en 2010, le rejet dans l’eau de chrome VI a été de 622 kg selon le registre français des émissions polluantes sur Internet (iREP) ».

    Selon Robin des Bois, s’ils sont incinérés, les éthylotests chargeront en chrome les fumées et les mâchefers. S’ils sont mis en décharge, ils pollueront à terme les eaux superficielles et souterraines.

    « A défaut de filière spécialisée, les éthylotests pourraient être intégrés à la filière REP des déchets diffus spécifiques », indique l’association, ou dans la REP déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).

     

    Source : http://www.actu-environnement.com/ae/news/chrome-dechets-ethylotest-rep-collecte-16184.php4?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

  • 43 sites pollués par la radioactivité en France

    La France comptait 43 sites pollués par la radioactivité fin 2010. Ces sites correspondent pour beaucoup à des ateliers de production de radium ou à des dépôts de stockage qui ont vu le jour au début du XXe siècle.

    L’inventaire national de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) publié mercredi révèle que quarante-trois sites pollués par la radioactivité étaient recensés fin 2010 en France, pour la plupart réhabilités ou en passe de l’être. Il s’agit essentiellement de sites où du radium (ou des objets en contenant) a été fabriqué, entreposé ou commercialisé durant la première moitié du XXe siècle. L’intérêt pour ces objets tenait aux propriétés radioactives du radium (objets médicaux ou paramédicaux) ou en dérivait (comme la radioluminescence pour les cadrans des horloges, les tableaux de bord des avions etc), relève l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

    Parmi les sites pollués, on trouve également d’anciens établissements industriels exploitant des minerais radioactifs (mines d’uranium) ou destinés à en extraire des « terres rares ». C’est le cas par exemple de l’ancienne usine Orflam-Plast, à Pargny-sur-Saulx dans la Marne, qui fabriquait des pierres à briquet à partir d’un minerai riche en thorium. Ces 43 sites identifiés sont essentiellement répartis à Paris, en Ile-de-France, ainsi que dans l’est et le sud-est.

    Déjà plus de 1,3 million de m3 de déchets nucléaires, ce sera plus en 2030

    Par ailleurs, l’Autorité de sûreté nucléaire a lancé fin 2010 une « Opération diagnostic radium » visant à contrôler 134 sites qui auraient pu manipuler la radioactivité par le passé. En accord avec les propriétaires, des experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se rendent sur place. Si leur inspection met en évidence des traces de radium, les sites pollués sont réhabilités aux frais de l’Etat tandis qu’un suivi sanitaire des populations concernées peut être mis en place. Une carte des sites pollués est consultable sur le site de l’Andra.

    1,320 million de mètres cubes de déchets nucléaires en tous genres étaient recensés en France fin 2010, selon l’Andra. Mais ce chiffre est appelé à doubler puisque le volume devrait atteindre 2,7 millions de m3 en 2030. D’où proviennent ces déchets dits radioactifs ? Principalement des centrales nucléaires (59%) mais aussi de laboratoires de recherche (26%), des activités militaires (11%), de l’industrie non nucléaire (3%) et du secteur médical (1%), selon l’Andra.

  • 220 millions de dollars manquent, le PDG a tenté de se suicider !

    Traduction google de cette page : http://in.reuters.com/article/2012/07/10/broker-pfgbest-idINL2E8I9E5620120710

    CHICAGO / NEW YORK 9 Juillet (Reuters) – Plus de 200 millions de dollars des fonds des clients ne semble pas figurer dans les comptes de contrats à terme aux États-Unis courtier PFGBest, les régulateurs a déclaré lundi, quelques heures après le fondateur de la firme tenté de se suicider en dehors du siège de la société Iowa.

    La tentative de suicide et de l’anxiété de l’argent manquant renouvelée au cours de la stabilité de l’industrie du courtage moins d’un an après l’effondrement de beaucoup plus de MF Global. PFGBest dit les clients de leurs fonds avaient été gelés et les clients seraient autorisés à liquider leurs positions de négociation ouverts, mais ne serait pas en mesure de retirer des fonds ou faire de nouveaux métiers jusqu’à nouvel avis.

    La National Futures Association (NFA), un groupe industriel qui joue également un rôle de régulation, a déclaré qu’il avait rendu une ordonnance d’urgence pour effectivement geler les opérations de PFGBest après constatation d’un compte bancaire américain le courtier ledit contenu 225 millions de dollars dans des fonds de clients effectivement eu lieu seulement 5 $ millions d’euros.

    « Il semble que PFG ne dispose pas d’actifs suffisants pour s’acquitter de ses obligations envers ses clients, » la NFA a déclaré.

    La divulgation est intervenue quelques heures après le propriétaire Russell Sr. Wasendorf, un vétéran de 40 ans des marchés à terme, a été retrouvé dans sa voiture près du siège de la nouvelle société, ayant apparemment tenté le suicide. Il est dans un état critique à l’Université de l’Iowa hôpitaux, selon des médias locaux.

