• L’armée britannique n’interviendra pas en Syrie

    Peu avant le vote ultime, une motion présentée par le parti travailliste afin d’exiger avant toute décision des « preuves convaincantes » de la culpabilité du régime de Bachar al-Assad dans l’attaque présumée aux armes chimiques du 21 août en Syrie avait également été rejetée.

    « Je prends note, et le gouvernement agira en conséquence », a réagi David Cameron. - Reuters

    Le Parlement britannique a rejeté jeudi soir la motion du Premier ministre David Cameron qui défendait le principe d’une intervention en Syrie en réponse à l’usage d’armes chimiques dont il accuse Damas. Un vote, qui sonne comme un cinglant revers, que le chef du gouvernement s’est aussitôt engagé à respecter.

    «  Il est clair que le Parlement britannique ne veut pas d’intervention militaire britannique. Je prends note et le gouvernement agira en conséquence », a réagi David Cameron après ce camouflet, ajoutant qu’il était « attaché au respect de la volonté de la Chambre des Communes ». La motion gouvernementale a été rejetée par 285 députés contre 272.

    Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202975438448-le-parlement-britannique-rejette-une-intervention-militaire-en-syrie-599467.php?xtor=EPR-100-[NL_8h]-20130830-[s=461370_n=2_c=204_][email protected]

  • Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience

     


    Monsieur le Premier ministre, je vous fais une lettre que vous ne lirez pas, quand bien même vous en auriez le temps.

    Il y a dix ans, on m’a fait venir à l’Université de Montréal pour contribuer à l’excellence en enseignement et en recherche en bio‐informatique, un domaine émergent particulièrement important pour la médecine moléculaire. Pour me faire quitter mon poste de directeur de recherche au CNRS en France, on m’a offert une chaire de recherche du Canada, qui non seulement me fournissait des fonds pour effectuer mes recherches, mais aussi une prime de 30 000 $. Mieux encore, le gouvernement du Québec m’a exonéré d’impôt provincial pendant les cinq premières années. J’aurais dû me méfier, mais les scientifiques sont fort naïfs. Comment considérer qu’un gouvernement est sérieux dans son support à l’université quand il exonère d’impôts les plus riches, mon salaire étant en effet d’environ 100 000 $ ?

    En fait, ces considérations financières avaient peu d’importance. L’excellence universitaire, exercice humain très demandant et très délicat, nécessite avant tout un cadre favorable. J’étais donc attiré par un environnement de recherche humainement riche au département de biochimie, et par le Québec, un pays démocratique, respectueux des droits, avec un enseignement de qualité, où il faisait bon vivre. Même si cette vision idyllique s’est un peu modifiée au fil du temps, je n’ai jamais envisagé de revenir en France. Non seulement j’ai payé mes impôts provinciaux avec plaisir il y a cinq ans, mais j’ai aussi choisi de transformer la prime en subvention de recherches pour recruter des étudiants supplémentaires. Bref, tout allait bien jusqu’il y a 100 jours.

    Avant de revenir sur ces 100 funestes jours, je tiens à vous indiquer, Monsieur le Premier Ministre, en utilisant un langage économique que vous affectionnez, que mon retour sur investissement est excellent. Mon immodestie, qui est probablement la seule chose que je partage avec vous, n’en souffrira pas. Excusez-­moi pour la nécessaire technicité de ce paragraphe. Le principal critère pour évaluer la recherche fondamentale est le nombre de publications, surtout dans les meilleures revues scientifiques (seules les publications dans les revues Nature et Science sont prises en compte dans le célèbre, bien que critiquable, classement des universités réalisé, par exemple, par l’Université de Shanghai), et le nombre de citations. Avec une petite équipe et des moyens financiers relativement modestes, notre travail s’est traduit par quatre publications dans Nature et Science (l’Université de Montréal dans sa totalité en a publié 49 depuis 2003) et a reçu plus de 1000 citations en 2011. Demandez à vos experts, vous trouverez très peu de chercheurs au Canada, voire aux États-­Unis, ayant une productivité aussi grande, c’est-à­-dire un impact scientifique par dollar investi. Je pense donc avoir rempli ma part du contrat et contribué à l’excellence de la recherche scientifique québécoise.

