• Discours de Victor Hugo à l’Assemblée nationale

    Je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde ;

    la souffrance est une loi divine ;

    mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère.

    Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire.

    Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ;

    car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas fait, le devoir n’est pas rempli.

    La misère, messieurs, j’aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir jusqu’où elle est, la misère ?

    Voulez-vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ?

    Voulez-vous des faits ?

    Il y a dans Paris, dans ces faubourgs de Paris que le vent de l’émeute soulevait naguère si aisément,

    il y a des rues, des maisons, des cloaques, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n’ayant pour lits, n’ayant pour couvertures, j’ai presque dit pour vêtement, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier des villes, où des créatures s’enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l’hiver.

    Voilà un fait.

    En voulez-vous d’autres ?

    Ces jours-ci, un homme, mon Dieu, un malheureux homme de lettres, car la misère n’épargne pas plus les professions libérales que les professions manuelles,

    un malheureux homme est mort de faim, mort de faim à la lettre,

    et l’on a constaté, après sa mort, qu’il n’avait pas mangé depuis six jours.

    Voulez-vous quelque chose de plus douloureux encore ?

    Le mois passé, pendant la recrudescence du choléra,

    on a trouvé une mère et ses quatre enfants qui cherchaient leur nourriture dans les débris immondes et pestilentiels des charniers de Montfaucon !

    Eh bien, messieurs, je dis que ce sont là des choses qui ne doivent pas être ;

    je dis que la société doit dépenser toute sa force,

    toute sa sollicitude,

    toute son intelligence,

    toute sa volonté,

    pour que de telles choses ne soient pas !

    Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière ;

    que je m’en sens, moi qui parle, complice et solidaire,

    et que de tels faits ne sont pas seulement des torts envers l’homme,

    que ce sont des crimes envers Dieu !

    Vous n’avez rien fait, j’insiste sur ce point,

    tant que l’ordre matériel raffermi n’a point pour base l’ordre moral consolidé !

    Qui sont les pigeons ?

    Les "Pigeons" : les entrepreneurs volent dans les plumes du gouvernement

  • Comment l’Islande, naguère au bord du gouffre, a pu se rétablir ?

    Poul M. Thomsen

    Poul M. Thomsen

    • Premièrement, une équipe de juristes a été chargé de veiller à ce que les pertes des banques ne soient pas absorbées par le secteur public. En définitive, il a fallu bien sûr que le secteur public intervienne pour faire en sorte que les nouvelles banques disposent de capitaux suffisants, mais il a été mis à l’abri des énormes pertes du secteur privé. C’était un exploit de taille.

    • Deuxièmement, l’objectif unique était à l’origine de stabiliser le taux de change. Nous y sommes parvenus à l’aide de mesures non conventionnelles, le contrôle des mouvements de capitaux notamment.

    Le gouvernement a rapidement marqué le programme de son empreinte. Les autorités étaient déterminées à mettre en œuvre les mesures convenues, mais à leur manière. L’un des objectifs majeurs du gouvernement était de préserver le système de protection sociale islandais, et il y est parvenu. «La coopération dynamique avec le FMI a permis de préserver le modèle social nordique de mon pays», a déclaré récemment le Ministre de l’économie, M. Árni Páll Árnason.

    Voir le communiqué de presse du FMI : http://www.imf.org/external/french/np/blog/2011/102611f.htm

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