    PFGBest, qui a négocié les métiers aux Etats-Unis des produits de base et à terme sur devises et des options pour 20 ans, a déclaré à ses clients qu’il était en liquidation seule statut de «quelques irrégularités comptables sont à l’étude concernant les comptes de l’entreprise. »

    « Qu’est-ce que cela signifie est pas de clients sont en mesure de négocier, sauf à liquider leurs positions. Jusqu’à nouvel avis, PFGBEST n’est pas autorisé à libérer les fonds, » dit la note.

    PFGBest fonctionnaires n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter. Locales responsables de l’application de la loi dit que l’enquête serait probablement bientôt passer au bureau du procureur des États-Unis.

    Avec environ 400 millions $ dans les comptes clients distincts, moins d’un dixième de la quantité de MF Global a eu quand il a déposé son bilan, les retombées seront moins graves. Mais les nouvelles toujours envoyé des ondes de choc à travers l’industrie à terme et a ajouté agonie nouvelle pour certains commerçants manquent encore de l’argent de MF Global.

    « Pour le marché à terme, c’est horrible », a déclaré James Koutoulas, un courtier en matières premières et président de hedge funds Capital Typhon, qui a mené une campagne auprès des clients MF anciens mondiales de récupérer leurs fonds. «C’est une crise de confiance. »

    Koutoulas a dit qu’il avait neuf comptes à PFGBest. Ses premières instructions aux commerçants n’étaient pas de liquider les comptes. Au lieu de cela, il va les garder ouverts aussi longtemps qu’il veut être dans les métiers. Il procédera à la liquidation, si il n’aime pas les positions avant qu’ils ne soient transférés en vrac quelque part.

    «Nous sommes perdus »

    Un courtier à PFGBest dit que le fils de Wasendorf, Russ Wasendorf Jr., a informé les employés sur les événements antérieurs dans la journée, en disant qu’une note de suicide avait été trouvé en faisant allusion à une sorte de difficultés financières avec la société. Le jeune Wasendorf « sonnait comme il était dans un autre monde. »

    « Tout le monde ici est évidemment en état de choc », a déclaré le courtier, ajoutant que certains employés avaient commencé l’emballage de peu de temps après les annonces. « Presque tout le monde ici dit que nous sommes condamnés. »

    Un ancien employé de l’entreprise a dit qu’il avait grandi avec préoccupation que Wasendorf ne faire plus pour distancer l’entreprise à partir d’un massif de 194 M $ forex trading-chaîne de Ponzi dirigé par Trevor Cook dans le Minnesota, qui a admis avoir fraudé plus de 700 investisseurs. Cook est purgé 25 ans de prison.

    En Février PFGBest, qui avait agi en tant que courtier de Cook, a été condamné à une amende 700 000 $ par la NFA pour ne pas avoir remarqué le régime. La société a ensuite été poursuivi en justice pour 48 millions de dollars par l’arrondissement récepteur jusqu’à des actifs de régime de Cook.

    La NFA a déclaré lundi que le 29 Juin, PFGBest compensation unité de Peregrine Financial Group (PFG) a dit à la NFA qu’elle détenait 400 millions de dollars dans des fonds distincts de clients, dont plus de 225 M $ était en dépôt dans une banque américain anonyme.

    Mais le lundi, après avoir reçu des informations que le fondateur et propriétaire de PFG ont falsifié des documents bancaires, la NFA a déclaré que seulement 5 $ de dollars a été le compte à des jours fériés plus tôt. Il a également dit que les soldes bancaires antérieures de Février 2010 et Mars 2011, a rapporté plus de 200 millions de dollars, pourrait en fait avoir lieu moins de 10 $ millions à l’époque.

    De la cave au COMPOSÉ

    PFGBest est beaucoup plus faible que les grandes banques d’investissement qui dominent les activités de courtage, mais il était parmi une douzaine ou si bien connus des entreprises indépendantes qui tendent à répondre à des commerçants locaux, des agriculteurs ou petits acteurs du marché.

    Russell Wasendorf Sr. a commencé comme un courtier en matières premières dans le sous-sol de sa maison à Cedar Falls en 1972, offre des séminaires et des programmes éducatifs à d’autres commerçants. En 1990, il a lancé Peregrine Financial Group, qui deviendra PFGBest, et a été un promoteur précoce de systèmes de négociation électroniques.

    Il a élargi l’entreprise dans les années 1980 après avoir fait un profit d’aubaine pour lui-même et les clients en leur conseillant de court-circuiter le marché financier à terme 10 jours avant la «lundi noir» krach boursier de 1987, le site Web de l’entreprise dit.

    L’entreprise a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie, l’ouverture de bureaux au Canada et à Shanghai et l’achat de petit Alaron rival en 2009. Il a également déménagé son siège social de Chicago revenir à une installation construite à cet effet dans la ville natale Wasendorf de Cedar Falls, avec des plans pour accueillir jusqu’à 300 employés.

    Il était à l’extérieur de l’entreprise 50000 pieds carrés, le siège de verre de trois étages – une structure 18 millions de dollars qui a été célébré pour son éco-construction et de cafétéria pour les employés de quatre étoiles – que les autorités locales l’ai trouvé peu après 8 h, heure locale.