    Depuis 100 jours, tout a changé pour moi. Un mouvement étudiant, massif, démocratique, a soulevé une question primordiale, les frais de scolarité universitaire que votre gouvernement a décidé d’augmenter de 75% sur 5 ans, paraît-­il pour favoriser l’excellence dans la recherche. Faire payer aux étudiants la recherche de pointe, est-­ce une bonne idée ? 100 jours de grève étudiante et aucune négociation, ou si peu. Pire encore, 100 jours de grève étudiante et quasiment aucun débat sur cette question. Tout a été fait pour parler d’autres choses que de l’excellence en enseignement et en recherche. Est-­ce un boycott ou une grève ? Une vitrine brisée par ci, un parcours non annoncé par là. La condamnation de la violence par les associations étudiantes est-­elle suffisante ? En même temps, malgré des blessés graves, nous n’avons jamais entendu le gouvernement appeler à limiter la violence policière, j’y reviendrai.

    Monsieur le Premier Ministre, pourquoi donc le Québec et le Canada recrutent­‐ils les chercheurs d’excellence préférentiellement dans des pays où l’éducation est gratuite, ou à tout le moins très peu chère, comme la France, la Chine, l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, l’Inde ou la Russie ? Pourquoi les recrutements n’ont-­ils pas lieu dans les pays où les frais de scolarité sont très élevés, comme les États-­Unis d’Amérique ? Pourquoi ces mêmes États-­Unis sont-­ils contraints de recruter autant d’étudiants et de professeurs à l’étranger si leur système d’éducation très couteux pour les étudiants est si performant que le Québec se doive de l’imiter ? Sans prétendre résoudre ce paradoxe, je peux apporter quelques éléments de réflexion. En transformant les étudiants en clients, on introduit plusieurs moyens de pression permettant de dégrader fortement l’excellence de l’enseignement, et par là même l’excellence de la recherche, qui rappelons-­le repose avant tout sur les étudiants. Les clients achètent leur diplôme, et ils s’attendent donc à l’obtenir, même s’ils n’ont pas le niveau. Ensuite, l’université a tout intérêt à garder ses clients, puisqu’ils constituent leur principale source de financement. La pression se transmet aux professeurs, qui doivent réduire le taux d’attrition au maximum. Dans ces conditions, pourquoi faire échouer un client à un examen, puisque cela réduirait les ressources de notre département et de notre université, allant à l’encontre de l’intérêt du professeur ? Les professeurs, qui, vous l’avez peut-­être oublié, Monsieur le Premier Ministre, sont avant tout des êtres humains, se trouvent tous les jours face à des étudiants, qui sont aussi des êtres humains, mais des êtres humains luttant pour survivre dans un monde où les richesses sont de plus en plus accaparées par une petite minorité. Comment, humainement, peut-­on refuser un cours à un étudiant sérieux qui a travaillé fort et qui s’est lourdement endetté, mais qui est juste en dessous du niveau requis pour satisfaire aux hautes exigences du savoir intellectuel actuel ? Comment peut-on, humainement, laisser un jeune avec une grosse dette et sans diplôme ?

    Aucune des pressions induites par le clientélisme universitaire n’est à elle seule décisive pour dégrader la qualité de l’enseignement. Mais elles vont toutes dans ce sens et il y a fort peu mesure gouvernementale pour soutenir l’excellence dans l’enseignement, la bonne volonté des étudiants et des professeurs nous préserve, pour combien de temps encore, du naufrage. Aux États-­Unis, où les études sont très chères depuis longtemps, les notes finales d’un étudiant sont corrélées positivement avec le montant des frais de scolarité, est‐ce bien sérieux ! La dette étudiante y est actuellement de plus de mille milliards de dollars, et l’enseignement est déjà sévèrement dégradé. Une question cruciale est de savoir comment elle sera remboursée, si tant est qu’elle puisse l’être. Monsieur le Premier Ministre, oui, la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire est très complexe et ne peut pas se résoudre par une loi spéciale, mais par un large, long et difficile débat démocratique.

