• L' »Insee » grec soupçonné d’avoir gonflé le déficit du pays

    L'objectif de cette manipulation aurait été d'aboutir à un déficit record au sein de la zone euro, afin de choquer l'opinion publique et, ainsi, de justifier la cure d'austérité infligée par la troïka.

    Un scandale politico-financier de plus pour la Grèce. Le directeur ainsi que deux autres cadres de l’Institut national de la statistique en Grèce (Elstat) ont fait l’objet de l’ouverture d’une enquête judiciaire par le parquet d’Athènes, mardi 22 janvier. Ils sont soupçonnés d’avoir gonflé artificiellement les chiffres du déficit public de la Grèce pour l’année 2009.

    Ancien statiticien au Fonds monétaire international (FMI), le patron d’Elstat, Andreas Georgiou – qui rejette ces accusations – a reçu le soutien de l’agence des statistiques de l’Union européenne (Eurostat), qui souligne que les calculs ont été faits selon les normes comptables européennes.

    M. Georgiou avait justement été nommé à la tête d’Elstat en 2010 dans le but de lui redonner de la crédibilité, après que ses statisticiens ont été vertement critiqués pour avoir masqué les difficultés financières du pays qui l’ont conduit tout droit à la faillite.

    JUSTIFIER LA CURE D’AUSTÉRITÉ

    L’accusation s’appuie sur le témoignage d’une ancienne employée de l’institut, Zoe Georganta, professeure grecque de statistiques, licenciée en 2011 par l’ancien ministre des finances, Evangelos Vénizelos. Selon elle, l’objectif de cette manipulation était d’aboutir à un déficit record au sein de la zone euro, afin de choquer l’opinion publique et, ainsi, de justifier la cure d’austérité infligée par la troïka (UE-BCE-FMI), explique le quotidien britannique Financial Times. Certains médias, comme Reuters, évoquent un complot inspiré par l’Allemagne.

    L’ex-employée affirme que M. Georgiou a « insisté pour faire entrer dans le déficit public de l’État les dettes des entreprises publiques de la péninsule hellénique », précise de son côté La Tribune.fr. Sans cette manipulation, à laquelle elle dit s’être opposée, « le déficit public pour l’année 2009 ne dépassait pas 12,5 %, au lieu des 15,4 % annoncés, et aurait pu être aisément ramené en dessous des 10% à l’aide de mesures immédiates », rapporte encore le site.

    Mme Georganta va même jusqu’à assurer que l’ancien gouvernement socialiste de Georges Papandréou ainsi que le ministre des finances de l’époque, Georges Papaconstantinou, avaient approuvé le maquillage – sans toutefois les accuser d’y avoir participé.

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  • Tabac, barbouzerie et lobbying : le mélange létal qui fragilise Barroso

    Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Copyright Reuters
    Une semaine après la démission du commissaire John Dalli, les soupçons de complot contre celui qui s’apprêtait à présenter un texte d’une grande sévérité sur les produits du tabac ne cessent d’enfler. Aux 60 millions d’euros soit disant demandés par un homme d’affaires maltais pour influencer le commissaire européen s’ajoute une étrange affaire de cambriolage dans les locaux des activistes anti-tabac.

    C’est un scénario à la John Le Carré qui pourrait être la source de bien des embarras pour le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, avec lobbying, « big money » et désormais aussi barbouzerie à la clé.

    Selon une enquête de l’OLAF (l’organe anti-fraude européen), un certain Silvio Zammit, homme d’affaires maltais, aurait proposé à Swedish Match, un fabricant de cigares et de tabac à mâcher suédois, de modifier un projet de directive sur le tabac en contrepartie d’une enveloppe de…. 60 millions d’euros. Le rapport de l’OLAF est transmis à José Manuel Barroso le 15 octobre. Le 16, la Commission européenne annonce par communiqué que le commissaire John Dalli, en charge de la législation sur le tabac, « a présenté sa démission » suite à cette enquête. Le 17 octobre, la Commission européenne ouvre sa salle de presse – fait rarissime – au directeur général de l’OLAF, Giovanni Kessler, lequel alimente les correspondants européens en détails sur cette enquête.