    Le Bureau du comté de Black Hawk shérif a répondu à un rapport d’une tentative de suicide et transporté la victime à l’hôpital local, le shérif Tony Thompson a dit. Il a refusé d’identifier la victime ou de dire comment la victime avait tenté de se suicider.

    Le shérif du comté sera probablement adopté à l’enquête au bureau du procureur des États-Unis dans les 12 prochaines heures « , selon la nature de l’enquête, » a déclaré Thompson. Il a dit qu’il ne pouvait pas communiquer des renseignements supplémentaires.

  • Les banques et l’archipel de la cupidité

    LE CERCLE. Les banques sont, une fois de plus, prises dans une tourmente médiatique et des tourments judiciaires notamment par le biais de ce que l’on nomme l’affaire Barclays au sein de la City.

     

    Autant le dire tout de suite, les choses sont simples – pour nous – au plan du ressenti humain. Quand nous pensons au courage des pilotes de la R.A.F en 1940 opportunément vanté par Winston Churchill, nous sommes résolument anglophiles. Quand nous commençons à cerner ce qui semble s’être passé à la City depuis plusieurs mois, nous sommes pris d’une anglophobie strictement définie à une petite et puissante aire géographique, celle de l’archipel de la cupidité que ses actions parfaitement répréhensibles parcourent et délimitent.

    Archipel géographique, car toute la City ne saurait être touchée. Archipel de la cupidité, car seule l’envie d’être « greedy » peut expliquer des comportements aussi grossièrement fautifs. Rentrons donc dans l’horlogerie de la perversité de certains financiers qui portent beau, mais n’ont pas de concordance entre la qualité de leurs costumes et l’étroitesse de leurs âmes.

    Pour aller droit au but tel un footballeur espagnol : il y a eu fraude sur le Libor qui est le « London Interbank Offered Rate », c’est à dire le taux du marché monétaire à Londres. Ce qui est important – et devient la clef de la question – c’est que le Libor est une moyenne déterminée entre les taux du marché bancaire (toujours à Londres) à une certaine maturité et telle ou telle devise (Livre, Euro ou Dollar).

    Plus concrètement, les banques de la City sont consultées chaque jour par la BBA (British Banking Association) qui prend note des taux maximums que les banques acceptent de souscrire lorsqu’elles empruntent et des taux minimums que les mêmes banques sont prêtes à concéder à leurs clients. La BBA joue alors le rôle d’une sorte de chambre de compensation chère à l’économiste Léon Walras et fournit la valeur et la tendance des taux d’intérêt.

    Comme le lecteur averti l’aura pressenti voire deviné, il y a eu entente entre plusieurs grandes banques pour faire évoluer le Libor dans un sens qui leur était favorable. Trois épiciers et une supérette au coin de votre rue peuvent aussi se mettre d’accord pour un bricolage défavorable aux consommateurs. Jusque-là, rien de nouveau en économie. Sauf que dans le cas du Libor, l’archipel de la cupidité a généré une fraude de la taille d’un bloc de continent, car le Libor est le taux retenu pour des millions de transactions.

    Un chiffre : un chiffre doit être cité. Il se suffit à lui-même. Il y a un consensus de place pour considérer que le Libor sert de support à 350 000 milliards de dollars (trois cent cinquante mille milliards) de transaction. On imagine une fraude ne portant que sur 3 % des transactions viciées à hauteur de 5 % : à vos calculettes, amis de la finance dérégulée comme le Professeur Jean-Jacques Rosa et autres Alain Madelin.

    Concrètement, où en sommes-nous ?

    L’archipel de la cupidité ayant été démasqué, quelques personnes sont démises de leurs fonctions tel l’emblématique Président de la Barclays. Pendant ce temps-là, les Établissements bancaires toujours subtils négocient – derrière d’épaisses portes capitonnées – l’abandon des poursuites judiciaires moyennant le paiement d’amendes records. Le chiffre de 360 millions d’Euros est avancé pour la Barclays, de 190 millions d’Euros pour la Royal Bank of Scotland, et le chiffre est secret pour UBS, HSBC, etc.

    Il y a plusieurs années, le Conseil de la Concurrence avait, en France, infligé des amendes importantes aux cimentiers et aux lessiviers pour ententes : le seul défaut de raisonnement, c’est que le préjudice est reconstitué, recalculé et jamais déterminé de manière quasi certaine. Et si la Barclays avait réussi à engranger 3 milliards d’Euros depuis le temps que cette danse malsaine sur le Libor durait, cela veut dire qu’elle aurait à régler 12 % de son « erreur ». On voit bien qu’il y a question et la proportionnalité des amendes rapportée aux montants probables des fraudes interpelle la raison.

    De manière fort britannique et lucide, le Gouverneur de la Banque d’Angleterre s’insurge contre « la tromperie comme moyen de faire de l’argent ». L’assistante d’une banque payée 1 400 euros nets partage sûrement son point de vue et attend le futur séminaire des cadres où la question de la « fierté d’appartenance à la firme » sera traitée par un consultant assez bien rémunéré. « See what I mean ».