    Débat démocratique, mais quel étrange concept viens­‐je d’évoquer ? La démocratie semble se résumer, pour vous, au seul dépôt dans l’urne d’un bulletin de vote tous les quatre ans. Mais comment croire que l’on puisse décider intelligemment de toutes les questions complexes auxquelles notre monde est confronté par un seul bulletin ? Quel n’a donc pas été mon désespoir quand une association étudiante, la CLASSE, a été vilipendée, insultée, trainée dans la boue parce que ses représentants respectaient le mandat qui leur avait été confié lors de votes démocratiques ! Quelle horreur, des élus qui refusaient d’abuser de leur pouvoir, qui refusaient de faire passer leur opinion personnelle en lieu et place de celle des gens qu’ils représentaient, et outrage inimaginable, osaient affirmer qu’ils allaient consulter leur base ! Monsieur le Premier Ministre, comment puis‐je accepter de voir ainsi bafouer les principes fondamentaux de la démocratie par un gouvernement censé oeuvrer pour l’épanouissement de la démocratie ?

    La vraie démocratie, qui n’est pas la dictature de la majorité, doit mettre en oeuvre de multiples systèmes, des contre-­pouvoirs, pour garantir les droits de tout un chacun. Comment peut-­‐on respecter les minorités, si seul un vote tous les quatre ans est considéré comme suffisant ? Or, du fait du baby boom, les jeunes, les étudiants, constituent une petite minorité au Québec. Il y a plus de personnes de plus de 75 ans que de jeunes de 15 à 19 ans, fraction de la population qui de toute façon n’avait pas le droit de vote lors des dernières élections. Il y a seulement 500 000 jeunes de 20 à 24 ans, mais plus de 2 millions d’ainés âgés de plus de 65 ans. Dans un tel contexte, et sans un long débat, quelle est la chance de faire passer l’idée d’études universitaires presque gratuites garantissant l’excellence de l’enseignement, alors que l’impact concret d’un tel choix servira l’intérêt des Québécois dans 10, 20 ou 30 ans, avant l’idée d’une baisse immédiate des impôts ?

    Cent jours de lutte menée par des centaines de milliers de jeunes Québécois n’ayant comme seul pouvoir que des manifestations pacifiques et le sacrifice de leur propre session. Et quelles réponses le puissant gouvernement québécois a-t-il fourni ? Le mépris, l’absence de dialogue, la répression et maintenant une loi spéciale qui réduit la liberté d’expression de tous et qui laisse à la police, et bientôt peut-­être à l’armée, le soin de régler la question de l’excellence universitaire. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour imaginer la violente répression qui sera nécessaire pour arrêter un mouvement si profond, si massif, si motivé. Chaque fois que mes enfants, ou leurs amis, sortent le soir, c’est avec la peur au ventre que j’attends leur retour, sursautant à chaque coup de téléphone qui pourrait m’annoncer la perte d’un oeil, un traumatisme crânien, voir pire. Oui, je sais, la police fait un métier difficile, oui il y a de très rares casseurs qui veulent en découdre et se cachent parmi la foule, oui il y a maintenant beaucoup de fatigue. Les conditions sont réunies pour que de graves bavures se produisent. Monsieur le Premier Ministre, agissez pour qu’elles ne se produisent pas, soutenez les policiers qui font bien leur travail et condamnez ceux qui abusent de la violence, comme par exemple à la brasserie Saint-­Bock. Croyez-­vous vraiment que poivrer des touristes va permettre de recruter des chercheurs d’excellence et de former d’excellents étudiants ?