    Suspension sine die du projet de directive

    Conséquence immédiate de cette démission : l’adoption du projet de directive sur les produits du tabac par la Commission européenne est suspendue sine die faute de commissaire capable d’en porter « la responsabilité politique ». Or le texte devait justement entrer le 22 octobre dans sa phase finale de préparation (la consultation dite « interservices ») en vue d’une adoption dans les semaines à suivre.

    Immédiatement, les organisations européennes de lutte contre le tabac tirent la sonnette d’alarme. Le SmokeFree Partnership, un lobby anti-tabac, voit dans la démission du commissaire « un événement très inopportun », selon sa directrice Florence Berteletti Kemp. La sortie de la directive étant repoussée de mois en mois depuis plus d’un an, les activistes anti-tabac voyaient fondre les chances qu’elle soit adoptée sous la mandature qui s’achève en 2014. Après l’adoption du projet au collège des commissaires, il reste en effet un long processus législatif à accomplir au conseil des ministres et au parlement européen avant le vote final.

    Plusieurs ordinateurs ont disparu

    Nous sommes mardi 16 octobre. Le sentiment général est alors que la démission de John Dalli bloque effectivement la finalisation du projet de directive. Le jeudi suivant, le 18 octobre, une désagréable surprise attend les collaborateurs du SmokeFree Partnership (SFP) à leur arrivée au 49-51 rue de Trêves, en plein cœur du quartier européen : leurs bureaux ont été visités pendant la nuit. Plusieurs ordinateurs ont disparu, les dossiers ont été fouillés.

    Sur une vingtaine d’organisations présentes dans l’immeuble, les bureaux de trois seulement ont été visités. « Tout le monde sait que c’est ici que travaillent les gens les plus actifs à Bruxelles sur la directive tabac », explique Monika Kosinska qui dirige l’European Public Health Association, installée au deuxième étage. « Nos locaux sont mal protégés contre ce type d’espionnage », dit-elle. Ce n’était en principe pas le cas du SFP, installé au cinquième avec l’European Respiratory Society, qui disposent de détecteurs à la fois à l’extérieur et à l’intérieur des bureaux. Ces ONG sont en guerre ouverte contre les multinationales du tabac qu’elles accusent de « bloquer, d’amender et de reporter dans le temps » la nouvelle législation, pour reprendre le titre d’un rapport d’une centaine de pages sur le lobbying de l’industrie du tabac commandité par le SFP avec plusieurs organisations de lutte contre le cancer.

    « Un travail de professionnel »

    Selon les premiers éléments de l’enquête, les malfaiteurs auraient réussi à déjouer le système de surveillance. Ils seraient entrés dans l’immeuble de huit étages par le toit, descendus le long de la façade et entrés par les balcons, pour repartir par l’entrée avec pas moins d’une dizaine d’ordinateurs portables sous le bras. « C’est un travail de professionnel », conclut Monika Kosinska. Le SFP précise d’ailleurs dans un communiqué que sur les quatre ordinateurs volés, trois appartenaient à des personnes travaillant sur la directive en projet. « Je ne crois pas aux complots mais c’est une étrange coïncidence », commente Monika Kosinska.

    Depuis ce cambriolage, le scandale politique est en train d’enfler. Depuis l’annonce de sa démission spontanée, l’ancien commissaire John Dalli laisse entendre qu’il a été poussé dehors. « La porte était ouverte et j’allais soit passer à travers de moi-même soit y être forcé », a-t-il raconté cette semaine au site euractiv.com. Pour la Commission, cette démission « a été présentée » par John Dalli au président Barroso « devant témoins ».

    Un projet de directive plusieurs fois bloqué

    Jeudi matin, le chef de file de socialistes au Parlement européen Hannes Swoboda demandait au président Barroso de faire « toute la transparence » sur cette démission. « De sérieuses questions au sujet d’un complot contre M. Dalli ont été posées. Il doit y être répondu et il doit y avoir une totale transparence sur les circonstances spécifiques qui ont menées à cette démission. Pour le moment, il semble que la situation ait été mal gérée par le président de la Commission et par le directeur général de l’OLAF », écrit Hannes Swoboda dans un communiqué.