    Nous l’avons déjà énoncé : l’archipel de la cupidité est un foyer de grave démotivation des travailleurs, de repoussoir pour les clients et de risque pour la confiance interbancaire dont le Libor est le taux phare.
    Mais dans cette crise bancaire qui s’étire depuis 2008, il y a toujours un moment un rien pathétique : la City, connue pour son grand libéralisme, vient de demander plus de régulation et vient – par l’intermédiaire de l’Association des banques britanniques – de suggérer au Gouvernement de superviser la fixation du Libor. Au plan méso-économique, cela prouve que les firmes transnationales peuvent se jouer des régulations et fausser le thermomètre cardinal de la finance mondiale. Insoutenable.

    Au plan macro-économique, cela suppose une révision de plein de données quantifiées fondées sur des analyses Libor qui sont désormais entachées d’erreurs de conception : vaste programme pour les quantitativistes. Au plan micro-économique, si nous étions au board de Coca-Cola et que nous avions emprunté sur base Libor plus alpha, nous aurions des petites questions de confiance à poser à nos amis cupides.

    Suez, Panama, Stavisky, La garantie foncière, etc. : tous les temps ont été peuplés de scandales. En revanche, dans le contexte d’un système où c’est précisément la dynamique interbancaire qui a fait défaut en 2008 suite à la faillite de Lehman Brothers, n’était-il pas très hasardeux de tricoter avec l’authenticité du Libor même par cupidité ?

    « La valeur ou l’importance d’un homme, c’est comme pour tout autre objet, son prix, c’est-à-dire ce qu’on donnerait pour disposer de son pouvoir : aussi n’est-ce pas une grandeur absolue, mais quelque chose qui dépend du besoin et du jugement d’autrui », (Hobbes, in Léviathan).

    Les grands banquiers de Londres avaient beaucoup de pouvoir et étaient des gens enviés en valeur absolue. Les banques vont absorber ce choc et le monde a besoin d’elles ce qui rend un rien fataliste. En revanche, pour certains le jugement d’autrui cher à Hobbes va s’exercer : l’archipel de la cupidité vient de les transformer en fucacées desséchées, car loin de la marée. C’est ainsi, l’argent change de cheval quand celui-ci n’a plus le talent requis et gageons que les arrangements en cours entre les autorités et les banques vont faciliter de nouvelles brillantes carrières : puissent-elles avoir au revers de leurs vestes impeccables brodé le mot vertu.

    Pour conclure, ces récents évènements sont moins festifs que les 60 ans de règne de la Reine et interpelle les travaux de centaines de personnes : ceux chargés de l’anticipation des crises à travers l’analyse des statistiques.

    Pour ne citer que les plus grandes institutions, le FMI a lancé depuis quelques années un programme « Data link » et tend à développer un groupe qui réunit les grandes agences statistiques des principaux pays. Plus compromise par des affaires de type Barclays, la BRI (Banque des Règlements internationaux) collecte des données à partir des bilans consolidés des Établissements. On mesure ici les limites de l’approche bilancielle si les conditions d’obtention du produit net bancaire sont frauduleuses.

    Des efforts sont en cours pour ce qui a trait à l’exposition des banques aux risques-devises et aux produits dérivés simples, mais une large indétermination subsiste concernant les dettes complexes : autrement dit, les engagements hors bilan, les contrats d’échange sur le risque de défaut (CDS), les produits structurés du type obligations adossés à des emprunts (CDO), etc.

    La capacité des décideurs publics et des Régulateurs d’anticiper l’onde de choc exacte d’un point de crise (black spot) est encore très en deçà des besoins : pour schématiser, le seuil de déclenchement des alarmes incendie n’est pas véritablement à un niveau qualifiable de satisfaisant. Quant à la prévention, elle relève – en pratique – de l’illusion tant les crises successives ont montré que l’archipel de la cupidité était un animal dangereux par la toxicité des phénomènes qu’il induit.

    Dans un monde économique où il est avéré que les anticipations rationnelles et les asymétries d’information sont deux notions qui sont objectivement pertinentes, l’affaire de la Barclays et de la City nous plonge vers une zone de risques du fait de banquiers qui ne veulent jamais croire que le panneau sens interdit de nos villes peut avoir un sens en finance.

    Finalement, à ces banquiers, certainement admirateurs de la Suisse qui fête Rousseau en ce moment (pour son 300e anniversaire), on a juste envie de leur faire écrire à l’infini une des phrases de ce beau philosophe : « l’argent qu’on possède est l’instrument de la liberté ; celui qu’on pourchasse est celui de la servitude ». J.J Rousseau, in Confessions.

     

    Source : http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/banques-assurances/221149342/banques-et-larchipel-cupidite

     

    Lire aussi : http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/finance-marches/finances/221149593/libor-ilot-pertes-ocean-profits

  • A quand le Kärcher pour la finance ?