    Cent jours de lutte à mains nues face à un pouvoir sourd, autoritaire et violent, peuvent-ils s’expliquer seulement par la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire ? Que nenni. La jeunesse sent bien, voit bien que notre modèle de société est en train de s’effondrer ; tous les marqueurs sont au rouge : un environnement social dégradé, marqué par une montée indécente des inégalités ; un environnement biologique dégradé, avec une disparition accélérée des espèces et des écosystèmes ; un environnement physique dégradé, avec le réchauffement climatique et les multiples pollutions chimiques ; un épuisement généralisé des ressources, qui oblige à exploiter à grands frais les sables bitumineux, les gaz de schiste, les métaux au fond des océans ou dans le Grand Nord ; un système financier démesuré, mais qui ne survit qu’à force de subventions, générant une dette publique impossible à rembourser. Ces cent jours de lutte sont un extraordinaire cri de désespoir de notre jeunesse, désespoir qui s’est cristallisé sur la question des frais de scolarité, mais qui dénote un très profond malaise sociétal.

    Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience du mur dans lequel nous sommes en train de nous enfoncer avant que la crise économique se manifeste de manière évidente comme en Grèce ou en Espagne. Monsieur le Premier Ministre, vous avez l’opportunité extraordinaire de disposer d’une jeunesse courageuse, innovante, politisée, prête à explorer un nouvel avenir qui nous fera éviter tous les graves dangers évoqués plus tôt. Ou alors, souhaitez-­vous choisir l’obstination, l’aveuglement, la répression, la violence et m’obliger à vivre dans un autre pays où la démocratie, l’éducation, la nature… Bref : la société humaine, pourront s’épanouir ?

    Hervé Philippe

    Professeur titulaire,

    Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive, Département de Biochimie – Université de Montréal

     

    Source : http://www.vigile.net/Nouvel-article,48399

  • Vote par Internet : le gouvernement juge le scrutin valide et constitutionnel

    Au cours d’un point presse, le Quai d’Orsay a affirmé qu’aucune démonstration récemment apparue sur Internet n’est en mesure de remettre en cause le respect des trois exigences constitutionnelles, à savoir l’accessibilité au scrutin, la sincérité du vote et le secret du choix de l’électeur. Le vote par Internet sous sa mise en œuvre actuelle est considéré comme valide et constitutionnel.

    Lire ici : http://www.numerama.com/magazine/22748-vote-par-internet-le-gouvernement-juge-le-scrutin-valide-et-constitutionnel.html

  • Pour Marianne, le Parti Pirate fait partie des « farfelus »

     

    Il faut apprécier la condescendance. Dans un article consacré aux « partis fantaisistes ou insolites qui s’invitent aux législatives« , le magazine Marianne a classé lundi le Parti Pirate parmi les « quelques farfelus » qui se présentent au suffrage universel. Un terme malheureux s’agissant de la branche française d’un arbre politique qui connaît une forte croissante en Europe.

    Déjà titulaire de deux députés au Parlement Européen, grâce à ses excellents résultats en Suède, le Parti Pirate est aussi présent aux parlements de quatre Länder en Allemagne, et s’affiche avec des intentions de vote situées entre 10 et 12 % au niveau national. Outre-Rhin, le Parti Pirate est devenu ces derniers mois la quatrième force politique du pays.

    Certes, en France, le Parti Pirate est encore loin de connaître le même succès, mais l’organisation qui présente 101 candidats est en ordre de marche et peut espérer s’imposer plus durablement dans le paysage politique s’il obtient les financements publics qui paraissent largement atteignables. Ce serait une erreur de ne pas comprendre que le Parti Pirate est beaucoup plus qu’une lubie d’internautes, mais qu’il s’agit d’un véritable mouvement citoyen de fond qui réclame avant tout une nouvelle représentation démocratique. Dans les pays nordiques, le Parti Pirate s’impose beaucoup plus par ses discours sur la transparence de la vie politique et la participation des citoyens aux décisions qui les concernent, que par son programme de légalisation du partage des oeuvres.

    Même à cet égard, Marianne est méprisant lorsqu’il parle du « dernier dada » des pirates pour évoquer les initiatives prises par la formation contre le vote par internet aux élections législatives. Heureusement que le Parti Pirate est là pour en parler, lorsque l’on sait l’opacité du système. Heureusement qu’il est là pour s’en préoccuper, lorsque l’on sait que sur 178 candidats concernés par l’urne électronique, seuls 5 ont demandé à contrôler le scrutin, dont 4 du Parti Pirate (qui concrètement ne pourront pas le faire).