    Au cours des mois passés, le projet de directive a été bloqué plusieurs fois notamment à la demande du service juridique et du secrétariat général de la Commission, provoquant l’ire de plusieurs pays, notamment l’Irlande qui est traditionnellement en pointe dans la lutte contre le tabac.

    Swedish Match, allié à Philip Morris, à l’origine de la plainte contre le commissaire

    John Dalli avait averti en avril 2012 qu’il serait d’une grande fermeté, à la plus grande joie des organisations anti-tabac. Selon de rares fuites dans la presse, les propositions prévoyeraient le maintien de l’interdiction du snus, le tabac à mâcher produit par le groupe suédois Swedish Match, qui n’est actuellement autorisé qu’en Suède à titre dérogatoire. Swedish Match, allié depuis 2009 au groupe Philip Morris, est à l’origine de la plainte contre le commissaire Dalli. Ce dernier comptait aussi s’attaquer aux stratégies marketing des géants du tabac qui jouent la carte des paquets « écrins » aux formes originales pour séduire notamment la clientèle féminine. Le projet de texte aurait enfin imposé le « plain packaging », autrement dit un emballage neutre et peu sexy, ainsi que l’interdiction des présentoirs visibles dans certains bureaux de tabac ou maison de la presse.

    C’est en mai 2012 que Swedish Match a introduit sa plainte pour tentative de corruption. L’OLAF, dont les enquêtes s’étendent facilement sur plusieurs années, l’a ensuite traitée avec une célérité peu commune puisque le rapport final a été officiellement soumis au président de la Commission cinq mois plus tard. Le rapport, qui n’est pas final, n’établit « pas la preuve de la participation » du commissaire, précise le communiqué de la Commission du 16 octobre.

    Un porte-parole a assuré mercredi que la Commission présentera le projet de directive « dans les prochaines semaines » mais il faudra attendre que le successeur de John Dalli soit nommé. Pour les activistes anti-tabac, les chances que le texte arrive au bout de l’examen législatif avant la fin du mandat de la commission et du parlement sont plus faibles que jamais. Si le dossier glissait sur la prochaine mandature, l’industrie du tabac aurait gagné au moins un an avant la mise en œuvre des mesures restrictives envisagées. Un an de plus, car à l’origine, le projet de texte avait été annoncé pour l’été…. 2011.

  • L’Allemagne établit un nouveau record de l’énergie solaire

  • Jusqu’à 25.500 milliards d’euros cachés dans les paradis fiscaux

    LONDRES (Reuters) – Les actifs financiers détenus par des particuliers et leurs familles et dissimulés dans des paradis fiscaux atteignent entre 21.000 et 32.000 milliards de dollars (entre 17.000 et 25.500 milliards d’euros) selon une étude publiée dimanche par le groupe de pression Tax Justice Network.

    L’étude, qui ne prend pas en compte des actifs non financiers comme les biens immobiliers ou l’or, estime à 280 milliards de dollars (225 milliards d’euros) le manque à gagner pour les Etats, en terme de revenus fiscaux.

    La recherche menée par James Henry, ancien économiste en chef pour le cabinet McKinsey, s’est basée sur des chiffres de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international, des Nations unies et des banques centrales.

    James Henry a qualifié d' »énorme trou noir dans l’économie mondiale » les fortunes personnelles détenues dans des paradis fiscaux.

    Chris Vellacott, Julien Dury pour le service français

    Source : http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE86L03R20120722

  • Christine Lagarde reproche aux Grecs de ne pas payer d’impôts, mais elle-même n’en paye pas !

    Du fait de son statut de fonctionnaire international, la patronne du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, est dispensée de payer des impôts sur ses 380 000 euros de traitement annuel.

    – 27 mai 2012

     


    Christine Lagarde appelle tous les Grecs à payer leurs impôts

    PARIS (Reuters) – Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a appelé ce week-end les Grecs à prendre leur destin en main en s’acquittant notamment de leurs impôts, ajoutant que les enfants démunis d’Afrique ont davantage besoin d’aide que la population grecque.