    La banque britannique Barclays est au coeur d’un scandale financier pour avoir manipulé le taux d’intérêt Libor. Comme l’explique notre blogueur associé Laurent Pinsolle, les révélations ne font que commencer et d’autres banques mondiales pourraient se retrouver impliquées dans cette manipulation. Quelles leçons tirer de ce scandale ?

    «Banksters » (contraction de banquier et gangster), «Le cœur pourri de la finance » : The Economist n’y est pas allé de main morte pour dénoncer le scandale de la manipulation du LIBOR par la banque Barclays, qui a abouti à la démission de son patron et une amende de 450 millions de dollars.
    Le Libor (London Inter-Bank Offered Rate) est un taux d’intérêt de référence des marchés financiers, sur lequel repose la bagatelle de huit cent mille milliards de dollars de contrat, plus de 10 fois le PIB de la planète… Le Libor est un taux fixé tous les jours par la compilation du coût de financement à trois mois en dollars estimé par 16 banques. Les 4 taux les plus élevés et les 4 taux les moins élevés ne sont pas pris en compte. Le Libor est la moyenne des 8 taux médians.
    De manière intéressante, on constate que ce taux fondamental sur les marchés financiers ne reflète même pas la réalité de l’équilibre entre l’offre et la demande sur le marché, mais est seulement la moyenne d’estimations informelles fournies par quelques banques. Cette méthode pose beaucoup de problèmes car les banques sont juges et parties dans l’affaire. Communiquer un taux trop élevé (les chiffres sont publics) indique ainsi qu’une banque a des difficultés de financement.
    Ensuite, ce taux détermine également une partie des coûts et des revenus d’une banque. Du coup, en fonction de son portefeuille, une banque peut avoir intérêt à faire baisser ou faire monter le Libor. Et c’est justement là que le scandale intervient. The Economist rapporte ainsi que Barclays a été reconnue coupable de manipulation du niveau du Libor, en soumettant presque toujours le taux plus élevé. Pire, il semble qu’elle ait agi en coordination avec d’autres banques.

    A quand le Kärcher pour la finance ?

    En réailté, nous n’en sommes qu’au début des révélations sur ce scandale absolument retentissant. En effet, l’amende de Barclays (450 millions de dollars) a été réduite parce que la banque a coopéré avec les autorités ! Et The Economist évoque que les enquêtes se poursuivent  à Citigroup, Deutsche Bank, HSBC, JPMorgan Chase, RBS et UBS. Bref, le gratin mondial de la finance pourrait bien être impliqué dans cette manipulation des taux d’intérêt.
    Ce nouveau scandale nous rappelle deux choses. La première, c’est le privilège incroyable des banques dans le monde occidental, et plus particulièrement européen. En effet, les banques ont le pouvoir de créer de la monnaie presque à volonté  (permettant à la BNP de tripler son bilan de 2002 à 2008) du fait de normes prudentielles extrêmement laxistes. Mieux, leur importance systémique (trop grandes pour faire faillite) impose aux Etats de venir à leur aide, quelqu’en soit le coût.
    La seconde leçon, encore plus effrayante, c’est que nos dirigeants ne font rien ou presque pour réformer ce système financier devenu monstrueux, où les conflits d’intérêt sont légions, où les rémunérations restent encore complètement déraisonnables. Pire, les quatre années qui viennent de passer ont consacré l’irresponsabilité chronique de ce monde, qu’on ne peut pas laisser faire faillite, et qui a droit à une forme d’assurance gratuite de la part des Etats et des contribuables.
    Les raisons qui expliquent le manque d’attention des politiques sur ces sujets restent mystérieuses. Aux intérêts croisés, je crois aussi qu’il y a également trop de conformisme et un manque de compréhension. A croire, que, comme le souhaite Lordon, il faudra une explosion du système pour le réformer.
  • Près de 46 millions d’Américains vivent grâce à des bons alimentaires

    Près de 46 millions d’Américains, soit 15 % de la population, vivait en avril 2011 grâce à des bons alimentaires, a indiqué vendredi 5 août le ministère de l’agriculture des Etats-Unis. Ce chiffre record a augmenté de 2,5 % entre mai 2010 et avril 2011.

    Les Etats où les allocataires sont les plus nombreux sont le Texas (3,9 millions), la Californie (3,7 millions), la Floride (3 millions) et New York (3 millions). L’Alabama, Etat du Sud, a pour sa part doublé le nombre de ses allocataires, passant de 800 000 à plus de 1,7 million. Ce bond spectaculaire est dû en grande partie, selon un responsable du ministère, à la série de tornades qui a touché fin avril cet Etat, faisant 210 morts, plus de 1 700 blessés et des destructions massives.

    Les bons alimentaires, qui font partie du programme SNAP d’assistance supplémentaire à l’alimentation, peuvent être demandés sous conditions, en fonction notamment d’un plafond mensuel de ressources selon la taille de la famille. Pour une famille de quatre personnes, ce plafond est fixé à 2 389 dollars. Le montant moyen de cette allocation est de 300 dollars. Les bons peuvent être échangés en supermarché contre des produits alimentaires, mais pas contre des sandwichs, des produits traiteurs ou de l’alcool.