    Heureusement aussi que le Parti Pirate est là pour parler de la censure sur Internet et pour s’en émouvoir. N’est-ce pas Marianne qui, l’an dernier, avait publié une excellente enquête sur les actions de Nicolas Sarkozy contre la défense de la liberté d’expression sur Internet ?

     

    Source : http://www.numerama.com/magazine/22724-pour-marianne-le-parti-pirate-fait-partie-des-34farfelus34.html

  • Inquiétudes autour du vote par Internet des expatriés

    Les Français de l’étranger pourront voter dès mercredi par Internet pour élire leurs députés à l’Assemblée nationale. Mais des voix s’élèvent contre un mode de scrutin jugé peu sûr.

    À partir de mercredi, et jusqu’au 29 mai, les Français établis à l’étranger auront la possibilité pour la première fois d’élire leur député sur Internet. Cette solution, qui s’offre en plus du vote à l’urne dans un bureau traditionnel ou du vote par courrier, a été développée pour permettre aux expatriés vivant loin d’un bureau de vote (généralement installés dans les ambassades et consulats) de pouvoir participer en masse aux élections législatives. De fait, le ministère des Affaires étrangères estime que sur les 1,1 million de Français inscrits sur les listes électorales consulaires, 700.000 devraient opter pour le vote électronique.

    Ces derniers ont reçu par courrier ou par SMS un identifiant, et par email un mot de passe. Ces derniers permettent d’accéder à une page Internet spéciale permettant de voter. Un nouveau mot de passe sera envoyé pour le second tour, prévu du 6 au 12 juin.

     

    Si cette innovation technologique semble de prime abord positive, des spécialistes de l’informatique ont tiré ces derniers jours la sonnette d’alarme. Selon eux, le vote par Internet est loin de présenter les mêmes gages de transparence que le vote traditionnel papier. Le Parti Pirate, qui dénonce l’opacité du vote, a mis en place un site Internet pour recueillir des témoignages d’électeurs.

    Les dysfonctionnements des élections prud’homales par Internet en 2008 sont cités en exemple. Logiciel de vote non expertisé dans son intégralité, intervention technique sur «l’urne virtuelle», impossibilité de valider son vote sous le navigateur Firefox, listes d’émargements non télétransmises suite à un bug, et transportée par clé USB sans «qu’aucune garantie ne soit apportée sur l’origine du fichier» … la liste des problèmes soulevés par la CNIL est longue, et, pour les détracteurs du vote par Internet, ne prête guère à la confiance pour le scrutin de cette semaine. Leur critique s’est concentré sur les points suivants:

    • Un scrutin opaque

    Dans un scrutin classique, des assesseurs, des représentants des partis politiques et même de simples citoyens vérifient que le vote se déroule selon les règles de la démocratie et qu’il n’y a aucune fraude. Le bon déroulement du vote des 700.000 Français de l’étranger sera lui surveillé par une seule personne. Un arrêté publié le 8 mai 2012 au Journal Officiel stipule que l’expertise indépendante, «destinée à vérifier le respect du secret du vote, de la sincérité du scrutin et de l’accessibilité du suffrage», sera conduite par «un informaticien spécialisé dans la sécurité» et «n’ayant pas d’intérêt financier dans la société qui a crée le dispositif de vote».

    Si les candidats aux législatives ont le droit de désigner un «délégué habilité à contrôler les opérations de vote par voie électronique», seuls le Parti pirate et le Parti de Gauche ont saisi cette opportunité. Mais leur demande d’examiner le code-source du logiciel de vote a été rejetée, secret industriel oblige. «Nous avons assisté à un cérémonial mis en scène pour donner une impression de sécurité et rassurer les officiels, alors qu’il y a une opacité totale des points clefs», a estimé un délégué du Parti pirate présent à la première réunion du Bureau de Vote Electronique (BVE).

