• Goldman Sachs – La banque qui dirige le monde – ARTE

     

    Depuis cinq ans, Goldman Sachs incarne les excès et les dérives de la spéculation financière. Anatomie d’un pouvoir qui ne connaît ni frontières ni limites et menace directement les démocraties.

    Goldman Sachs incarne les excès et les dérives de la spéculation financière. Anatomie d’un pouvoir sans aucune limite.

    Plus qu’une banque, Goldman Sachs est un empire invisible riche de 700 milliards d’euros d’actifs, soit deux fois le budget de la France. On l’appelle « la Firme », comme dans les romans d’espionnage des années 1980. Après s’être enrichie pendant la crise des subprimes en pariant sur la faillite des ménages américains, elle a été l’un des instigateurs de la crise de l’euro en maquillant les comptes de la Grèce puis en misant contre la monnaie unique. Un empire de l’argent sur lequel le soleil ne se couche jamais, qui a transformé la planète en un vaste casino. Grâce à son réseau d’influence unique au monde, et son armée de 30 000 moines-banquiers, Goldman Sachs a su profiter de la crise pour accroître sa puissance financière, augmenter son emprise sur les gouvernements et bénéficier de l’impunité des justices américaine et européennes.

    (France, 2012, 75mn) ARTE F

    http://videos.arte.tv/fr/videos/goldman-sachs-la-banque-qui-dirige-le-monde–…

  • Les stratèges français imaginent le monde en 2040

    C’est un document très attendu par la communauté militaire qui a été publié par la Délégation aux affaires stratégiques (DAS) du ministère de la Défense. Le rapport Horizons stratégiques 2012, disponible en ligne, a pour but d’anticiper les évolutions du monde et de permettre ainsi d’adapter les décisions de la France (achats de matériels militaires, déploiements, partenariats…), en fonction des intérêts futurs – supposés – de l’État. « De notre environnement stratégique tel qu’il sera en 2040, nous ne pouvons aujourd’hui que détecter les prémices », préviennent les auteurs, mais « l’accélération du ‘temps mondial’ rend d’autant plus nécessaire – et difficile – la conduite d’exercices d’anticipation ».

    « Les deux à trois prochaines décennies devraient constituer une période de transition géopolitique qui verra se clore l’ère de la domination occidentale, ouverte au XVIe siècle », affirment immédiatement les auteurs du rapport. « En 2040, la page de la pax americana, ou monde unipolaire, inaugurée avec l’effondrement du bloc soviétique, devrait être tournée », suggèrent les experts de la Défense. « Ce mouvement devrait se traduire par un désinvestissement (américain) significatif dans certaines zones -notamment en Europe – et s’accompagnera par le basculement, déjà engagé, du dispositif militaire vers l’Asie-Pacifique », poursuit le texte.

    « Risque de repli national » des pays européens

    L’Europe, « aujourd’hui à un tournant de son histoire », n’est pas en reste. « Première puissance économique et scientifique mondiale […] elle ne restera une puissance de premier ordre que si ses membres réussissent à définir des objectifs communs », notamment « face à l’affirmation des (pays) émergents », mais pas seulement. Le « risque de repli national de ses États membres » est aussi vu comme une menace forte.

    L’éveil des pays émergents, justement, ne semble pas être si évident que cela. Si, « à l’horizon 2040, les émergents devraient représenter près de 60 % du PIB mondial’ et 45 % du commerce mondial (contre 34 % en 2012), « des incertitudes subsistent toutefois sur le potentiel de croissance de ces économies et son caractère soutenable ». « Le passage du statut de puissance émergente à celui de puissance consacrée (…) ne sera pas automatique », soulignent les auteurs. La Chine, devenue deuxième puissance économique mondiale en 2010, « pourrait devenir la première au cours de la décennie 2030 ». De plus, sa puissance militaire pourrait « apparaître, à l’horizon 2040, en mesure de ravir aux États-Unis le rôle de ‘gendarme stratégique’ en Asie orientale ».

    Encore plus de conflits

    « Une réduction du niveau d’engagement des puissances occidentales, américaine et européennes, sans que le relais soit pris par des puissances émergentes responsables, créerait un vide de pouvoir et laisserait le champ libre aux acteurs internationaux – étatiques et non-étatiques – perturbateurs », décrit le rapport, qui anticipe une augmentation des crises et des conflits dans les trois prochaines décennies. Le cyberespace sera d’ailleurs l’un des nouveaux terrains d’affrontement.

    « Si l’émergence d’un gouvernement du monde reste improbable à l’horizon 2040, (…) la nécessité de réduire les risques systémiques et de contrôler les flux au niveau mondial s’imposera de plus en plus dans un nombre croissant de domaines : économie et finance, mais aussi migrations, santé, environnement, TIC », ajoutent encore les auteurs. « Sur le plan social, poursuit le rapport, le modèle individualiste fondé sur la croissance économique et sur la société de consommation et de l’information devrait continuer à s’étendre dans le monde dans les trois prochaines décennies, mais il s’accompagnera dans le même temps de phénomènes de repli identitaire et de radicalisation. »

    Et l’imprévisible ?

    En conclusion, le rapport suggère notamment de « concevoir et de planifier des actions plus indirectes permettant, par une meilleure combinaison des forces (expéditionnaires, locales, privées) sur des segments spécifiques, de contenir et de contraindre un adversaire plus hétérogène ».

    Reste à savoir si, comme l’envisage d’ailleurs le texte, une « grande rupture stratégique » aussi inattendue que la chute du mur de Berlin, le 11 septembre 2001 ou le Printemps arabe ne viendra pas perturber ces hypothèses.

     

    Les documents sont ici : http://www.defense.gouv.fr/das/reflexion-strategique/prospective-de-defense/articles-prospective/horizons-strategiques

    ou directement :

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