    En 2010, le programme d’aide alimentaire a coûté 68 milliards de dollars (47,6 milliards d’euros) aux contribuables américains, contre 250 millions de dollars en 1969, lorsque le programme a commencé (soit l’équivalent de 1,4 milliards de dollars actuels).

    RECORD DU CRÉDIT À LA CONSOMMATION

    Les Américains ont tâché pendant deux ans, entre l’été 2008 et l’été 2010, de guérir de leur dépendance au crédit à la consommation et de se désendetter, face à un chômage élevé. Mais depuis octobre, l’encours des crédits a connu neuf mois de hausse d’affilée.

    Le recours des Américains au crédit à la consommation a augmenté en juin à un rythme jamais vu depuis le début de la récession, selon des chiffres publiés vendredi par la banque centrale des Etats-Unis (Fed).

    L’encours de ces crédits a bondi sur ce mois de 7,7 % en rythme annuel par rapport au mois précédent, la plus forte hausse depuis août 2007, pour atteindre 2 446,1 milliards de dollars. La hausse en dollars (15,5 milliards) est trois fois supérieure à celle attendue par les analystes.

    Selon les données mensuelles de FirstData, une société de services de paiement électronique, les consommateurs américains ont financé depuis le début de l’année une part croissante de leurs achats de biens de première nécessité et d’essence par l’emprunt, à cause de la montée des prix.

     

    Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/08/05/pres-de-46-millions-d-americains-vivent-grace-a-des-bons-alimentaires_1556711_3222.html

  • Le nouveau business de la sécurité routière

    Voilà un scandale qui, s’il était connu d’un grand nombre de Français, ferait sans doute une onde de choc à travers tout le pays…

    Vous savez sans doute que le gouvernement a récemment publié un décret qui oblige chaque automobiliste à détenir dans sa voiture un éthylotest – enfin deux, l’un pour se tester en cas de doute, et l’autre à présenter aux gendarmes en cas de contrôle.

    Officiellement, le but est de lutter contre l’alcoolisme au volant. Tout le monde aimerait voir moins de drames sur la route liés à l’alcool, c’est incontestable. Mais je vais vous montrer qu’il s’agit de bien autre chose ici…

    L’affaire est tellement scandaleuse qu’il fallait absolument que je vous envoie un mail pour vous informer !

    Alors, voilà ce qui se passe :

    En juillet, une association, « I-Test » se crée pour militer en faveur d’éthylotests obligatoires dans toutes les voitures. Ils interpellent le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et hop quelques mois plus tard le décret sort. La nouvelle infraction est créée, avec une amende de 17 euros à la clef.

    Quand on sait qu’il faut des années d’habitude pour obtenir quoi que ce soit quand on est une association, nous avons été saisis par cette rapidité !

    Vous le savez, ici à la Ligue de Défense des Conducteurs, nous enquêtons depuis plus de trois ans sur la répression routière – il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir le pot aux roses !

    Qui sont les membres de cette « association » ? S’agit-il, comme on aurait pu le croire, d’un collectif de familles qui ont perdu un proche sur la route à cause d’un chauffard qui avait trop bu ?

    Pas du tout : ce sont tout simplement… des fabricants d’ethylotests ! Le Président de « l’association » est chargé de mission chez Contralco, le plus grand fabricant d’éthylotests chimiques (les fameux « ballons »).

    Et là, il vient de réussir un coup de maître : assurer à sa boîte un marché 100 % garanti sur 38 millions de voitures !

    Le calcul est vite fait : 38 millions de voitures x 2 éthylotests à 1€ pièce = 76 millions d’euros garantis dès l’application du décret en juillet prochain.

    Mieux. Le décret comporte une obligation de norme NF pour les éthylotests… norme que seules deux entreprises détiennent : Contralco, et une société sud-africaine, Red Line Products.

    Son éthylotest certifié est distribué par Pelimex, entreprise dont le dirigeant est… Vice-Président de I-Tests.

    Ah, au fait ! Dans le comité de certification NF éthylotest, on retrouve les deux représentants de Contralco et Pelimex dont je viens de vous parler.

    Voilà : un marché juteux, 100 % garanti, qui va rapporter des millions…

    … Et nous, on vient nous dire que c’est pour notre sécurité ? Et que si l’éthylotest venait à manquer dans notre boîte à gants, ce serait tellement grave qu’on devrait payer une amende ?

    Franchement, de qui se moque-t-on ?

    C’était déjà la même chose avec les radars : au départ ils sont venus nous dire que c’était pour notre sécurité, et il n’y avait pas de raison de ne pas y croire. Enfin, au début…

    Car vu les bénéfices colossaux que raflent maintenant, chaque année, les grandes entreprises qui installent et entretiennent les radars (plus de 200 millions d’euros par an, directement issus de vos PV), qui peut encore venir nous parler de sécurité ??