    • Un scrutin sous-traité dans le privé et délocalisé

    Pour mettre en oeuvre ce scrutin par Internet, l’Etat français a choisi le prestataire espagnol Scytl. Ce dernier a crée le logiciel de vote et héberge dans ses serveurs la page permettant aux expatriés de voter. En clair, la partie cruciale du vote (recueil des bulletins, scellement et descellement de l’urne virtuelle) est déléguée à une entreprise privée et non-française. Or, en 2010, la Cnil estimait «hautement souhaitable que les serveurs et les autres moyens informatiques centraux du système de vote électronique soient localisés sur le territoire national afin de permettre un contrôle effectif de ces opérations par les membres du bureau de vote».

    Comme évoqué plus haut, il a été refusé au citoyen de s’assurer que la solution logicielle de Scytl est parfaitement sûre (pas de bourrage d’urne, de rejet de certains votes, d’intrusion externe …), sauf à violer le secret industriel.

    • Un risque non négligeable de piratage

    En début d’année, un vote à blanc, auquel ont participé 15.000 volontaires, a été organisé par le ministère des Affaires étrangères. Selon un communiqué des sénateurs socialistes des Français de l’étranger, seul 30% d’entre eux ont réussi à voter. «Ce test a démontré que le dispositif était trop contraignant quant au type d’équipement et de configuration nécessaire», écrivent les élus.

    Un test est en effet effectué avant de permettre l’accès à la page de vote. Le but est d’éviter que les ordinateurs trop vulnérables aux piratages puissent se connecter, mais sans pour autant garantir à 100% que la machine est saine. De même, l’article 8 de l’arrêté du 27 avril 2012 stipule «qu’à défaut d’utiliser le protocole sécurisé HTTPS», l’électeur devra être informé que «le secret et l’intégrité de leur vote ne pourront être garantis». En clair, il pourra voter, mais rien ne dit que son bulletin ne pourra pas être lu ou changé à son insu. La CNIL avait pourtant recommandé que le vote électronique soit impossible sans connexion HTTPS.

     

    Source : http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/05/22/01039-20120522ARTFIG00597-inquietudes-autour-du-vote-par-internet-des-expatries.php

  • Parti pirate : « Nous avons beaucoup de propositions concrètes et qui ne coûtent rien »

    En Allemagne, le Parti pirate vient de rafler 7,6% des voix en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Et fait donc son entrée dans un quatrième parlement régional. Un score qui fait suite à d’autres bons résultats, notamment à Berlin. De quoi faire saliver le mouvement français, encore balbutiant, qui revendique un peu plus de 400 membres dans toute la France. Le Parti pirate a décidé de s’immiscer dans la bataille des législatives, avec 102 candidats déclarés.

    Maxime Rouquet, 26 ans, coprésident du PP et lui-même candidat dans la 10e circonscription des Yvelines, revient pour Libération sur les ambitions du Parti pirate.

     

     

    À quoi ressemblent les membres du Parti pirate ?

    Nous sommes souvent caricaturés comme un parti de « jeunes » mais beaucoup de gens chez nous ont plus de 20 ou 30 ans ! Mais c’est vrai, ce sont surtout des gens adaptés aux nouveaux usages. Ce sont des gens qui considèrent comme nous qu’Internet a amené un changement complet dans notre société. En dématérialisant les biens, on est passé à une économie d’abondance. Aujourd’hui on accède à tout avec une simple connexion internet : nous prenons acte de ce changement.

    Comment est financé le Parti pirate ?

    Nos moyens sont très limités alors chacun s’organise comme il peut. Pour voter aux législatives, on va demander aux électeurs de venir sur Internet, d’imprimer et de découper leurs bulletins de vote eux-mêmes. Nous sommes tous bénévoles. Chacun contribue personnellement au parti grâce à son activité professionnelle, car nous avons tous un emploi en parallèle. Une maigre part vient des cotisations et des adhésions.

    Qu’attendez-vous des législatives de 2012 ?

    Nous avons peu de chances d’obtenir des élus. L’objectif, c’est de mettre en avant nos idées, de les défendre. Les législatives, c’est une première étape avant les européennes de 2014. Beaucoup de sujets importants pour nous, comme les brevets, doivent être débattus dans l’enceinte européenne, car ils dépendent plus des directives européennes que de la loi nationale. C’est pour cela que nous voulons établir un programme politique commun avec tous les autres partis pirates européens : nous nous sommes réunis en avril, et la constitution d’une formation politique commune a été actée dans la « Déclaration de Prague ». Le Parti pirate français vient de la ratifier.