    « Je pense qu’ils devraient s’aider mutuellement (…) en payant tous leurs impôts », a-t-elle dit dans une interview publiée ce week-end par le Guardian, en évoquant « tous ces gens qui tentent en permanence d’échapper à l’impôt ».

    « Je pense davantage à ces petits enfants d’une école d’un petit village du Niger qui n’ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l’éducation », poursuit-elle. « Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu’ils ont davantage besoin d’aide que la population d’Athènes. »

    (…)


    La patronne du FMI ne paie pas d’impôts

    Révélé par le Fonds monétaire international (FMI), le salaire annuel de Christine Lagarde s’élèvera à 380 939 euros. Son statut de fonctionnaire international permet à la nouvelle directrice de ne pas être soumise à l’impôt sur le revenu.

    Sur le traitement annuel de 323 257 euros, auquel s’ajoutent des frais de représentation de 57 829 euros, Christine Lagarde, la nouvelle directrice du FMI ne paiera aucun impôt, grâce à son statut fiscal spécifique de fonctionnaire international. Le statut du fonctionnaire international bénéficiaire de revenus issus d’une organisation internationale repose en effet sur le principe de non-imposition des revenus et traitements.

    Les principes fondamentaux sont énoncés dans les articles 34 et 38 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, qui affirme que « l’agent diplomatique est exempt de tous impôts et taxes, personnels ou réels, nationaux, régionaux et communaux.  » En revanche, il doit payer les « impôts et taxes sur les biens immeubles privés situés sur le territoire de l’Etat accréditaire, à moins que l’agent diplomatique ne les possède pour les compte de l’Etat accréditant », les droits de succession et les impôts sur le capital prélevés sur les investissements effectués dans des entreprises commerciales de l’Etat accréditaire. Le FMI applique ainsi la Convention sur les Privilèges et Immunités des Institutions spécialisées, datant de 1947, qui prévoit que ses fonctionnaires « jouiront en ce qui concerne les traitements et émoluments qui leur sont versés par les institutions spécialisées, des mêmes exonérations d’impôt que celles dont jouissent les fonctionnaires des Nations Unies, et dans les mêmes conditions ». Ces dernières sont définies par la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies de 1946.


     

    Sources :

    Les déclarations de Mme Lagarde

    La patronne du FMI ne paye pas d’impôt

    Photo : Mediapart

    Lire aussi : Grèce : un audit de la dette est indispensable

    Ainsi que, sur la politique du FMI en Grèce : O Zeus, retiens-les !

    http://www.reporterre.net/spip.php?article2995

  • Les fuites radioactives de Fukushima plus fortes qu’annoncé

    TOKYO (Reuters) – Les fuites radioactives de la centrale nucléaire de Fukushima juste après la catastrophe de mars 2011 ont été deux fois et demi supérieures aux estimations communiquées à l’époque par les autorités japonaises, dit l’opérateur de la centrale dans un rapport publié jeudi.

    Selon les analyses réalisées par Tokyo Electric Power (Tepco), les radiations émises pendant les trois premières semaines ont représenté un sixième des radiations de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986.

    « Si on avait eu cette information à ce moment-là, on aurait pu en tenir compte pour organiser les évacuations », a déclaré à la presse le porte-parole de Tepco, Junichi Matsumoto.

    Les capteurs les plus proches de la centrale ayant été détruits par le tremblement de terre et le tsunami qui en a résulté, ces nouveaux calculs ont été effectués à partir des mesures de capteurs plus éloignés et de données collectées par les agences gouvernementales, précise le rapport.

    Selon Tepco, la fusion probable de trois réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi a rejeté dans l’air quelque 900.000 terabecquerels de substances radioactives.

    C’est deux fois et demi la somme annoncée en avril 2011 par l’Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise, et 17% supérieur à l’estimation la plus élevée de l’agence de sûreté gouvernementale.

    Ces mesures reposaient sur la mesure du taux d’iode-131, un élément dont la radioactivité se dissipe rapidement mais qui est particulièrement redouté car il se concentre dans la thyroïde.

    Selon le rapport, 99% des fuites radioactives ont eu lieu dans les trois premières semaines après l’accident.

    Kevin Krolicki; Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

    (c) Copyright Thomson Reuters 2012

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