    Année après année, les pouvoirs publics tirent un peu plus sur la corde, en se disant que ça va passer, que les Français ne vont rien dire… Alors depuis 2003 et la mise en place des premiers radars vitesse, on a eu les radars feu rouge, les radars tronçon, les radars discriminants, les radars « zones de chantier », les radars mobiles embarqués dans des véhicules en mouvement, etc… L’Etat fait rentrer de plus en plus d’argent, et la cagnotte des entreprises productrices de radars gonfle, gonfle…

    Ces entreprises sont devenues tellement puissantes que, désormais, elles ne se cachent même plus pour faire leurs magouilles : le fameux lobbyiste qui vient d’obtenir le marché du siècle,  avant de se lancer dans le business de l’éthylotest, dirigeait une société de radars ! C’est même lui qui a vendu les premiers radars feu-rouge au gouvernement !

    Quelques entreprises bien placées veulent grossir facilement leur chiffre d’affaire sans prendre de risque, ils sollicitent les pouvoirs publics, lesquels nous jouent la carte de la sécurité routière, et hop le tour est joué, le business est installé, et vous êtes ses clients forcés.

    Comment en est-on arrivés là ? Tout simplement parce qu’à chaque fois qu’ils tiraient un peu plus sur la corde, aucune voix ne s’élevait assez fort pour que ça fasse scandale et que ça s’arrête.

    Mais tout cela n’a que trop duré : quel autre business vont-ils réussir à implanter demain ? L’éthylotest anti-démarrage obligatoire dans toutes les voitures (coût : 1000 euros par véhicule) ? Des boîtes noires comme dans les avions, ou la géolocalisation obligatoire ?

    Ne vous en faites pas pour eux : ils trouveront toujours un prétexte de sécurité routière pour donner mauvaise conscience à ceux qui voudraient contester.

    En vérité, c’est eux qui devraient avoir honte de leurs pratiques. Agiter sous le nez des gens des images horribles d’accidents, profiter du deuil des familles des victimes, pour engraisser un business juteux, ce sont des pratiques inqualifiables !

    Mais tant que des millions de Français ne leur auront pas fait savoir à quel point ils sont indignés, rien ne les arrêtera.

    Nous devons agir dès maintenant, c’est pourquoi je vous demande de m’aider à faire connaître ce scandale au plus grand nombre de Français possible, en faisant passer ce message à tous vos amis, vos proches, ou vos collègues. Ne les laissez pas tomber dans le piège de la propagande des pouvoirs publics qui utilisent la sécurité routière comme un alibi pour engraisser un business juteux.


    Je vous remercie.

    Bien cordialement,

    Christiane Bayard
    Secrétaire Générale
    Ligue de Défense des Conducteurs

     

    Source : http://www.liguedesconducteurs.org/201204181609/je-minforme/le-nouveau-business-de-la-securite-routiere.html

     

  • Affaire Karachi. Le juge Van Ruymbeke touche au but

    C’est un travail titanesque qu’a accompli Renaud Van Ruymbeke, en charge du volet financier de l’affaire Karachi. Une œuvre de «moine-soldat», souffle, ­admiratif, un avocat. Grâce à des milliers de documents bancaires récupérés au Liechtenstein, en Espagne et en Suisse – un véritable voyage au cœur de la finance offshore –, le juge a réussi à «reconstituer le circuit opaque» de dizaines de millions d’euros de commissions illégales versées lors de plusieurs contrats d’armement signés par le gouvernement d’Edouard Balladur en 1994. «Ces ­commissions, note le juge dans un procès-verbal consulté par Paris Match, ont donné lieu de façon systématique à d’importants retraits en espèces qui ont commencé en 1994, puis se sont développées à grande échelle en 1995.»

    Effectués à Genève, ­plusieurs d’entre eux ont eu lieu en avril et mai 1995, en pleine élection présidentielle française. Ils renforcent les soupçons d’un financement illégal de la campagne d’Edouard ­Balladur, dont le compte avait été crédité, le 26 avril, d’un mystérieux dépôt en liquide de 10,2 millions de francs. En filigrane de ce dossier explosif se profile aussi la piste d’un enrichissement personnel de dirigeants politiques français. Au total, au moins 71,7 millions de francs en espèces ont été retirés entre mai 1994 et novembre 1996 sur plusieurs comptes suisses. Le juge Van Ruymbeke ne manque pas de relever que l’immense majorité des retraits a été réalisé en francs français sur des comptes libellés en dollars ou en francs suisses. La preuve, selon lui, que cet argent était bien destiné à revenir en France. Reste à savoir à qui.

    L’étau se resserre autour de Thierry Gaubert. L’ancien chef de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget a-t-il participé au rapatriement en France d’une partie des commissions des marchés d’armement? Le juge Van ­Ruymbeke le soupçonne fortement et vient de le mettre en examen pour «blanchiment aggravé». Selon les nouveaux éléments dont dispose le magistrat, Thierry Gaubert a ­effectué trois dépôts en liquide sur un compte ouvert à la banque Safdié, à Genève, les 2 et 24 mai, ainsi que le 12 juillet 1995. Montant total: 7 millions de francs. Une somme colossale pour un homme sans fortune personnelle.