    Dans votre programme, vous parlez des libertés fondamentales sur Internet, de la transparence de la vie publique ou encore de l’indépendance de la justice. Mais rien sur l’économie, la croissance, la dette…

    Il y a des sujets sur lesquels nous ne prenons pas position, parce que nous n’avons pas encore de proposition chiffrée, équilibrée. Par exemple, nous sommes très favorables au « revenu de vie ». Au lieu des différentes aides versées sur des critères précis aux foyers, l’Etat verserait chaque mois une somme fixe à tous les citoyens, sans poser de condition. Nous sommes très attachés à la démocratie directe. On ne prend position qu’après avoir débattu chaque sujet et une proposition n’est adoptée qu’après avoir recueilli trois quarts de votes favorables sur notre forum internet. A partir de là, nos candidats s’engagent à défendre l’intégralité des idées retenues.

    En lisant votre programme, on peut avoir l’impression que vous contestez plus que vous ne proposez…

    Nous sommes contestataires quand des lois nous semblent inefficaces, voire dangereuses, comme la censure sans contrôle judiciaire préalable. Nous avons également beaucoup de propositions très concrètes qui, en plus, en général, ne coûtent rien, ce qui n’est pas plus mal en cette période de crise ! Le partage sur Internet en est une bonne illustration.

    Justement, vous êtes très attendus sur l’Hadopi : que proposez-vous ?

    Nous soutenons que le partage sur Internet n’est pas nuisible et proposons de légaliser le partage hors but lucratif. Cela veut dire que les gens pourront échanger de la musique ou des vidéos comme dans la vie réelle, quand des amis se prêtent un disque ou un DVD, du moment qu’il n’y a pas d’intermédiaire qui s’enrichit (type Megavideo ou Megaupload). Si les artistes et auteurs connaissent des difficultés aujourd’hui, ce n’est pas à cause du partage : des enquêtes prouvent que ceux qui partagent le plus sur Internet sont aussi ceux ceux qui consomment le plus dans le domaine de la culture. Nous proposons aussi le mécenat global : chaque internaute donne un peu, le public décide quel projet et quelle personne il veut soutenir. Les citoyens de s’approprient la culture, les artistes sont libérés de l’emprise qu’ont quelques sociétés sur les droits de diffusion des œuvres.

    Des alliances avec d’autres partis sont-elles envisageables ?

    Nous sommes prêts à travailler avec n’importe quelle formation politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, peu importe. Mais une alliance n’aurait de sens que si le parti allié s’engage à porter l’ensemble de nos idées, et là-dessus, nous ne faisons pas de concession. En Suède, par exemple, c’est une réussite. Le député Christian Engström a rejoint le groupe des Verts parce qu’ils s’étaient engagés à défendre les propositions du Parti pirate. En échange, il suivra les recommandations des Verts sur lesquelles le Parti pirate ne s’estime pas compétent. Actuellement, je vois mal un parti français défendre l’ensemble de nos propositions. Le PS a une vision très répressive du partage sur Internet, par exemple. Et les petits partis sont dans une logique d’alliance avec les grands pour participer au pouvoir.

    Quels sont vos rapports avec les Anonymous ?

    Ils dénoncent les mêmes dérives que nous, notamment à propos des libertés fondamentales sur Internet. Nous n’avons pas de contacts officiels mais certains de nos membres sont probablement impliqués aussi chez les Anonymous. Nos démarches sont différentes. Ils sont dans l’action directe, frontale, par exemple quand ils « manifestent en ligne ». Alors que nous sommes plutôt dans une logique politique. Nous essayons de voir comment la loi peut être changée pour accéder à des revendications communes. Ces deux actions sont complémentaires.

    Source : http://www.ecrans.fr/Parti-pirate-Nous-avons-beaucoup,14721.html

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