    Le ­magistrat a relevé qu’à chacun de ses dépôts, des retraits d’espèces ont eu lieu aux mêmes dates, eux aussi à Genève, sur des comptes alimentés par l’argent des commissions. Ainsi, le 1er mai, la veille du premier dépôt de Thierry Gaubert, 5 millions de francs sont retirés d’un compte ­appartenant à un prête-nom, le cheik koweïtien Ibrahim Al-Sabah. Ce jour-là, l’homme d’affaires libanais Ziad ­Takieddine se trouve également à Genève. Pour le juge, il ne s’agit pas d’une coïncidence. Takieddine apparaît comme le pivot du dispositif mis en place pour écouler l’argent des commissions. «Contestez-vous avoir remis des espèces à M. Gaubert?» demande le magistrat à Ziad ­Takieddine. «Oui», se défend ce dernier. Renaud Van Ruymbeke dispose par ailleurs du témoignage de la princesse Hélène de ­Yougoslavie, l’ex-épouse de Thierry Gaubert, qui soutient qu’à cette époque, son mari et Takieddine se rendaient à Genève et revenaient avec des sacoches de ­billets, remises ensuite à Nicolas Bazire, à l’époque directeur de campagne d’Edouard Balladur.

    Thierry Gaubert devrait bientôt être réinterrogé sur l’origine de ces 7 millions. «Cet argent vient en partie de l’héritage du père de Gaubert, et en partie d’une opération financière réalisée avec l’industriel Gustave Leven, aujourd’hui décédé», assure à Match son ­avocat François Esclatine.

    Les preuves qui embarrassent Takieddine. Alors qu’il ne connaissait rien aux marchés d’armement, l’homme ­d’affaires a été imposé en 1994 comme intermédiaire par deux soutiens d’Edouard Balladur: le ministre de la Défense de l’époque, François Léotard, qu’il côtoyait depuis plusieurs années, et son conseiller, Renaud Donnedieu de Vabres. Au cours de ses auditions, Takieddine a toujours démenti être l’auteur des retraits en espèces. Pourtant, les éléments à charge contre lui s’accumulent.

    L’examen de ses justificatifs de voyage, imprudemment confiés à son avocat fiscaliste, prouve qu’il se trouvait bien sur les rives du Léman lors de la plupart des retraits. Ainsi, les 6 et 7 avril 1995, alors que 13 millions de francs sont retirés à Genève, il effectue un incroyable chassé-croisé entre Paris, Londres et Genève. «Pour quelle raison avez-vous multiplié ces allers-retours entre Paris et Genève si ce n’est pour aller chercher l’argent et le rapporter à Paris?» demande le juge à Takieddine.

    Tout aussi troublant, l’emploi du temps de Takieddine du 2 juin 1994. Ce jour-là, l’homme d’affaires loue une voiture à l’aéroport de Genève à 13h35. Il la rend à 15h40. Or, un retrait de 1 million de francs a lieu à 14 h 59, toujours à Genève, sur le compte de son ami Abdul Rahman El-Assir, l’autre grand bénéficiaire des commissions (voir encadré). ­Takieddine jure qu’il s’agit là d’un ­hasard. Pourtant, une instruction écrite ne laisse aucun doute: dans celle-ci, El-Assir demande à son banquier de remettre ce même jour la somme de 1 million de francs à… Takieddine. Devant l’obstination de ­Takieddine à nier les faits, Van Ruymbeke insiste: «Il ne s’agit pas de fabulation, mais de preuves. Maintenez-vous vos dénégations et pourquoi? A qui étaient destinées ces espèces? Et qui protégez-vous?» assène-t-il plusieurs fois. ­Takieddine s’emporte alors, entraînant la suspension de l’interrogatoire.

    Le circuit de l’argent

    Au total, cinq contrats d’armement ont été signés par le gouvernement Balladur en 1994: les contrats Shola, SLBS et Mouette pour la rénovation de frégates saoudiennes, Agosta pour la vente de sous-marins au Pakistan et Sawari II pour celle de trois frégates à l’Arabie saoudite. Pour dissimuler les versements de commissions, la Sofresa et la DCN (Direction des chantiers navals), les entreprises françaises chargées de ces opérations, ont utilisé une pléiade de sociétés écrans. Les fonds étaient ensuite encaissés par des structures offshore dans des paradis fiscaux, toutes liées à Takieddine ou à son ami El-Assir. En bout de chaîne, l’argent était retiré sur plusieurs comptes en Suisse : l’un «prêté» par le Koweïtien Ibrahim Al-Sabah, et deux autres détenus par El-Assir. Un montage complexe mais qui n’a plus aucun ­secret pour Renaud Van Ruymbeke.

    Source : http://www.parismatch.com/Actu-Match/Politique/Actu/Affaire-Karachi.-Le-juge-Van-Ruymbeke-touche-au-but-398918/

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